Marc Cerrone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cerrone.
Marc Cerrone
Description de cette image, également commentée ci-après
Marc Cerrone photographié par le studio Harcourt en 2009
Informations générales
Surnom Cerrone
Naissance (67 ans)
Vitry-sur-Seine
Activité principale Batteur, compositeur, producteur, écrivain
Activités annexes Réalisateur artistique
Genre musical Disco, disco-funk
Années actives Depuis 1972
Site officiel cerrone.net

Marc Cerrone, né le à Vitry-sur-Seine, est un compositeur et musicien français. Il change plusieurs fois de métier à ses débuts mais finit par être reconnu comme l'un des piliers du disco en France mais également aux États-Unis où il signe son premier contrat important et cumule nombre de tubes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'immigrés italiens, ayant échappé au fascisme. À cinq ans, il est marqué par la séparation de ses parents, ses frères et lui sont mis en pension. Il vit à Vitry-sur-Seine.

Pour ses douze ans, sa mère, Liliane Cerrone, lui offre sa première batterie pour le canaliser, lui qui se faisait renvoyer du collège[2]. Il devient batteur et est influencé par le rhythm and blues d'Otis Redding. Durant son adolescence, des groupes ou musiciens comme Chicago, Cream, Jimi Hendrix, Santana influencent Cerrone. Dès 14 ans, il fonde son premier groupe et quitte l'école. Sur l'insistance de son père, il entame malgré tout des études de « coiffure pour le cinéma » dont il réussit à obtenir un diplôme avec mention[2].

Débuts[modifier | modifier le code]

Ne souhaitant pas être coiffeur, il fugue de chez ses parents et atterrit à Saint Michel chez une amie[2]. Celle-ci est engagée au Club Med et lors d'une soirée, Marc Cerrone persuade Gilbert Trigano, d'engager des groupes de rock à faire tourner entre chaque village. Marc Cerrone devient alors directeur artistique[2] d'une quarantaine de clubs durant un temps.

Le premier véritable groupe de Cerrone est monté en 1972 « avec les meilleurs musiciens trouvés au Club Med[3] ». Il se nomme Kongas et va durer quatre ans. Il est repéré par Eddie Barclay qui le fait jouer au club de Saint-Tropez « Le Papagayo »[2],[4],[5] : « on a fait un carton en août au Papagayo »[3]. Eddie Barclay fait signer un contrat à Marc Cerrone et devient son premier producteur, lui permettant de produire son premier single Boom en . Malgré l'argent qu'il gagne avec le groupe[3], Cerrone se lasse, quitte ce métier puis décide de créer Import Musique, une chaîne de magasin de disques importés qui deviendra plus tard l'enseigne « Nuggets »[3] ; il en ouvre cinq la première année d'activité[6]. Une fois de plus, il choisit de changer de métier et décide alors de retourner à la musique sans renier la batterie de son enfance[6].

Période disco[modifier | modifier le code]

Marc Cerrone en 1977

Pour cela, avec l'aide de son ami Don Ray, qui possède un studio sur l'avenue de la Grande-Armée à Paris, il réalise une maquette. Cependant, Cerrone trouve qu'il est mieux de faire un album dans les studios de Londres. Il produit aux Studios Trident[n 1] lui même et enregistre Love in C Mirror, un morceau d'une quinzaine de minutes, trop long pour les radios[7], composé de batterie, avec la grosse caisse mise en avant, et râles féminins[6]. Aucune maison de disque ne veux le signer alors il fait fabriquer à ses frais puis distribue quelques exemplaires à ses connaissances[6]. Mais la pochette, où Cerrone pose avec une femme nue à genoux à côté de lui, fait que les magasins de disques restent hésitants à mettre le disque en avant[6]. Il précise qu'alors, « aucune radio locale ne me jouait, je n'avais pas de label, alors j'investissais dans la publicité, des affiches géantes qui reprenait mes pochettes provocantes »[8]. Par le plus grand des hasards, Champs Disques[n 2] envoie à New York un carton de ses disques à la place de d'exemplaires de Barry White défectueux. La pochette attire l’œil du distributeur qui le fait ensuite écouter à des disc jockeys : le titre arrive en radio et en discothèque[6]. Une version pirate, à base d'une reprise, est éditée chez Casablanca Records et passe assidument dans les boites de nuit américaines ; Lorsque Cerrone en est informé, il se précipite aux États-Unis et finit par se faire signer par Ahmet Ertegün[6] : « Ils m'ont laissé faire ce que je voulais. J'étais avec les Jackson Five, Quincy Jones, Ray Charles… Le seul blanc, c'était moi[3] ! » Dès 1976, Love in C Mirror est récompensé d'un Grammy Award aux États-Unis[8]. Il s'installe à New York et va y rester 22 ans ; il précise : « je retournais à Paris très peu, pour trois ou quatre jours. »[6]. New York est pour lui la ville de tous les excès : sorties au Studio 54, drogue, femmes, sport, mais aussi des millions de disques vendus[9]. « La drogue était incontournable à l'époque. Et quand votre seul équilibre c'est la drogue, c'est fini […] J'ai mis des années pour m'en sortir »[3]. Dès 1976 commence une collaboration avec Alain Wisniak, avec qui il va coécrire et coréaliser plusieurs albums[7] : Cerrone's paradise, Supernature, Cerrone V Agelina , Cerrone VI Panic, Cerrone VIII Back Track. Il reçoit beaucoup d'instruments en cadeau comme un ARP Odyssey[7] et expérimente pour trouver le son qui l’intéresse[10]. L'année suivante son Grammy Award, il sort deux albums à la suite. Son deuxième album, Cerrone's paradise, réalisé en février et mars 1977 connaît un peu moins de succès. Par contre le troisième, Supernature ((Cerrone III)), porté par le single éponyme qui sera son plus gros tube et Give me Love (au départ prévu pour n'être qu'une face B[3]), la bande originale du film Brigade mondaine[n 3], est un succès énorme, avec dix millions de disques vendus[8]. Supernature deviendra un des grands hymnes du disco[7]. Dès l'année 1977, Cerrone produit des artistes comme Don Ray pour Revelacion. Il est nommé cette année-là cinq fois aux Grammy Awards, dont celui du meilleur artiste. Cerrone IV sort l'été 1978, et l'album est lui aussi un succès. Fin de cette même année, il fait deux concerts mémorables au Pavillon de Paris, devant une pyramide comme décor[10].

La batterie appuyée dans ses titres fait qu'il est surnommé « le bucheron »[8].

Après un long passage à vide, son nom revient au début des années 2000 grâce à sa collaboration avec Bob Sinclar qui publie l'album Cerrone by Bob Sinclar[10].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Cerrone By[modifier | modifier le code]

Albums en concert[modifier | modifier le code]

Bandes originales[modifier | modifier le code]

Remixes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

En 1982 et 1984, Marc Cerrone publie deux romans policiers : Le Rat et Névrose. En 1990, il publie Dancing Machine, un roman aussitôt adapté pour le cinéma par Gilles Béhat, avec Alain Delon, Claude Brasseur et Patrick Dupond. En mai 2018, il publie son autobiographie sous le titre Paradise écrite par une journaliste belge, avec Bee Gordon[11],[12].

Décorations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Studios où il enregistrera d'ailleurs nombre de disques par la suite.
  2. Champs Disques est un magasin célèbre situé à Paris sur les Champs-Élysées.
  3. Il fait la musique de trois adaptations de Brigade mondaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. J.G., « Danser avec le roi du disco », O, L'Obs, no 1,‎ , p. 22
  2. a b c d et e Azoury Ghosn, p. 124.
  3. a b c d e f et g « Cerrone, souvenirs d'une vie "Supernature" », sur lexpress.fr,
  4. http://www.arte.tv/fr/cerrone-le-disco-selon-marc-tracks/4113678,CmC=4113696.html
  5. http://www.warr.org/cerrone.html
  6. a b c d e f g et h Azoury Ghosn, p. 126.
  7. a b c et d Jérôme Provençal, « Le mirifique Supernature de Cerrone resurgit plus stupéfiant que jamais », sur lesinrocks.com,
  8. a b c et d Gilles Médioni, « Le disco enfièvre la France », L'Express, no 3449,‎ , p. 84 à 86 (ISSN 0014-5270)
  9. Azoury Ghosn, p. 126 à 127.
  10. a b et c Azoury Ghosn, p. 127.
  11. « Cerrone, le boss de la French Touch », sur parismatch.be,
  12. « Cerrone : « La coke c’est illusoire. On a tous l’impression qu’on s’arrête quand on veut » », sur elle.fr,
  13. Décret du 13 juillet 2019 portant promotion et nomination

Source[modifier | modifier le code]

  • Philippe Azoury et Joseph Ghosn, « Story Cerrone », Obsession, Le Nouvel Observateur, no 15,‎ , p. 124 à 127.