Ban (Moyen Âge)

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Le ban est une institution politique et territoriale des royaumes francs, qui a trait à la reconnaissance de droits de communautés chrétiennes organisées par une assemblée politique spécifique, représentative des hommes libres adhérents à ce groupe. Le roi, soucieux de la bonne évangélisation que lui garantit l'évêque et des troupes de moines, participe à sa fondation et apporte une base financière et territoriale généreuse, extraite du fisc, c'est-à-dire du vaste domaine royal. Le découpage territorial en grand ban apparaît au VIIe siècle aux confins de l'Austrasie et se développe rapidement à la fin des temps mérovingiens.

Les grands aristocrates, qu'ils soient à l'initiative des bans par leurs réseaux de clientèles, ou que par leurs fonctions comtales ou ducales, ils supervisent ou encadrent ces entités semi-autonomes, extirpent un pouvoir éminemment renforcé, tant au point de vue spirituel que temporel. Les monastères, au pied desquels se développe une vie profane économique et au sein desquels est enterré la famille du fondateur, sont devenus des lieux sacrés, incontournables chamboulant la hiérarchie immuable de la cité épiscopale et l'harmonie des diocèses du Bas-Empire. Les troubles ou les rivalités entre ces nouveaux princes quasi-autonomes et leurs bandes amenèrent un effondrement des structures du Bas-Empire et du premier regnum francorum, celui du monde mérovingien.

Féodalité au sortir des temps carolingiens[modifier | modifier le code]

Si on supprime tous les droits aux habitants, le ban désigne le pouvoir de commandement du seigneur guerrier et protecteur sur la terre et ses sujets manants, considérés en bétail inaliénable, taxable et corvéable ainsi que l'origine du terme feod le mentionne. Les lois de cartulaire se sont converties en véritables astreintes domaniales qui englobent pèle-mêle les domaines privés aux terres autrefois publiques ou communes, et les esclaves des manses serviles, les colonies dépendants et autres hommes aux statuts variés et contractuels de cultivateurs, d'éleveurs ou d'artisans de former une plèbe indistincte et dominée. Une foule de droits applicables en cas de sortie de l'espace domaniale du ban s'édifie selon des modalités typiquement locales et fort variables suivant les grandes régions : droit de mainmorte, droit de formariage, marquage du statut de servage par les lignées paternelles et/ou maternelles, stricte obligation de résidence ou seulement pour hériter...

Mais il ne faudrait pas considérer que la féodalité, là où elle s'est maintenue et codifiée, n'ait jamais dépassé l'oppression brute ou la remise en servage généralisée. En Occident, elle a atteint, notamment sous sa forme aboutie franco-flamande, des raffinements financiers, bancaires et aussi intellectuels aux XIIe et XIIIe siècles. Elle consiste à instaurer ou restaurer un espace supérieur de nature financière et transactionnelle en monnaie en partie bancaire, des modes et savoirs caractéristiques d'exploitation. Émerge le monde d'entrepreneurs ou de fermiers qui deviennent libres de conduire leur exploitation comme il leur semble à condition d'assurer fermages, taxes et redevances. Le succès des plus ingénieux assure en rétroaction une monétarisation de l'économie plus complète et une dépendance économique de la troisième catégorie dominée, la foule dépendantes des manouvriers ou saisonniers.

Le latin médiéval bannum qui, venant d'un terme mérovingien indique l'amende ou la mise à l'amende, signifie l'idée d'obliger, de contraindre. La seigneurie banale en est issue. Le seigneur en quête de ressources invente l'économie politique et le monopole public pour ses besoins.

Convoquer son ban se disait au Moyen Âge de l'appel fait par le seigneur à ses vassaux pour les convoquer à la guerre. Du mot ban pris dans cette acception sont dérivés les mots bannière et seigneur banneret. Dans les appels faits pour service militaire, on distinguait le ban proprement dit, composé des vassaux immédiats, convoqués par le roi lui-même, et l'arrière-ban, composé des vassaux convoqués par leurs suzerains.

Évolution des bans[modifier | modifier le code]

Les lieux fondateurs des premiers bans n'ont parfois pas survécu aux démantèlements ou aux morcellements orchestrés par les forces politiques. C'est paradoxalement le monde religieux, qui, inventant des filiations ou des liens hagiographiques avec l'évangélisateur proclamé, le plus souvent le restaurateur d'une bonne pastorale, ou amenant par une mauvaise historiographie à confondre l'organisation paroissiale du XIIIe siècle avec le ban politique et religieux du VIIe siècle a repris le flambeau de la plus vieille institution.

Source[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

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