Geshtinanna

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Photo d'une tablette d'argile rectangulaire recouverte de signes
Lamentations de la sœur de Dumuzi - Période paléo-babylonienne IIe millénaire av. J.‑C. - Terre cuite - Musée du Louvre - OA 3023.

Déesse sumérienne secondaire. Son nom, littéralement « vigne céleste », indique son caractère de divinité agraire. Elle est la sœur de Dumuzi, et la parèdre de Ningishzida.

Elle apparaît dans le mythe de la Descente d'Inanna aux Enfers, où elle tente de sauver la vie de son frère Dumuzi au moment où celui-ci est emmené aux Enfers par les démons d'Ereshkigal et après avoir été damné par Inanna. Elle remplace son frère aux Enfers pendant une moitié de l'année, celui-ci passant l'autre moitié en ce lieu.

Une déesse devouée[modifier | modifier le code]

Geshtinanna est la sœur de Dumuzi et, donc, la fille de la déesse Duttur. Elle est également l'épouse de Ningishzida[1]. L'interprète des rêves[2], elle est également la scribe des enfers et la reine des vignes[3]. Elle est souvent présentée comme fidèle, loyale au point d'une abnégation quasi totale[4]. Dans une version du mythe de la Descente d'Inanna aux Enfers découverte à Ur, elle subit de nombreuses tortures de la part des démons qui sont à la recherche de Dumuzi sans même trahir son frère[2].

Mythes relatifs à Geshtinanna[modifier | modifier le code]

La version sumérienne de la Descente d'Inanna aux Enfers raconte comment elle s'est offerte en tant que substitut à la mort de son frère[2]. Selon ce mythe, chaque demi-année, l'échange des deux personnages se poursuit entre le monde des vivants et le royaume des morts de sorte que Geshtinanna et son frère Dumuzi entrent tous deux dans le cycle éternel des saisons[4]. Par contre, la version akkadienne du mythe — Descente d'Ishtar aux Enfers — reste très vague à ce sujet : Geshtinanna (Belili en akkadien) pleure la mort de son frère, mais celui-ci remonte grâce aux rites de lamentations décrits dans les dernières lignes du poème alors que rien n'indique clairement que sa sœur le remplace aux Enfers[5].

Elle apparaît également dans le mythe du Rêve de Dumuzi où elle interprète le rêve de son frère. Ce rêve annonce la mort de dernier et Geshtinanna tente vainement de le sauver. Ici, rien ne parle d'un remplacement de Dumuzi dans les enfers[6].

Festivals et rituels[modifier | modifier le code]

Festival Ne-izi-gar[modifier | modifier le code]

Pendant la troisième dynastie d'Ur, au cours du onzième jour du cinquième mois (juillet-août), est célébré le festival « Ne-izi-gar » — festival de la Pleine Lune, le Festival des Fantômes ou le Festival Fantôme — des feux sont allumés pour guider les esprits des morts vers leurs familles lors d’un repas de cérémonie. Après le repas, les dieux sont remerciés et les esprits libérés retournent vers le monde souterrain. Des offrandes d'apaisement sont faites pour éloigner les mauvais esprits[7]. D'après les tablettes de Drehem, des offrandes pour les « royaux » Geshtinanna et Ningishzida de la vinerie sont attestées au cours de ce festival à Nippur[8].

E-lu-num[modifier | modifier le code]

Pendant la période paléo-babylonienne, au deuxième mois de l'année, un festival s’appelant « e-lu-num » est célébré à l'honneur de Gestinanna à Uruk. Durant la période de la Troisième dynastie d'Ur, le même festival est célébré au huitième mois de l'année à Umma — une tablette indique qu'il s'agit de Geshtianna « retirée dans Ur »[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Francis Joannes 2001, Article « Ereshkigal » - Francis Joannès, p. 302.
  2. a, b et c (en) Jeremy A. Black et Anthony Green, « Geshtinanna », dans Jeremy A. Black Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, Leiden Boston Cologne, University of Texas Press, (ISBN 978-0-292-70794-8), p. 88
  3. (en) Thorkild Jacobsen, The Treasures of Darkness : A History of Mesopotamian Religion, Londres, Yale University Press, coll. « New Heaven and London », , 259 p. (ISBN 978-0300022919), p. 62
  4. a et b (en) Tzvi Abusch, « Ishtar », dans Dictionary of Deities and Demons in the Bilble, Leiden Boston Cologne, Brill Academic Publishers, , 190 p. (ISBN 978-0802824912), p. 452 456
  5. Bottéro et Kramer 2011, p. 327 - 328.
  6. Bottéro et Kramer 2011, p. 300 - 312.
  7. (en) « The Lapis Gates of Sumer », sur www.michelebriere.com (consulté le 27 février 2017)
  8. (en) Mark E. Cohen, The Cultic Calendars of the Ancient Near East, Bethesda, CDL Press, , p. 102 (Nippur)
  9. (en) Mark E. Cohen, The Cultic Calendars of the Ancient Near East, Bethesda, CDL Press, , p. 145 (Ur)
  10. (en) Ignace Jay Gelb, Glossary of Old Assyrian, t. 3, Chicago, The university of Chicago press, coll. « Material form the Assyrian dictionnary », , 344 p. (lire en ligne), p. 41

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bottéro et Samuel Noah Kramer, Lorsque les dieux faisaient l'homme : Mythologie mésopotamienne, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Histoires », , 768 p. (ISBN 978-2-0707-1382-0).
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 974 p. (ISBN 2-2210-9207-4);

Liens internes[modifier | modifier le code]