Chapelle Notre-Dame d'Aubune

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chapelle Notre-Dame d'Aubune
Image illustrative de l'article Chapelle Notre-Dame d'Aubune
Présentation
Culte Catholique romain
Type Chapelle
Rattachement Diocèse d'Avignon
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant roman provençal
Protection Logo monument historique Classé MH (1910)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Beaumes-de-Venise
Coordonnées 44° 07′ 24″ N 5° 00′ 44″ E / 44.123327, 5.01213744° 07′ 24″ Nord 5° 00′ 44″ Est / 44.123327, 5.012137  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chapelle Notre-Dame d'Aubune

Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur

(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Chapelle Notre-Dame d'Aubune

Géolocalisation sur la carte : Vaucluse

(Voir situation sur carte : Vaucluse)
Chapelle Notre-Dame d'Aubune

La chapelle Notre-Dame d'Aubune est une chapelle romane située à Beaumes-de-Venise dans le département français de Vaucluse en Provence.

Cette chapelle des XIe et XIIe siècles, classée monument historique, constitue un des plus beaux exemples d'art roman provençal inspiré de l'antique, au même titre que l'église de Saint-Restitut, le prieuré du Val des Nymphes près de La Garde-Adhémar, la Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon, la chapelle Saint-Quenin de Vaison-la-Romaine et l'église Notre-Dame-du-Lac du Thor.

Localisation[modifier | modifier le code]

La Vierge arrête avec sa quenouille la pierre que le diable voulait jeter sur sa chapelle

Dominée par le Rocher du Diable, la chapelle Notre-Dame d'Aubune (de Albuna - XIIe siècle) est située sur la commune de Beaumes-de-Venise, à l'ouest du village, au pied de la colline des « grottes d'Ambrosi » (sud-ouest des dentelles de Montmirail)[1].

L'accès peut se faire de différentes manières :

  • à pied depuis le nord par deux sentiers qui descendent de la colline.
  • en voiture depuis le village ou la départementale par un chemin par delà le canal de Carpentras.

Deux chemins de grande randonnée de pays passent près de la chapelle.

Légende[modifier | modifier le code]

Bouteille de Beaumes-de-Venise rappelant la légende de la Pierre du Diable

La légende raconte que Charlemagne - ou Charles Martel - aurait élevé cette chapelle après avoir gagné une bataille contre les Maures, au lieu-dit du Cimetière des Sarrasins. Le Diable détacha un rocher de la colline pour écraser la chapelle mais la Vierge arrêta la pierre. Il y a encore sur la colline se situant derrière le village un lieu nommé la « Pierre du Diable »[2],[1].

Une autre légende s'attache à cette chapelle dont on dit qu'elle a « seize baies et quinze cent cloches ». Dans le village, pour vous aider à décrypter cette énigme, il vous est donné la clef suivante : « Vingt cent mis l'âne dans un près et cent vingt dans l'autre » (Vincent mit l'âne dans un pré et s'en vint dans l'autre)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le clocher, le transept et le chevet

Le chevet et le clocher datent de l'époque romane : le chevet est caractéristique du premier art roman (XIe siècle) tandis que le clocher date du XIIe siècle. L'ermitage par contre est beaucoup plus tardif : il date du XVIIe siècle[2].

La chapelle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 novembre 1910[3].

Elle a fait l'objet d'une importante campagne de restauration en 2007.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le clocher roman[modifier | modifier le code]

Le clocher carré du XIIe siècle présente une superbe décoration inspirée de l'antique :

Jean-Maurice Rouquette, dans Provence Historique, explique : « la construction du clocher donne à cette modeste église romane une valeur plastique exceptionnelle. Située à flanc de coteau, Notre-Dame d'Aubune avait besoin d'une tour aussi élevée pour se détacher tel un signal dans la plaine. Conçu dans l'ambiance de la découverte de l'Antiquité, ce clocher affirme un style nouveau par la qualité de ses proportions, par l'équilibre de ses volumes et par la perfection de son appareil »[1].

Notre-Dame d'Aubune
Le clocher carré
Pilastres et colonnettes

Le chevet roman et le transept[modifier | modifier le code]

Le chevet est composé d'une travée de chœur et d'une triple abside très simple caractéristique du premier art roman (XIe siècle).

La travée de chœur est édifiée en moellon avec des chaînages d'angle en pierre de taille.

Elle est prolongée par une abside et deux absidioles semi-circulaires édifiées en moellon et recouvertes de lauzes. Chacune des trois absides est percée d'une fenêtre absidiale à simple ébrasement. La fenêtre de l'abside centrale est surmonté d'un larmier sculpté en pierre de taille.

La façade orientale est percée d'un oculus à l'aplomb de l'abside centrale.

La maçonnerie de la travée de chœur et du chevet est percée de nombreux trous de boulin (trous laissés par les échafaudages).

Le chevet
La triple abside
Fenêtre absidale

Les marques de tâcheron[modifier | modifier le code]

Le côté sud du mur oriental du transept porte une marque de tâcheron représentant la signature du tailleur de pierre Hugues, dit VGo.

Ce lapidaire fut l'un des premiers, durant la seconde moitié du XIIe siècle, à signer son travail de son sigle VGo (Ugo) constitué d'un grand V, d'un G en faucille et d'un petit o.

Guy Barruol signale que les noms d'appareilleurs en toutes lettres sont rares en Provence[4] :

Sculpture[modifier | modifier le code]

Très tôt christianisé, ce site a livré un autel tabulaire paléochrétien (IVe ou Ve siècle) ainsi qu'une épitaphe à Epynimia, jeune chrétienne morte en 485. Sa pierre tombale a été déposée au musée lapidaire de Carpentras[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c, d et e Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, Éd. Alain Barthélemy, Avignon, 2000, (ISBN 2879230411), p. 108.
  2. a et b Serge Panarotto, Chapelles de Provence, Édisud, 2007, p. 35.
  3. « Notice no PA00081961 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Guy Barruol, Provence Romane II, Éd. Zodiaque, La Pierre qui Vire, 1981. p.