Vieux-Château (L'Île-d'Yeu)

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Vieux-Château
Image illustrative de l'article Vieux-Château (L'Île-d'Yeu)
Vue d'ensemble du château.
Période ou style Médiéval
Type Forteresse
Début construction XIVe siècle
Propriétaire initial Olivier IV de Clisson
Protection Logo monument historique Classé MH (1900)
Coordonnées 46° 41′ 58″ nord, 2° 22′ 07″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Poitou
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune L'Île d'Yeu

Géolocalisation sur la carte : Vendée

(Voir situation sur carte : Vendée)
Vieux-Château

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vieux-Château

À l’île d’Yeu, le Vieux-Château, édifié au XIVe siècle, couvre trois siècles de l'histoire insulaire.

Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1900[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est Olivier IV de Clisson, grand bâtisseur de châteaux, qui entreprit les travaux dans le but d'assurer la sécurité des Islais en cas d'invasion étrangère. La plus longue fut celle menée par le célèbre corsaire anglais Robert Knolles, qui réussit en 1355 à s'emparer du château et occupa l'île pendant 37 ans. En 1392, l'île d'Yeu sera reprise aux Anglais lors de la reconquête du Poitou par le connétable Olivier V de Clisson.

À la Renaissance, Jean V de Rieux (maître de l'île) fait ériger des enceintes bastionnées autour du château. Ces modèles de fortifications furent construits (tels qu'ils se faisaient en leur pays) par des ingénieurs italiens que François Ier avait ramenés avec lui de ses guerres d'Italie. Plus tard, Vauban reprendra, en la perfectionnant, cette architecture militaire pour la conception de ses fameux forts.

Cette protection s'avérera efficace lorsqu'en 1550 débarquent, venant du nord, plusieurs milliers de soldats espagnols qui, mis en échec sous ces murs par la garnison locale, se virent contraints de reprendre la mer pour retourner vers la péninsule ibérique.

Le Vieux-Château, devenu obsolète par la construction (entre 1654 et 1660) de petits forts côtiers selon la technique de Vauban, fut démantelé à la fin du XVIIe siècle, ainsi que plusieurs autres châteaux anciens des côtes françaises, par ordre de Louis XIV qui craignait que ceux-ci ne fussent pris par l'ennemi pour s'en servir de points stratégiques. Il est classé Monument historique depuis 1890.

Dans les années 1970, Maurice Esseul (originaire de l'île) entreprend la fouille puis la restauration du château. Il y tient régulièrement des conférences et organise les visites quotidiennes.

Hergé se serait inspiré du Vieux-Château pour dessiner celui de L'Île Noire.

Architecture[modifier | modifier le code]

Des fortifications en bois ont longtemps existé sur ce site stratégique. Vers la fin du Xe siècle, pour échapper aux violences des barbares, des moines clunisiens ont construit une forteresse en bois à ce même emplacement. Les seigneurs de la Garnache étaient les maîtres de l’île à ce moment.

Plan du Château au XIVe siècle.

Au début du XIVe siècle, les sires de Belleville, en plus d'avoir Belleville sur vie en possesion, règnent également sur la Garnache, Beauvoir, Noirmoutiers et l'Ile d'Yeu. En 1320, Jeanne de Belleville devient maîtresse de ces fiefs, ayant hérité de son frère juste décédé. Selon Mr Froissard, chroniqueur de l'époque, Jeanne était une femme de caractère, qui avait des capacités de stratège habituellement réservés aux hommes. Elle a probablement pris l'initiative de remplacer la forteresse en bois par un château fort en pierre construite à même le roc. En 1330, deux ans après le décès du roi Charles IV le Bel, Jeanne se marie en secondes noces avec Olivier IV de Clisson. Grand homme de guerre, il apporte quelques modifications à son château de l'ile d'Yeu, afin de compléter son arsenal de nombreux châteaux forts des Marches de Bretagne, dont ceux de Clisson et de Josselin.

Essai de restitution du château au XIVe siècle.

Le château est implanté sur un rocher abrupt et isolé du rivage, l'eau montant aux grandes marées. Il a une forme presque triangulaire, une tour flanque chaque angle. A l'entrée, une grosse tour de défense cylindrique surplombe le pont levis, tout à droite se trouve une tour en fer à cheval. Entre les deux, une tourelle engagée permettait l'encadrement de la porte d'entrée avec la grosse tour. Derrière cette courtine Est se trouvait le logis seigneurial et un chemin de ronde sur mâchicoulis, couvert. Complètement à l'opposé se trouvait le donjon, grosse tour cylindrique dirigée Sud et possédant un escalier sortant à l'extérieur, au niveau des rochers brise-lames. Ce donjon était flanqué d'une petite tour quadrangulaire. Une tour octogonale flanquait l'angle Ouest. A l'intérieur de la cour, une forge était adossée à la courtine Sud et en face, touchant la tour octogonale, un bâtiment abritait une cuisine, une boulangerie et un four. Entre la forge et la cuisine, se trouvait une cuve souterraine récoltant les eaux pluviales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Château de l'Île d'Yeu, Maurice Esseul, Gallimard (1980)
  • Histoire de l'Ile d'Yeu, Maurice Esseul, Siloe (2006)
  • Petite histoire de l'Île d'Yeu, Maurice Esseul, Geste (2012)
  • L'Île d'Yeu (insula OYA): ses origines, son histoire - Découverte de l'Île, Maurice Esseul, Éditions Du Vieux-Chouan (1989)
  • L'Ile d'Yeu, Maurice Esseul, Etrave (1998)