Alberte

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Alberte est un roman de Pierre Benoit publié en 1926 qui fait partie des trois romans quercynois (avec Le Déjeuner de Sousceyrac et Lunegarde) de l’écrivain qui résida à Saint-Céré (Lot).

Genèse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le roman est dédié à Anatole de Monzie, député socialiste de Cahors qui fit découvrir le Lot à Pierre Benoit, qui s'y installa. Or, dans le roman, Camille est un temps la secrétaire d’un ministre socialiste des travaux publics, fonction qu’Anatole de Monzie, lui-même "républicain-socialiste", occupe justement au moment de la publication du livre, en 1926.

Résumé[modifier | modifier le code]

Alberte constitue un drame sentimental familial centré sur ses trois principaux protagonistes :

  • Alberte, portrait très traditionnel de la parfaite épouse de la bourgeoisie de province, à l’existence « plate, froide et digne »[1]. Veuve en 1908, à 32 ans, d’un receveur des finances d’une petite ville, elle se retire en pleine campagne dans la propriété familiale de La Maguelonne (près de Mauriac).
  • Camille, la fille unique d’Alberte. Jeune fille volontaire, intelligente, moderne, active. Elle passe des diplômes de l'enseignement supérieur à Paris, devient secrétaire d’un ministre, travaille dans la haute administration, conduit des voitures.
  • Franz W., un ingénieur d’origine polonaise qui a fui la Prusse en 1914 pour s’engager dans la Légion étrangère. Blessé, il se remet en 1917 à travailler dans l’automobile.

En 1917, Camille (22 ans) vient rendre visite à sa mère Alberte (41 ans) pour lui présenter Franz (34 ans) qu’elle compte épouser. Mais une idylle va se nouer entre Franz et Alberte, qui découvre – enfin – l’Amour. Dès lors, Alberte va être contrainte de préparer à contrecœur le mariage de Camille et Franz tout en étant rongée par la culpabilité. Quelques jours avant le mariage, en novembre 1917, c’est le drame. Camille meurt dans un accident de la route au volant de l’automobile sur laquelle Franz était en train d’installer de nouveaux systèmes de freinage[2].

Cependant, la passion désormais ouverte entre Alberte et Franz semble faire oublier à la mère la mort de sa fille. En décembre 1918, le couple s’installe à Saint-Cloud (près de Paris) et Franz monte avec succès une affaire d’automobiles. Mais, à partir de 1923, alors que Franz, délaisse sa femme, Alberte commence à comprendre – ou accepte enfin de comprendre – ce qui s’est passé le dramatique soir de novembre 1917 (à partir du chapitre XXI). Ses derniers soupçons étant levés par des témoignages recueillis à La Maguelonne, Alberte se rend au palais de justice pour tout raconter.

Alberte apparaît comme un roman particulièrement sombre dans l’œuvre de Pierre Benoit, d’autant qu’aucune touche d’exotisme ne vient relativiser les éléments dramatiques. Et ceux-ci sont particulièrement profonds avec les thèmes de la perte d’un enfant, de la culpabilité d’une mère, et – le thème essentiel de la fin du livre et même de ses derniers mots – le drame de l’âge.

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Alberte fut adapté au théâtre en 1950 avec l’actrice Gaby Morlay. La pièce fut jouée dans des villes de province, en Afrique du Nord et à l’étranger (Belgique, Suisse, Espagne, Argentine)[3]
  • Jean Sagols a réalisé en 2004 pour la télévision une adaptation très libre d'Alberte transposée dans la période d'après-guerre sous le titre L'Ombre d'un crime avec Cyrielle Clair dans le rôle-titre[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page de 19 de l’édition de Poche du 4e trimestre 1968
  2. Chapitre XV du roman
  3. Texte sur Pierre Benoit dans Hommes et femmes en Quercy sur Quercy.net.
  4. Fiche technique du téléfilm