Ahmed Tijani

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sidi Ahmed Tijani
Naissance Vers 1737
Aïn Madhi
Décès 1815 
Fès
Vénéré à Afrique du Nord, Afrique de l'ouest
Vénéré par Islam
Fête Achoura, Mawlid
Saint patron Aïn Madhi

Al Imâm Abul 'Abbâs Chaikhana Ahmad ibn Mahammad At Tijânî Ash Sharîf (en arabe : ابو العباس احمد ابن محمد التجاني الشريف), né en 1737 ou 1738 (1150 de l'hégire) à Aïn Madhi[1], près de Laghouat (Algérie), et mort le 19 septembre 1815 (le 14 chawwâl 1230) à Fès, au Maroc[2], est un théologien asharite et éminent juriste malikite, cheikh fondateur la confrerie At Tijâniyyah.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Sidi Ahmad Al Tijânî est issu d'une famille descendant du prophète de l'islam, via son petit-fils et compagnon Al Hasan ibn 'Alî ibn Abî Tâlib et contenant plusieurs savants comme son père Muhammad ibn Al Mukhtar Al Tijânî, l'imam Al Mabrûk ibn Abî 'Afiyyah Al Madâwî Al Tijânî, As Sayyid Abû 'Abdi Llâh Muhammad ibn Hamû Al Tijânî ou encore l'imam Îsâ Abû 'Ukkaz Al Tijânî. Outre les documents authentiques que détenait sa famille sur sa généalogie, l'imam At Tijânî reçoit la confirmation qu'il est bien un descendant du Prophète de la part de ce dernier qu'il voit à l'état de veille et qui lui dit à trois reprises : « Tu es bien mon fils. Ta lignée remontant à Al Hasan As Sibt est authentique. »[réf. nécessaire]

Son apprentissage[modifier | modifier le code]

Sidi Ahmad Al Tijânî mémorise le Coran dès l'âge de 7 ans et étudie les sciences islamiques et profanes comme les mathématiques ou la médecine. Dès l'âge de 15 ans, il est nommé mufti. Il part ensuite à Fès pour se perfectionner en sciences islamiques à l'université Al Quaraouiyine. Il y étudie à plusieurs madhhabs : les écoles malékite, chaféite, hanbalite et hanafite. Il mémorise par cœur les recueils de hadiths tels que le Sahih de Boukhari, Mouslim et les Sounans. Il perfectionne les sciences du Coran en Tunisie, notamment dans les règles de récitation.

Ses voyages[modifier | modifier le code]

En 1757/58 (1171 de l'Hégire), Sidi Ahmed al Tijani, alors âgé de 21 ans, quitte Aïn Madhi, pour étudier à Fès. Par la suite, il retourne dans sa ville natale, sur la route il s'arrête à diverses zaouïas et rencontre de nombreux religieux. Puis, il se rend à El Abiodh Sidi Cheikh où il demeure pendant cinq années, ensuite il s’installe à Tlemcen en l'an 1767/68 (1181 de l'Hégire) où il enseigne durant plusieurs années[1].

En 1772/73 (1186 de l'Hégire), il décide de faire le pèlerinage en Arabie, durant ce voyage il rencontre d'autres personnalités religieuses, notamment dans la région de Zouaoua et en Tunisie. Il reste une année en Tunisie, entre la ville de Tunis et celle de Sousse où il enseigne diverses sciences[1]. L'émir du pays lui demande de s'installer à Tunis pour y enseigner et s'occuper des affaires religieuses. Lorsqu’il reçoit la lettre, le lendemain il prend un bateau pour Le Caire, en Égypte. Il finit par rejoindre La Mecque et Médine avant de retourner dans Le Caire, durant ce nouveau séjour il s’initie à la voie Khalwatiya[1].

De son retour au Maghreb, il visite certaines villes, puis il quitte Tlemcen pour s'isoler dans le désert algérien, à Chellala (en 1196 de l'Hégire) et à Boussemghoun (en 1199 de l'Hégire)[1]. C'est lors d'une retraite spirituelle dans le village de Boussemghoun, où Sidi Ahmed al Tijani a une apparition du prophète. Son ordre prend rapidement une expansion importante sur la région, ce qui provoque depuis Alger, l'inquiétude des autorités turques de l'époque. Il décide alors de retourner à Fès (en 1213 de l'Hégire)[1].

Fondation de la confrérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tijanisme.

Il rencontre les plus grands savants de son temps et devient mouqadem de chaque tariqa soufie. Ayant annoncé qu'il a eu une apparition attendue du prophète de l'islam, une tariqa de plus en plus grande se forme autour de lui, confrérie qui par la suite portera son nom.

Sidi Ahmad Al Tijânî meurt à Fès en 1815. Ses enseignements continuent à se répandre après sa mort, atteignant une large audience en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Nigeria, Niger et Mauritanie), grâce notamment aux voyages de ses compagnons visant à propager cette branche de l'islam.

Aujourd'hui la confrérie Tijani ou Tijane ( prononcé en fonction de sa situation géographique ) est très largement répandue puisqu'on recense des adeptes par dizaines de millions à travers le globe, et ce jusqu'aux régions les plus reculés du monde en passant par l'Europe, le Moyen-Orient jusqu'à l’Extrême-Orient, l'Australie, l'Amérique du Nord et du Sud, et l'Afrique pour en être son berceau[réf. nécessaire]. Cette confrérie compte en son sein de très nombreuses personnalités politiques, artistiques, et autres de grande renommée[évasif][réf. nécessaire].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Vie et œuvre de Ahmed Tijani(Algérie), sur le site officiel de la Voie Tidjaniya.
  2. Halima Baali-Chérif, Les confréries musulmanes au Maghreb, Paris, Éditions Al-Bustane,‎ 2009, 127 p. (ISBN 9782910856670), p. 80, 83.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Shaykh 'Ali Al Harazim Barradah, Perles des sens et réalisation des vœux dans le flux d'Abu-l-Abbas At-Tijani, trad. 2011.
  • Abdourahmane Aïdara, Implantation et expansion des ordres Qadiryya et Tidjaniyya en Casamance, Dakar, 1983.
  • Amadou Makhtar Samb, Introduction à la tariqah Tidjaniyya ou Voie spirituelle de Cheikh Ahmad Tidjani, 1994, 429 p.
  • (en) John Esposito, The Oxford Dictionary of Islam, 2003.

Liens externes[modifier | modifier le code]