Thilo Sarrazin

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Thilo Sarrazin
Thilo Sarrazin030709.jpg
Thilo Sarrazin le 3 juillet 2009.
Fonction
Ministre des finances de Berlin (d)
-
Christiane Krajewski (en)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (74 ans)
GeraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Q1558212 (Abitur) (jusqu'en )
Université rhénane Frédéric-Guillaume de Bonn (Doctor of Political Science (d)) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Économiste, homme politique, banquier, essayiste, essayiste, postgraduate business degree holderVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Hans Christian Sarrazin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Conjoint
Ursula Sarrazin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Site web
Distinction
Sappho Award (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Deutschland schafft sich ab (d), Der neue Tugendterror (d), Europa braucht den Euro nicht: Wie uns politisches Wunschdenken in die Krise geführt hat (d), Hostile Takeover: How Islam Impedes Progress and Threatens Society (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Thilo Sarrazin (né le à Gera, Allemagne) est un homme politique (membre du SPD), économiste et banquier allemand. Il était membre du directoire de la Deutsche Bundesbank depuis le 1er mai 2009, poste qu'il a quitté le 1er octobre 2010 à la suite de la polémique déclenchée par la parution d'un ouvrage critique sur l'immigration musulmane.

Son livre L'Allemagne disparaît[1] (Deutschland schafft sich ab, titre que l'on pourrait traduire littéralement par « L’Allemagne se supprime elle-même ») est le livre politique le plus vendu de la décennie en Allemagne[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Thilo Sarrazin est l'aîné des quatre enfants du médecin et écrivain Hans-Christian Sarrazin (1914-2013) et de la fille d'un grand propriétaire de Prusse occidentale. Il est né dans les derniers moments de la Seconde Guerre mondiale à Gera, alors que sa mère en tant que réfugiée des anciens territoires allemands de l'Est était venue temporairement chez des parents. Il grandit à Recklinghausen et passe son Abitur en 1965 à l'école Petrinum, une école de langues anciennes de la ville. Après son service militaire, il étudie de 1967 à 1971 l'économie à l'Université de Bonn, où il travaille ensuite comme assistant à l'Institut de politique industrielle et des transports, et en 1973 il obtient son doctorat auprès de Fritz Voigt à la Faculté de droit et de sciences politiques. Dans sa thèse, il aborde les problèmes théoriques de l'histoire économique du point de vue du rationalisme critique.

De novembre 1973 à décembre 1974, Sarrazin est employé scientifique à la Fondation Friedrich-Ebert. A cette même époque il rejoint le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

A partir de 1975 Sarrazin travaille dans la fonction publique fédérale de 1975 à 1978 en tant que consultant au sein du ministère des Finances (délégation 1977 au FMI à Washington, DC), puis à partir de 1981 en tant que chef d'unité au sein du ministère des Affaires sociales et du Travail, de ... 1981 ... à nouveau au ministère fédéral des Finances. Durant la période 1978-1982 il rédige des discours pour Hans Apel. A partir d'octobre 1981, il est chef de bureau et proche collaborateur du ministre des Finances Hans Matthöfer et de son successeur Manfred Lahnstein.

Après le départ de la coalition sociale-libérale en octobre 1982 Sarrazin reste au ministère fédéral des Finances, où il est temporairement responsable du transport ferroviaire et gère plusieurs rapports successifs, y compris, en 1989-1990, celui concerant l'unité intérieure des relations intra-allemandes, des rapports monétaires, économiques et sociaux avec le ministre allemand des Finances Theo Waigel et avec le futur président allemand Horst Köhler.

De 1990 à 1991, Sarrazin travaille pour la Treuhandanstalt. Jusqu'en 1997, il est secrétaire d'État au ministère des Finances de Rhénanie-Palatinat, puis président de la direction de la société fiduciaire TLG IMMOBILIEN. De 2000 à décembre 2001 il est membre de la Deutsche Bahn, de janvier 2002 à avril 2009 sénateur chargé des finances à Berlin, et de mai 2009 à septembre 2010 membre du directoire de la Deutsche Bundesbank.

A la suite de l'opération d'une tumeur bénigne sur les nerfs de l'oreille interne en août 2004, la moitié droite de son visage reste partiellement paralysée.

Sarrazin est marié avec l'enseignante d'école primaire à la retraite et auteur Ursula Sarrazin, fille de l'ancien président de la DGB, Ernst Breit, et a deux fils.

En décembre 2016, le magazine Cicero le place en cinquième position sur sa liste des intellectuels allemands les plus importants[3].

En 2015, bien que toujours membre du SPD, il participe à des meetings de l'AFD[4].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Son livre Deutschland schafft sich ab (L’Allemagne disparaît) est le scandale de la rentrée 2010 en Allemagne[5],[6]. La première édition du livre (25 000 exemplaires) est entièrement vendue le jour même de sa sortie.

Sarrazin décrit dans son livre les conséquences qui résulteraient pour l'Allemagne de la baisse de son taux de natalité, de l'augmentation de la part du revenu global perçue par des classes défavorisées et de l'immigration en provenance de pays à prédominance musulmane[7].

Selon Sarrazin, l'une des questions clés pour l'avenir de l'Allemagne tiendrait aux changements démographiques, à l'hétérogénéité croissante de la société, à la diminution de l'efficacité et à l'augmentation de la proportion d'enfants issus de milieux dits « éloignés de la culture » dans le système éducatif.

Le livre présente une analyse de l'immigration en Allemagne, en particulier de l'immigration provenant de pays de culture musulmane[7]. Il discute les questions d'intégrations économique et culturelle et examine la question de sociétés dites parallèles[7]. Il soutient que « le manque d'intégration est dû aux attitudes des immigrés musulmans. »[7] Significatif d'après lui de la volonté de s'intégrer à la société allemande serait le comportement marital. Selon Sarrazin, 60 % des mariages de ressortissants turcs en Allemagne ont été contractés avec un partenaire turc. Ce « partenaire à l'importation » proviendrait « toujours » de l'environnement régional du conjoint et, souvent, serait en relation étroite avec la famille dans laquelle il se marie. Cela conduirait à une éducation très faible de la nouvelle structure familiale, à un éloignement de la culture de la société d’accueil et à une reconduction des difficultés et des obstacles à l'intégration. Les migrants musulmans - en particulier ceux venant de Turquie et des pays arabes - seraient difficiles à intégrer, contrairement aux étrangers de l'UE, aux Vietnamiens ou aux rapatriés. Ils auraient un rendement scolaire inférieur, seraient souvent au chômage et recevraient davantage de prestations sociales que les autres[7].

Il conclut que la société allemande vieillit, devient plus hétérogène et moins efficace. Le nombre moyen d'enfants serait plus important dans les classes moins éduquées que dans les classes instruites. De cette manière augmenterait progressivement le nombre de personnes qui, en raison de leurs lacunes scolaires, présenteraient des difficultés à s'intégrer dans la vie active : « La baisse continue du potentiel quantitatif en intelligences scientifiques et techniques se poursuivra. » [8].

Le 2 septembre 2010, à la suite des propos jugés racistes par la majorité des médias et de la classe politique[9], le directoire de la Bundesbank demande au président fédéral d'Allemagne Christian Wulff de révoquer Sarrazin[10]. Ses propos ont été critiqués par la chancelière allemande Angela Merkel et par le président fédéral du parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) Sigmar Gabriel qui a aussi suggéré la démission de Sarrazin du parti[11].

Pour autant, des sondages montrent que près de la moitié des Allemands (y compris des membres du SPD) étaient d'accord avec les visions politiques de Sarrazin[12]. Ces mêmes sondages lui accordaient 18 % d'intentions de vote dans le cas où il aurait créé un parti[13]. Selon Matthias Matussek du magazine allemand Der Spiegel, « Le politiquement correct passe sous silence un débat important »[14]. Pour The Economist, Sarrazin avec son ouvrage a ainsi donné « une voix aux peurs et aux ressentiments qui n'ont pas de débouchés politiques »[12].

En 2018, il prépare un nouveau livre intitulé Feindliche Übernahme - Wie der Islam den Fortschritt behindert und die Gesellschaft bedroht (Prise de contrôle hostile. Comment l'islam entrave le progrès et menace la société). Mais son éditeur Random House décide finalement début mai de ne pas publier le livre. La raison en seraient les craintes de la direction de la maison d'édition que le nouveau livre renforce l'humeur critique vis-à-vis de l'islam en Allemagne. Le livre devrait être publié par l'éditeur Münchner Verlagsgruppe (MVG)[15].

Publications[modifier | modifier le code]

Son livre L’Allemagne disparaît
  • Ökonomie und Logik der historischen Erklärung. Zur Wissenschaftslogik der New Economic History. Bonn, 1974.
  • Krise und Planung in marxistischer Sicht: Das Beispiel Habermas. In: Hamburger Jahrbuch für Wirtschafts- und Gesellschaftspolitik 19, 1974, S. 293–318 (avec Manfred Tietzel).
  • Investitionslenkung: „Spielwiese“ oder „vorausschauende Industriepolitik?“, Bonn-Bad Godesberg 1976 (als Herausgeber).
  • Kritischer Rationalismus und Sozialdemokratie I/II, Bonn, 1975-1976 (als Mitherausgeber).
  • Theorie und Politik aus kritisch-rationaler Sicht, Bonn 1978 (als Mitherausgeber).
  • Beiträge zur Sozialpolitik, Bonn 1978 (als Herausgeber).
  • Der Euro: Chance oder Abenteuer?, Bonn, 1997.
  • Reform der Finanzverfassung, Bonn, 1998.
  • Der Euro, Bonn, 1998.
  • Ansatzpunkte für eine europäische Arbeitsmarkt- und Beschäftigungspolitik, Bonn, 1999.
  • Gestaltung der Zukunftsfähigkeit Berlins in Zeiten knapper Kassen, Berlin, 2004.
  • Regionale bzw. kommunale Entwicklungen im Bereich der Wohnungs- und Städtebaupolitik, Berlin 2007.
  • Neue Wege zu einer angemessenen Finanzverteilung im Bundesstaat, Münster, 2008.
  • Deutschland schafft sich ab. Wie wir unser Land aufs Spiel setzen. DVA, München 2010, (ISBN 978-3-421-04430-3), (ISBN 978-3-641-04898-3) (E-Book), nouvelle édition 2012, (ISBN 978-3-421-04545-4) (Softcover)
  • Europa braucht den Euro nicht. Wie uns politisches Wunschdenken in die Krise geführt hat, Deutsche Verlags-Anstalt München 2012, (ISBN 978-3-421-04562-1) (L'Europe n'a pas besoin de l'Euro)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thilo Sarrazin, L'Allemagne disparaît, éditions Toucan (13 mars 2013) (ISBN 978-2810005291).
  2. (en) « Sarrazin bricht Verkaufsrekord », Der Spiegel, (consulté le 19 février 2011).
  3. (de) Martin Walser ist der wichtigste Intellektuelle, cicero.de, 19 décembre 2016
  4. Dominique Vidal, « Droite allemande, du nouveau », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 29 janvier 2018)
  5. Un dirigeant de la Bundesbank crée le scandale en Allemagne, Le Figaro du 30 août 2010
  6. Un responsable de la Bundesbank fait scandale, lemonde.fr, 30 août 2010
  7. a b c d et e (de) Markus Wehner, Was schreibt Sarrazin? Eine Handreichung in Thesen, faz.net, 13 septembre 2010
  8. Deutschland schafft sich ab: Wie wir unser Land aufs Spiel setzen. Deutsche Verlags-Anstalt, 2010, (p. 53)
  9. Les thèses racistes de Thilo Sarrazin divisent l'Allemagne par Pascal Thibaut sur rfi.fr du 3 septembre 2010
  10. [1] Le Monde.fr « La Bundesbank exige que l'un de ses dirigeants, accusé de racisme, parte
  11. [2] Merkel wirft Sarrazin Verdummung vor
  12. a et b (en) Sarrazin vs the Saracens, economist.com, 1er septembre 2010
  13. (de) « 18 Prozent der Deutschen würden Sarrazin wählen »
  14. (de) « Sarrazin's Truths: Political Correctness Is Silencing an Important Debate »
  15. (de) Neuer Verlag hat sich Sarrazin-Buch „geschnappt“, faz.net, 6 juillet 2018

Liens externes[modifier | modifier le code]

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