Années 270

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Événements[modifier | modifier le code]

  • Un prince d’Aksoum, dont les noms et titres sont perdus, fait graver à Adulis, sur un trône de pierre dédié à Mahre, dieu de la guerre, un long texte grec relatant ses victoires sur les peuples Guèzes et Angabé, Aoua, les gens du Sémien qui habitent « au-delà du Nil sur des monts inaccessibles couverts de neige », puis sur les Lasiné et les Gabala dans des montagnes desquelles sourdent des eaux chaudes. Il a soumis les Tangaïtes, aux confins de l’Égypte, et envoyé une escadre assujettir les Arrhadites et Khinédocolpites au nord-ouest de la Mer Rouge. Enfin, de Leuké-Komé, il est allé combattre dans le pays des Sabéens. Carlo Conti Rossini, dans sa Storia d’Etiopia, explique ces événements en les rapprochant de la guerre entre la reine Zénobie et Rome : lors du triomphe d’Aurélien en 274, des Axoumites et des Yéménites figurent avec les captifs palmyréniens. Ce roi d’Aksoum se serait allié à Palmyre et aurait pour son compte distrait l’attention des garnisons romaines stationnées dans la vallée du Nil et occupé les tribus bédouines qui auraient pu menacer les communications des palmyréniens[3].

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

Pièce de l'empereur Probus avec Sol Invictus sur un quadrige.
  • 274 : réforme religieuse. Le culte solaire devient religion officielle à Rome. Aurélien impose le monothéisme solaire. Le Soleil est reconnu officiellement comme le dieu suprême de l’empire. Un temple lui est consacré à Rome, des fêtes périodiques sont instituées et un collège public de pontife du Soleil est créé. Les monnaies frappées à cette occasion représentent l’effigie du Soleil avec pour légende : « Sol dominus imperii romani ». L’empereur, émanation du Soleil, fait figure de dieu de son vivant. Le monothéisme solaire restera la religion officielle jusqu’en 351.
  • 274-275 : persécution d’Aurélien contre les chrétiens opposés au syncrétisme solaire (non certaine, car les actes des martyrs de cette persécution sont suspects, Sulpice Sévère parle d'une paix de l'Église ininterrompue entre l'édit de tolérance de Gallien et la persécution de Dioclétien).
  • Vers 270 :
    • Antoine, âgé de 20 ans, distribue tous ses biens aux pauvres et mène un vie ascétique dans son village de Côme en Égypte. En 285, il part vivre en ermite à Pispir, en plein désert[4].
    • « Contre les chrétiens », traité en quinze livres du philosophe Porphyre de Tyr[5].
    • En Perse, Kartir, grand magupat du roi sassanide, dirige la répression de toutes les hérésies.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 270 : Aurélien fait fermer l'atelier monétaire de Rome pour fraudes.
  • 274 : Aurélien entame une vaste réforme monétaire de l'empire romain.
  • Aurélien et ses successeurs font peser un régime de contraintes sur l’activité industrielle et commerciale par le système des corporations.
  • Crise économique dans l'empire romain : la partition de l’empire, les invasions et les usurpations, le saccage des campagnes et des villes par les envahisseurs, anéantissent la production agricole, ruinent l’industrie, raréfient l’exploitation des mines. La crise monétaire entraîne une inflation vertigineuse pouvant atteindre 1000 % dans certaines régions de l’Empire.
  • Le royaume d’Aksoum atteint une grande prospérité grâce au commerce en Mer Rouge, favorisé par les différends qui opposent la Perse et Rome et surtout après la fondation de Constantinople en 330. Endubis est le premier roi d'Aksoum à frapper ses propres monnaies, imitées du système monétaire romain[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Camille Jullian, Les transformations politiques de l'Italie sous les empereurs romains : 43 av. J.-C. - 330 ap. J.-C., Thorin,‎ 1884 (présentation en ligne)
  2. Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, Presses polytechniques et universitaires romandes,‎ 2002 (ISBN 2880745969, lire en ligne)
  3. Jean Doresse, Au pays de la reine de Saba : l'Éthiopie, antique et moderne, A. Guillot,‎ 1956 (présentation en ligne)
  4. Dominique Arnauld, Histoire du christianisme en Afrique : les sept premiers siècles, KARTHALA Éditions,‎ 2001 (ISBN 9782845861909, présentation en ligne)
  5. Xavier Levieils, Contra Christianos : la critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), Walter de Gruyter,‎ 2007 (ISBN 9783110195545, présentation en ligne)
  6. Albert Adu Boahen, Joseph Ki-Zerbo, Histoire générale de l'Afrique, vol. 2, UNESCO,‎ 1985 (ISBN 9789232017086, présentation en ligne)
  7. Paul B. Henze, Layers of time : a history of Ethiopia, C. Hurst & Co. Publishers,‎ 2000 (ISBN 9781850655220, présentation en ligne)