La question de l'analyse profane

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La Question de l’analyse profane
Auteur Sigmund Freud
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Genre Psychanalyse
Version originale
Langue Allemand
Titre Die Frage der Laienanalyse : Unterredungen mit einem Unparteiischen
Lieu de parution Vienne
Date de parution 1926
Version française
Traducteur Marie Bonaparte (première traduction)
Lieu de parution Paris
Date de parution 1928

La question de l'analyse profane est un ouvrage de Sigmund Freud publié en 1926 sous le titre Die Frage der Laienanalyse[1]. Il a pour sous-titre Unterredungen mit einem Unparteiischen, « Entretiens avec un homme impartial ».

Présentation[modifier | modifier le code]

La « Laienanalyse » signifie littéralement qu'il s'agit de « l'analyse [pratiquée par] des laïcs », c'est-à-dire pour Freud par des « non-médecins ».

Le livre est une réponse de Freud au procès tenu en Autriche en 1926 contre Theodor Reik pour exercice illégal de la médecine mais où Freud, au-delà de la question de l'analyse profane dans le contexte viennois de son époque, traite également selon Plon et Roudinesco de la question plus générale de la formation des psychanalystes, question qui met en jeu les « contours institutionnels de la psychanalyse, ses fondements épistémologiques et son caractère universaliste »[1].

J.-B. Pontalis, dans sa préface à La question de l'analyse profane de Freud, résume la portée du texte et son enjeu en ces termes : « Un débat dont l'occasion est l'affaire Reik, dont l'enjeu manifeste est institutionnel ("votre institution contre la mienne", semble dire Freud aux médecins) mais dont la portée est d'ordre épistémologique »[2].

Au chapitre XII « Le statut de la psychanalyse dans la société Un texte d'actualité: La question de l'analyse profane» de son livre Comprendre Freud, Jacques Sédat écrit: « Le terme Laie exprime aussi bien ce qui est profane par opposition au sacré, face à toute cléricature, qu'elle soit religieuse ou médicale, que ce qui définit l'amateur, par rapport au savant »[3].

Extrait : contribution de la psychanalyse à « l'intérêt de la science »[modifier | modifier le code]

C'est le « troisième intérêt » de la psychanalyse que Freud explique comme suit:

« [...] je voulais justement prendre encore en considération un troisième intérêt, celui de la science. [...] En effet, nous ne tenons pas du tout pour souhaitable que la psychanalyse soit avalée par la médecine et trouve sa demeure définitive au fond du traité de psychiatrie, au chapitre thérapie, à côté de procédés tels que suggestion hypnotique, autosuggestion, persuasion, qui, puisés aux sources de notre ignorance, doivent leurs effets à court terme à l’inertie et à la lâcheté des masses humaines. Elle mérite un meilleur destin et j’espère qu’elle l’aura. En tant que "psychologie des profondeurs", doctrine de l’inconscient animique, elle peut devenir indispensable à toutes les sciences qui s’occupent de la genèse de la culture humaine et de ses grandes institutions, tels l’art, la religion et l’ordre social. J’estime qu’elle a jusqu’à présent apporté à ces sciences une aide considérable pour la solution de leurs problèmes, mais ce ne sont que de petites contributions comparées à ce qu’il sera possible d’atteindre quand historiens de la culture, psychologues de la religion, linguistes, etc., s’entendront à manier eux-mêmes le nouveau moyen de recherche mis à leur disposition. L’utilisation de l’analyse pour la thérapie des névroses n’est qu’une de ses applications ; peut-être l’avenir montrera que ce n’est pas la plus importante. De toute façon, il serait injuste de sacrifier toutes les autres applications à une seule, uniquement parce que ce domaine d’application touche à la sphère des intérêts médicaux. »

— Freud, La question de l’analyse profane,OCF.P, XVIII, p. 75-76.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions du texte en français[modifier | modifier le code]

  • S. Freud, La question de l’analyse profane — Entretiens avec un homme impartial (Die Frage der Laienanalyse — Unterredungen mit einem Unparteiischen, 1926), dans OCF.P, XVIII, Paris, P.U.F., 1994, (ISBN 2 13 046576 5) .
  • S. Freud, La question de l'analyse profane (1926), Gallimard-poche, 1998, (ISBN 2-07-040490-0)
  • S. Freud, La question de l’analyse profane / Die Frage der Laienanalyse, éd. bilingue, trad. (Éd. 1985) par Janine Altounian, Odile et André Bourguignon, Pierre Cotet et Alain Rauzy. Préface de J.-B. (1985), Paris, Gallimard folio bilingue n° 113, 2003.

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Susann Heenen-Wolff, « La discussion sur l’"analyse profane" », Internationale Zeitschrift für Psychoanalyse de l’année 1927, Revue internationale d'histoire de la psychanalyse, 3, 1990, 71-88
  • Sandor Ferenczi, « Introduction à La question de l'analyse profane de S. Freud [4] », Essaim, ERES, vol. 15, no 2,‎ , p. 175-180 (DOI 10.3917/ess.015.0175, lire en ligne)
  • Catherine Grangeard-Polard, « Tous des profanes... », Topique, L’Esprit du temps, vol. 88, no 3,‎ , p. 125-131 (DOI 10.3917/top.088.0125, lire en ligne)
  • Jacques Sédat, Comprendre Freud, Chapitre XII « Le statut de la psychanalyse dans la société Un texte d'actualité: La question de l'analyse profane» (p. 167-172), Paris, Armand Colin, 2007-2008, (ISBN 978-2-200-35535-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque », (1re éd. 1997) (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 1279-1281
  2. J.-B. Pontalis, préface de 1985 à Freud, La question de l’analyse profane, folio Gallimard, p. 12-13
  3. Jacques Sédat, Comprendre Freud, Paris, Armand Colin, 2007-2008, p. 167.
  4. S. Ferenczi, Introduction à la traduction américaine de Die Frage der Laienanalyse: The Problem of Lay-Analysis, New York, Brentano, 1927. Traduction par Judith Dupont et Françoise Samson du texte de Ferenczi jusqu'alors inédit en français (Note de l'éditeur de l'article en français).

Articles connexes[modifier | modifier le code]