Uta-Napishtim

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Uta-Napishtim, aussi appelé Utanapishti (en akkadien : Utanapištî, qui peut se lire Ud/t-, ou Ûm-napištim/napišti, mais dont la bonne prononciation, Uta-, serait précisée par la Version Ancienne de l'Épopée de Gilgamesh des Fragments Berlin-Londres (m : [9’] et B/IV : 6’, 13’ ; L/IV : [1’])) est le héros du Déluge, mais le Mythe d’Atrahasis préfère le terme de « Supersage » (en akkadien : atraḫasîs). Il est le fils d’UbarTutu (« Protégé du dieu Tutu »), premier et unique souverain de Shuruppak (Šurupak). Il est chargé par Enki (Ea) d'abandonner ses possessions mondaines et de créer un navire gigantesque appelé le Sauveur de la Vie. L'Épopée de Gilgamesh y raconte comment Uta-Napishtim a été sauvé d'un déluge provoqué par la colère d'un des dieux mésopotamiens, Enlil, le dieu du vent. C'est pourquoi ces dieux, sous la pression d'Enki, lui ont fait don de l'immortalité.

Etymologie[modifier | modifier le code]

En Sumérien, on disait Zi.u.sud.rá, « Vie de jour(s) prolongé(s) » par allusion à l’immortalité obtenue par Uta-Napishtim en survivant au Déluge. À l’origine, on lisait probablement Ûm-napištim/napišti, soit les deux premiers éléments inversés de Zi.u.sud.rá : zi et u en sumérien, ce qui correspond en akkadien à napišti(m), « vie » et ûm, « jours ». Pour compléter l’équivalence sumérienne, on trouve plus d’une fois l’ajout de l’épithète « lointain », en akkadien rûqu ou reqû, ce qui correspond au sumérien sud.rá. Si l’on a épelé Uta-, c’est apparemment par une façon d’étymologie « populaire », ûtâ napištî signifiant : « J’ai trouvé ma vie (sans fin) ».

Histoire d'Uta-Napishtim[modifier | modifier le code]

Le Déluge[modifier | modifier le code]

Les dieux, particulièrement Enlil, en colère contre l'humanité, qui faisait trop de bruit la nuit l'empêchant de dormir, décident de les supprimer dans une gigantesque inondation. Le dieu Enki, tenu par le secret, utilisa le subterfuge de confier aux roseaux le projet des dieux afin d'avertir Utanapishtim. Il le chargea d'amener sa femme, sa famille et ses proches avec les artisans de son village, ses bébés et ses céréales ainsi que les animaux de la terre. L'inondation atteindrait tous les animaux et les humains qui n'étaient pas sur le navire, un concept similaire à l'histoire biblique de l'arche de Noé.

Après douze jours sur l'eau, Utanapishtim ouvrit la trappe de son navire pour regarder autour et voir les pentes du mont Nisir, où il reposa son bateau pendant sept jours. Le septième jour, il envoya une colombe pour voir si l'eau avait reculé, et la colombe ne put trouver que de l'eau et revint. Puis il envoya une hirondelle, et comme précédemment, elle revint sans avoir rien trouvé. Enfin, Utanapishtim envoya un corbeau, et le corbeau vit que les eaux avaient reculé, alors il circula autour, mais il ne revint pas. Utanapishtim libéra ensuite tous les animaux libres et fit un sacrifice aux dieux. Les dieux vinrent, et parce qu'il avait conservé la semence de l'homme tout en restant fidèle et confiant en ses dieux, Utanapishtim et sa femme reçurent l'immortalité, surtout grâce à Enki.

Rôle dans l'Épopée de Gilgamesh[modifier | modifier le code]

Dans l'Épopée, terrassé par la mort de son ami Enkidu, le héros Gilgamesh part pour une série de voyages pour rechercher son ancêtre Uta-Napishtim (Xisouthros) qui vivait dans l'océan de la mort et qui avait reçu des dieux la vie éternelle. Uta-Napishtim conseilla à Gilgamesh d'abandonner sa recherche d'immortalité mais lui parla d'une plante qui pouvait le rendre jeune à nouveau. Gilgamesh obtint la plante du fond de la mer à Dilmun (souvent considéré comme Bahreïn actuel), mais un serpent la vola, et Gilgamesh retourna à la ville d'Uruk, ayant abandonné l'espoir de l'immortalité ou de la jeunesse renouvelée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]