Yaroslav Stetsko

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Yaroslav Stetsko
Image illustrative de l'article Yaroslav Stetsko
Fonctions
Premier ministre
Bloc des nations anti-bolchéviques (ABN) (en)
Biographie
Nom de naissance Yaroslav Stetsko
Date de naissance
Lieu de naissance Ternopil, Autriche-Hongrie
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Munich, Allemagne
Nationalité Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Parti politique Organisation des nationalistes ukrainiens
Diplômé de Cracovie, Lviv
Religion Église grecque-catholique ukrainienne

Yaroslav Stetsko (ukrainien : Ярослав Стецько), né à Ternopil, Autriche-Hongrie, le et mort à Munich, Allemagne, le (à 74 ans), est un homme politique ukrainien qui est le premier adjoint de Stepan Bandera au sein de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), dont il est membre de 1968 jusqu'à sa mort. En 1941, pendant l'opération Barbarossa, Stetsko est proclamé premier ministre de la République auto-proclamée d'Ukraine, à la suite de la Déclaration de l'Indépendance de l'Ukraine. Stetsko est aussi le chef du Bloc des nations anti-bolchéviques (ABN) (en) depuis l'époque de sa fondation jusqu'en 1986, année de sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Yaroslav Stetsko est né le à Ternopil, Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Ukraine), au sein d'une famille appartenant à Église grecque-catholique ukrainienne[1]. Son père, Semen, et sa mère, Teodoziya, née Chubaty, l'encouragent à poursuivre de hautes études, ce qui est difficile pour des ukrainiens en Autriche-Hongrie. Yaroslav, non seulement obtint son diplôme d'études supérieures à Ternopil mais, plus tard, à partir de 1929, il poursuit ses études de droit et de philosophie à l'université de Cracovie et à celle de Lviv jusqu'à l'obtention de son diplôme terminal en 1934[2].

Activités de jeunesse[modifier | modifier le code]

Yaroslav Stetsko est actif au sein des organisations nationalistes ukrainiennes depuis son plus jeune âge. Il est membre de trois organisations différentes : « Ukrayinska Natsionalistychna Molod » (Jeunesse nationaliste ukrainienne, ukrainien : Українська Націоналістична Молодь), dont il devient membre de l'exécutif national en 1932, de l'Organisation militaire ukrainienne UVO (ukrainien : Українська Військова Організація) et, finalement, de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) (ukrainien : Організація Українських Націоналістів)[2].

À cause de ses activités anti-polonaises et de l'assassinat de Bronisław Pieracki par des nationalistes ukrainiens, Stetsko est arrêté en Pologne par les autorités, en 1934, et condamné à cinq ans de détention[3]. Cette sentence est réduite et, dès 1937, Stetsko bénéficie d'une amnistie générale.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Invasion de l'URSS, Opération Barbarossa[modifier | modifier le code]

Le , Stetsko préside la Déclaration de l'Indépendance de l'Ukraine, dont la troisième clause est ainsi rédigée :

« 3/ L’État ukrainien nouvellement formé travaillera en étroite collaboration avec le national-socialisme de la Grande Allemagne, sous la direction de son chef, Adolf Hitler, qui veut créer un nouvel ordre en Europe et dans le monde et aide les Ukrainiens à se libérer de l'occupation soviétique. L'Armée révolutionnaire populaire ukrainienne, qui a été formée sur les terres ukrainiennes, veut continuer à se battre avec l'armée allemande alliée contre l'occupation moscovite pour un État souverain et uni et un nouvel ordre dans le monde entier[Note 1] »

.

La Gestapo et l'Abwehr protègent les partisans de Stepan Bandera du fait que les organisations qu'il dirige pourraient être utiles pour leurs propres desseins[4].

Le 5 juillet, Stepan Bandera, leader de la fraction OUN-B[Note 2] est arrêté administrativement à Cracovie et transporté à Berlin le lendemain, où il est rejoint, le 12, par Stetsko, « premier ministre » désigné lors de la déclaration de l'indépendance de l'Ukraine. Les Allemands le transfèrent à Lviv après un attentat manqué contre sa personne par des inconnus[5]. Le 14 du même mois, il est relâché à condition de rester à Berlin. Pendant les mois de juillet et d'août, les deux leaders reçoivent des dizaines de propositions pour coopérer avec les différentes institutions nazies : OKW, Reichssicherheitshauptamt, « Office central de la sécurité du Reich »RSHA, etc[6].

Après l'assassinat de deux membres de l'OUN de la tendance Andry Melnyk (OUN-M), dont la responsabilité est attribuée à des membres de l'OUN de la tendance Bandera (OUN-B), Stetsko et Bandera sont enfermés à la prison centrale de Berlin-Spandau. En janvier 1942, transférés au camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, dans une section de la prison (Zellenbau) destinée aux prisonniers politiques[7].

En , Stepan Bandera et son adjoint, Yaroslav Stetsko, sont approchés par Otto Skorzeny pour discuter de plans de sabotages contre l'Armée rouge[8].

En , Stetsko et Bandera sont relâchés par les Allemands (le Sicherheitsdienst) dans l'espoir qu'ils aillent encourager la population ukrainienne à combattre l'avancée de l'Armée rouge qui revient. Bandera reçoit l'autorisation, de la part des Allemands, d'installer son quartier-général à Berlin[9]. Les Allemands aident l'OUN-B et l'UIA en leur parachutant du ravitaillement en armes et en équipement. Des Allemands sont choisis et formés pour mener des activités terroristes et d'espionnage derrière les lignes de front soviétique, mais également des hommes de l'OUN-B qui sont transportés par avion vers l'Ukraine, jusqu'au début de l'année 1945[10].

En , Stetsko est sérieusement blessé durant une attaque alliée sur des véhicules allemands militaires en convoi en Bohême[11].

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

En , Stetsko écrit son autobiographie qui contient de nombreux passages antisémites et l'adresse aux autorités allemandes. Il considère, en particulier, que le marxisme est le produit de la pensée juive, qui est mis en pratique par le peuple « Moscovo-asiatique » (les Russes), avec l'aide des Juifs et que Moscou et les Juifs sont les porteurs des idées internationales des Bolchéviques.

Il déclare, bien qu'il considère Moscou plutôt que la communauté juive comme le principal ennemi de l'Ukraine, qu'il approuve entièrement la qualification de rôle néfaste incontestablement joué par les Juifs dans l'asservissement de l'Ukraine par Moscou. Il déclare, enfin, qu'il approuve totalement l'extermination (anéantissement : "знищення" жидів) des Juifs et la rationalité (доцільність : utilité) des méthodes allemandes d'extermination des Juifs, au lieu de leur assimilation[12],[13],[14],[15],[Note 3].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Stetsko continue son activité politique après la Seconde Guerre mondiale. En 1968, il devient le premier dirigeant de l'OUN-B[2].

Le Bloc des nations anti-bolchéviques[modifier | modifier le code]

En 1946, Stetsko lance l'idée de la création d'une nouvelle organisation anti-soviétique, le Bloc des nations anti-bolchéviques (en), en abrégé ABN. Il est président de cette organisation jusqu'à sa mort[2].

Après sa mort, la Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie devient l'héritière du Bloc des nations anti-bolchéviques.

Mort[modifier | modifier le code]

Stèle tombale de Yaroslav Stetsko.
Plaque commémorative pour Yaroslav Stetsko et son épouse à Munich, Zeppelinstrasse.

Le , Yaroslav Stetsko meurt à Munich, en Allemagne, à 74 ans[2]. Il est inhumé au Waldfriedhof de Munich, cimetière où est aussi enterré Stepan Bandera. Sur sa tombe sont gravés ces mots, en allemand, « Il vécut pour la liberté de l'Ukraine ».

Une statue à son effigie est dressée dans une rue de Ternopil, en Ukraine[16].

Héritage[modifier | modifier le code]

Le livre de Stetsko « Deux Révolutions », écrit en 1951, reprend la base idéologique du parti politique Union panukrainienne « Liberté »[17],[18].

L'essence de sa doctrine est la suivante : « la révolution ne prendra pas fin avec la création de l'État ukrainien, mais progressera vers l'établissement d'une égalité des chances pour tous les citoyens de créer et de partager des valeurs matérielles et spirituelles. À cet égard la révolution nationale est donc également de caractère social »[17].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cet article 3 de la version de la déclaration de l'indépendance de l'Ukraine est souvent omis dans les publications de la diaspora ukrainienne traitant de ce sujet
  2. Les deux fractions de l'OUN, qui sont constituées après la scission du mouvement en deux, sont désignées OUN-B et OUN-M suivant la première lettre de nom de famille des deux dirigeants respectifs Stepan Bandera et Andry Melnyk
  3. Citation complète du texte en ukrainien de Y. Stetklo par Jean Pol Himka : « Марксизм уважаю твором – правда -- жидівського ума,але практичне його здійснення при помочі жидів переводилося і переводиться у московській тюрмі народів московсько-азіятським народом. Москва і жидівство - це найбільші вороги України і носії розкладових большевицьких інтернаціональних ідей. Вважаючи головним і вирішним ворогом Москву (а не жидівство), яка властиво держала Україну в неволі, тим не менше доцінюю належно незаперечно шкідливу і ворожу ролю жидів, що помагають Москві закріповувати Україну. "Тому стою на становищі винищення жидів і доцільности перенести на Україну німецькі методи екстермінації жидівства, виключаючи їх асиміляцію і тп ». Il faut remarquer que la dernière phrase apparaît sous deux versions légèrement différentes dans le vocabulaire utilisé mais sans différence de signification globale en français. La seconde version étant : « Тому я підтримую знищення жидів та доцільність впровадження німецьких методів винищення жидівства в Україні, а не лише їхню асиміляцію і тому подібне » http://www.istpravda.com.ua/research/2012/12/20/93550/ sous référence (72). Soit : "dès lors j'approuve l'extermination des Juifs et je suis partisans de la mise en œuvre des méthodes allemandes d'extermination en Ukraine et non pas de leur assimilation ou d'autres méthodes semblables". Cette citation est extraite de l'Autobiographie de Stetsko, signale John Pol Himka : « elle a été écrite deux semaines après la Déclaration d'Indépendance de l'Ukraine (1941) et s'adressait aux Allemands qui l'avaient arrêté. ». Toutefois l'existence de deux versions de l'autobiographie de Stetsko est signalée en note (72) du même article par J-P Himka. Ce qui expliquerait des variantes légères. Certains contestent l'authenticité de cette autobiographie

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)John Armstrong (1963). Ukrainian Nationalism. New York: Columbia University Press, pg. 54
  2. a, b, c, d et e (en)Lemma Stetsko, Yaroslav, in: Encyclopedia of Ukraine. Band 5, 1993, S. 55
  3. (uk)Організація українських націоналістів і Українська повстанська армія. Інститут історії НАН України.2004р Організація українських націоналістів і Українська повстанська армія, Раздел 1 http://www.history.org.ua/LiberUA/Book/Upa/1.pdf стр. 17–30[dead link]
  4. (uk)p.15 ОУН в 1941 році: документи: В 2-х ч Ін-т історії України НАН України К. 2006 (ISBN 966-02-2535-0) – У владних структурах рейху знайшлися сили яки з прагматичних міркувань стали на захист бандерівців. Керівники гестапо сподівалися використовувати їх у власних цілях а керівники абверу а радянському тилу
  5. (uk)Після проголошення держави й уряду наложили на нього дня 5.7. почесний арешт (Еренгафт) та перевезли його до Берліна. Дня 14.7 провідника організації звільнено із забороною опускати Берлін. p.420 ОУН в 1941 році: документи: В 2-х ч Ін-т історії України НАН України К. 2006 (ISBN 966-02-2535-0)
  6. p.16 Голова уряду Я.Стецько майже до кінця серпня вільно проживав у Берліні і закидав посланнями відомства Розенберга, Ріббентропа,Гіммлера і Кейтеля) ОУН в 1941 році: документи: В 2-х ч Ін-т історії України НАН України К. 2006 (ISBN 966-02-2535-0)
  7. (en)Berkhoff, K.C. and M. Carynnyk 'The Organization of Ukrainian Nationalists and Its Attitude toward Germans and Jews: Iaroslav Stets'ko's 1941 Zhyttiepys' in: Harvard Ukrainian Studies, vol. 23 (1999), nr. 3/4, pp. 149—184
  8. (uk)Завдання підривної діяльності проти Червоної армії обговорювалося на нараді під Берліном у квітні того ж року (1944) між керівником таємних операцій вермахту О.Скорцені й лідерами українських націоналістів С.бандерою та Я.Стецьком» D.Vyedeneyev O.Lysenko OUN and foreign intelligence services 1920s–1950s Ukrainian Historical Magazine 3, 2009 p.137– Institute of History National Academy of Sciences of Ukraine
  9. (en)"West Germany: The Partisan," Time magazine (Monday, 2 Nov. 1959)
  10. (en) D.Vyedeneyev O.Lysenko OUN and foreign intelligence services 1920s–1950s Ukrainian Historical Magazine 3, 2009 p.137– Institute of History National Academy of Sciences of Ukraine
  11. (uk)Вєдєнєєв Д. Проблеми історії України: факти, судження, пошуки. – Київ: Інститут історії України НАН України, 2003. – no 10. (ISSN 0869-2556) – page 405
  12. (uk) voir le lien http://www.istpravda.com.ua/research/2012/12/20/93550/ sous référence (72)le 20.12.2012 John Paul Himka professeur à l'Université d'Alberta (Edmonton)=_ Джон-Пол Химка, професор Університету Альберти (Едмонтон)citation: "Тому я підтримую знищення жидів та доцільність впровадження німецьких методів винищення жидівства в Україні, а не лише їхню асиміляцію і тому подібне" traduction en français : " Par conséquent, je soutiens la destruction des Juifs et la possibilité de mettre en œuvre les procédés d'extermination allemands des Juifs en Ukraine, plutôt que leur assimilation ou que quelque chose de semblable"
  13. (en)John A. Armstrong, Ukrainian Nationalism, 2nd ed. (Littleton, CO.: Ukrainian Academic Press, 1980) 77–84
  14. (uk) Orest Dzuban "Українське державотворення. Акт 30 червня 1931. Збірник документів і матеріалів" (Львів-Київ: Піраміда, 2001) p.153
  15. (uk)"Події на західноукраїнських землях (інтерв’ю з доцентом др. Г.І.Байєром)", Краківські вісті, 6 липня 1941.
  16. « The Transformation of Vladimir Lenin into Yaroslav Stetsko in Ternopil 20th of June 1991 », sur TheDailyStalin (consulté le 4 avril 2016)
  17. a et b (en)The Extreme Right in Ukraine by Mridula Ghosh, Friedrich Ebert Foundation (October 2012)
  18. (uk) "Всеукраїнське об’єднання «Свобода»"

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]