Yves Perrier

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Yves Perrier (né en 1954) est une personnalité française du monde de la finance, directeur général d'Amundi depuis la création de la société en 2010.

À partir de 1987, il est successivement directeur financier de la Société générale, membre du comité exécutif du Crédit lyonnais, membre du comité exécutif du Crédit agricole, directeur général délégué de Calyon devenu CACIB (banque d’investissement du Crédit Agricole), puis directeur général de Crédit agricole Asset Management (CAAM), fusionné dans Amundi en 2010.

Il pilote notamment l'intégration de la banque d'investissement du Crédit lyonnais au sein de celle du Crédit agricole en 2002-2003, puis il pilote et met en œuvre la fusion de Société Générale Asset Management et de CAAM, donnant naissance au groupe Amundi qu’il fait introduire en bourse en 2015. Il supervise en 2017 l'acquisition de Pioneer Investments, filiale d'Unicredit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Yves Perrier naît en 1954 dans une famille de la vallée de l'Arve en Haute-Savoie[1]. Son père est artisan et travaille dans le domaine du décolletage, secteur d'activité traditionnel de la région[1].

Après une classe préparatoire, il intègre l'ESSEC en 1973 à Paris[1]. Il est également diplômé Expert-comptable[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

1977 à 2010[modifier | modifier le code]

Il démarre sa carrière professionnelle en 1977. Après dix années dans le domaine de l'audit et du conseil[3], il intègre en 1987 la Société générale dont il devient directeur financier en 1995[4]. En 1999, après la bataille boursière entre Société générale, BNP et Paribas[5], il rejoint le Crédit lyonnais où il devient membre du comité exécutif chargé des finances, des risques et de l'inspection générale[3]. En 2002, il pilote pour le Crédit lyonnais l'opération de fusion avec le Crédit agricole qui se conclut en 2003[4].

Au sein du groupe Crédit agricole, il devient membre du comité exécutif en 2003 et occupe diverses fonctions. De 2002 à 2004, il est directeur des risques et directeur général adjoint de la banque de financement et d'investissement (BFI) du groupe[3],[4]. À ce titre, il opère la fusion des activités de BFI du Crédit lyonnais avec celles de Crédit Agricole Indosuez, donnant lieu à la création en 2004 de Calyon (devenu CACIB) dont il devient directeur général délégué chargé des métiers de financement, du réseau international et des fonctions support[3],[6].

En 2007, il devient responsable du pôle « Gestion d'actifs et services aux institutionnels » du Crédit agricole[3]. À ce titre, il prend la fonction de président directeur général de Crédit Agricole Asset Management (CAAM)[4] et celle de président du conseil de surveillance de CACEIS[7]. En 2009, il conduit l'opération de fusion entre les activités de CAAM et de SGAM (Société Générale Asset Management), donnant naissance le à Amundi dont il devient directeur général[7]. Amundi est alors détenue à 75% par le Crédit agricole et à 25% par Société générale[8].

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

Il conduit le développement d'Amundi dont les encours sous gestion passent de 670 milliards d'euros début 2010 à plus de 1 400 milliards en 2017[9],[10]. Cette croissance s'effectue principalement à l'international, avec le développement de l'activité auprès de la clientèle institutionnelle et des réseaux bancaires autres que ceux des actionnaires[9]. Elle traduit la stratégie mise en place visant à industrialiser les processus et à offrir des services aux différentes clientèles dans le cadre d’une organisation à la fois globale et locale[9]. Cette approche se traduit par une efficacité et une rentabilité parmi les plus élevées du secteur : le coefficient d'exploitation d'Amundi, ratio entre les coûts et les revenus, s'établit ainsi à 52,5% en 2015 pour une moyenne de 65% pour le secteur[11]. Cette stratégie se traduit également par plusieurs plans de réduction d'effectifs[12].

En 2015, Yves Perrier supervise l'introduction en Bourse du groupe. Il s'agit alors de la plus importante opération réalisée depuis plusieurs années à la bourse de Paris[13]. Il procède en 2017 à l'acquisition de Pioneer Investments, dont l'intégration a été réalisée en 18 mois[14].

En parallèle, Yves Perrier est nommé en 2015 directeur général adjoint de Crédit agricole chargé du pôle épargne, assurances et immobilier, tout en conservant la direction générale d'Amundi[6].

Initiatives de place[modifier | modifier le code]

À partir de , il devient président du collège des investisseurs institutionnels de Paris Europlace[15]. À ce titre, il rédige un rapport sur l'épargne en 2010 intitulé « Le développement de l'épargne longue »[16]. Il est nommé vice-président de l'association le [17].

Le , il devient président de l'Association française de la gestion financière (AFG), prenant la succession de Paul-Henri de La Porte du Theil[18],[19]. Le , il devient président d'honneur de l'association et transmet à Eric Pinon la fonction de président[20].

Rémunération[modifier | modifier le code]

Sa rémunération atteint 3 millions d'euros en 2018, dont 1 million d'euros de rémunération fixe et 2 millions d'euros de rémunération variable[21]. Le Financial Times dédie en 2018 un article à la rémunération des directeurs des principales sociétés de gestion dans le monde et observe que la rémunération d'Yves Perrier est l'une des plus basses du secteur[22].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Sabine Delanglade, « Yves Perrier », sur Les Echos,
  2. « Yves Perrier », sur L'Argus de l'assurance,
  3. a b c d et e « Yves Perrier, directeur de la gestion d'actifs », sur Journal du Net,
  4. a b c et d « Yves Perrier », sur Les Echos,
  5. Odile Benyahia-Kouider, « SG, BNP, Paribas, l'impossible alliance », sur Libération,
  6. a et b « Nouvelle organisation chez Crédit Agricole SA », sur L'Agefi,
  7. a et b Charles Rostand, « Entretien avec Yves Perrier, DG d’Amundi », sur Regards interculturels,
  8. Damien Mezinis, « Crédit Agricole : accord définitif signé avec Société Générale pour créer un pôle commun de gestion d'actifs », sur Boursier.com,
  9. a b et c Sylvie Ramadier, « Amundi, l'épargne et son architecte », sur Les Echos,
  10. (en) Owen Walker, « Amundi: a world where scale counts », sur Financial Times,
  11. Sandra Sebag, « La rentabilité de la gestion d’actifs continue de progresser », sur Institut de l'épargne immobilière et foncière,
  12. (en) « Interview: The rise and rise of Europe’s largest fund house », sur Funds Europe,
  13. Réjane Reibaud, « Amundi lance son introduction en Bourse », sur Les Echos,
  14. Grégoire Pinson, « Qui est Yves Perrier, le patron d'Amundi qui gère plus de 1.000 milliards d'euros? », sur Challenges,
  15. « Paris Europlace modifie sa gouvernance », sur Les Echos,
  16. « Le développement de l’épargne longue », sur Paris Europlace,
  17. « Nomination : Yves Perrier », sur L'Agefi,
  18. « Yves Perrier est élu Président de l’AFG », sur AFG.Asso.fr,
  19. (en) Steve Dimitrov, « Yves Perrier elected chairman of the AFG », sur Funds Europe,
  20. « Nouvelle gouvernance pour l’AFG », sur AFG.Asso.fr,
  21. NewsManagers, « La rémunération d'Yves Perrier atteint 3M€ pour 2018 », sur Boursorama,
  22. (en) Chris Flood, « Has bumper growth led to bumper pay for fund managers? », sur Financial Times,
  23. a b et c « Prix du Stratège 2017 : le compte à rebours est lancé », sur Les Echos,
  24. (en) « Yves Perrier, CEO of Amundi, is appointed « European Asset Management Personality of the year » by Funds Europe magazine », sur CréditAgricole.com,
  25. David Ricketts, « CEO of the Year — Yves Perrier », sur Financial News,
  26. « Awards 2018 winners », sur Funds Europe,
  27. « Investment Excellence Awards 2019 - winners unveiled », sur Global Investor Group,