Copepoda

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Les copépodes sont un groupe de petits crustacés, libres et parasites (externe ou interne d'organismes variés), vivant dans l'eau de mer et dans presque tous les habitats d'eau douce (lac, marais, rivière, eaux souterraines).

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Les copépodes sont de petites tailles.
Ils n'ont ni branchies ni carapace, et ne présentent qu'un seul œil, médian, dit « œil nauplien ».
Ils nagent par petits sauts, à l'aide d'antennes natatoires.
Les femelles sont reconnaissables à leurs deux sacs ovigènes latéraux.

Certaines espèces de copépodes sont parasites de cnidaires, mollusques, crustacés, ascidies, poissons (pou du poisson), cétacés. La morphologie des espèces parasites est très différente de celle des espèces de copépodes libres.
Là où ils sont nombreux, ils peuvent constituer jusqu'à 60 % de la biomasse du zooplancton océanique[3].

Aspects morphologiques[3][modifier | modifier le code]

  • Dimorphisme sexuel : la femelle est reconnaissable aux sacs ovigènes. L'asymétrie de la 5e paire de pattes chez de nombreuses espèces caractérise le mâle. Elle est parfois terminée par un crochet ou une pince chez les espèces qui l'utilisent pour s'accrocher à la femelle ou déposer leur spermatophore. L'abdomen également dit urosome est composé de 5 anneaux cylindriques chez le mâle ; mais seulement 4 chez la femelle (fusion des deux premiers segments) ; ce premier segment porte ventralement l'orifice génital.

Avec quelques exceptions pour les espèces parasites, leurs caractéristiques sont les suivantes :

  • corps en deux parties (région antérieure ovoïde regroupant le céphalosome et le thorax, région postérieure, courte et cylindrique, correspondant à l'abdomen terminée par un organe en forme de furca ;
  • Céphalosome constitué par la fusion des 5 segments céphaliques avec le 1er (et parfois le 2e) segment thoracique, (c'est l'origine des maxillipèdes associés aux pièces buccales).
  • œil unique nauplien (qui a fait qu'on les a autrefois appelés « monocles » ;
  • Antennules (A1) ; ces fausses antennes sont longues et dures. Elles portent de nombreuses soies sensorielles et semblent servir de balanciers lors de la nage ;
    chez certaines espèces, le mâle possède une ou deux antennules géniculées qui l'aident à s'accoupler ;
  • Antennes (A2) plus courtes et biramées ;
  • pièces buccales constituées de mandibules biramées avec à leur base une expansion chitineuse denticulée et durcie sur leur couronne par de la silice. Chez certaines espèces les maxilles et maxillipèdes sont ornés de grandes soies filtrantes, collectant le nanoplancton et le rapportant à la bouche ;
  • Thorax en 5 segments libres, chacun garni d'une paire de pattes natatoires biramées garnies de soies. La copula est une petite pièce chitineuse transversale soudant les deux appendices de chaque paire de pattes, permettant un battement natatoire synchrone ;
  • Abdomen composé de 4 ou 5 segments avec sur l'élément terminal l'anus (dorsal) au-dessus de deux rames caudales articulées et garnies de soies (furca)[3]. Chez la plupart des espèces, l'abdomen ne porte plus aucun appendice (chez les "Gymnopléens" ; Calanides). Mais les "Podopléens" (Cyclopides ou Harpacticides) ont conservé des pattes sur le 5e segment thoracique[3].

Importance fonctionnelle[modifier | modifier le code]

Ils jouent alors un rôle important, dans le réseau trophique et les équilibres écologiques (en limitant les pullulations de protistes et d'algues unicellulaires).
Ils entretiennent le micromélange des couches d'eau (par le battement incessant de leurs pattes thoraciques natatoires.

La larve sortant de l'œuf est dite nauplie ou nauplius

Étymologie[modifier | modifier le code]

Milne Edwards les a ainsi nommés en 1830 en raison de la pièce squelettique dite copula qui relie la base des deux éléments de chaque paire des pattes thoraciques natatoires. C'est elle qui permet le battement synchrone de ces pattes [3].

Classification classique[modifier | modifier le code]

Parmi environ 10 000 espèces connues, on distingue :

Parasitisme et interactions durables[modifier | modifier le code]

Adulte de Lernaeolophus sultanus (Pennellidae), parasite du poisson Pristipomoides filamentosus.
Échelle : 1 mm par barre[4].
Cycle complet [5] d'un copépode Pennellidae, Peniculus minuticaudae, parasite de Stephanolepis cirrhifer.

De nombreux copépodes sont devenus parasites d'espèces appartenant à presque tous les groupes animaux marins (des petits spongiaires aux plus grands cétacés). Parfois leur cycle parasitaire passe par plusieurs hôtes, par exemple chez les Penellidae. Les modes parasitaires sont :

  • le commensalisme, le copépode se nourrit alors des débris alimentaires de l'hôte (quelques-uns se trouvent sur des échinodermes ; d'autres sont ascidicoles et vivent dans les cavités branchiales de leur siphon bucal ; d'autres s'accrochent au panache pseudo-branchial d'annélides polychètes) ;
  • un parasitisme protélien : le nauplie est parasite, mais l'adulte non (ex : famille des Monstrillidae) [3] ;
  • l’ectoparasitisme (Parasite externe) : le copépode se fixe sur le tégument de l'hôte, par des crochets et/ou ventouses et pompe le sang, la lymphe ou les liquides physiologiques au moyen d'une trompe suceuse ou piqueuse ; c'est le cas des familles des Caligidae et Cecropidae ; parfois le copépode vit dans la cavité branchiale de poissons (Clavella, Chondracanthus, Hatschekia), voire dans le tube digestif d'un coquillage (Mytilicola) [3] ;
  • le parasitisme semi-externe : la tête s'enfonce dans les tissus de l'hôte, ne laissant apparaître que l'arrière du corps ; c'est le cas des Sphyrions dont le corps peut être effilé comme un harpon (adaptation supposée lui permettre de résister aux courants, comme chez Lernaeenicus, parfois la partie émergente du corps est recroquevillée comme chez les Lernaea qui parasitent la cavité branchiale de poissons [3];
  • l’endoparasitisme : le copépode vit alors fixé dans un organe creux, voire dans un organe plein de l'hôte ; ces parasites peuvent avoir perdu certains de leurs organes devenus inutiles ; certains sont devenus hermaphrodites comme le Xenocoeloma qui est un endoparasite d'annélides polychètes du genre Polycirrus [3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Constantin de Magny G, Colwell RR. Cholera and climate: a demonstrated relationship. ; Center of Bioinformatics and Computational Biology, University of Maryland Institute for Advanced Computer Studies, Biomolecular Sciences Building Trans Am Clin Climatol Assoc. 2009;120:119-28. (Résumé,illustrations)
  2. a et b Sedas VT., Influence of environmental factors on the presence of Vibrio cholerae in the marine environment : a climate link. J Infect Dev Ctries. 2007 Dec 1; 1(3):224-41. Epub 2007 Dec 1.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Page de l'université de Jussieu sur les copépodes
  4. JL. Justine, I. Beveridge, GA. Boxshall, RA. Bray, TL. Miller, F. Moravec, JP. Trilles et ID. Whittington, « An annotated list of fish parasites (Isopoda, Copepoda, Monogenea, Digenea, Cestoda, Nematoda) collected from Snappers and Bream (Lutjanidae, Nemipteridae, Caesionidae) in New Caledonia confirms high parasite biodiversity on coral reef fish. », Aquat Biosyst, vol. 8, no 1,‎ 2012, p. 22 (lien DOI?)
  5. Ismail, N., Ohtsuka, S., Venmathi Maran, B. A., Tasumi, S., Zaleha, K. & Yamashita, H. 2013: Complete life cycle of a pennellid Peniculus minuticaudae Shiino, 1956 (Copepoda: Siphonostomatoida) infecting cultured threadsail filefish, Stephanolepis cirrhifer. Parasite, 20, 42. DOI:10.1051/parasite/2013041

Liens taxonomiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]