Dentelle de Chantilly

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Châle en dentelle de Chantilly en 1865

La dentelle de Chantilly (ou « la Chantilly ») est une dentelle effectuée à la main à l'aide de fuseaux, datant du XVIIe siècle en France et plus particulièrement à Chantilly d'où l'origine du nom. Elle se base sur les techniques de la « dentelle de Lille », celles de la « dentelle d'Arras » et du « point de Paris » avant de devenir, une dentelle avec ses propres spécificités. Le musée du patrimoine et de la dentelle à Chantilly regroupe la plus grande collection de dentelle de Chantilly de France.

Techniques de confection[modifier | modifier le code]

La dentelle de chantilly est à base de « points vitrés », avec un fil de soie naturelle, noir (très rarement blanc) appelé « grenadine d'Alais ». Les motifs sont généralement des fleurs et leurs composantes. Ils rappellent ceux effectués à la même époque, au XVIIIe siècle sur la porcelaine de Chantilly. La dentelle de Chantilly se présente en de très grandes pièces réalisées à l'aide de bandes de 8 à 10 cm de largeur cousues entre elles au point de «  raccroc »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, la duchesse de Longueville développe la confection de la dentelle de Chantilly qui devient populaire et à la mode pendant les règnes de Louis XV et Louis XVI. Ce fut notamment une dentelle favorite de Madame du Barry et de Marie Antoinette. La Révolution française a fait cesser la demande de dentelle ainsi que sa production.

Napoléon Ier relance à nouveau les filatures de dentelles de Chantilly, plus particulièrement entre les années 1804 et 1815. La production se réduit à nouveau progressivement dans la première moitié du XIXe siècle. En parallèle, la production se développe dans d'autres centres, particulièrement en Normandie, d'abord à Caen puis à Bayeux. Un autre centre de production se développe dans les Flandres, particulièrement à Grammont. C'est en fait à partir du moment où l'on ne produit presque plus de cette dentelle dans la ville qu'elle prend le nom de Chantilly[2].

La production de dentelle de Chantilly reprend et atteint sa plus haute popularité sous le Second Empire, de 1852 à 1870, sous l'influence de l'Impératrice Eugénie (Eugénie de Montijo) et avec la mode des châles, des ombrelles, des éventails. De huit à neuf mille dentellières sont présentes dans la région cantilienne vers 1851[3].

En 1844, une machine est brevetée imitant parfaitement la dentelle faite à la main. La production mécanique se développe dans les années 1870, condamnant définitivement la production manuelle, sinon pour quelques pièces de prestige.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La dentelle de Chantilly est principalement utilisée pour faire des mantilles ou des robes longues, mais aussi pour la confection de coussins, de cols, de manchettes

Galerie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le musée de la Dentelle Chantilly 2
  2. Anne Kraatz, Catalogue des dentelles du Musée national de la Renaissance, Réunion des musées nationaux,‎ 1992 (ISBN 2-711-8-2482-9), p. 246-247
  3. Martine Bruggeman, L'Europe de la dentelle : Un aperçu historique depuis les origines de la dentelle jusqu'à l'entre-deux-guerres, Bruges, Stichting Kunstboek,‎ 1997 (ISBN 90-74377-53-X), p. 193-195