Biankouma

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Biankouma
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Tonkpi
Département Biankouma
Maire
Mandat
Maniga Gba Jean Jacques
2011
Démographie
Gentilé Bianois(e)
Population 24 865 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 7° 44′ 00″ N 7° 37′ 00″ O / 7.733333, -7.6166677° 44′ 00″ Nord 7° 37′ 00″ Ouest / 7.733333, -7.616667  
Divers
Langue(s) parlée(s) Toura, Mahou, Français
Localisation

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Biankouma

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Biankouma

Biankouma est une ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire, en Afrique de l'ouest, dans la région du Tonkpi, située à environ 700 km au nord-ouest d'Abidjan et à 46 km au nord de Man.

Le vieux village de Biankouma est caractéristique de l'habitat yacouba. Les tisserands y fabriquent des toiles en bleu et blanc, avec du véritable indigo.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Biangouin, qui signifie en yacouba « au-dessus du mont Bian », désignait à l'origine un petit village situé sur le mont Bian. Par déformation orale, Biangouin est devenu Biankouma.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue partielle de la ville de Biankouma dominée par les montagnes

La sous-préfecture couvre une superficie de 2640 km2 et compte 88 villages avec une population estimée à 76 540 habitants (en 1999) composée majoritairement de Yacoubas, de Touras, et de Mandingue (Mahous).

Biankouma compte aujourd'hui 10 quartiers urbains et 14 quartiers ruraux. Le territoire a un relief très accidenté et est couvert par une forêt dense et une forêt galerie. Le climat de la région est doux et humide : la température dépasse rarement les 30° à l'ombre. Plusieurs rivières arrosent la localité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Biangouiné ou Biangouin pour désigner la même ville : Biankouma, selon que vous êtes Toura, Yacouba ou malinké. Biankouma, en effet, est un pittoresque petit village yacouba situé aujourd'hui au flanc du Mont-Bian peuplé de plus de 2 000 âmes dans le département de Biankouma en Côte d'Ivoire, tous des Toura et Yacouba.

Ce peuple, à l'orée du troisième millénaire, garde encore jalousement ses valeurs traditionnelles : cases sacrées, fête d'igname, fête de circoncision, courses de masques réservées aux jeunes et pratiquées les lundis, jour de marché hebdomadaire de la région. En dépit de la présence de la Sodeci (Société de distribution d'eau en Côte d'Ivoire), les habitants du village ancien de Biankouma affectionnent encore la consommation de l'eau des marigots.

Depuis 1993, aux différentes cérémonies de réjouissances culturelles, s'ajoute désormais l'organisation biennale de Festrabi (Festival de danses Traditionnelles de Biankouma) initié par le maire Alphonse Woï Messé et son conseil municipal.

À l'image de la plupart des villages de l'ouest de la Côte d'Ivoire, Biankouma était un village perché au sommet du Mont Bian d'où : Bian-gouin ou Biangouiné ou Bian-kouma, pour simplement dire : village situé au sommet du Mont Bian. La dénomination - Bian - signifierait en langue locale « Malheur », surtout malheur à l'ennemi.

La situation du village ancien de Biankouma, en altitude, permettait autrefois aux habitants des lieux d'identifier aisément, et de loin, des éventuels envahisseurs.

Biankouma village n'aurait changé de site que quelques années après la capture du conquérant Samory Touré à Guélémou ou Guéoulé (sous l'iroko en yacouba) en 1898, l'un des 77 villages de la sous-préfecture de Biankouma.

Depuis, Biankouma village est devenu l'un des premiers sites naturels touristiques du département de Biankouma, situé en plein cœur d'une ville en évolution.

Biankouma village est caractérisé par un habitat de type yacouba très ancien, voulu par les différents chefs traditionnels qui se sont succédé.

Seule une piste carrossable de 400 mètres de longueur permet l'accès à ce village. Cinq grandes familles composent la population du village ancien. Ce sont les Maniga, les Diomandé, les Bamba, les Soumahoro et les Bakayoko. En dépit des noms à consonances musulmanes (Bakayoko, Bamba) la quasi-totalité de la population du village ancien de Biankouma est animiste. En lieu et place des mosquées, il y a des cases sacrées. Deux parmi elles sont réservées aux masques. Celles-ci sont appelées « Gué-Khô ». Cinq autres sont destinées aux rassemblements des notables et du chef pour le règlement des conflits. Les cases sacrées sont aussi des lieux d'invocation des esprits des anciens ou ancêtres en cas de sinistres ou de bonheur dans le village. Ici, il s'agit des Gbouhou-Khô.

Ces noms sont très souvent des noms d'emprunt afin d'échapper autrefois aux razzias des sofas de Samory Touré.

Outre leur fonction de tribunal ou d'autel pour les sacrifices, les cases sacrées sont de véritables musées traditionnels où sont jalousement conservés les objets très anciens : arcs, lances, boubous de guerre, gibecières, cuillères en bois, fétiche et ustensiles de cuisine. Le « locataire » de la case sacrée est une personne adulte, sage et discrète qui a un respect scrupuleux des valeurs traditionnelles. Les femmes n'y ont pas accès.

Les cases sacrées sont facilement identifiables. Elles sont entourées d'arbres géants aux feuilles larges et palmées. Les devantures de ces cases sont tapissées de larges pierres.

Biankouma village est subdivisé en 12 quartiers dont 11 sont exclusivement habités par des Toura et Yacouba. Le 12ème est habité par la communauté malinké qui y exerce la cordonnerie et la poterie.

Les maisons d'habitation à Biankouma village sont des cases rondes construites à partir de terre argileuse. Elles sont couvertes de pailles. La case principale est habitée par le chef de famille. Elle est entourée par des cases « femelles » qui accueillent les femmes et les enfants. Chacune des cases est caractérisée par deux issues. L'ouverture principale (la porte d'entrée) et l'issue de secours moins grande et ouverte discrètement vers les cases des épouses.

Administration[modifier | modifier le code]

Une loi de 1978[1] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 Kale Sopoude PDCI-RDA Homme politique élu
1985 Kale Sopoude PDCI-RDA Homme politique élu
1990 Alphonse Woï Messé PDCI-RDA Homme politique élu
1995 Alphonse Woï Messé PDCI-RDA Homme politique élu
2001 Siaba Appolinaire UDPCI Homme politique élu
2013 Maniga Gba Jean Jacques UDPCI Homme politique élu

Biankouma fut érigée en sous-préfecture en 1961[2]et en commune de plein exercice en 1985.

Mairie de Biankouma

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Députés de Biankouma commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2011 Dely Mamadou UDPCI Homme politique élu
Députés de Biankouma sous-préfecture, Gbonné
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Alphonse Woï Messé UDPCI Homme politique élu
2001 Bleu Voua Ernest UDPCI Homme politique élu

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1920 1946 1975 1978 1998 Estimation 2010
4 533 12 965 24 865
Nombre retenu à partir de 1920 : Population sans doubles comptes

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.

Enseignement primaire
Public

  • École primaire Publique

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée Robert Guéi

Collège public

  • Collège moderne

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues en Côte d'Ivoire.

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula mais la langue vernaculaire de la région est le Yacouba. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de dago[Note 1] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Sassandra accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Une structure dénommée CRADO, Comité de réflexion et d'action pour le développement de l'ouest[3],[4],[5], se charge de mener des réflexions pour le développement de Biankouma.

La région[modifier | modifier le code]

  • Dans les environs, le village de Gouan, situé à 60 km au nord, abrite un impressionnant kapokier (ou fromager) bicentenaire de 8 m de diamètre.

Le village de Gan[modifier | modifier le code]

  • Gan est un gros village situé à environ 5 km de Biankouma qui, comme la ville de Man, se situe dans une cuvette encerclée de montagnes.
  • a ga ganhanleu quihi dô signifie regarde attentivement pour connaître est un proverbe yacouba qui a été modifié en GAN pour dire aux ennemis de faire attention à ce village car il est dangereux.
  • Gan est chef-lieu de canton, c'est-à-dire qu'il commande le Gansè (canton GAN). Les Diomandé, dont l'ancien ministrede feu le président Félix Houphouët-Boigny Loua Diomandé, y sont traditionnellement les chefs de canton.
  • Le village de Gouesesso, autour duquel ont été construits de nombreux ponts de lianes, constitue une partie de Gan.
  • Depuis 1985, GAN est électrifié. Il dispose d'un centre de santé, de l'eau courante et il compte deux écoles primaires : EPP GAN1 et EEP GAN2.

Les villages de Biankouma

- Yrongouin - Mangouin - Dingouin - Lema - Gogouin - Thê - Gan - kpata - Biétondié - Ganlé - Gbangbégouiné - Blègouin - Gouètidié - Gaoté - Digoualé - Dio - Bénonba - Kabakouma - kantopleu - Guélémou - Gouéssesso - Gbablasso - Yégolé - Santa - Gbonbélo - Kandopleu - Yaloba - Dantomba - Guéfinsso - Zouzousso - Blaguoin - Blapleu - Kanta - Bonta-Blita

Pourquoi GAN 1 et GAN 2 ?[modifier | modifier le code]

D’après les anciens, le village de Gan était d’abord sur la montagne « PEUTON » avant d’arriver au pied de cette même montagne. Et cela, après les différentes guerres qu’a connu la région de Biankouma à l’arrivée de Samory Touré. Pour se protéger et éviter les griffes de l’Almami de la guinée, les ancêtres du village de gan s’étaient installés sur cette petite montagne pour mieux voir l’ennemi venir. Ils étaient tellement rusés qu’on les appelait « Agaganleukidô » d’où est venu le nom du village de GAN. Chaque fois que les habitants de Gan voyaient l’ennemi venir vers la montagne, ils leur suffisaient de rouler des gros cailloux dont on ne sait comment ils emmenaient ou emportaient ces pierres sur la montagne pour écraser l’ennemi. Ce système ou cette pratique les a beaucoup sauvé par le passé.

En 1898, la région fût libérée car Samory Touré venait d’être capturé à Gueuwleu « Guélémou », un autre village de la Sous Préfecture de Biankouma d’où la descente du peuple uni de Gan au pied de la montagne PEUTON. La population vivait en parfaite harmonie jusqu’à ce qu’un jour, une toute petite histoire d’école primaire venait tout bouleverser. Une histoire banale qui divisait le village de Gan en Gan 1 et Gan 2.

D’où est venue alors cette division ?

Cette question revenait toujours sur toutes les lèvres. Gan, un peuple de vaillants travailleurs, n’a jamais pensé à une division d’après les récits. Mais cela arrivait à cause d’une histoire d’école primaire dont l’un de leur enfant cadre à cette époque avait construit dans une clairière éloigné du village de Gan. D’où, les enfants qui partaient à l’école en ce moment traversaient par des pistes villageoises la forêt avant d’y arriver. Le cadre en question, vu la position du village (gan est situé dans cuvette de montagnes comme la ville de Man) a souhaité que le village s’installe près de cette école qui a un bon emplacement géographiquement. Tous les habitants ont commencé à se préparer pour le nouveau village. Mais, le cadre était tellement vantard, qu’il parlait de sa réputation partout où il passait. « C’est moi le grand qui déplace tout un village» «Je suis l’homme fort ». Ces paroles n‘ont pas été appréciées par d’autres habitants qui ont préféré rester et ceux qui n’ont pas pris cela en mal sont partis s’installer dans la clairière à côté de l’école.

Pour l’orgueil, ceux qui sont restés dans l’ancien village ont construit leur école primaire après l’indépendance de la Côte d’ivoire. Pour faire la différence entre ces deux écoles, les autorités administratives de cette époque ont nommé l’école de l’ancien village EPP GAN 1 comme étant le premier village et l’autre EPP GAN2 comme étant le second. On dit même que les cadres ont vraiment joué dans la réconciliation des deux villages afin que GAN reste le seul village sur les registres de tout enfant de GAN.

Gan n’a jamais été divisé comme le pense beaucoup de personnes. Mais, c’est cette banale affaire d’école qui a poussé d’autres habitants à s’en aller. Et pour rappel, les deux villages se touchent aujourd’hui et un centre de santé a même été installé au milieu des deux grâce aux cadres dont Blondé Siaba Maire de Biankouma et autres.


LES QUARTIERS DU VILLAGE DE GAN

  1. Irita
  2. Blimba kouinwilé
  3. Kouingbêlieu
  4. Zonhonleu
  5. Gbélôleu
  6. Nuntoleu
  7. Sanholeu
  8. Lieuleu
  9. Zongouleu
  10. Zopleu
  11. Grôleu
  12. Irapleu
  13. Lema
  14. Blimba kouinlalé
  15. Kpahnta
  16. Gômimpleu
  17. Guiokouinleu
  18. Munkouinleu

Villes voisines[modifier | modifier le code]

Personnalités liée à la région[modifier | modifier le code]

  • Robert Guei, ancien président de la République de Côte d'Ivoire
  • Loua Diomandé ancien ministre sous le président Félix Houphouet Boigny
  • Alphonse Woï Messé ancien maire ²et ex député, ex vice-président de l'Assemblée Nationale et ex président du groupe parlementaire UDPCI.
  • Siguidé Soumahoro ancien ministre de sport sous le président Henri Konan Bedié.
  • Alphonse Douati, ancien ministre, notamment de la production animale et des ressources halieutiques dans les gouvernements de Charles Konan Banny et Soro I.

Blé Kessé Adolphe ancien secrétaire de la jeunesse FPI (1996 - 1998 ) de Laurent Gbagbo

Goh Bakayoko grand chancelier de l'ordre nationale kalé sopoudé "defunt deputé-maire de 1980 à1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  2. Décret n°61-16 du 03/01/1961
  3. CRADO : Comité de Réflexion et d'Actions pour le Développement de l'Ouest 13 bp 108 Abidjan 13 tel 225 22 50 69 59 / 08 51 70 08 / 06 84 08 27 / crado_ci_org@yahoo.fr
  4. Objectifs affichés du CRADO : Création d'une radio communautaire, réhabilitation et équipement des bibliothèques et foyers, promotion des sites touristiques, appui technique et financier aux projets de création d'entreprises, etc.
  5. le CRADO est dirigé par Soumahoro Don Jean Stéphane, et le premier adjoint au maire Louaty Soumahoro
  1. Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago

Liens externes[modifier | modifier le code]