Commission des citoyens pour les droits de l'homme

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La Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH), homologue dans les pays francophones de la Citizens Commission on Human Rights (créée en 1969), est un organisme créé par l'Église de scientologie et le psychiatre Thomas Szasz. Il se présente comme ayant pour objectif de lutter contre les « violations des droits de l'homme en psychiatrie » (c'est-à-dire le recours abusif aux psychotropes, à l'électroconvulsivothérapie et aux internements), voire contre la psychiatrie tout entière. Cette organisation soutient que la maladie mentale n'est pas une maladie médicale et que l'utilisation de traitements psychiatriques est destructrice et illicite[1]. Le CCDH suit la doctrine de la scientologie disant que les psychiatres sont la première cause du mal dans la société[2],[3] . En 1969, dans l'article "le terrorisme d'aujourd'hui" publié dans le journal de scientologie, Hubbard déclarait que les psychiatres "kidnappent, torturent et tuent sans la moindre opposition de la police ou action des forces de sécurité occidentale". Plus loin, Hubbard disait que "dans la société, il n'y a qu'un remède au crime - se débarrasser des psychiatres ! C'est eux qui le créent".

Le CCDH accuse aussi la psychiatrie des tueries dans les écoles, des attaques du 11 septembre, de l'Holocauste nazi, de l'attaque japonaise du Pearl Harbor et du massacre de Jonestown[4],[5],[6].

Cette organisation ne doit pas être confondue avec des instances gouvernementales ou non-gouvernementales de défense des Droits de l'homme possédant des noms fortement ressemblants, telles que la Commission nationale consultative des droits de l'homme ou la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.

Travaux[modifier | modifier le code]

L'association attaque la psychiatrie par le biais de manifestations devant des hôpitaux psychiatriques contre la hausse des internements. D'après la CCDH, ces derniers auraient doublé depuis une dizaine d'années. La CCDH mène également campagne contre les diagnostics considérés frauduleux de la psychiatrie tels que l'hyperactivité ou le trouble des conduites. Elle considère que la psychiatrie constituerait un danger pour la société dans son ensemble en raison de l'expansion de son domaine à l'ensemble des comportements les plus courants tout en conservant des traitements brutaux et destructifs tels que les électrochocs ou la camisole chimique.

Le travail de la CCDH est controversé. Certains reprochent à la CCDH ses liens avec l'Église de Scientologie et utilisent cet argument pour contrecarrer le discours de l'association. En France, d'après la Mission interministérielle pour la lutte contre les sectes[7], l'Église de Scientologie tente de « s'infiltrer dans le dispositif public de santé mentale » par l'intermédiaire de la CCDH[8] et de l'association Éthique et Liberté, lesquelles proposeraient « d'accompagner dans leurs missions » les services de l'État, et se procurent les rapports annuels des Commissions départementales des hospitalisations psychiatriques puis les publient sous la forme d'un document qu'elles feraient passer pour officiel.

Controverse[modifier | modifier le code]

En 1988, le CCDH a affirmé que le Professeur Sir Martin Roth de l'Université de Newcastle a utilisé du LSD sur des patients malades mentaux dans les années '60. Les déclarations ont été publiées dans le journal Newcastle Times, qui a été ordonnée par un tribunal anglais à payer de "très importants" dommages pour diffamation à Roth, après que le tribunal ai jugé que les déclarations de la CCDH étaient «hautement diffamatoire" et "complètement fausses". Le groupe a laissé entendre que les attentats du 11 Septembre ont été influencés par des psychiatres [18]. Hubbard affirmait que des psychiatres ont causé le déclin de l'univers, il y a des éons. Jan Eastgate, présidente de la CCHR et gagnant de la Médaille de la Liberté de l'Eglise de la Scientologie pour son travail sur les droits de l'homme, a été accusée d'avoir caché l'abus sexuel d'une jeune fille de 11 ans dans la branche australienne de l'église. La police a abandonné toutes les charges contre elle lorsqu'elle découvrit que le sénateur australien Nick Xenophon avait tenté d'instrumentaliser la justice avec cette affaire pour mener son combat personnel contre la scientologie[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Pour ou contre les électrochocs », Sud Ouest, 3 mai 1996
  • « Des scientologues dénoncent la présence à Belle-Idée d'un infirmier condamné pour sévices », Le Temps, 17 juillet 1998
  • « Des dossiers psychiatriques convoités », Sud Ouest, 23 septembre 2002
  • « Des internements psychiatriques abusifs », Sud Ouest, 8 avril 2004
  • « Internements psychiatriques. "Les droits respectés" », Le Télégramme, 21 janvier 2005
  • « Les alter-médecines, arme des sectes », Charente Libre, 27 avril 2006
  • « Derrière les masques l'Église de scientologie », Le Télégramme, 7 mai 2006
  • « L'Église de Scientologie dénoncée et priée de s'en aller », Le Télégramme, 8 mai 2006
  • « Le Chesnay - Des internements jugés abusifs », Le Parisien (Yvelines), 8 août 2006
  • Claude Askolovitch, « Guet-apens - La faute du député Hunault », 21 septembre 2006, Le Nouvel Observateur
  • Alexandrine Bouilhet, « La Scientologie mise en cause; La secte qui harcèle les psychiatres », Le Figaro, 28 novembre 1998
  • Cheryl Cornacchia, « Who rules the medicine cabinet?: The Suspension of a 12-year-old boy whose mother refused to give him Ritalin has sparked a class-action suit by parents who say schools are bullying them into giving their children drugs », The Gazette (Montréal), 2 avril 2006
  • F.-G.L., « Saint-Maurice - Des proches de la Scientologie manifestent à l'hôpital Esquirol », 1er août 2005, Le Parisien
  • Daniel Licht, « Sécu contre psy - la scientologie s'en mêle », 27 novembre 1998, Libération
  • Arnaud Wajdzik, « A Vannes, la scientologie derrière les masques », Ouest-France (Bretagne Édition), 8 mai 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Melissa Kent, « Strange meeting of minds takes place », The West Australian (Perth),‎ 2006-01-18
  2. (en) Katharine Mieszkowski, « Scientology’s war on psychiatry », Salon.com,‎ 1 July 2005 (lire en ligne)
  3. (en) « Tom Cruise, Scientology Bash Psychiatry; APA Fires Back », Skeptical Inquirer,‎ 1 September 2005 :

    « Mark Plummer, un ancien membre de la scientologie pendant 14 ans dit que : "Leur but est de prendre le contrôle sur l'ensemble du champ de la maladie mentale. Leurs croyances proviennent du dogme de Hubbard disant que la psychaitrie est le mal. La scientologie enseigne que la psychiatrie voit les personnes comme des "corps de viande" sans aspect spirituel, et que seule la scientologie devrait soigner la maladie mentale." Le responsable de l'église David Miscavige aquiesca, en disant l'association internationale des scientologues de Copenhage: "Le premier objectif de mettre la scientologie au centre de la société. Le deuxième objectif est d'élimer la psychiatrie sous toutes ses formes." »

  4. Harold Mandel, « CCHR reports on association of psychotropic drugs with violence », CCHR (press release published on examiner.com),‎ 2012 :

    « The CCHR is the world's leading mental health wartchdog and has been working tirelessly for decades to investigate hundreds of acts of senseless violence, working alongside investigative reporters, law enforcement, as well as legislative hearings, such as those held in Colorado following the 1999 Columbine massacre. The ringleader of this massacre, Eric Harris, was found to be under the influence of the antidepressant Luvox. ... While there has never been one simple explanation for what drives a human being to commit such shocking acts, all too often the CCHR has uncovered one common denominator in hundreds of cases, prescribed psychotropic drugs, which have been well documented to cause mania, psychosis, violence, suicide and in some cases homicidal ideation. It is a horrible injustice that the general public is not generally being informed about the well documented links which have been shown to exist between psychiatric drugs and violence. »

  5. (en) « Church of Scientology blames Pearl Harbor, 9/11 on psychiatry », Wikinews (consulté le 23 September 2012)
  6. (en) « Are drugs to blame for shooting sprees? Letters », Western Daily Press,‎ 31 July 2012 :

    « it is the drugs themselves that can create the very violence or mental incompetence they were supposed to 'treat'. At least 13 of the recent school shootings were committed by those taking or withdrawing from psychiatric drugs. There have been 109 wounded and 58 killed. A hearing into the documented violenceinducing side-effects of psychiatric drugs is long overdue. There is an abundance of evidence, studies, warnings and case histories to support an investigation, one without a predetermined outcome. That means an investigation without pharma funding or pharmafunded 'experts'. ... Brian Daniels National spokesperson Citizens Commission on Human Rights (United Kingdom) »

  7. Rapport Miviludes 2005 Page 118
  8. le public ne connaissant pas nécessairement les liens existant entre la CCDH et la Scientologie (voir par exemple Alexandrine Bouilhet, « La Scientologie mise en cause ; La secte qui harcèle les psychiatres », Le Figaro, 28 novembre 1998).
  9. http://www.dailytelegraph.com.au/news/sydney-news/charges-dropped-for-scientologist-police-felt-they-were-being-used-in-church-case/story-e6freuzi-1226337017187