Stomatopoda

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Les squilles sont des crustacés membres de l'ordre des Stomatopoda, le seul actuellement représenté parmi les Hoplocarides. Il comprend 17 familles environ dont la famille des Squillidae (Linnaeus) et celles des Lysiosquillidae (Giesbrecht, 1910) et regroupe plus de 400 espèces reconnues à ce jour. Leur taille est comprise entre 3 et 18 cm.

Description[modifier | modifier le code]

Squille à ocelles oranges (Gonodactylus platysoma).

Elles possèdent des pattes ravisseuses typiques comparables à celles de la mante religieuse d'où leur nom anglophone de crevette-mante bien qu'elles ne soient ni des crevettes, ni des mantes. Celles-ci, d'une très grande force et rapidité, peuvent être massives, lestées de calcaire pour briser coquilles et carapaces, ou plus minces et garnies d'éperons pour empaler des proies. Pour certaines espèces, il a été calculé que ces pattes se projetaient sur leur proie en 2 millièmes de seconde : cette vitesse est telle que la dépression crée une bulle de vapeur explosive (phénomène de cavitation).

Les yeux[modifier | modifier le code]

La crevette-mante possède une des meilleures visions connues[1] : ces crustacés ont un système visuel des plus, si ce n'est le plus, sophistiqué de tout le règne animal[2].

  • Leurs yeux bougent en pivotant indépendamment l'un de l'autre sur une amplitude permettant de lui offrir une vision de 360°.
  • Chaque œil est composé de 3 sections, chacune ayant une pseudo-pupille indépendante. Leurs fonctions étant similaires aux pupilles humaines, elles lui permettent de réaliser une triangulation de l'objet visualisé, et de connaitre avec précision sa distance et sa profondeur, en n'utilisant qu'un seul œil : leur cornée en 3 bandes donne à chaque œil une vision tridimensionnelle, en relief.
  • Leurs yeux sont également particulièrement développés pour voir la lumière polarisée sous ses deux formes, linéaire et ondulée, et peut la convertir d'une forme à l'autre (c'est le principe du DVD).
  • Leur capacité à voir les couleurs est tout à fait exceptionnelle :
    • Chaque œil dispose d'au moins une douzaine de photopigments (contre 3 pour l'œil humain, et 4 pour les oiseaux)[3].
    • De plus, ces crustacés possèdent 3 capteurs différents de lumière ultraviolette, et peuvent voir jusqu'à une longueur d'onde de 300 nm.
    • Certaines espèces ont jusqu'à 16 photopigments, qui peuvent être rangés en 4 classes (leur sensibilité spectrale respective est encore accrue par des filtres colorés dans les rétines) : 12 d'entre eux analysent les couleurs dans les différentes longueurs d'onde (y compris 4 d'entre eux dans l'ultraviolet) et 4 autres pour la lumière polarisée.
  • Enfin, cet animal peut facilement détecter la lumière fluorescente[4].

L'information visuelle provenant de la rétine semble être transformée en nombreux trains de signaux parallèles menant dans le système nerveux central, réduisant considérablement la complexité de l'analyse des signaux[3].

Les yeux d'une Squille multicolore.

La frappe[modifier | modifier le code]

Les crevettes-mantes peuvent avoir deux types de pattes avant : des pattes ravisseuses, semblables à celles des mantes religieuses, pourvue de piquants effilés destinés à transpercer des proies au corps mou, ou des pattes frappeuses, terminées en solides massues calcaires conçues pour frapper et briser les coquilles.

Les espèces « frappeuses » comptent parmi les animaux les plus rapides du règne animal : leur frappe délivre une puissance équivalente à près de 100 kg sur une surface très réduite, ce qui équivaut à une puissance proche de celle d'une balle de pistolet[3]. Ces coups sont tellement rapides qu'ils provoquent des bulles de cavitation, dont l'implosion provoque une seconde onde de choc. Cette force de frappe permet aux crevettes-mantes de briser facilement les coquilles les plus dures et d'atteindre ainsi leur nourriture (bivalves, gastéropodes, arthropodes...), mais aussi de se défendre contre d'éventuelles menaces[3].

Systématique[modifier | modifier le code]

Il n'existe actuellement qu'un sous-ordre : Unipeltata Latreille, 1825 et 7 Super-familles. Le sous-ordre des Archaestomatopodea est éteint. On compte 17 familles.

Selon World Register of Marine Species (26 novembre 2013)[5] :

Selon ITIS (26 novembre 2013)[6] :

Consommation[modifier | modifier le code]

Fréquente dans l'Indo-Pacifique, elle fait le délice des peuples austronésiens qui prennent quelques risques pour la capturer ; les bouts des doigts amputés ou blessés sont fréquents. Un genre de la famille Squillidae (Squilla mantis Linnaeus, 1758) vit le long des côtes en Méditerranée et est consommé notamment dans l'Adriatique. Elle y est appelée à tort « cigale de mer » (cicala di mare), étant de deux familles différentes. Au Japon, appelée shako (蝦蛄), elle est consommée crue en sashimi[7] ou encore bouillie en sushi.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Dans le roman de science-fiction "Fragment" de Warren Fahy, les squilles et leurs descendants sont des animaux terrestres qui dominent une île, dernier reste du continent Pannotia.

Dans le film Océans, une séquence met en scène le combat entre une Squilla mantis et un crabe (à partir de 35'26).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Internaute / Nature et Animaux / Faune océanique / La crevette aux yeux pivotants
  2. "la crevette-mante a les yeux les plus avancés connus" (en) « Pr Roy Caldwell : "Mantis Shrimp Boasts Most Advanced Eyes" »,‎ 2005-09-28 The DAILY CALIFORNIAN by Patrick Kilday, Contributing Writer.
  3. a, b, c et d (en) Stephanie Pappas, « Aggressive Mantis Shrimp Sees Color Like No Other », sur LiveScience.com,‎ 2014 (consulté le 24 janvier 2014).
  4. "Fluorescent Enhancement of Signaling in a Mantis Shrimp" (en) « Pr Roy Caldwell : "Fluorescent Enhancement of Signaling in a Mantis Shrimp" »,‎ 2003-07-30 Sciencexpress by C.H. Mazel, T.W. Cronin, R.L. Caldwell, N.J. Marsgall.
  5. World Register of Marine Species, consulté le 26 novembre 2013
  6. ITIS, consulté le 26 novembre 2013
  7. (en) « Crustacean Species 3: Shako-Squilla », sur shizuokasushi