Arab Tunisian Bank

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Arab Tunisian Bank

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Logo de l'Arab Tunisian Bank

Création 30 juin 1982
Fondateurs Hatem Kchouk
Forme juridique Société anonyme
Slogan Des professionnels à l'écoute
Siège social Drapeau de Tunisie Tunis (Tunisie)
Direction Mohamed-Férid Ben Tanfous (DG)
Activité Banque
Société mère Drapeau : Jordanie Groupe Arab Bank
Filiales 12 filiales
Site web atb.tn
Bilan comptable 2 967 811 (USD) en 2012[1]

L'Arab Tunisian Bank (ATB) (البنك العربي لتونس) est une banque commerciale tunisienne, fondée le 30 juin 1982 par l'intégration de l'agence tunisoise de l'Arab Bank et l'apport de personnes physiques tunisiennes.

Jouissant de l'expertise de l'Arab Bank en matière de gestion des risques et de banque professionnelle, ainsi que d'injections régulières de capital[2], l'ATB, banque majeure sur la place de Tunis[3], s'est donnée pour mission de contribuer au développement économique et financier du pays en offrant notamment aux professionnels un service diversifié. Figurant parmi les banques les plus dynamiques du marché tunisien, elle souhaite devenir la première institution financière sur le marché en acquérant un rayonnement maghrébin[4]. Actuellement, il s'agit de la troisième banque privée du pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Habib Bourguiba bénéficie du soutien d'Abdul Hameed Shoman, fondateur de l'Arab Bank, dans la lutte pour l'indépendance de la Tunisie[5]. Shoman lui ouvre ainsi un compte à l'Arab Bank-Egypt[5].

À titre de reconnaissance, Bourguiba devenu président après l'indépendance, accorde à Shoman une autorisation pour ouvrir une agence bancaire à Tunis[5]. Arab Bank Plc ouvre en 1952 une agence à Tunis (rue El Jazira) sous le nom Arab Bank-Tunis[5]. Dans le but de créer une nouvelle banque en Tunisie, Hatem Kchouk entama des pourparlers avec les Shoman pour acheter leur agence tunisienne.

Après la mort de Shoman, les deux frères Khaled et Abdul Majeed se sont opposés à l'idée du rachat de l'agence[5]. Pour le premier, Arab Bank n'avait pas d'avenir en Tunisie puisque les rapports étaient très négatifs sur ce pays[5]. Or, pour le second, la présence de l'Arab Bank sur tout le territoire arabe était nécessaire par fidélité à la mémoire de leur père[5]. Après plusieurs rencontres et négociations, Hatem Kchouk arrive à mettre d’accord les Shoman pour créer une nouvelle banque qui rachèterait leur agence et dans laquelle ils détiendraient 50 % du capital. Le PDG Shoman donne ensuite les pleins pouvoirs à Kchouk pour décider et agir au nom de l’Arab Bank dans la réalisation de ce projet de création de banque. Ce dernier, ayant vécu la nationalisation du CCF à Paris, leur demande de porter 12 % du capital, en plus de leur part[5], avant de les céder à des actionnaires tunisiens[5]. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie accepte cette démarche et adresse une lettre aux frères Shoman dans laquelle il leur donne un délai maximum de cinq ans pour céder ces 12 %[5]. Mais, plus tard, cette cession n'a pas lieu et le capital de la banque reste détenu à 62 % par le groupe Arab Bank ; cette part passe en 2008 à 64,2 %[6].

C'est alors qu'Arab Bank-Tunis devient Arab Tunisian Bank en juin 1982[7]. Or, selon Hatem Kchouk, PDG de l'ATB de 1982 à 1989, le ministre des Finances et du Plan de l'époque, Mansour Moalla, accepte sa proposition de dénomination en anglais (Arab Tunisian Bank) et non en français (Banque arabe de Tunisie), ce qui est inhabituel ; Kchouk explique qu'il s'agissait de ne pas faire de l'ombre à la Banque internationale arabe de Tunisie que Moalla dirigeait à l'époque ou de ne pas créer un amalgame dérangeant[5].

ATB aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Siège de l'Arab Tunisian Bank à Tunis

Le 30 mai 2008, l'assemblée générale extraordinaire de l'ATB décide de porter le capital social de la banque de 60 à 100 millions de dinars courant 2010[4] ; il est porté à 80 millions dans une première étape[8]. L'actionnaire principal reste l'Arab Bank à hauteur de 64,2 %[6] ainsi que d'autres groupes tunisiens (Zerzeri, Bayahi, Abbès, Ben Ammar ou Ben Sedrine)[9].

En 2010, l'ATB obtient la certification MSI 20000 décernée par la branche « organisme de certification » du groupe Maghreb Corporate. La banque est certifiée à la suite d'un audit de trois mois, débuté en août 2010 et piloté par l'Institut de la Bourse de Paris[10].

En 2010, selon le rapport spécial des commissaires aux comptes, la rémunération annuelle du directeur général de l'ATB, Mohamed-Férid Ben Tanfous, atteint 921 987 dinars, ce qui en fait le banquier le mieux payé en Tunisie[11].

Relations avec le régime Ben Ali[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la privatisation de la Banque du Sud à la fin 2005, Mohamed Sakhr El Materi rachète 16 % du capital de l'établissement auprès de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, 33,54 % appartenant à l'État tunisien[12] grâce au soutien du pouvoir[13] ; El Materi avait effectué alors l'une des premières opérations de leveraged buyout en Tunisie en recourant à un financement auprès de l'Arab Tunisian Bank pour l'acquisition des parts détenues par Monte dei Paschi di Siena[14].

En 2011, après la révolution tunisienne qui renverse le président Zine el-Abidine Ben Ali, quatorze agences de la banque sont incendiées et quatorze autres endommagées, soit des dégâts évalués à six millions de dinars couverts à hauteur de 80 %[15]. Selon le site Business News, sur les 2,5 milliards de dinars de crédits accordés par le système bancaire à la famille de Ben Ali, l'ATB a accordé au clan 180 millions de dinars ; ce montant représente 7 % du total des engagements bancaires auprès des familles Trabelsi et Ben Ali et 4,8 % du portefeuille crédits et titres commerciaux de l'ATB[16],[17].

Selon le même site, 94 % des engagements de la banque sont considérés comme des créances courantes ne représentant aucun risque, ce qui voudrait dire que l'ATB a pris peu de risques auprès du clan Ben Ali[16]. Ces engagements sont répartis entre les sociétés Tunisiana, Orange Tunisie, Ennakl et le groupe de Mohamed Sakhr El Materi, Princesse El Materi Holding, alors que quinze millions de dinars ont été consacrés au financement des entreprises de Belhassen et Imed Trabelsi[15] ; les crédits restants ont été distribués à la famille du président déchu[15].

Activités[modifier | modifier le code]

En 2009, l'ATB confirme sa place en tant que banque jouant un rôle précurseur sur le marché[18] : elle est la première banque du pays à émettre une carte réservée aux femmes, la carte Lella[19], à fournir aux jeunes âgés de 13 à 25 ans une carte bancaire spécifique, la Carte ATB C jeune (qui leur permet de jouir de diverses offres) et à mettre en ligne un blog, Club JEUNES ATB, destiné principalement aux détenteurs de cette carte[20].

La banque se tourne ainsi vers les technologies de l'information et de la communication comme moyen de rapprochement et de facilitation des services bancaires pour ses clients[18]. En juin 2009, en collaboration avec ses partenaires tels que HP, Microsoft, Lenovo, IBM, Versus ainsi que Topnet, la banque lance une première en Tunisie : elle propose vingt solutions différentes aux clients souhaitant acquérir un ordinateur, à crédit et à des tarifs avantageux, baptisées Pack Intelligencia[21].

Elle est aussi la première banque à proposer des guichets automatiques effectuant des opérations de change sur les euros et les dollars[18] et à déployer des appareils de nouvelle génération[18].

En 2010, afin de faciliter l'accès des jeunes diplômés du supérieur à un programme de formation certifiante, sanctionné par l'obtention de certificats de compétences dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, l'ATB signe une convention, avec le ministère des Technologies de la communication et le Centre d'information, de formation, de documentation et d'études en technologies des communications, afin d'octroyer des crédits aux personnes intéressées par ces formations à des conditions préférentielles[22].

En 2008, la banque dispose d'un réseau qui compte 83 agences, en augmentation de cinquante sur trois ans[23]. Elle dispose en 2010 d'un réseau de 115 agences[10] à travers le pays et douze filiales.

En 2011, l'ATB compte, en plus du site institutionnel, huit portails spécifiques à chaque cible : femmes[18], Tunisiens de l'étranger[18], particuliers, professionnels, jeunes, aux moins de 16 ans, 16-18 ans et jeunes de plus de 18 ans.

Filiales[modifier | modifier le code]

L'ATB compte à ce jour douze filiales :

  • Arab Financial Consultants (AFC)
  • Arab Tunisian Developpement (ATD-SICAR)
  • Arab Tunisian Invest (ATI-SICAF)
  • Arab Tunisian Lease (ATL)
  • Arab Tunisian Studies (ATS)
  • Arabia SICAV
  • AXIS Capital Protégé
  • AXIS Trésorerie (AT)
  • CODIS
  • SANADETT SICAV
  • Société arabe de réalisations immobilières (SARI)
  • Union de factoring (Unifactor)

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les 50 premières banques d'Afrique du Nord en 2013 », Jeune Afrique, hors-série n°34 « Spécial finance », 2013, p. 53
  2. (fr) « Standard&Poor's relève la note de la banque sur le long terme à « BB+ » tenant compte du soutien de l'Arab Bank, la maison mère », Tustex, 15 janvier 2009
  3. (fr) Amel Belhadj Ali, « Le ticket d'entrée du secteur bancaire sur les marchés extérieurs est élevé », Webmanagercenter, 29 octobre 2009
  4. a et b Raouf Khalsi, « Nous ambitionnons de devenir le leader tunisien des métiers de la banque », Le Temps, 17 juin 2008
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) « Opinion – De Hatem Kchouk à Monsieur le ministre Moalla », Webdo, 3 mai 2011
  6. a et b (fr) « Selon l'agence Fitch Ratings : des perspectives dévolution positives pour l'ATB », Le Quotidien, date inconnue
  7. (fr) « Tunisie : la perspective de l'ATB relevée de stable à positive », African Manager, 18 mars 2010
  8. (fr) [PDF] Arab Tunisian Bank : avis de réalisation de l'augmentation de capital (Bourse de Tunis)
  9. (fr) « L'ATB affiche une croissance de 13 % de son CA en dépit d'une conjoncture difficile », African Manager, 3 février 2011
  10. a et b (fr) « L’ATB obtient la certification MSI 20000 », La Presse de Tunisie, 16 décembre 2010
  11. (fr) « Tunisie - Bilan 2010 : ATB, des bons indicateurs et un système d'information à revoir », Webmanagercenter, 16 juin 2011
  12. (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Privatisation de la Banque du Sud », Jeune Afrique, 24 octobre 2005
  13. « Ben Ali & Co : le gendre préféré de Leïla emprunte l’argent à une banque pour en racheter des parts », Bakchich, 10 octobre 2006
  14. (fr) « Comment la Banque du Sud a été dépecée au profit de Sakher El Materi », Webdo, 16 avril 2011
  15. a, b et c (fr) L'ATB : des perspectives prometteuses pour 2011 (Tunisie Soir)
  16. a et b (fr) « L'ATB a pris peu de risques auprès de la famille Ben Ali », Business News, 18 février 2011
  17. (fr) « 180 MDT de crédits aux clans chez l'ATB », African Manager, 17 février 2011
  18. a, b, c, d, e et f (fr) « ATB : sous le signe de « la banque High Tech » », Leaders, 26 novembre 2009
  19. (fr) « Lella et Mobilink présentés au large public », Webmanagercenter, 31 octobre 2008
  20. (fr) « L'ATB communique autrement et lance son blog ! », Webmanagercenter, 18 mars 2008
  21. (fr) « Les banques lancent des packs « spécial salon » », Webmanagercenter, 3 octobre 2009
  22. (fr) [PDF] « Convention entre le ministère des technologies de la communication et l'ATB », Tunis Afrique Presse, 22 mars 2010
  23. (fr) Raouf Khalsi, « ATB : Mr Ben Tanfous, le Directeur Général, commente les réalisations de la banque et ses ambitions dans une interview accordée au journal Le Temps », Tustex, 17 juin 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]