Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie

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La Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie, anciennement Ligue anticommuniste mondiale ou World Anti-Communist League (WACL) jusqu'en 1990, est un cercle de réflexion et d'influence atlantiste, fondé à Taïwan en 1966 par Tchang Kaï-chek, le chef du Kuomintang et président de Taïwan jusqu'à sa mort en 1975. La branche française a été présidée par Suzanne Labin.

Emblem of the Kuomintang
Symbole du Kuomintang

Au cours de son histoire, la WACL a été liée à l'extrême-droite américaine et, outre ses activités de propagande, a été un important fournisseur d'armes à des mouvements paramilitaires de droite en Amérique latine, ayant régulièrement pris part à des coups d'Etat visant à la destitution par la force de régimes élus.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine de la WACL se trouve dans un pacte entre Taïwan, la Corée du Sud et le Bloc des nations anti-bolchéviques (en) (Anti-Bolshevik Bloc of Nations, ABN) de l'Ukrainien Yaroslav Stetsko (1912-1986). Présidée par Tchang Kaï-chek et financée par la Chine nationaliste, elle devait ainsi étendre la Ligue anticommuniste d'Asie-Pacifique (Asian Pacific Anti-Communist League) dans une internationale d'extrême-droite.

La WACL comptait de nombreux ex-nazis, néofascistes ou encore des criminels de guerre, tels le Japonais Ryōichi Sasakawa (1899-1995), qui se présentait comme « le fasciste le plus riche du monde » [1] et qui prétendait que « la ligue anticommuniste mondiale [lui servait] d'instrument » [1].

De hauts responsables de la CIA, tels Ray S. Cline, ont joué un rôle important dans l'organisation de la WACL [2]. Cline et Stestko étaient chargés de l'instruction militaire à l'Académie de guerre politique de Taïwan, équivalent de Fort Bragg et spécialisé dans la formation à la « guerre psychologique ».

Propriétés et budget[modifier | modifier le code]

Outre le siège social de la WACL à Taipei, cédée par le gouvernement taïwanais, avec des installations à Peitou, utilisées à des fins d'entraînement paramilitaire, la Ligue est propriétaire du bloc de bureaux Freedom Center à Séoul; la KCIA (Korean Central Intelligence Agency, proche de la CIA) appuie en effet de façon importante la WACL sous le régime dictatorial de Park Chung-hee (1963-1979). Les deux États financeraient chacun la WACL à hauteur de 75 000 dollars par mois.

La WACL a aussi été appuyé par la CIA, au moins sous Reagan, et a reçu des fonds de personnes privées d'Arabie saoudite ainsi que de la richissime secte Moon, dont le révérend, Sun Myung Moon, était ami de Sasakawa et membre de la WACL[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

La WACL est composée de diverses fédérations régionales créées au fil du temps. Outre la Ligue anti-bolchévique des nations, héritière du Bloc des nations anti-bolchéviques (en) (Anti-Bolshevik Bloc of Nations, ABN) de l'Ukrainien Yaroslav Stetsko, on connaît l'existence de:

On estime ainsi que la WACL est présente dans une centaine de pays. Elle est actuellement dirigée par sa section nord-américaine, Roger Pearson (en), un suprémaciste blanc, éditeur du journal Western Destiny de Willis Carto, un néonazi négationniste qui fonda ensuite la revue Spotlight du Liberty Lobby. Pearson développa les activités de la WACL en Europe, obtenant ainsi l'appui de la Ligue britannique de droite, du Círculo Español de Amigos de Europa, du Mouvement social italien (MSI, néofasciste) et, selon certains, de militants des Noyaux armés révolutionnaires (NAR ; de fait, le terroriste international Stefano Delle Chiaie était présent au IVe congrès de la CAL à Buenos Aires [3]), du Centro Studi Ordine Nuovo, ainsi que des réseaux anticommunistes Gladio, liés à l'OTAN.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fabrizio Calvi et Olivier Schmidt, Intelligences secrètes. Annales de l'espionnage, Hachette, 1988, p. 260-263
  2. Biographie de Ray S. Cline sur Spartacus.schoolnet.co.uk
  3. a et b Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.390-392

Liens externes[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]