Abu Yaqub Yusuf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abu Yusuf.

Abû Ya'qûb Yûsuf (abū yaʿqūb yūsuf ben ʿabd al-mūʾmin, arabe : أبو يعقوب يوسف بن عبد المؤمن), est mort vers 1184. Il est le deuxième calife Almohade. Il régna à Marrakech. Renforcé[réf. nécessaire] par son ascendance maternelle Masmouda il succède légitimement à son père `Abd al-Mu'min à la tête des almohades. Il fut d'abord reconnu comme souverain à Séville (1163) puis à Marrakech. Souverain cultivé, appuyé sur une rupture avec l'orthodoxie religieuse, Abu Yuqub Yusuf est parfois surnommé le « calife intellectuel » (Pierre Guichard).

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord fondée sur une idéologie religieuse la dynastie Almohade devint alors une dynastie héréditaire au profit de la famille de `Abd al-Mu'min. Les vizirs sont le plus souvent des cheikhs Hafsides, ménageant une sorte de partage du pouvoir entre les deux groupes berbères.

À partir d'Abû Ya'qûb, il est impossible de séparer l'Espagne du Maghreb ou plutôt le Maghreb de l'Espagne, qui devient le lieu de dilection du calife. Le fils d'Abd al-Mumin a rejeté tout puritanisme. Il se plaît plus à Séville, la capitale des plaisirs, qu'à Cordoue, la métropole intellectuelle. Pourtant, il ne dédaigne pas la culture. Il étonne Ibn Rouchd, lors de leur première entrevue, par son érudition philosophique et se complaît au commerce d'Ibn Tofail au point, rapporte un des disciples du maître, de « rester au palais, auprès de lui, pendant des jours et des nuits sans paraître »[1].

Abû Ya'qûb Yûsuf reprend la guerre contre les chrétiens d'Andalousie, menée par Ibn Mardanîch. Ce dernier est tué par trahison au cours du siège de Murcie (1172), ses fils se mettent au service du vainqueur. Le calife étendit son domaine sur l'ouest de l'Andalousie. Mais à peine avait-il fini de stabiliser l'Andalousie qu'à Gafsa, une révolte se déclare contre les abus du pouvoir Almohade (1180).

Il fait construire la mosquée de Séville dont le minaret reconverti plus tard en clocher de cathédrale se nomme la Giralda (girouette). Il fit frapper un nouveau dinar à son effigie. Il fit aussi commencer les travaux de l'immense mosquée al-Hasan de Rabat. Cette mosquée est restée inachevée, sans doute parce que le projet était trop ambitieux. C'est sous son règne que vécut Averroès auteur Du traité décisif sur la compatibilité de la science et de la foi (1178).

Abû Ya'qûb Yûsuf fut mortellement blessé au combat contre la ville de Santarém au Portugal (1184).

Il eut trois principaux vizirs:

  • Abû `Abd Allah (1166-1172) (abū ʿabd allah ben ibrāhīm, أبو عبد الله بن إبراهيم)
  • Abû `Amarân (1173-1176) (abū ʿimrān ben `abd al-mūʾmin, أبو عمران بن عبد المؤمن)
  • Abû Hafs (1176-1179) (abū ḥafṣ ben ʿabd al-mūʾmin, أبو حفص بن عبد المؤمن))

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, éd. Payot, Paris, 1966, p. 121

Sources[modifier | modifier le code]

  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, édition originale 1931, réédition Payot, Paris, 1994

Liens externes[modifier | modifier le code]