Traité d’Alcáçovas

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Publication du traité à Séville le 14 mars 1480

Le traité d'Alcáçovas est signé le , dans la ville portugaise du même nom, entre des représentants des Rois catholiques et du roi Alphonse V de Portugal et de son fils Jean II. Il est ratifié par le roi de Portugal le et par les Rois catholiques le .

Le traité met fin à la guerre de succession qui oppose, depuis 1475, les deux prétendants au trône de Castille, Isabelle la catholique, appuyée par son mari Ferdinand II d'Aragon, et Jeanne la Beltraneja, soutenue par son époux Alphonse V de Portugal et le roi de France Louis XI.

Par ce traité, les monarques portugais renoncent définitivement au trône de Castille tandis que les Rois catholiques renoncent à toute prétention sur la couronne du Portugal.

Le traité détermine également le partage des territoires de l'Atlantique entre les deux puissances ibériques : la Castille garde la souveraineté sur les îles Canaries et le Portugal contrôle la région côtière de l'Afrique occidentale (dite Guinée), dont l'important comptoir de la Mine, ainsi que les îles de Madère, des Açores et du Cap-Vert. Le Portugal conserve également l'exclusivité de la conquête du Royaume de Fès.

Le pape Sixte IV va confirmer en 1481 les clauses de ce traité dans la bulle Aeterni regis.

Importance de ce traité, implications à long terme[modifier | modifier le code]

Le Traité d’Alcáçovas, dit aussi Alcáçovas-Toledo, est un texte fondateur dans l’histoire du colonialisme. En effet, c’est le tout premier des documents internationaux qui formalise explicitement le fait que les Européens s’attribuent le pouvoir de diviser le reste du monde en “sphères d’influence” et d’en coloniser les territoires, considérés comme terrae nullius, sans se soucier du consentement d’éventuels peuples autochtones. Ce principe va rester généralement admis dans les idéologies et les pratiques des Européens jusqu’aux décolonisations du XXe siècle. Le Traité d’Alcáçovas peut être considéré comme l’ancêtre de nombreux traités basés sur le même principe par la suite, tels que le Traité de Tordesillas (1494), précisant les positions de l’Espagne et du Portugal dans le domaine de l’exploration, à la suite du premier voyage de Colomb, les résolutions de la Conférence de Berlin en 1884 qui, quatre siècles plus tard, divisent ainsi le continent africain en sphères d’influence, ou les accords Sykes-Picot de 1916 par lesquels Français et Britanniques se partagent la domination d’une grande part du Moyen-Orient.