Akiyo

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Mouvman Kiltirèl Akiyo

alt=Description de l'image Guadeloupe_16.1890N_6.5901W_Landsat7.jpg.
Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical gwo-ka
Années actives 1978 – aujourd'hui
Composition du groupe
Membres [Patrick Cock] Président Moise Mayoute : manager et contact de la section musicale, vice-président 2011-2013, musicien
Jean-Pierre Coquerel : lead vocal, auteur et compositeur
Francois Ladrezeau : lead vocal, auteur, compositeur, tambour
Marc Dixit : tambour
Patrick Coquerel : tambour
Anciens membres Vélo
Michel Halley : membre fondateur, tambour, auteur, compositeur et chanteur
Joël Nankin : auteur et graphiste

Akiyo est un groupe de musique, un mouvement culturel engagé guadeloupéen, créé en 1979 et qui a pris une part active dans le mouvement de grève générale de 2009.

Histoire[modifier | modifier le code]

1978, la naissance[modifier | modifier le code]

Vers 1978, pendant l’époque de revendication indépendantiste, les frères Nankin et quelques amis révolutionnaires et amoureux de gwo-ka (dont le légendaire Vélo) décident de moderniser le carnaval guadeloupéen et d'éliminer les costumes en satin-paillettes et les bidons en plastique qui servent à l'époque d'instruments aux carnavaliers. Ils les remplacent alors par des masques et des tambours traditionnels à peaux (boula et maké) et adaptent le jeu en ré-introduisant le rythme du gwo-ka traditionnel, né en Afrique[1].

Renvoyant aux oubliettes le carnaval « satin », ils choisissent de choquer avec ces masques, voire de faire peur en s'enduisant parfois le corps de goudron ou de roucou.

Leur objectif est de revaloriser la culture guadeloupéenne, souvent auto-dénigrée par les Guadeloupéens. L'idée plaît et Akiyo devient vite le groupe de carnaval préféré des Guadeloupéens.

Rappelons qu'en 1978, les premières sorties d'un groupe de percussionnistes donnaient l'élan à une nouvelle organisation et une réelle structure tant à la fabrication des premiers tambours en bois par Ray.H lui-même. À savoir que le regroupement, en 1981, d'éléments tels que feu Gaston ANGELE premier marqueur (MAKÈ) du groupe et d'autres tels que Marceau, Fred JULIANUS, Jacques-Marie BASSES etc... finalisaient et amélioraient tant les instruments eux-mêmes que la structure réelle du rythme devenu aujourd'hui fondamental dans l'expression "MASS".

Mouvman kiltirèl AKIYO[modifier | modifier le code]

En 1984, année de la mort de Vélo, maître ka de la Guadeloupe, Akiyo se constitue en association loi 1901 et se baptise « mouvement culturel ». Akiyo, depuis sa fondation, s'est positionné d'emblée sur un terrain militant et de résistance culturelle. Joël Nankin, membre du MPGI, passe ainsi six ans en prison de 1983 à 1989.

En effet, il reprend à son compte la musique des laissés-pour-compte de la société (musique mas a senjan). De plus, ce groupe n'a pas cessé de dénoncer la répression, le malaise social, le colonialisme, les guerres et les essais nucléaires.

1985, la controverse[modifier | modifier le code]

Le carnaval guadeloupéen a toujours été considéré comme un exutoire et comme un moyen de dérision. Les esclaves voyaient en cette fête une occasion de se défouler mais aussi de tourner en dérision, par les déguisements notamment, leurs maîtres dominateurs. Idée de dérision qui est reprise par le groupe Akiyo qui n’hésite pas à endosser la couleur kaki et les casques coloniaux, symboles de l'oppression coloniale.

En 1985, le sous-préfet Hugodot, interdit cette pratique "irrespectueuse" et tente de censurer le groupe pour « atteinte à l’intégrité de l’État français »[1].

Le sous-préfet rédige une note aux Renseignements généraux pour leur interdire toute sortie publique.

Le groupe est accusé d'être un bastion de terroristes mais la population s’en mêle et cette interdiction entraîne la descente dans les rues de plus de 8 000 personnes[1]. Le sous-préfet est rappelé dans l'hexagone et Akiyo prend conscience de son importance.

« Une composition dénonçait la répression militaire, mais pas uniquement en Guadeloupe, car Akiyo ne limite pas son champ d’investigation à notre île » dit alors Michel Halley.

La Scène[modifier | modifier le code]

Devant le succès de la formule, ils décident de l'étendre et créent "Akiyo Mizik", la version scénique du groupe. Leur premier spectacle a lieu en 1988 avec quelque 80 musiciens sur scène.

Le Premier Album[modifier | modifier le code]

En 1992, ils sortent leur premier album, Mémoires produit par Korosol Music, la société de Jacob Desvarieux et participent aux festivals de Pointe-à-Pitre, d'Angoulême, à la Feria de Nîmes, et de nombreux autres festivals.

Leur premier disque est un grand succès dans l’île, sans aide d’aucune publicité.

Le Message[modifier | modifier le code]

Depuis, ils sont régulièrement invités en France, où ils transmettent leur savoir à des jeunes du Val-de-Marne ou de la Seine-Saint-Denis, et où ils rencontrent des groupes différents mais amis, comme le gascon Bernard Lubat ou le groupe breton de fest-noz Carré Manchot. Leur musique s’appuie sur des ostinatos rythmiques, qui incitent à la danse et donnent du souffle pour les grands défilés carnavalesques ; leurs paroles sont le plus souvent politiques, abordant aussi bien des problèmes liés directement à la Guadeloupe (le crack, les problèmes économiques, etc.) qu’au reste du monde (contre les guerres, contre l’aide humanitaire, etc.).

Sur le pur plan du carnaval, ce groupe a remporté de nombreux concours et est incontestablement un puissant vecteur de diffusion mondiale de cette forme de musique de par notamment les nombreux albums et concerts qu'il met en place. Derniers exemples en date, sa présence remarquée le 20 janvier 2002 au Théâtre de l'Odéon à Paris dans le cadre d'Identité Caraïbe[2], ainsi qu'en invité au concert au Stade de France du groupe Kassav', le 16 mai 2009, où ils annoncent qu'ils seront au Bataclan de Paris trois soirs consécutifs en novembre de la même année.

Ils ont collaboré à plusieurs reprises avec Admiral T.

Akiyo hurle aux Guadeloupéens d’exister, d’inventer, de produire des choses. Et au reste du monde, que la Guadeloupe existe et qu’elle entend continuer.

Les albums suivants[modifier | modifier le code]

Après des déboires juridiques avec leur producteur, le second album, Mouvman sort en 1993 chez Déclic ainsi que le troisième, Dékatman en 1996.

En 1997, après la démission de Michel Halley, jusqu'alors président de l'association, ils remixent et rééditent le premier album. Au total, Akiyo a sorti une douzaine d’albums ; outre les festivals en France, il participe à la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de football de 1998[1].

La grève générale de 2009[modifier | modifier le code]

Dans la continuité de cet engagement, le groupe est à l’origine de la formation du LKP lors de la grève générale des Antilles françaises de 2009, aux côtés de l’UGTG d’Élie Domota[1]. Durant les séances de négociations nocturnes, des dizaines de percussionnistes jouaient du gwo-ka autour des bâtiments[1]. Jacques Bino lui-même était joueur de tambour[1].

Albums[modifier | modifier le code]

Titre Année Label ASIN
Mémoires 1992 Korosol Music
Mouvman 1993 Blue Silver B00008ES25
Dékatman 1995 Déclic Communication B00004V0KQ
Mémoires (Remix) 1997 Déclic B000007NWT
A de men pou démen 1998 Déclic Communication B00000I16E
Best of Akiyo 2000 Créon Music B0000VCT3U
Le Meilleur 2005 Créon Music B000852GMW
Ki yo vlé ki yo vé pa Akiyo la ! 2007 Aztec Musique
Yè, Jòdi, Dèmen 2012 Mouvman Kiltirel Akiyo

Collaborations[modifier | modifier le code]

Titre Année Label Artistes
Liyannaj 1999 Carre Manchot & Akiyo'Ka
Liyannaj (Live) 2003 Carre Manchot & Akiyo'Ka

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Yann Plougastel et Béatrice Gurrey, « Akiyo, le son viscéral de la Guadeloupe », Le Monde 2, 16 mai 2009, p. 49
  2. Identité Caraïbe