Anna-Greta Leijon

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Anna-Greta Leijon
Anna-Greta Leijon en janvier 2012.
Anna-Greta Leijon en janvier 2012.
Fonctions
Ministre adjointe à l'Emploi
1973 – 1976
Prédécesseur Camilla Odhnoff
Successeur Per Ahlmark
Ministre de l'Emploi
1982 – 1987
Prédécesseur Ingemar Eliasson
Successeur Ingela Thalén
Ministre de la Justice
1987 – 1988
Prédécesseur Sten Wickbom
Successeur Thage G. Peterson
Biographie
Nom de naissance Anna Margareta Maria Lejon[1]
Date de naissance 30 juin 1939
Lieu de naissance Stockholm (Suède)
Nationalité Drapeau de Suède Suédoise
Parti politique Parti social-démocrate

Anna-Greta Leijon

Anna-Greta Leijon, née le 30 juin 1939 à Stockholm, est une femme politique, députée et ministre suédoise. Sa carrière ministérielle s'arrête brutalement en 1988 lorsqu'éclate, en marge de l'enquête sur l'assassinat d'Olof Palme, l'affaire Ebbe Carlsson.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Anna-Greta Leijon est la fille d'un gardien de la prison de Långholmen à Stockholm. Élève au lycée de Sveaplan, elle rejoint l'association antialcoolique des jeunes étudiants suédois (SSUH). Durant l'été 1958, elle voyage à travers la France en auto-stop. Après son baccalauréat, elle commence à travailler au sein de la SSUH, et entame à l'automne 1960 des études de sciences politiques à l'université d'Uppsala. Elle devient membre de l'association étudiante sociale-démocrate Laboremus, et présidente du cercle des étudiants antialcooliques. Son mémoire de sciences politiques traitant du régionalisme basque, elle voyage en 1961 à travers le pays basque. En 1963, elle est employée au siège du Congrès national africain à Londres.

En mars 1963, Anna-Greta Leijon est embauchée comme permanente chargée des questions sociales au sein de l'union des étudiants d'Uppsala, où elle travaille notamment aux côtés de Birgitta Dahl. À l'association des étudiants socio-démocrates, elle fait la connaissance d'Anders Leion, un élève de l'école de commerce de Stockholm, avec qui elle emménage bientôt dans la capitale. Elle met un terme à ses études de sciences politiques et de sociologie avant d'avoir passé ses examens.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1964, Anna-Greta Leijon entre comme assistante à la direction nationale du travail (AMS) à Stockholm, où elle s'emploie à rendre l'accès des femmes au marché du travail plus facile. À l'automne, elle donne naissance à sa fille Britta, et la petite famille emménage dans un appartement de Kallhäll, dans la commune de Järfälla. En plus de son travail à l'AMS, Leijon devient présidente de l'association des étudiants socio-démocrates en février 1965. À Järfälla, elle prend part à la vie communale, et devient membre de la direction des établissements scolaires. En 1970, elle est élue au conseil général de Stockholm sous la bannière du parti social-démocrate. C'est également en 1970 que prend fin sa relation avec Anders Leion.

En janvier 1973, Anna-Greta Leijon prend la tête de la délégation à l'égalité au sein du cabinet du Premier ministre Olof Palme. Lors du scrutin législatif de septembre la même année, elle devient députée. Avant même d'avoir fait ses débuts sur les bancs du parlement, elle est nommée au poste de ministre adjointe à l'Emploi au sein du gouvernement Palme I. En tant que ministre, Leijon est responsable de la formation professionnelle et des mesures en faveur des travailleurs handicapés, mais aussi de la politique d'immigration et de la législation anti-terroriste. Ce dernier point l'amène en 1975 à gérer l'extradition controversée vers l'Allemagne de cinq membres de la fraction armée rouge, auteurs d'une prise d'otages à l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest à Stockholm, malgré leurs multiples blessures.

En septembre 1975, Anna-Greta Leijon se marie avec Leif Backéus. Lors des élections législatives de 1976, qui voient la défaite des socio-démocrates, elle conserve son siège et entre comme suppléante à la commission du travail de l'assemblée, dont elle devient ensuite vice-présidente. En mars 1977, le service de sûreté de l'État (la Säpo) déjoue l'opération Leo, un projet d'enlèvement planifié par un citoyen allemand, Norbert Kröcher. Il s'agissait de kidnapper l'ancienne ministre pour faire pression sur le gouvernement ouest-allemand, et obtenir la libération des membres de la fraction armée rouge extradés après la prise d'otages à l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest. Lorsque les socio-démocrates reviennent au pouvoir en 1982, Anna-Greta Leijon est nommée ministre de l'Emploi. À ce poste, elle met en place entre autres une réforme de la prise en charge des jeunes chômeurs, et une hausse des cotisations chômage. En 1984, elle est aussi nommée au poste de présidente de l'Organisation internationale du travail, une agence de l'ONU.

Ministre de la Justice[modifier | modifier le code]

Après un passage dans l'ensemble réussi en tant que ministre de l'Emploi, Leijon devient ministre de la Justice en 1987, à l'appel du Premier ministre Ingvar Carlsson. C'est alors la première fois qu'un ministre de la justice suédois n'est pas juriste de formation. Elle se consacre à des réformes pour renforcer la protection des victimes, ainsi qu'à la Lex Bratt, une loi sur la protection des secrets industriels. Mais en mars 1988, Leijon est informée par l'ancien ministre Carl Lidbom d'une théorie sur l'assassinat d'Olof Palme, qu'il tient lui-même de l'éditeur Ebbe Carlsson. Selon Carlsson, l'assassinat est l'œuvre du PKK, et a été commandité par le gouvernement iranien. Au début du mois de mai, Leijon fournit à Ebbe Carlsson une lettre de recommandation, destinée à être utilisée pour des investigations au Royaume-Uni. L'affaire Ebbe Carlsson éclate le 1er juin, lorsque le quotidien Expressen révèle le rôle de l'éditeur dans le travail d'enquête, et l'existence de la lettre de recommandation. Le comportement de Leijon soulève un vent de critique, et faisant face à un vote de défiance au parlement, elle est contrainte à la démission.

Après les ministères[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 1988, Anna-Greta Leijon est une nouvelle fois élue, et elle prend la tête de la commission des finances du parlement. Mais en avril 1990, le gouvernement Carlsson II présente un budget de crise, avec le soutien du parti libéral. Une promesse électorale chère à Leijon, la création d'un système d'allocations parentales, passe à la trappe. En signe de protestation, l'ancienne ministre quitte la commission des finances.

Après sa carrière politique, Anna-Greta Leijon occupe plusieurs postes de direction dans des institutions d'état, entre autres à la tête de la télévision publique (Sveriges Television). En 1995, elle succède à Hans Alfredsson à la présidence du musée de plein air de Skansen, un poste qu'elle occupe jusqu'au 31 août 2005, date à laquelle elle est remplacée par John Brattmyhr[2].

Lorsque le musée d'art moderne devient une administration indépendante le 1er juillet 1999, Anna-Greta Leijon en est nommée présidente. Pendant le passage de David Elliot comme conservateur du musée, elle en devient même directrice administrative, cette fonction imposant à son titulaire d'être de nationalité suédoise. Depuis 2006, Leijon est membre du jury pour la catégorie Essais du prix Auguste, et en est même présidente depuis 2007[3],[4]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Anna-Greta Leijon, Anders Leion (son concubin de 1964 à 1970[5]) et sa fille Britta Lejon écrivent chacun leur nom d'une façon différente[6].
  • L'écrivain et journaliste politique Anders Isaksson a spéculé qu'Anna-Greta Leijon aurait pu devenir la première femme à occuper le poste de premier secrétaire du parti social-démocrate si l'affaire Ebbe Carlsson n'avait pas éclaté[7]. L'ancien premier secrétaire Sten Andersson a aussi affirmé qu'Anna-Greta Leijon était sa favorite pour succéder à Ingvar Carlsson au poste de Premier ministre[8].

Postes et fonctions[modifier | modifier le code]

  • Parlementaire 1974–1990
  • Ministre adjointe à l'Emploi 1973–1976
  • Ministre de l'Emploi 1982–1987
  • Ministre de la Justice 1987–1988
  • Présidente de la commission des finances de l'assemblée 1988-1990
  • Directrice de l'institut des conditions de travail 1992–1994
  • Présidente de Sveriges Television 1994–2000
  • Directrice du musée de Skansen 1995–2005
  • Présidente du musée d'art moderne 1999-2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (sv) Sveriges befolkning 1970 (CD-ROM version 1.04). Sveriges Släktforskarförbund. 2003.
  2. (sv) Eva-Karin Gyllenberg. Leijon på Skansen snart ett minne blott. Dagens Nyheter. 29 juillet 2007.
  3. (sv) Leijon och Dahlberg i Augustjuryn. Dagens Nyheter. 6 avril 2006.
  4. (sv) Kjell Bohlund. Om Augustpriset. Augustpriset.
  5. (sv) Vem är det : Svensk biografisk handbok 1999. Norstedts. 1998. ISBN 91-1-300536-7. p. 645.
  6. (sv) Maria Crofts. Nya ministern – visst är hon lik sin mamma. Aftonbladet. 7 octobre 1998.
  7. (sv) Jan Eklund. Ebbe var maktens medietorped. Dagens Nyheter. 29 avril 2007.
  8. (sv) Olof Brundin. Leijon skulle bli statsminister. Aftonbladet. 18 avril 1998.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'autobiographie d'Anna-Greta Leijon Alla rosor ska inte tuktas (1991) retrace sa vie jusqu'en 1990.
  • Les événements entourant la prise d'otages à l'ambassade d'Allemagne de l'Ouest et l'opération Leo sont relatés dans le livre de Jens Nordqvist et Dan Hansén Kommando Holger Meins: dramat på västtyska ambassaden och Operation Leo (2006).
  • L'affaire Ebbe Carlsson est décrite dans un certain nombre d'ouvrages, par exemple l'autobiographie du Premier ministre Ingvar Carlsson Så tänkte jag (2003).