Catherine Hessling

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Auguste Renoir, Blonde à la rose, Andrée, 1915

Catherine Hessling, nom d'artiste d'Andrée Madeleine Heuschling, est une actrice française née le à Moronvilliers, village de la Marne aujourd'hui fusionné avec celui de Pontfaverger, morte le à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines).

« Rousse, bien en chair »[1], elle fut l'un des derniers modèles du peintre Pierre-Auguste Renoir et la première épouse de son fils, le réalisateur Jean Renoir. C'est pour elle que le cinéaste abandonna la céramique et débuta dans le cinéma. Il en fit l'héroïne de ses cinq premiers films muets.

Elle figure dans plusieurs toiles de Pierre-Auguste Renoir, magnifiquement offerte dans Les Baigneuses[2] du Musée d'Orsay, ou encore de dos dans Le Concert[3] du Musée des beaux-arts de l'Ontario.

Biographie[modifier | modifier le code]

Andrée Heuschling, réfugiée à Nice pendant la guerre, dotée d'une beauté incomparable, « dernier cadeau de ma mère à mon père[4] », fut envoyée à Auguste Renoir « par des amis de Nice », selon Jean Renoir[1], en fait par Henri Matisse[5] qui trouvait qu'elle « ressemblait à un Renoir ». « Dédée » (surnom donné à l'académie de peinture) pose pour le maître (souvent nue), de 1915 jusqu'à la mort de Renoir, le 3 décembre 1919. « Sa peau repoussait encore moins la lumière que celle de tous les modèles que Renoir avait eus dans sa vie. Elle chantait d'une voix un peu fausse des refrains à la mode,... était gaie et dispensait à mon père les effluves vivifiants de sa jeunesse épanouie. Andrée est l'un des éléments vivants qui aidèrent Renoir à fixer sur la toile le prodigieux cri d'amour de la fin de sa vie[1]. » Jean, deuxième fils du peintre, tombe amoureux de la jeune fille, qu'il épouse le 24 janvier 1920. Elle donne naissance à leur fils, Alain, le 31 octobre 1921.

Andrée Heuschling adore le cinéma et particulièrement les films américains où s'illustrent, à l’époque, des stars comme Gloria Swanson, Mae Murray et Mary Pickford. « Dédée copiait leurs manières, s'habillait comme elles. Dans la rue, les passants l'arrêtaient pour lui demander s'ils l’avaient vue dans tel ou tel film, américain bien entendu. » De cette passion commune sont nés un pseudonyme à consonance anglaise, Catherine Hessling, et le premier scénario écrit par Jean Renoir en 1924, Catherine ou Une vie sans Joie. Albert Dieudonné en assura la réalisation. « Moi, je n'ai jamais voulu être vedette de cinéma, jamais ; c'est Renoir qui disait : j'userai s'il le faut de mon droit marital pour te faire tourner[4]. » Jean Renoir confirme ces dires dans ses mémoires en insistant sur le fait qu'il n'a mis les pieds dans ce métier que dans l'espoir de faire de sa femme une vedette.

Catherine Hessling vers 1925

Jean Renoir lui impose un maquillage très prononcé et vif, peu commun pour l'époque : la bouche et les yeux, d'un noir pénétrant, se détachent violemment sur le visage recouvert d'un fond de teint blanc. Catherine Hessling, avec l'air d'un clown noir et blanc, joue un rôle de servante niaise, en butte à la galanterie des hommes et à la médisance des femmes.

Loin d’être découragés par l'échec commercial de ce premier essai, Renoir et sa femme recommencent avec La Fille de l'eau, premier film réalisé par Renoir, mélodrame fluvial où Catherine, irréaliste, interprète une jeune fille martyrisée par un oncle marinier. En 1926, avec Nana, d'après l'œuvre d'Émile Zola, le grand public découvre Catherine Hessling, grâce aux affiches qui couvrent les murs de Paris. Pour lancer son film, Jean Renoir vend plusieurs toiles héritées de son père. Dans les salles, en revanche, les spectateurs ne sont pas assez nombreux pour permettre d'amortir l'énorme budget du film. Nana vaut toutefois à son auteur un début d'estime des milieux intellectuels, et à sa vedette Catherine Hessling d'être comparée à Asta Nielsen et à Greta Garbo.

Catherine Hessling tourne ensuite, en 1927, avec Alberto Cavalcanti, cinéaste ami du couple, La P'tite Lili, bref mélodrame qui illustre une chanson populaire. Catherine retrouve Renoir pour La Petite Marchande d'allumettes, un conte d'Andersen, et Tire-au-flanc, où elle ne fait que deux apparitions.

Sa carrière est, déjà, pratiquement terminée. Dans Le Petit Chaperon rouge, elle est une nymphette poursuivie par Compère le Loup, joué par Jean Renoir en tricot de corps et chapeau melon. Die Jagd nach dem Glück, jamais projeté en France, est un échec commercial en Allemagne. Séparée de Jean Renoir en 1931, leur divorce n'est prononcé qu'en 1943. Catherine Hessling apparaît encore dans trois films parlants. Après une brève fin de carrière comme danseuse, elle abandonne toute activité artistique.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Renoir, Pierre-Auguste Renoir, Gallimard, 1981 (ISBN 2070372928)
  2. Les Baigneuses Musée d'Orsay
  3. Le Concert Musée des beaux-arts de l'Ontario
  4. a et b Jean Renoir, Ma vie, mes films, Flammarion, 1974 (ISBN 2081214733)
  5. Célia Bertin, Jean Renoir. Ed. du Rocher, 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]