Alunite

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Alunite[1]
Catégorie VII : sulfates, sélénates tellurates, chromates, molybdates, tungstates[2]
Alunite d'Espagne.

Alunite d'Espagne.
Général
Classe de Strunz 7.BC.10
Formule brute K Al3 (SO4)2 (OH)6
Identification
Masse formulaire 414.21 uma
Couleur blanc; grisâtre; jaunâtre; rougeâtre; brunâtre; jaune
Système cristallin Trigonal
Réseau de Bravais Hexagonal rhomboédrique R
Clivage Bon sur {0001}
Cassure conchoïdale
Habitus Cristaux pseudo cubiques sur {01-12} ou lamellaires sur {0001}
Échelle de Mohs de 3,50 à 4,00
Trait blanc
Éclat vitreux; nacré; terreux
Propriétés optiques
Indice de réfraction w=1.572, e=1.592
Biréfringence Uniaxial (+);0.0200.
Fluorescence ultraviolet oui et luminescent
Transparence Transparent à opaque
Propriétés chimiques
Densité de 2,60 à 2,90
Solubilité acide sulfurique
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité détectable
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L'alunite est une espèce minérale composée un sel double d'aluminium et de potassium de sulfate hydraté de formule K Al3 (SO4)2 (OH)6 avec de traces de sodium et de fer. Cristaux pouvant atteindre 1 cm.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

La première trace écrite que nous ayons, sur cette espèce, remonte à 1565, où Gesner en fait mention dans De omni rerum fossilium genere, gemmis, lapidibus, metallis sous le nom d'Alumen de Tolpha. Wallerius en fait une première description sous le nom de Romersk Alunsten en 1747[3]. Le minéralogiste français Jean-Claude Delametherie lui donne le nom d'aluminilite en 1797 du latin "Alumen" = alun[4]. Mais c'est François Beudant qui est l'inventeur et choisit le nom d'« alunite » en 1824[5].

Topotype[modifier | modifier le code]

Cave di Allumiere, Allumiere, Monts de la Tolfa, province de Rome, Italie.

Cristallographie[modifier | modifier le code]

  • Paramètres de la maille conventionnelle : a = 6,97 Å, c = 17,38 Å, Z = 4; V = 731,22 Å3
  • Densité calculée = 3.76

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

  • La jarosite est un minéral analogue dans lequel un cation de fer Fe3+ remplace l'aluminium Al3+.
  • Elle forme une série avec la natroalunite.
  • Elle sert de chef de file à un groupe de minéraux isostructuraux

Groupe de l'alunite[modifier | modifier le code]

il est subdivisée en plusieurs sous groupes

  • Le sous groupe de l'alunite
  • Le sous groupe de la beudantite
  • Le sous groupe de la crandallite
  • Le sous groupe de la florencite
  • Le sous groupe de la jarosite

Sous groupe de l'alunite[modifier | modifier le code]

  • Alunite KAl3(SO4)2(OH)6 R 3m, R 3m Trig
  • Ammonioalunite (NH4)Al3(SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m
  • Huangite Ca0.5Al3(SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m
  • Minamiite (Na,Ca,K)Al3(SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m
  • Natroalunite NaAl3(SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m
  • Osarizawaite PbCuAl2(SO4)2(OH)6 R 3m 3m
  • Schlossmacherite (H3O,Ca)Al3(AsO4,SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m
  • Walthierite Ba0.5Al3(SO4)2(OH)6 R 3m 3 2/m

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Formé entre 15 °C et 400 °C par l'action du sulfate, qui peuvent être produite à partir de la décomposition de la pyrite ou de l'action solfatarique, sur les roches alumineuses, souvent accompagnée de kaolinitisation et de la silicification.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

Diaspore, gypse, halloysite, kaolinite, pyrite, quartz.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • alum de Rome (René Just Haüy 1801) [6]
  • aluminilite (Delametherie 1787)
  • calafatite (Calderon 1910) : Alunite légèrement plus riche en H2O[7].
  • ignatiéwite (Flug 1887) [8]
  • kalioalunite
  • lœwigite (Mitscherlich 1861) [9]
  • newtonite (Brackett and Williams 1891) [10] Le nom découle du topotype le Comté de Newton dans l'Arkansas États-Unis.

Gisements remarquables[modifier | modifier le code]

  • Allemagne
    Thelenberg, Niedermendig, Mendig, Laacher See Komplex, Eifel, Rhin-Palatinat [11]
  • Chili
    Mine à ciel ouvert de Wendy, Mine Tambo, gisement El Indio, Province de Elqui, Région de Coquimbo[12]
  • Espagne
    Montcada, Montcada i Reixac, Vallès Occidental, Barcelona, Catalonia[13]
  • France
    La Verrière (Montchonay), Les Ardillats, Beaujeu, Rhône, Rhône-Alpes [14]
  • Italie
    Cave di Allumiere, Allumiere, Distretto dei Monti della Tolfa, Rome, Lazio[15]

Critère de reconnaissance[modifier | modifier le code]

  • Elle est insoluble dans l'eau et des acides faibles, mais soluble dans l'acide sulfurique.
  • Très fortement piézoélectrique.

Galerie[modifier | modifier le code]

Utilité[modifier | modifier le code]

L'alunite est utilisée pour la datation (méthode K-Ar) des processus d'altération dans les dépôts de minerai ou de la déposition d'alunite dans des grottes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. American Mineralogist, volume 065, pp. 953(1980)
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Wallerius, J.G (1747) Mineralogia, eller Mineralriket. Stockholm: 163
  4. Delamétherie, J.C. (1797) Théorie de la Terre, 2nd. Édition, 5 volumes, Paris: 2: 113
  5. Beudant, F.S. (1824), Traité élémentaire de Minéralogie, Paris: 449
  6. Haüy, R.J. (1801) Traité de minéralogie. 1e édition: en 4 volumes avec atlas in fol.: 2: 119.
  7. Bulletin de la Société française de minéralogie, Volume 87 Par Société française de minéralogie et de cristallographie p.288 1964
  8. Flug (1887) Mineralogicheskoe Obshchestvo, Leningrad. Materialien zur Geologie Russlands. Verhandlungen: [2]: 23: 116.
  9. Mitscherlich (1861) J. Prakt. Chem., Leipzig: 83: 474.
  10. Brackett and Williams (1891) American Journal of Science: 42: 11.
  11. Blass, G.; Graf, H.W., Neue Mineralfunde - mineralogische Raritäten - aus der Vulkaneifel, Mineralien-Welt 7/5, 28, 1996
  12. [AmMin 85:1324]
  13. Rosell, J., Garrido, J.L. (2006). Minerals from Montcada Hill Quarry. Barcelona, Spain. Mineral Up, I, 2:16-20. Barcelona, Spain.
  14. Favreau, G., Legris, J.-R. & Dardillac, M. (1996): La Verrière (Rhône): Histoire et Minéralogie, Le Cahier des Micromonteurs, 53(3), 3-28.
  15. De Michele, V. (1974): Guida mineralogica d'Italia. Istituto Geografico De Agostini, Novara, 2 vol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cornelius S. Hurlbut, Dana's Manual of Mineralogy, New York, John Wiley,‎ 1966, 17e éd., poche (ISBN 978-0-471-03288-5)
  • (en) Cornelius S. Hurlbut et Cornelis Klein, Manual of Mineralogy, New York, Wiley,‎ 1985, 20e éd. (ISBN 978-0-471-80580-9, LCCN 84019556)