Vuk Vidor

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Vuk Veličković

Vuk Veličković
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Naissance
Autres noms
Vuk Vidor
Nationalité
Activité
Mouvement
Œuvres principales
Art History

Vuk Vidor, de son vrai nom Vuk Veličković, est un artiste franco-serbe né en 1965 à Belgrade, en Serbie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du peintre, dessinateur et graveur français d’origine yougoslave Vladimir Veličković et grand frère de l'artiste Marko Velk, Vuk Veličković naît à Belgrade en 1965, et réalise d’abord des études d’architecture à l’École nationale supérieure des beaux-arts Paris-Tolbiac[1], dont il est diplômé en 1996[2]. En 1986, il remporte le prix Ito Ham, puis le prix international de peinture de la ville de Vitry-sur-Seine, en 1996[2].

Vuk Vidor s’inscrit comme un artiste engagé, promouvant des idées parfois non consensuelles : « Vuillard était meilleur que Bonnard, Tapiès de même, Rauschenberg était meilleur avant, Twombly a toujours peint de la merde, Bacon était meilleur vivant », affirme-t-il dans un tableau aux allures de manifestes, intitulé Art history, présenté en 1999[3]. En 2003, il prend parti pour les migrants : dans une installation intitulée Serbia Remix Project, il représente un sac en plastique rayé bleu, blanc et rouge, trait commun aux victimes de tous les conflits du monde moderne, selon lui[4]. Son travail contient des références historiques, évoque la guerre[5]. En 2007, il fait partie des signataires d’une tribune publiée dans le journal L’Humanité, dans laquelle il regrette la participation du ministère de la Culture à la normalisation et au monopole d’un art officiel, fustige les « manipulateurs masqués » qui imposent le diktat de la mode et des tendances et réclame une répartition des lieux d’exposition temporaires jugée plus équitable[6]. Transgressif, il a même réalisé des vidéos érotiques[7]. En 2000, il a notamment contribué à une exposition autour de la couleur rouge, qui incarne à la fois l’éros et le sang, la violence[8].

En 2006, il collabore avec un constructeur automobile américain pour le lancement de la Chrysler 300c, travaillant au format vidéo sur le thème de la convoitise[9]. Il a aussi collaboré avec les musicien Goran Bregović et Marc Cerrone, le réalisateur Emir Kusturica et le groupe de rock anglais Duran Duran[10].

Trois tableaux de Vuk Vidor, exposition « Action ! La Nouvelle École française : première époque », Bastille Design Center, Paris.

En 2009, dans une série intitulée « American Quartet », il donne à voir sa propre vision des États-Unis[11] : il fustige le mythe américain de la Frontière, dénonçant l’omnipotence de l’Amérique à travers la représentation de superhéros désabusés et fatigués, voire crucifiés[12], comme il figure Jésus crucifié sur la croix de l’actionnariat[13]. C’est ainsi que Captain America se meut en un Atlas qui n’a pas le monde comme fardeau, mais le rêve américain[14]. L’univers décalé, post 11-septembre, s’inspire du pop art et des comics américains, pour mieux les parodier[15]. Il retourne les symboles de l’Amérique, infiltrés par la peur, si bien que les héros deviennent inutiles ou méchants[16]. Il expose ses productions aux États-Unis pour mettre ces derniers face à leurs contradictions[17]. Il entend démontrer qu’aujourd’hui « même les super-héros ne peuvent plus nous sauver »[18]. D’une manière générale, Vuk Vidor réfléchit à la place de l’humanité dans l’univers[19]. Il réalise une statue en or de lui-même, ce qui l’amène à réfléchir à son ego d’artiste[18].

Le travail sur la vie et la mort est saillant dans la série de tableaux « Ascendance », dans laquelle il représente des crânes reliés dans une idée de connexion émotionnelle[20]. Il a également peint plusieurs crânes pour faire une toile d’araignée[21]. Ses tableaux sont pleins d’ironie[22]. La série « Everlast » symbolise quant à elle les quatre périodes de la vie : enfance, âge adulte, vieillesse et mort[20]. Il travaille sur plusieurs médiums, principalement la peinture et le dessin, mais fait parfois des sculptures et des installations[20].

Vuk Vidor est, en 2012, l'un des créateurs du mouvement sous-réaliste, avec l'artiste franco-américain d’origine serbe Kosta Kulundzic et l'artiste français Stéphane Pencréac'h, monté en réaction à la conceptualisation de la peinture contemporaine : pour ces artistes, l'image doit primer sur l'idée et non l'inverse[23]. Le sous-réalisme rassemble des artistes qui partagent une même vision de la condition d’artiste, visant à se libérer des diktats du marché et des modes[24].

En 2015, Vuk Vidor organise une exposition autour d’un industriel et scientifique extraterrestre fictif, Thomas Jerome Newton, issu du film L’Homme qui venait d’ailleurs, un film sorti en 1976[25]. Il construit alors une histoire autour du personnage, affirmant que celui-ci s’apprête à donner une interview au magazine Time[26]. Il fait mine d’avoir eu accès aux archives personnage et présente des documents sur celui-ci[27]. La figure de David Bowie, qui incarne au cinéma Thomas Jerome Newton, est donc omniprésente dans l’exposition, conçue comme un dossier[28]. Auparavant, il s’était déjà intéressé à la figure du chanteur et acteur Elvis Presley, qu’il avait transformé en Evils[29].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2013
  • 2009 : Superheroe, Galerie Magda Danysz, Paris
  • 2007 : Even Super Heroes Can’t Save Us Now, Cueto Project, New York, États-Unis
  • 2006 :
    • If you’re looking for trouble you came to the right place, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • The Blood Value of the Banana, Palais de Tokyo, Paris
  • 2005
  • 2004
    • Eldorado, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • If you are looking for trouble you came to the right place, CZKD, Belgrade
    • Art history, installation murale, Palais de Tokyo, Paris
  • 2003
    • Flesh for Fantasy, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Flesh for Fantasy, Emmanuel Javogue Fine Art, Miami
  • 2001 : Serbia Remix, Belgrade
  • 1999 :
    • (L)overs, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Last Painting of the Century, Galerie Valérie Cueto, Paris
    • Last Painting of the Century, Picture Show Gallery, Berlin
  • 1995

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vuk Vidor », sur Artsper (consulté le 12 juin 2018).
  2. a et b « Vuk Vidor », sur Artnet (consulté le 12 juin 2018).
  3. « Vuk Vidor », sur Galerie Anne Perré (consulté le 12 juin 2018).
  4. « La foire de Madrid dans l’ombre de la guerre », Le Monde,‎ , p. 27.
  5. « Drawing Now, le dessin contemporain tient salon au Carrousel du Louvre », Art Media Agency (AMA),‎ .
  6. « Nous sommes tous des engagés volontaires pleins d’énergie », L’Humanité hebdo,‎ , p. 13.
  7. Béatrice de Rochebouet, « Art Brussels, la fleur du plat pays », Le Figaro, no 18555,‎ , p. 26.
  8. Henri-François Debailleux, « Un bon coup de rouge », Libération,‎ , p. 43.
  9. Stefano Lupieri, « Conseil : l’entrée des artistes », Enjeux - Les Echos, no 223,‎ , p. 76.
  10. (en) Duran Duran. Duran Duran - David Bowie, footage by Vuk Vidor. Consulté le .
  11. (en) Silvia Karman Cubina, « Superheroes Can’t Save Us Now! by Vuk Vidor », Art Press, no 339,‎ (lire en ligne).
  12. Sophie de Santis, « Vuk Vidor », Le Figaro,‎ , p. 27 (lire en ligne).
  13. « Vuk Vidor », sur Centre culturel de Serbie (consulté le 12 juin 2018).
  14. « Vuk Vidor », sur Magda Danysz Gallery (consulté le 12 juin 2018).
  15. « La face sombre de l’Amérique », Paris-Normandie Grand Rouen,‎ , p. 8.
  16. (en) « Even Superheroes can’t save us now! by Vuk Vidor », sur Cueto Project (consulté le 12 juin 2018).
  17. Valérie Duponchelle, « Le tour des galeries », Le Figaro, no 19459,‎ , p. 32.
  18. a et b « Vuk Vidor - Superheroes - galerie Magda Danysz », sur Artistik Rezo, (consulté le 12 juin 2018).
  19. (da) « Vuk Vidor er tilbage! », sur Gallery Poulsen (consulté le 12 juin 2018).
  20. a b et c « Focus sur la Louise Alexander Gallery », Art Media Agency (AMA),‎ (lire en ligne).
  21. Henri-François Debailleux, « La mort leur va si bien », Libération,‎ , p. 38.
  22. Roxana Azimi, « L’art contemporain affiche des prix en hausse », Le Monde (supplément Argent),‎ , p. 2.
  23. Marine Relinger, « Sous réalisme : un nouveau courant en forme de “gang bang pictural” ? », Télérama.fr,‎ (lire en ligne).
  24. « Réalistes, mais pas trop », Midi Libre (Catalogne),‎ .
  25. « « The Newton Initiative » de Vuk Vidor », sur Le Parisien (consulté le 12 juin 2018).
  26. « Vuk Vidor. The Newton Initiative », Wall Street International,‎ (lire en ligne).
  27. « Vuk Vidor, the Newton Initiative », sur Expo in the City (consulté le 12 juin 2018).
  28. Brigitte Giraud, « Sous l’étoile de Bowie », Le Magazine Littéraire, no 555,‎ , p. 22.
  29. Valérie Duponchelle, « La frénésie acheteuse semble sans limites pour l’art contemporain », Le Figaro, no 19076,‎ , p. 34.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]