Bernardo Tolomei

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Giovanni Tolomei, connu sous le nom de saint Bernardo Tolomei, né le 10 mai 1272 à Sienne et mort en 1348, est un moine italien de la fin du Moyen Âge, fondateur de la Congrégation de la Très Sainte Vierge du Mont-Olivet connue sous le nom de Ordre du Mont-Olivet. Dans le martyrologe romain il est fêté le 19 août.

Bernardo Tolomei

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né le 10 mai 1272 à Sienne, en Toscane, Giovanni[1] Tolomei est le troisième fils de Mino et Fulvia Tolomei. Il est issu d'une famille de commerçants et de banquiers, de sensibilité guelfe, qui assurait, entre autres, l'encaissement et le transport de l'impôt pontifical, et représentait le haut de l'échelle sociale de la ville.

Peu de choses précises sont connues sur l'enfance et l'éducation de Giovanni. On peut supposer que la fortune et la position sociale de sa famille ont pu le faire bénéficier d'excellentes études. Giovanni a aussi acquis des compétences militaires et juridiques puisqu'il a été désigné comme « remarquable chevalier et juriste accompli »[2].

Santa Maria della scala

Par ailleurs, Giovanni était membre de la confrérie des flagellants disciplinati qui se réunissait à l'hôpital Santa Maria della Scala. D'après Antonio da Braga, c'est là qu'il aurait rencontré les trois compagnons avec lesquels il fondera son premier monastère : « ...ne faisant qu'un avec ses nobles amis siennois, Patrizio d'Patrizi, Francesco et Ambrogio... se rendant d'un commun accord étrangers aux bagatelles du monde, ils s'efforcent de servir le Dieu qui tonne[3] ».

Vocation[modifier | modifier le code]

Giovanni enseignait le droit et, tandis qu'il étudiait, il fut frappé de cécité et ne put continuer sa lecture[4]. Il fait alors un vœu, promettant, s'il recouvre la vue, de « prendre l'habit de la pénitence et l'état des serviteurs de Dieu ». Cette hypothèse n'est pas la seule quant à l'origine de sa vocation religieuse. D'autres auteurs, comme Barga, évoquent les troubles politiques et les hostilités avec l'empereur endurées par la ville de Sienne en 1312, voire les conflits entre les lignages Salimbeni et Tolomei.

En 1313, Giovanni et ses compagnons, Patrizio de'Patrizi (1292-1355) et Ambrogio Piccolomini, qui mourut en 1338, quittent Sienne pour se retirer dans un domaine difficile d'accès, au lieu-dit Acona, afin de consacrer définitivement leur vie à la pénitence et à la prière.

Là, ils mènent une vie d'austérité et de pénitence, édifiant un lieu de culte sur le site qui sera occupé ultérieurement par l'abbaye de Mont-Olivet, vivant de leur propre travail « Travaillant de leurs mains et se procurant vivres et vêtements par leur travail et sueur »[5].

Petit à petit, d'autres hommes les rejoignent et viennent chercher le silence et la tranquillité dans les forêts et les grottes voisines.

Vers la fondation[modifier | modifier le code]

Le bienheureux Bernardo Tolomei communiant les malades de la peste, détail, XVIIe siècle, École italienne. Musée eucharistique du Hiéron. France

Le nombre grandissant des ermites d'Acona attira l'attention de l'Église qui, depuis le quatrième concile de Latran, en 1215, et le second concile de Lyon, en 1274, estimait qu'il « n'était permis à personne de vivre en groupe sous l'habit religieux sans un vœu solennel et approuvé »[6]. Un enquêteur fut envoyé sur place, pour vérifier l'accusation d'hérésie qui avait été portée contre eux, Giovanni put toutefois se justifier après du pape Jean XXII.

Choisissant la Règle de saint Benoît, Giovanni change alors de nom, se plaçant sous le patronage de l'abbé de Clairvaux, il s'appellera dorénavant Bernardo Tolomei.

Le lundi 26 mars 1319, l'évêque d'Arezzo, Guido Tarlati di Pietramala, concède à Bernardo la charte de la fondation d'un monastère bénédictin à Acona, qui prendra le nom de Congrégation de la Sainte Vierge du Mont-Olivet et approuve la fondation de l'abbaye du Mont-Olivet. L'objectif de sa fondation est de développer une dévotion particulière à la Vierge. Et c'est le 29 mars de la même année que Giovanni, moine de l'abbaye de Sasso, reçoit la profession de foi des fondateurs selon la règle bénédictine.

Le premier abbé de la nouvelle congrégation ne sera pas Bernardo, mais Patrizio de'Patrizi. Élu pour un an, selon le texte de la charte de la fondation, il sera suivi d'Ambrogio de'Piccolomini puis de Simone diTura. Ce n'est qu'en septembre 1322 que Bernardo acceptera cette charge.

Rapidement, le monastère du Mont Olivet accueille de nombreux nouveaux frères tandis que d'autres établissements naissent tout autour de Sienne : Porta Tufi, Sant'Anna in Campena, etc...

Soucieux d'obtenir la confirmation apostolique de sa fondation, Bernardo envoie deux moines, Simone Tendi et Michele Tani en Avignon auprès du pape Clément VI. Deux lettres sont signées par le pape le 21 janvier 1344, représentant l'acte de naissance officiel de la congrégation bénédictine de Sainte Marie de Mont-Olivet. Elle compte alors 160 membres[7].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Bernardo Tolomei au pied de la Croix
tableau dans l'abbatiale du Mont-Olivet.

Lors de l'arrivée de l'épidémie de peste dans le diocèse d'Arezzo en 1348, Bernardo et ses moines se consacrent au soin des malades[8]. À la suite de cet acte de charité, Bernardo et plusieurs de ses frères succombent à la maladie.

Bernardo meurt à 76 ans après avoir dirigé son ordre durant 27 ans. Son corps a disparu dans l'anonymat de l'épidémie et ne sera jamais retrouvé. Sa mort est suivie de nombreux miracles et la congrégation olivétaine donne plusieurs saints à l'Église catholique.

La congrégation a actuellement essaimé au-delà de l'Italie puisqu'elle est présente dans de très nombreux pays. Elle compte trois monastères en France, l'abbaye Notre-Dame du Bec en Normandie, avec sa fondation au Mesnil-Saint-Loup, et l'abbaye Notre-Dame de Maylis dans les Landes et de nombreux autres dans le monde.

Béatification - canonisation[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Regardez le rocher d’où l’on vous a taillés - Documents primitifs de la Congrégation bénédictine de Sainte-Marie du Mont-Olivet, Studia Olivetana 6, Abbaye de Maylis 1996, 478 p.
  • (it) I padri olivetani, Per una rinnovata fedeltà. Fonti olivetane, (C. FALCHINI éd.) Qiqajon, Comunità di Bose 2003, 456 p.
  • (it) Giovanni Bernardo Tolomei. Padre e maestro di monaci, A. Donatelli, Cantagalli, Siena 1977, 183 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Mont-Olivet
  1. son nom de baptême
  2. miles atque dotor eximius - Antonio du Guccio da Barga - Chronicon, 2
  3. Deutéronome 4,11
  4. Chronique de la Chancellerie - Alessandro da Sesto - 1503
  5. Chronique de la Chancellerie (10 ; 342)
  6. Barga 4 ; 244
  7. Saint Bernard Tolomei - Bernard Buchoud - page 56
  8. Un tableau du XVIIe siècle évoque cet épisode : Le bienheureux Bernardo Tolomei communiant les malades de la peste, École italienne, Musée eucharistique du Hiéron.

Source[modifier | modifier le code]