Céphalonie (thème)

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Thème de Céphalonie

IXe siècle – 1204

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Thèmes byzantins en Grèce vers l'an 900.

Informations générales
Statut Thème
Chef-lieu Céphalonie
Histoire et événements
VIIIe siècle Création
IXe siècle Scission avec le thème de Nicopolis
1081-1085 1e occupation normande de Corfou
1147-1149 2e occupation normande de Corfou
1185 Conquête de Céphalonie et Zante par Margaritus
1204 Quatrième croisade

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Entités suivantes :

Le thème de Céphalonie (en grec : θέμα Κεφαλληνίας/Κεφαλονίας) est un thème byzantin de la Grèce occidentale comprenant les îles Ioniennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire romain, les îles Ioniennes (Corfou, Céphalonie, Zakynthos, Ithaque, Leucade et Cythère) appartiennent aux provinces d'Achaïe et d'Epirus vetus[1]. À l'exception de Cythère, ces îles forment le thème de Céphalonie[2],[3],[4]. Les îles sont peu concernées par l'invasion slave du VIIe siècle et deviennent le point de départ pour la re-hellénisation du continent[5].

Les provinces de l'Empire byzantin en Grèce vers l'an 400.

La date exacte de la création du thème est inconnue. L'empereur Constantin VII Porphyrogénète affirme dans le De Administrando Imperio que le thème est d'abord une turme (une division) du thème de Longobardie situé au sud de l'Italie avant d'être élevé au statut de strategis par Léon VI le Sage (886-912), sans pour autant en faire un thème à part entière[6]. Toutefois, cette description est erronée car plusieurs stratèges (dirigeant d'un thème) de Céphalonie sont mentionnés avant le règne de Léon VI. Ainsi, le Taktikon Uspensky de 842-843 mentionne un stratège de Céphalonie et la chronique latine Annales regni Francorum en mentionne un autre dès 809. En se référant aux différents sceaux retrouvés, on peut établir la date de création de la circonscription de Céphalonie (au moins en tant que strategis) au milieu ou à la fin du VIIIe siècle[2],[7],[8].

La confusion de Constantin VII reflète les relations étroites existant entre la Céphalonie et le sud de l'Italie. Les îles Ioniennes servent de lien de communication et de base de départ pour les opérations en Italie. De plus, elles défendent les entrées maritimes de la mer Ionienne et de la mer Adriatique contre les pirates arabes[2],[8]. Contrairement à l'affirmation de Constantin, la Longobardie est probablement créée comme turme de la Céphalonie à la suite de la reprise de Bari par les Byzantins en 876[9],[4].

Le stratège est probablement basé à Céphalonie mais sa présence est parfois attestée sur Corfou ou sur d'autres îles. Dans le De Administrando, le thème arrive au septième rang dans le classement des thèmes occidentaux ou des thèmes européens[10]. À l'image des autres thèmes européens, le stratège ne reçoit pas son salaire du trésor impérial mais des revenus tirés des taxes du thème. Le thème de Céphalonie possède une importance maritime certaine et sa flotte inclut des Mardaïtes servant comme fantassins de marine et comme rameurs sous la direction d'un tourmarche (chef d'une turme)[2]. D'autres tourmarchai et autres commandants subordonnés au stratège dirigent les garnisons présentes sur le territoire du thème. L'historien Warren Treadgold estime les forces militaires du thème à 2 000 hommes au IXe siècle[11]. Le thème est aussi un lieu d'exil fréquent pour les prisonniers politiques[12].

Le thème est fréquemment mentionné dans les opérations militaires des IXe et Xe siècles. En 809, le stratège Paul défait une flotte vénitienne. En 880, l'amiral Nasar inflige une lourde défaite à une flotte arabe pillant les îles du thème. Les troupes de Céphalonie participent ensuite à l'offensive byzantine en Italie[13]. Les Mardaïtes du thème participent à l'expédition malheureuse de 949 contre l'émirat de Crète[14]. La dernière mention d'un stratège de Céphalonie date de 1011 quand Kontoléon Tornikios est envoyé en Italie pour réprimer une révolte lombarde[15]. À la suite de la perte de l'Italie méridionale par Byzance, l'importance du thème décroît et il n'est plus dirigé que par un gouverneur civil, le kritès (le juge)[12].

À partir de la fin du XIe siècle, les îles Ioniennes deviennent un des théâtres principaux de la guerre byzantino-normande. L'île de Corfou est prise par le royaume normand de Sicile en 1081-1085 puis en 1147-1149, tandis que les Vénitiens l'assiègent sans réussite en 1122-1123. L'île de Céphalonie est aussi assiégée sans résultat en 1085 avant d'être pillée par les Pisans en 1099 et par les Vénitiens en 1126[16]. En 1185, Corfou, ainsi que le reste du thème à l'exception de l'île de Leucade, est prise par le roi Guillaume II de Sicile. En 1191, les Byzantins reprennent le contrôle de l'île de Corfou sans parvenir à faire de même pour le reste du thème qui devient le comté palatin de Céphalonie et Zante dirigé par Margaritus de Brindisi, l'amiral grec de Guillaume[12]. Corfou est saisie par la république de Venise en 1203 lors du passage de la quatrième croisade, mais les luttes pour le partage de l'Empire byzantin qui suivent la prise de Constantinople voient le despotat d'Épire s'y imposer vers 1214. Le territoire de l'ancien thème se trouve désormais partagé entre le despotat et le comté palatin de Céphalonie et Zante, alors possédé par la famille Orsini.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kazhdan 1991, p. 1007
  2. a, b, c et d Nesbitt et Oikonomidès 1994, p. 2
  3. Pertusi 1952, p. 175
  4. a et b Soustal et Koder 1981, p. 176
  5. Soustal et Koder 1981, p. 51-52 et 175
  6. Kazhdan 1991, p. 1122
  7. Soustal et Koder 1981, p. 52 et 175
  8. a et b Pertusi 1952, p. 174-175
  9. Oikonomidès 1972, p. 351-352
  10. Pertusi 1952, p. 91
  11. Treadgold 1995, p. 66
  12. a, b et c Kazhdan 1991, p. 1123
  13. Soustal et Koder 1981, p. 52–53 et 175–176
  14. Soustal et Koder 1981, p. 54 et 176
  15. Soustal et Koder 1981, p. 55 et 176
  16. Soustal et Koder 1981, p. 56-57 et 176

Bibliographie[modifier | modifier le code]