Éclampsie
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| Eclampsie | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | O15 |
|---|---|
| CIM-9 | 642.6 |
| DiseasesDB | 4068 |
| MedlinePlus | 000899 |
| eMedicine | med/633 med/1905 emerg/796 |
| MeSH | D004461 |
L'éclampsie est une complication neurologique sérieuse de la grossesse (urgence vitale pour la mère et l'enfant à naître).
Elle se caractérise par des convulsions pouvant mener au coma et à la mort.
Elle se produit généralement dans les premières 48 heures après l'accouchement[1], ou au terme d'une « pré-éclampsie » dans les dernières phases de la grossesse, ou avant ou pendant l'accouchement. Mais l'éclampsie peut aussi n'être précédée d'aucun symptôme pré-éclamptique.
Le mot éclampsie vient du grec ἒϰλαμψις, eklampsis, « lumière éclatante, jet de lumière » ; il fut introduit par François Boissier de la Croix de Sauvages en référence à l'occurrence subite des convulsions chez les patientes.
Sommaire |
Épidémiologie[modifier]
Signes et symptômes[modifier]
La majorité des cas est annoncée par de l'hypertension artérielle gravidique et une protéinurie (dans ce cas supérieure à 0,3 g par 24 heures).
Les patients présentant œdème et oligurie peuvent développer une insuffisance rénale aiguë ou un œdème pulmonaire.
Mais le seul signe véritable de l'éclampsie est une convulsion éclamptique. Cette dernière se développe en quatre étapes :
- phase prodromique - elle passe habituellement inaperçue à moins d'une surveillance constante. La patiente roule des yeux tandis que ses muscles faciaux et ses mains se contractent légèrement.
- phase tonique - peu après l'étape « prémonitoire », les contractions musculaires se transforment en serrements. Parfois la femme peut se mordre la langue pendant qu'elle serre ses dents, alors que ses bras et ses jambes deviennent rigides. Les muscles respiratoires se contractent également, faisant temporairement cesser la respiration. Cette étape se poursuit pendant environ 30 secondes.
- phase clonique - la contraction musculaire généralisée s'arrête mais les muscles se lancent alors dans de violents spasmes. De la salive écumeuse et possiblement teintée de sang apparaît sur les lèvres de la patiente et peut parfois être inhalée. Les convulsions cessent après environ deux minutes, menant à un coma, mais quelques cas peuvent provoquer un arrêt cardiaque.
- coma - la femme tombe profondément sans connaissance, respirant bruyamment (de quelques minutes à plusieurs heures).
Diagnostic différentiel[modifier]
Ce syndrome ne doit pas être confondu avec
- le "grand mal" de l'épileptique. Il est aisé de faire la différence, car il n'y a pas dans l'éclampsie d'émission d'urine lors de la phase clonique.
Facteurs de risque[modifier]
Ils sont mal connus ;
- L'hypertension de la femme prédispose aux éclampsies.
- Une étude récente (2011) a recherché (en PCR) certaines bactéries Porphyromonas gingivalis, Fusobacterium nucleatum, Treponema denticola, Prevotella intermedia et Aggregatibacter actinomycetemcomitans à la fois dans des échantillons de plaque sous-gingivale et dans le liquide placentaire.
Elle a conclu à un lien statistique très significatif : Le fait de trouver ces mêmes pathogène au niveau buccal (en cas de parodontopathies, donc) et vaginale indiquait nettement un facteur de risque accru d'accidents éclamptiques[2]. Reste à démonter qu'il y a un lien causal, et que cette présence microbienne n'est pas une autre conséquence d'une cause encore non-élucidée.
Prévalence, statistiques[modifier]
L'incidence de l'éclampsie a été estimée aux États-Unis à 0,04 % au Royaume-Uni à 0,05 % et seulement 0,02 % en Suède. En Afrique, par contre, la fréquence de l'éclampsie est très élevée, par exemple elle est de 36 % au Bénin, 10,75 % au Sénégal, 10,24 % au Nigéria et 9 % au Maroc.
L'éclampsie se produit en général à proximité de l'accouchement bien que l'on ait signalé des cas d'éclampsie au bout d'à peine 20 semaines de grossesse[réf. nécessaire].
Évolution[modifier]
L'éclampsie évolue plus souvent vers la guérison, après évacuation du contenu de l'utérus, espacement des crises, dissipation du coma et débâcle urinaire.
Complications[modifier]
Ce sont (hors de la morsure de la langue) ;
- des accidents respiratoires avec asphyxie,
- des hémorragies cérébro-méningées et cérébrale,
- une psychose puerpérale quelques jours après
- une mort maternelle par complication respiratoire.
L'accouchement s'il est déclenché par la crise sera rapide. En revanche, il y a un risque de mort fœtale in utero, du fait des troubles respiratoires avec anoxie et hématome rétro placentaire.
Traitement[modifier]
Durant plusieurs décennies, le sulfate de magnésium a été utilisé au stade pré-éclampsie et éclampsie, puis de nombreux autre médicaments anticonvulsivants ont été testés pour le remplacer, sans traitement idéal.
la phénytoïne a été recommandé comme alternative pour le sulfate de magnésium mais avec des doutes sur sa sécurité et son efficacité sont insuffisantes. La preuve dans la littérature indique que le sulfate de magnésium est l'anticonvulsivant idéal dans la pré-éclampsie, l'éclampsie.
La crise est aujourd'hui traitée par l'un des médicaments suivants
- Diazépam (Valium) 5-10 mg
- Phénitoïne 15 mg/kg IV
- Hydralazine (5–10 mg IV toutes les 15–20 minutes jusqu'à stabilisation de l'état de la patiente.
- Labetalol (20 mg bolus IV suivis par 40 mg si nécessaire après 10 minutes; puis 80 mg toutes les 10 minutes sans dépasser 220 mg)[3]
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
Liens externes[modifier]
- (fr)
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Bibliographie[modifier]
-
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !Mayes, M., Sweet, B. R. & Tiran, D. (1997). Mayes' Midwifery - A Textbook for Midwives 12th Édition, pp. 533–545. Baillière Tindall. ISBN 0-7020-1757-4
Notes et références[modifier]
- Sabiri, A. Moussalit, S. Salmi, S. El Youssoufi, M. Miguil (2006) L'éclampsie du post-partum: épidémiologie et pronostic ; Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, Volume 36, Issue 3, Pages 276-280 B. Doi:10.1016/j.jgyn.2006.12.025 résumé
- Swati et coll. : « Simultaneous detection of periodontal pathogens in subgingival plaque and placenta of women with hypertension in pregnancy. Archives of gynecology and obstetrics » ; sept. 2011
- « ACOG practice bulletin. Diagnosis and management of preeclampsia and eclampsia. Number 33, January 2002 », Obstet Gynecol, vol. 99, no 1, janvier 2002, p. 159–67 [lien PMID]