Tamuda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Tamuda
Photographie montrant l'arc d'entrée du fort romain de Tamuda
Entrée du fort romain de Tamuda.
Localisation
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Province Tétouan
Région antique Maurétanie
Province romaine Maurétanie tingitane
Type Cité
Coordonnées 35° 33′ 34″ nord, 5° 24′ 39″ ouest
Altitude 22 m
Géolocalisation sur la carte : Maroc
(Voir situation sur carte : Maroc)
City locator 4.svg
Tamuda
Histoire
Période maurétanienne Du IIIe siècle av. J.-C. à 42
Période romaine De 42 au Ve siècle

Tamuda (en berbère : ⵜⴰⵎⵓⴷⴰ (Tamuda), en arabe : تمودة (Tamūda)) est une cité antique de Maurétanie, puis de Maurétanie tingitane. Le site archéologique de Tamuda se situe dans le Nord du Maroc, dans la banlieue de Tétouan, sur la rive droite du fleuve Martil.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Tamuda est un mot d'origine libyque qui signifie « marécage »[1].

Fouilles[modifier | modifier le code]

Le site archéologique de Tamuda fait partie des sites antiques les plus étudiés et les mieux conservés de la région. L'archéologue Miquel Tarradell y effectue d'importantes fouilles vers les années 1950 et une équipe internationale composée de professeurs, chercheurs et étudiants de l'Université Abdelmalek Essaadi, de l'Université de Cadix et du Ministère de la Culture marocain fouillent le site en 2012[2]. De nombreuses œuvres du site sont conservées au Musée archéologique de Tétouan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tamuda est fondée vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. par Baga, premier roi historiquement attesté de Maurétanie, sur la rive droite du fleuve Tamuda (flumen Tamudae, actuel fleuve Martil). Au siècle suivant, la présence et le commerce carthaginois s'intensifient. Au cours du Ier siècle av. J.-C., la ville, tout comme de nombreuses autres villes de la région, jouit d'une autonomie politique et d'une économie forte, due essentiellement à l'essor de l'agriculture et du commerce extérieur, notamment avec Rome, dont l'influence se fait de plus en plus grande, ce qui lui permet de disposer de ses propres ateliers monétaires[3].

En l'an 40 est assassiné le roi de Maurétanie Ptolémée par l'empereur romain Caligula, ce qui provoque la révolte de plusieurs villes maurétaniennes, dont Tamuda, qui subit des destructions importantes. Ces évènements se terminent par l'annexion de la Maurétanie par l'Empire romain en l'an 42[4].

Pendant la période romaine, Tamuda fait partie de la province de Maurétanie tingitane. Du Ier au IIIe siècles, la ville est reconstruite et fortifiée et des usines de salaison sont installées à l'embouchure du fleuve, ainsi que des huileries. La province s'intègre rapidement dans le commerce méditerranéen de l'Empire[5].

Vers la fin du IIIe siècle, l'autorité romaine commence à s'effriter et les tribus maures se rebellent de plus en plus souvent, forçant Rome à reculer ses frontières et à concentrer ses effectifs près du détroit de Gibraltar. Tamuda est encore occupée par les Romains à cette époque. Selon la Notitia dignitatum, vers la fin du IVe siècle, le camp fortifié de Tamuda est le siège d'une aile de cavalerie romaine : ala Herculea. Elle est liée à la cohorte de Lixus. Le site est abandonné à partir du deuxième quart du Ve siècle[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kably et al. 2012, p. 101.
  2. (es) « Arqueólogos de la UCA trabajan en el yacimiento marroquí de Tamuda » [« Des archéologues de l'UCA travaillent dans le site marocain de Tamuda »], sur Diario de Cádiz, Cadix, (consulté le ).
  3. Kably et al. 2012, p. 93-101.
  4. Kably et al. 2012, p. 113-115.
  5. Kably et al. 2012, p. 115-123.
  6. Kably et al. 2012, p. 127-132.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mohamed Kably (dir.), Abderrahmane El Moudden, Lahcen Hafidi Alaoui, Mostafa Hassani Idrissi, Bouchaib Idrissi Bouyahyaoui et Abdelaziz Touri, Histoire du Maroc : Réactualisation et synthèse, Rabat, Institut royal pour la recherche sur l'histoire du Maroc, coll. « Publications de l'Institut Royal pour la Recherche sur l'Histoire du Maroc », , 2e éd. (1re éd. 2011), 839 p. (ISBN 978-9954-30-447-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]