Carnaval de Guadeloupe

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Danseuse du groupe Matamba lors du carnaval de Saint-François 2013

Le carnaval de Guadeloupe est un événement festif et culturel annuel qui se déroule en Guadeloupe, sur deux mois environ, entre le dimanche de l'épiphanie et le mercredi des Cendres. Le dernier jour du carnaval est marqué par la mort de Vaval, roi du carnaval. Fortement associé à la création locale et notamment à la musique gwoka, le carnaval de Guadeloupe est en quête d'une nouvelle expression symbolique et artistique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le carnaval a été introduit par les colons au XVII e siècle pour faire la fête avant de se restreindre au moment du carême. Progressivement, les esclaves furent autorisés à y participer. Ils purent intégrer certaines de leurs traditions[1]. Ils pouvaient aussi se moquer de leur maître, sans conséquences. Aujourd'hui encore, l'histoire de la Guadeloupe est toujours très présente, comme par exemple l'utilisation du fouet et a pour objectif de faire la fête et d'utiliser la satire[2].

Les jours du carnaval [3][modifier | modifier le code]

Un groupe carnavalesque à la parade de Pointe-à-Pitre, 2011.

Dimanche Gras[modifier | modifier le code]

Le Dimanche Gras se déroule à Pointe-à-Pitre. Une grande parade est organisée : elle commence l'après-midi et se termine très tard le soir. Les concours qui y sont organisés sont principalement les concours de « Musique » et « festiferie » (ensemble de la présentation, costumes...). les personnes masquées circulent dans les rues, faisant claquer leur fouet et demandant une rançon aux automobilistes dans un esprit de fête. C'est aussi la grande parade des reines et à l'apparition de Vaval.

Lundi Gras[modifier | modifier le code]

Le lundi Gras à Basse-Terre se déroule un défilé folklorique en pyjamas très tôt le matin. Le soir se déroule les Grandes Parades nocturnes du Lundi Gras à Basse-Terre (sur le thème des Lumières) et St-François (durant cette parade se déroule le concours de chorégraphie). C'est le jour des mariages burlesques dans lesquels des couples se déguisent avec des vêtements du sexe opposé.

Mardi Gras[modifier | modifier le code]

Le jour Gras le plus important est marqué par la grande Parade de Basse-Terre qui accueille le plus de monde. Le concours qui y est organisé est le concours de costume et de char qui est centré sur un thème donné. Le Mardi Gras est l'un des seul jour où les groupes sortent leurs chars (la rue étant plus large), la quasi-totalité des groupes y est convié, de plus le circuit du Mardi Gras est très éprouvant. C'est le jour de la reine du carnaval et des diables rouges.

Mercredi des cendres[modifier | modifier le code]

C'est le jour du grand « vidé ». On brûle Vaval, roi du carnaval, devant une foule habillée en noir et blanc.

Les figures emblématiques[modifier | modifier le code]

Vaval (diminutif créole de Carnaval) est le roi du carnaval. Il symbolise et incarne tous les problèmes de l'année écoulée[4]. Il défile le dimanche gras. Il meurs le mercredi des cendres devant la foule qui chante "vaval, vaval, vaval ka kité nou, malgré la vi la rèd, vaval ka kité nou"[5]. Il est représenté par un bwa-bwa (manequin) représentant un personnage souvent connu. L’incinération de Vaval est le symbole de la purification des âmes.

La Reine peut se présenter dans trois costumes différents : costume traditionnelle, tenue de soirée, travesties. Elle accompagne Vaval.

Le Mas ou le Mass (masque) est une personne ou un groupe de personnes défilant en marge du défilé officiel. C'est aussi le costume qui fait référence à un personnage de l’histoire ou de l’imaginaire guadeloupéen et qui rappele l'Afrique. Le Mas est là pour effrayer, déranger et choquer[6].

  • Mass a lanmo , mass lanmo, mass lan mo ou mass lamow (Masques à la mort) : est souvent drapé de blanc ou de noir et porte un masque funéraire. Pendant le défilé, il peut envelopper la foule ou piquer le spectateur d’une épingle.
  • Mass a kon'n (Masques à cornes) : c'est le symbole du taureau, synonyme de puissance dans un monde rural.
  • Mass a fwet (Masques à fouet) : est souvent habillé de chemise et de pantalon en tissu madras, tête encagoulée et masqué et représente la virilité et la fécondité[7].
  • Mass a miwa (Masques à miroirs) : habillé en costume de tissus de couleurs vives ou de madras, parsemé de fragments de miroirs. Il symbolise le changement et la mutation et fait référence au Dieu Janus[8]. Il est aussi un hommage à la communauté indienne[9]
  • Mass a kongo, Mass a goudwon (Masques à goudron) ou Mass gwo-siwo (masque gros sirop) : est vêtu de "konoka" (pantalons de travailleurs des champs), d'un short ou d'un simple cache sexe, il s'enduit toutes les parties visibles du corps d'un mélange de mélasse destinée à noircir la peau et rougit ses lèvres de roucou. Ils représentent les nègres importés d'Afrique et la présence africaine dans le présent. Dans le passé, un des membres effectuait une danse acrobatique en montant sur deux longs bâtons posés sur les épaules de quatre hommes[10].
  • Mass a rubans : est vêtu de long rubans cousus sur ses vêtements brillant et d'un chapeau. Leur danse consistait à tourner au pied d'un mât en tressant autour de celui-ci de longs rubans. Le symbole phallique a son importance dans ce mass. Ce mass est importé par les travailleurs indiens (Immigration indienne) et a, de nos jours, presque disparu[11].
  • Mass a hangnion ou Mas a rannyon (masque en haillons) : il porte des haillons multicolores cousus sur un vieux vêtement et symbolise la pauvreté. Après les fêtes de Noël et les dépenses, la population n’a pas d'autres choix que de récupérer de vieux vêtements, Il ouvre le carnaval[9].
  • Mass a Lous (Masque à l'ours) : est vêtu de feuilles de bananes et porte un masque avec des cornes de bœuf. Il est le symbole de l'héritage des temples religieux africains et symbolise une divinité africaine.
  • Mass a roukou ou Mas a woukou (masque à roucou) : est vêtu d'un pagne fait de feuilles et est recouvert d'huile de roucou. Il représente les premiers habitants de Guadeloupe : les Indiens Caraïbes.
  • Mass a biki ou moko zombi : il existe depuis le début de vingtième siècle. C'est un homme habillé en femme, masqué et monté sur échasses. Il danse au son du triangle, du tambour basque et de l'accordéon. Il représente les esprits, les zombis ou le diable. Il portait un parapluie qu'il utilisait pour faire la quête[12].
  • Mass a Man Ibè (Masque de Dame Hubert) : symbole des hypocrites et des traîtes. Dame Hubert était guérisseuse de Poite-à-Pitre qui parcourait les bois la nuit, accompagnée de ses chiens, à la recherche de plantes médicinales et magiques[13]. Elle était critiquée le jour par ceux qui venait la consulter la nuit.
  • Mass a zonbi (Masques à zombie) : créé pour le Lundi-gras de 1991 par Voukoum.

Groupes Carnavalesques[modifier | modifier le code]

Les groupes (dans le XXIe siècle) sont divisés en trois grande catégories.

Groupe à "Po"[modifier | modifier le code]

Les groupes à "Po" utilisent des tambours à peau d’animal, des chachas et cornes (ou conques) à lambis. Sur la région Pointoise ils jouent la musique "Sen Jan" (Saint Jean) (ex : le groupe Akiyo) et sur la région Basse-terrienne c'est plus généralement la musique Gwo Siwo qui est jouée (ex: le groupe Voukoum). Leurs marches est vigoureuses et ils sont souvent surpeuplés.

Sous groupes[modifier | modifier le code]

On peut compter des sous-groupes parmi les groupes à "Po":

  • Les groupes à fouet : leurs adhérents font claquer des fouets généralement pour exprimer la souffrance qu'enduraient les esclaves durant la colonisation
  • Les groupes "gwo siwo" : leurs adhérents sont couverts d'un sirop noir très odorant
  • Les gros tambours (très rares aujourd'hui)
  • Les cortèges à pied : ce sont les plus communs

Groupes emblématiques[modifier | modifier le code]

  • Akiyo fondé en 1979, le 1er groupe à Po
  • Point d'interrogation
  • Voukoum fondé en 1988, le 1er à jouer la musique Gwo Siwo
  • Klé La
  • Nasyon a Nèg MawoN
  • Tikan'No
  • Mas a Wobè
  • Vim
  • Restan'La
  • Inité Mass

Groupe à "Mass"[modifier | modifier le code]

Les groupes de ce type tels que nous les connaissons aujourd'hui sont apparus au milieu des années 2000. Malgré leurs masques et leur costumes stéréotypés ils arrivent la plupart du temps à innover grâce à leurs chorégraphies et à leurs humour.

Groupes emblématiques[modifier | modifier le code]

  • Mass Moule Massif
  • Atafaya
  • Reyel Mass Bima
  • Timass Manten
  • Ginger Mass
  • Tonshi Mass
  • Mass Lapwent
  • J Mas
  • PL Mass

Groupes à caisses claires[modifier | modifier le code]

Les groupes à caisses claires sont très nombreux. Leurs costumes sont très diversifiés. Seuls groupes utilisant des instruments à vents, ce sont les groupes dont le financement est le plus onéreux. Ils sont reconnaissables à leur musique et, évidemment, à leurs costumes et à leurs chars.

Groupes emblématiques[modifier | modifier le code]

  • Magma de Basse-Terre
  • Toumblack TNS
  • Avan Van du Moule
  • Bouyot dorée de Bouillante
  • Waka de Basse-Terre
  • Double Face de Pointe-à-Pitre
  • Guimbo All Star de Pointe-à-Pitre
  • Waka Chiré Band de Sainte-Rose
  • Matamba de Saint-François
  • Explosion V du Moule
  • Pikanga de Baie-Mahault
  • Kasika de Capesterre Belle-Eau
  • Senna All Star
  • Kontak
  • Karmelo
  • Kiss
  • Kréyol star GROUPE INTER SECTIONS DE CAPESTERRE Belle-eau
  • Vidim de Basse-Terre
  • Soleil d'argent de Pointe-Noire
  • Atout band de Petit-Bourg
  • Golden star 114 de Trois-rivières
  • Kalson all star
  • Karapat de Pointe-Noire
  • Akwarel de Baillif
  • La couronne verte
  • Lyannaj des abymes
  • Lyannaj nord Basse-Terre
  • Pirouli band
  • Senat all star
  • Karukera star

Groupes à Synthés[modifier | modifier le code]

Originaires du carnaval de Basse-Terre, les groupes à synthés sont des sound systems ambulants: Ils embarquent sur un camion les baffles, groupes électrogènes et synthétiseurs, suivis par les guitares électriques et les chanteurs à micro. Mais les groupes à synthés n'en sont pas moins typiquement Guadeloupéen pour autant, et le reste de la section musicale, égale à celle des groupes à caisses claires suit derrière le camion. Sur le plan musical, ce sont les groupes à synthés qui ont le tempo le plus rapide, donc en général ce sont ceux qui entrainent le plus les spectateurs et mettent le plus d'ambiance. Bien que mettant généralement plus le paquet sur la partie instrumentale et moins sur les chorégraphies et costumes que les groupes à caisses claires, les groupes à synthés participent pour la plupart aux concours[14].

Groupes emblématiques[modifier | modifier le code]

  • Mango Dlo de Basse-Terre, c'est le 1er groupe de carnaval à synthé il a été fondé en 1984 par Jean Tamas et disparu dans les années 1990
  • Pikan de Vieux-Habitants
  • Foud-la de Basse-Terre, fondé en 2010
  • Ti-bwa de Bouillante
  • Volcan de Basse-Terre
  • Explosion des Saintes
  • Chiré band de Vieux-Fort
  • Vulcania de Saint-Claude
  • Black marbré de Morne-A-l'Eau
  • Baillif Express de Baillif
  • Lakou Zaboka de Gourbeyre
  • Kristal de Basse-Terre mais avec une majorité de membre Saint-Claudien, disparu dans les années 2000

Élection du roi et de la reine du carnaval[modifier | modifier le code]

L’élection du roi et de la reine du carnaval se fait chaque année lors d'une grande soirée. Les prétendantes au titres de la reine (toutes de groupes différents), défilent une à une sous l’œil avisé d'un jury.

Il y a trois concours :

  • la reine du carnaval des lycées
  • la reine et du roi de chaque commune
  • la reine départementale.

Carnaval des enfants[modifier | modifier le code]

Les enfants ne sont pas oubliés dans le carnaval. Pour preuve deux événements majeurs sont organisés :

  • la ronde des enfants ;
  • le carnaval des enfants.

Ces évènements sont organisés par des associations d'hébergement pour les enfants. Lors de ces évènements une « mini »-reine est élue, et c'est elle qui représente les enfants lors des Jours Gras.

L'enfant a aussi son mass : mass a banblet[15].

Retransmission télévisée[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs années les parades du carnaval sont retransmisent en direct à la télévision. Les téléspectateurs peuvent voter par téléphone ou par SMS lors des concours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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