Antony Cyril Sutton

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Antony Cyril Sutton

Description de l'image  Antonysutton.jpg.
Naissance 14 février 1925
Décès 17 juin 2002
Nationalité Flag of the United Kingdom.svg britannique
Profession Essayiste
Économiste
Historien

Antony Cyril Sutton (19252002) est un économiste, historien et écrivain britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sutton fut chercheur à Stanford au sein de la fondation Hoover de 1968 à 1973. Il enseigna l'économie à l'UCLA. Il étudia à Londres, Göttingen et UCLA et fut titulaire d'un doctorat en sciences de l'Université de Southampton, en Angleterre.

En 1972, au sein de la Hoover Institution à Stanford, il subit la censure de son directeur de recherche qui tenta d'empêcher la publication de National Suicide: Military Aid To The Soviet Union dont les faits décrits attaquaient le programme Nixon-Kissinger d'aide aux Soviétiques tandis que ceux-ci aidaient les Nord-Vietnamiens dans leur effort de guerre. Le livre arrivait à la conclusion que les soldats américains étaient en train d'être tués avec l'aide de leur propre technologie[1].

Pierre de Villemarest[2], spécialiste des questions mondialistes, écrit que « Sutton fut le seul auteur qui ait jamais disséqué les contrats grâce auxquels les totalitarismes nazi et soviétique ont pu vivre et survivre économiquement ».

Il est surtout connu pour son livre : America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones décrivant la société secrète d'étudiants de l'Université Yale, la Skull and Bones. Il a aussi abordé le thème de la fusion froide.

Théories[modifier | modifier le code]

Sur la société de la Skull & Bones[modifier | modifier le code]

Selon Sutton, la vision de l'éducation des masses qu'a une certaine élite membres de la société des Skull and Bones, n'est pas le libre développement de l'individu mais le fait d'apprendre à vivre de manière intégrée dans une société organique, de manière semblable à la philosophie de Hegel sur l'État absolu. Dans ce type d'État, l'individu trouve sa liberté par l'obéissance aux lois de l'État[3]. Quant aux libertés individuelles, elles ne sont pas acceptables et doivent être guidées par la tyrannie rationnelle[4]. Sutton soutient également que la théorie sur les similitudes de la psychologie animale et l'humaine de Wilhelm Wundt[5] et la notion hégélienne du conflit qui crée l'Histoire[6], font partie intégrante de l'idéologie des Skull & Bones. Ainsi le conflit entre une thèse et une antithèse donne une synthèse et si le processus thèse-antithèse est sous le contrôle de cette société, la synthèse découlera forcément de sa volonté[6]. Pour Sutton, la synthèse ultime des Skull & Bones est le Nouvel ordre mondial[7].

Sur les liens entre Wall-Street et la révolution bolchevique[modifier | modifier le code]

En 1917, avant l'éclatement de la révolution bolchevique en Russie, des entreprises de Wall Street notamment, ont pu indirectement mettre en place des opérations visant à permettre l'avènement de cette révolution. Tout d'abord avec l'accord du président de l'époque Woodrow Wilson, qui fournit un droit d'asile à Trotsky tout en sachant qu'il prévoyait de poursuivre la révolution et de l'amener à son terme. L'auteur note également, d'après les travaux d'autres auteurs, le fait que Lénine a été financièrement soutenu par le gouvernement allemand, et que les partis bolchéviques et menchéviques ont également été financés et organisés par ce gouvernement. Le gouvernement allemand avait pour objectif de sortir la Russie de la guerre, et de contrôler le marché russe d'après guerre. Les entreprises de Wall Street quant à elles ont financé la révolution bolchevique par l'intermédiaire d'Olof Aschberg, propriétaire de la banque suédoise Nya Banken. Olof Aschberg était considéré comme « le banquier de la révolution ». Il fournit aussi bien des fonds suédois, allemands, anglais, qu'américains pour financer les bolcheviques. Le financement américain venait en partie de la Guaranty Trust Company, une organisation défendant dans un premier temps les intérêts de J.P. Morgan. Ce soutien financier permit ainsi à la Nya Banken et à la Guaranty Trust Company d'avoir un certain poids dans la direction de la banque bolchevique créée en 1922, la Ruskombank. En effet, Olof Aschberg fut son directeur, quant à Max May, vice-président de la Guaranty Trust Company, il fut le directeur des opérations internationales de la Ruskombank. Le financement des bolcheviques par Wall Street peut également être mis en relation par la mission de la Croix Rouge américaine en Russie en 1917. Cette mission, censé avoir des fins humanitaires, était composée de représentants de toutes les grandes entreprises de Wall Street, que ce soit la Réserve Fédérale, la Chase National Bank, ou encore la National City Bank of New York. Cette mission fut supervisée par William Boyce Thompson président de la Réserve Fédérale de New York qui avait pour objectif de permettre la liberté de prêt, et de créer un programme de propagande pour l'avènement de la révolution bolchevique. Il voulait également maintenir la Russie en guerre contre l'Allemagne afin d'empêcher les entreprises de ces dernières d'entrer sur le marché russe au profit des entreprises américaines, en envoyant des révolutionnaires bolchéviques et des équipes de propagande en Allemagne en 1918.

Antony Sutton explique l'ensemble de ces connexions entre les entreprises de Wall Street et les personnages clés ayant amené la révolution bolchévique à éclater, par le fait que les entreprises de Wall Street ont pour objectif de s'implanter dans le marché soviétique afin d'exploiter commercialement la Russie. Cette implantation s'effectuera notamment au travers de l'American International Corporation qui est une organisation regroupant en premier lieu les intérêts de J.P. Morgan, de James Stillman le président de la National City Bank of New York, et des Rockefeller. D'ailleurs ces financements ont été annoncés par Lénine lui-même, avant le dixième Congrès du Parti Communiste Russe du 10 mars 1921, comme étant une nécessité tant la situation économique du pays était catastrophique et que le système ne pouvait perdurer sans ces fonds. "Without the assistance of capital it will be impossible for us to retain proletarian power in an incredibly ruined country in which the peasantry, also ruined, constitutes the overwhelming majority — and, of course, for this assistance capital will squeeze hundreds per cent out of us. This is what we have to understand. Hence, either this type of economic relations or nothing…"[8].

À la suite de l'ensemble des faits exposés par l'auteur sur l'implication d'un pouvoir économique et politique, américain notamment, pour promouvoir intentionnellement la révolution bolchevique, Antony Sutton a surtout voulu expliquer les moyens dont jouissaient les entreprises de Wall Street pour mettre en place cette révolution. Ces entreprises ont en effet, d'après les travaux de l'auteur, provoqué la révolution bolchevique par l'intermédiaire de certaines sphères des pouvoirs politiques et économiques. Antony Sutton a également voulu explorer la théorie selon laquelle Trotsky était un élément clé pour faire naître cette révolution, et qu'il ne fut en fin de compte qu'une création de certaines entreprises de Wall Street, dans le sens où sans leur soutien, Trotsky n'aurait jamais pu avoir l'influence qu'il a eue pour faire éclater la révolution bolchevique. C'est le même cas pour Lénine qui fut financé par le gouvernement allemand. Finalement ce sont les partis bolchéviques et menchéviques qui ont pu avoir autant d'importance grâce aux financements américains et allemands. L'auteur évoque enfin les intérêts qui ont poussé ces entreprises à vouloir faire naître cette révolution, qui sont des intérêts purement financiers en surface, du fait de l'opportunité de voir naître de nouveaux marchés. "The gigantic Russian market was to be converted into a captive market and a technical colony to be exploited by a few high-powered American financiers and the corporations under their control"[9]. De plus les financiers internationaux profiteront davantage d'un pouvoir centralisé et international afin de pouvoir négocier plus facilement avec le pouvoir en place, c'est ce que permet le communisme, notamment au travers de Trotsky qui est avant tout un internationaliste. Toutefois lorsque l'on met en relation l'influence dont jouit la sphère économique sur la sphère politique aux États-Unis notamment, il est envisageable d'évoquer l'hypothèse selon laquelle la révolution bolchevique avait également pour intérêt de permettre d'étendre cette domination sur le territoire russe. C'est tout du moins ce que va vouloir démontrer Antony Sutton sur l'ensemble de son œuvre[10].

Sur les liens entre Wall-Street et Franklin Delano Roosevelt[modifier | modifier le code]

Pour Sutton, l'action de Franklin Delano Roosevelt s'est fait dans l'intérêt de la haute finance américaine par son New Deal et par d'autres lois promulguées à partir de 1933[11] une opinion qu'il développe dans son livre consacré au sujet[12].

Sur la Réserve fédérale[modifier | modifier le code]

Pour Sutton, la Réserve fédérale est un monopole privé et légalisé de réserve monétaire au profit d'un petit nombre institué sous le prétexte de favoriser et de protéger l'intérêt général[13].

Collaboration entre Wall Street et Hitler[modifier | modifier le code]

Sutton signala que la capacité de production des entreprises IG Farben et Vereinigte Stahlwerke, qui produisaient 95 % des explosifs d'Allemagne en 1937-38, fut uniquement possible avec les crédits concédés par le Plan Dawes et la technologie des États-Unis. Une coopération entre I. G. Farben et la Standard Oil of New Jersey pour produire de l'essence synthétique à base de charbon a donné à la I. G. Farben le monopole de cette production durant la Seconde Guerre mondiale. La moitié de la production allemande d'essence était entre ses mains et le reste à des compagnies affiliées[14]. Selon Sutton, sans le capital de Wall Street il n'y aurait eu ni IG Farben, ni Adolf Hitler, ni Seconde Guerre mondiale[15].

Relativisme de la dichotomie gauche-droite[modifier | modifier le code]

Selon Sutton, les États-Unis aidèrent la guérilla marxiste en Angola contre le pouvoir colonial du Portugal, qui était un allié au sein de l'OTAN[16].

En 1918 à la suite de la révolution bolchévique, l'American International Corporation, qui est une organisation regroupant des entreprises de Wall Street dont les intérêts les plus prééminents furent ceux de J.P. Morgan, ont politiquement soutenu, par l'intermédiaire de l'un des ses membres William Sands, le journaliste pro-bolchévique John Reed, dont les articles pour le Metropolitan Magazine, auquel il était lié, furent de précieux témoignages de la situation en Russie à l'époque. John Reed était un journaliste engagé qui n'hésitait pas à critiquer ouvertement des individus comme J.P. Morgan, Rockefeller, et l'American International Corporation sur leur implication dans la révolution bolchévique. Toutefois John Reed fut soutenu par l'American International Corporation lorsqu'il fut arrêté à plusieurs reprises en Europe pour propagande, engendrant ses libérations. De plus les financements de John Reed venaient en partie du Metropolitan Magazine, dont son propriétaire était Harry Whitney, l'un des partenaires de J.P. Morgan dans sa firme, il fut également l'un des directeurs de la Guaranty Trust qui était une organisation majeure révélant l'implication d'entreprises de Wall Street dans l'avènement de la révolution bolchévique d'après Antony Sutton. Ces liens entre les garants du capitalisme que sont les entreprises de Wall Street, et John Reed le porte-parole des bolchéviques aux États-Unis, peuvent s'expliquer d'après Antony Sutton par le fait que John Reed consolidait l'idée selon laquelle tous les capitalistes sont en guerre perpétuelle contre les socialistes révolutionnaires. Autrement dit, les entreprises de Wall Street avaient intérêt à ce que cette opposition perdure, dans le but de donner une légitimité à l'existence de la révolution bolchévique. De plus la Guaranty Trust, en plus d'être impliquée dans le financement des bolchéviques, a également créé United Americans, une violente organisation combattant toute forme d'anticapitalisme et n'hésitant pas à annoncer dans la presse les dangers que représentent les communistes pour le peuple des États-Unis. Enfin la firme de J.P. Morgan, qui contrôle également la Guaranty Trust, a aidé financièrement l'un des opposants au régime bolchévique en Sibérie, l'amiral Alexandre Koltchak. Le fait de financer les deux camps de la révolution est, selon l'auteur, un moyen de négocier des concessions avec le nouveau gouvernement en place une fois celui-ci stabilisé, qu'il soit bolchévique ou non. En d'autres termes, Wall Street n'appartient à aucun État et est même hors de cette logique souveraine. En développant ce point de vue, on comprend mieux ce qui à poussé Wall Street à financer une révolution, ceci dans l'unique but de renverser un pouvoir au profit d'un autre qui leur sera redevable[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres en anglais :

  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1917-1930 (1968)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1930-1945 (1971)
  • Western Technology and Soviet Economic Development: 1945-1965 (1973)
  • National Suicide: Military Aid to the Soviet Union (1973)
  • What Is Libertarianism? (1973)
  • Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999) (version en ligne en anglais) (version en ligne en russe)
  • Wall Street and the Rise of Hitler (1976, 1999) (version en ligne en anglais)
  • Wall Street and FDR (1976, 1999) (version en ligne en anglais)
  • The War on Gold: How to Profit from the Gold Crisis (1977)
  • Energy: The Created Crisis (1979)
  • The Diamond Connection: A manual for investors (1979)
  • Trilaterals Over Washington - Volume I (1979; with Patrick M. Wood)
  • Trilaterals Over Washington - Volume II (1980; with Patrick M. Wood)
  • Gold vs Paper: A cartoon history of inflation (1981)
  • Investing in Platinum Metals (1982)
  • Technological Treason: A catalog of U.S. firms with Soviet contracts, 1917-1982 (1982)
  • America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (1983, 1986, 2002) (version en ligne en anglais)
  • How the Order Creates War and Revolution (1985) (version en ligne en russe)
  • How the Order Controls Education (1985)
  • The Best Enemy Money Can Buy (1986) (version en ligne en anglais)
  • The Two Faces of George Bush (1988)
  • The Federal Reserve Conspiracy (1995)
  • Trilaterals Over America (1995) (version en ligne en anglais) (version en ligne en russe)
  • Cold Fusion: Secret Energy Revolution (1997)
  • Gold For Survival (1999)

Livres en français :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones, Online version, p. 51
  2. Lettre d’Information
  3. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 62)
  4. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 73)
  5. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p. 76)
  6. a et b America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 92)
  7. Antony Cyril Sutton, America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version, p. 93)
  8. Antony Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999) (chapitre 9 version en ligne en anglais)
  9. Antony Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999) (chapitre 11 version en ligne en anglais)
  10. a et b Antony Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution (1974, 1999) (version en ligne en anglais)
  11. Horizons et débats, 4 mars 2009, N°8, La Suisse est un obstacle sur la voie de Merkel qui mène à la dictature financière de l'UE, par Karl Muller, p.2
  12. Antony Cyril Sutton, Wall Street and FDR (1976, 1999) (version en ligne en anglais)
  13. Antony Cyril Sutton, Wall Street and FDR (1976, 1999), p. 94 de l'édition américaine (version en ligne en anglais).
  14. Antony Sutton, Wall Street and the Rise of Hitler (1976, 1999), chapitre 1 (version en ligne en anglais)
  15. Antony Sutton, Wall Street and the Rise of Hitler (1976, 1999), capítulo 2 (version en ligne en anglais)
  16. America's Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones (Online version p.133)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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