Ligne de Limoges-Bénédictins à Angoulême

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Ligne de
Limoges-Bénédictins à Angoulême
Image illustrative de l’article Ligne de Limoges-Bénédictins à Angoulême
Autorail X 2800 au franchissement de la Vienne à Saint-Junien - 25 avril 2004
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Limoges, Angoulême
Historique
Mise en service 1875
Concessionnaires Charentes (1868 – 1878)
État (Non concédée) (1878 – 1883)
PO (1883 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 610 000
Longueur 117 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Pente maximale 20 
Nombre de voies Voie unique
(Anciennement 1 de Limoges à Magnac-Touvre et 2 de Magnac-Touvre à Angoulême)
Signalisation BAPR de Limoges à Saillat
VUSO avec CAPI de Saillat à Ruelle
BMVU de Ruelle à Angoulême
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER
Fret SNCF
Schéma de la ligne

La ligne de Limoges-Bénédictins à Angoulême est une ligne de chemin de fer française, mise en service le  ; orientée globalement est - ouest, elle constitue une liaison d'ordre régional entre la Haute-Vienne et la Charente (Nouvelle-Aquitaine).

Elle constitue la ligne 610 000 du réseau ferré national[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette ligne faisait initialement partie, en 1854, d'un projet de liaison transversale est-ouest entre La Rochelle, Angoulême et Limoges, où l'on rejoindrait la ligne projetée de Bordeaux vers Lyon.

En 1867, lors de l'ouverture de la ligne Rochefort - Angoulême, rien n'était encore décidé quant au tracé entre Angoulême et Limoges. Certains, dont des députés de Dordogne et de Corrèze, ainsi que M. Laroche-Joubert, conseiller général d'Angoulême, penchaient pour un passage par Montbron. Les députés de Haute-Vienne, de Charente et de Charente-Inférieure souhaitaient un tracé par La Rochefoucauld et la vallée de la Vienne. Ce dernier tracé a été tranché le 20 février 1868 par le conseil supérieur des Ponts et Chaussées.

Une convention signée le 18 juillet 1868 entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer des Charentes accorde la concession à titre définitif de la ligne. Cette convention est approuvée par un décret impérial à la même date[2].

La ligne Angoulême-Limoges a été déclarée d'utilité publique le 26 juillet 1868. Elle fut inaugurée le 26 avril 1875 par la Compagnie des chemins de fer des Charentes.

Une gare séparée a alors été construite à Angoulême, appelée gare des Charentes puis gare de l'État, située en face de celle de la Compagnie d'Orléans (ligne Paris-Bordeaux), appelée gare d'Orléans (la gare actuelle)[3],[4].

Du côté de Limoges, le terminus en 1875 se situe à la gare des Charentes, devenue par la suite Limoges-Montjovis[4], mais la liaison avec la gare des Bénédictins ne sera construite qu'un an plus tard.

Une convention est signée le 31 mars 1877 entre la Compagnie des Charentes et l'État pour le rachat de la ligne par ce dernier. Cette convention est approuvée par une loi le 18 mai 1878[5]. La ligne est alors exploitée par l'Administration des chemins de fer de l'État. La ligne est cédée par l'État à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 28 juin 1883. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre suivant[6].

Mais ce n'est qu'en 1892 que, côté Angoulême, les trains arriveront directement dans la gare d'Orléans grâce à un embranchement construit au nord de la ville[N 1].

Le 1er janvier 1934, les Compagnies des chemins de fer de Paris à Orléans et du Midi et du Canal latéral à la Garonne créent une communauté d'intérêt financière, commerciale et technique pour l'exploitation de leurs réseaux. Toutefois, chacune des deux compagnies conserve la concession des lignes qu'elle a obtenu de l'État.

Au 1er janvier 1938, lors de la fusion des grandes compagnies françaises de chemins de fer, la ligne est intégrée au réseau de SNCF. Elle devient alors une branche de la transversale Bordeaux Lyon. Elle fut empruntée chaque nuit par l'express Genève - La Rochelle avec rebroussement en gare de Limoges-Bénédictins.

En 1957, celui-ci fut remplacé par un train Saint-Gervais-les-Bains - La Rochelle, avant que sa fréquence soit limitée aux jours de fin de semaine et avant qu'il soit supprimé en 1990[7].

L'état de la voie en août 2019, entre Chabanais et le pont de la route nationale 141.

Depuis le 13 mars 2018, la portion de ligne entre Saillat - Chassenon et Angoulême est fermée à tout trafic ferroviaire en raison de défauts de géométrie de la voie[8],[9]. Aucune remise en service n'est envisagée[9]. En remplacement, une ligne de bus, d'une durée de 2h20, est mise en place. Des élus locaux et des cheminots manifestent le , dénonçant une menace de fermeture définitive de la ligne[10].

En mars 2019, le groupe Systra, mandaté par la région Nouvelle-Aquitaine pour estimer le coût de remise en service de la ligne donne une fourchette de 100 à 125 millions d'euros, soit moins que le montant initialement estimé de 150 millions d'euros[11],[12]. Systra note également que la portion Limoges-Saillat est en mauvais état, et ne durerait que deux à cinq ans supplémentaires, nécessitant une rénovation globale de la ligne. Le sujet doit être décidé le par la région. Les élus des départements concernés, la Haute-Vienne et la Charente, sont favorables à ce que les travaux se déroulent en deux temps : dans un premier temps la section d'Angoulême à Saillat-sur-Vienne, puis dans un second temps la section de Saillat-sur-Vienne à Limoges. La durée des travaux serait de trois ans et demi[13].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La ligne à Exideuil.

Outre le désenclavement de la Charente limousine, la ligne Angoulême-Limoges a contribué à l'industrialisation de la Haute-Vienne et de la Charente sur son parcours :

Depuis Roumazières-Loubert, une ligne allait vers Confolens et Le Vigeant. Après abandon de la ligne, la portion entre Roumazières et Confolens a été réaménagée pour le tourisme en vélo-rail par l'association Chemin de fer Charente-Limousine créée en 1992..

La dégradation de l'état de la ligne est un fait avéré dans les années 2010, qui fait l'objet d'un plan de sauvegarde consistant en un remplacement de 5 000 traverses à l'été 2016[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les trains arrivaient en gare de l'État, puis devaient aller à la bifurcation des Alliers au sud d'Angoulême, pour remonter à la bonne gare en traversant la ville par deux tunnels et un rallongement de parcours de 15 km

Références[modifier | modifier le code]

  1. Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, (ISBN 978-2-918758-44-0), volume 2, page 30.
  2. « No 16273 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 18 juillet 1868, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer des Charentes : 18 juillet 1868 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 32, no 1628,‎ , p. 317 - 321.
  3. Henry Le Diraison et Yvette Renaud, Voyages en Charente au temps de la vapeur, Centre départemental de la documentation pédagogique de la Charente, coll. « Cultures et traditions charentaises », , 304 p. (ISBN 2-903770-48-4, présentation en ligne), p. 43,48-53
  4. a et b Henry Le Diraison et Christian Genet, Les cinq gares d'Angoulême, coll. « Nos deux Charentes en cartes postales anciennes », , 23 p., chap. 33, p. 13-14
  5. « N° 7065 - Loi qui, 1° incorpore divers chemins de fer d'intérêt local dans le réseau d'intérêt général ; 2° approuve des conventions passées entre le ministre des Travaux publics et diverses Compagnies de Chemin de fer : 31 mars 1877 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 16, no 395,‎ , p. 801 - 823 (lire en ligne).
  6. « N° 14217 - Loi qui approuve la convention passée, le 28 juin 1883, entre le ministre des Travaux publics, et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans : 20 novembre 1883 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ , p. 352 - 359 (lire en ligne).
  7. Historique de la ligne Bordeaux Lyon
  8. « Plus de TER entre Angoulême et Saillat-Chassenon à cause d'un défaut de géométrie des voies », France Info, 13 mars 2018 (consulté le 20 août 2018).
  9. a et b « Sur la ligne Angoulême Limoges, le TER en coma dépassé », Charente libre, 12 juillet 2018 (consulté le 20 août 2018).
  10. Justine Saint-Sevin, « Haute-Vienne : mobilisation d’une centaine d’élus et de cheminots pour la ligne SNCF Angoulême-Limoges », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le 17 juillet 2019).
  11. Hélène Rietsch, « Angoulême-Limoges : 120 M€ la rénovation », sur sudouest.fr, (consulté le 17 juillet 2019).
  12. Olivier Chapperon, « Limoges-Angoulême pourraient coûter 50 millions de moins », sur lepopulaire.fr, (consulté le 17 juillet 2019).
  13. Olivier Chapperon, « Charente optent pour une régénération de la ligne Limoges-Angoulême en deux temps sur trois ans et demi », sur lepopulaire.fr, (consulté le 17 juillet 2019).
  14. Communauté de communes Bandiat-Tardoire, « Les usines sur La Rochefoucauld » (consulté le 16 août 2008)
  15. Catillus Carol, « Histoire de Roumazières et Fontafie », (consulté le 1er mars 2013)
  16. M.Granet, « Exideuil » (consulté le 16 août 2008)
  17. Mairie d'Exideuil, « Entreprises d'Exideuil » (consulté le 16 août 2008)
  18. Richard Tallet, « TER : urgence pour la ligne Angoulême-Limoges », sur charentelibre.fr, (consulté le 21 juin 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]