Table de l'unité démocratique

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Table de l'unité démocratique
(es) Mesa de la Unidad Democrática
Image illustrative de l’article Table de l'unité démocratique
Logotype officiel.
Présentation
Coordinateur général José Luis Cartaya
Fondation
Siège Caracas, District capitale
Positionnement Centre gauche à centre droit
Idéologie Anti-chavisme
Coalition de partis de multiples idéologies :
Social-démocratie
Conservatisme
Démocratie chrétienne
Libéralisme économique
Couleurs Jaune, bleu et rouge
Site web http://www.unidadvenezuela.org/
Représentation
Assemblée nationale
71 / 167
Gouverneurs
4 / 23
Parlement du Mercosur
17 / 23
Parlement latino-américain
7 / 12

La Table de l'unité démocratique (Mesa de la Unidad Democrática, MUD), est une coalition politique vénézuelienne fondée en 2010[1]. Elle rassemble des partis politiques d'obédiences idéologiques diverses, qui entendaient s'unir pour représenter une force électorale potentiellement capable de remporter un scrutin après douze ans de « Révolution bolivarienne » et de victoires électorales successives pour le PSUV et le Mouvement Cinquième République, qui le précédait.

Histoire[modifier | modifier le code]

Constituée de partis politiques de positionnements très divers, allant de la droite conservatrice à une partie de la social-démocratie tout en intégrant la démocratie chrétienne et les libéraux, le caractère très hétéroclite de la coalition, qui se retrouve uniquement dans le rejet du chavisme et de la politique gouvernementale, n'a jamais permis à un programme politique d'émerger formellement[2].

En novembre 2012 trois de ses députés se retirent de la coalition, jugeant son fonctionnement antidémocratique et arbitraire, pour former le parti social-démocrate Alianza para el Cambio (es). Celui-ci rallie le Grand Pôle patriotique Simón Bolívar en 2015, après avoir évolué trois années en dehors des deux grands blocs politiques du Venezuela.

Les débuts électoraux de la coalition sont difficiles et elle se trouve battue aux élections présidentielles 2012 et 2013, aux législatives 2010, aux régionales 2012 et aux municipales 2013. Cependant, la MUD parvient pour la première fois à remporter une élection lors des législatives 2015.

Le 3 mai 2016, la MUD dépose une pétition de deux millions de signature, dont 700 000 sont attribuées après vérification par le Conseil national électoral à des personnes décédées ou dépourvues de droits politiques (mineures ou emprisonnées) et rejetées à ce titre, pour enclencher la destitution du président Nicolás Maduro[3]. Le 26 juillet, le maire d'une municipalité de Caracas demande la dissolution de la MUD qu'il juge coupable de « la plus grande fraude électorale de l’histoire du pays »[4][5].

Élections régionales de 2017[modifier | modifier le code]

Le , le GPP obtient 17 États contre 5 pour la MUD lors des élections régionales[6]. Le 23 octobre, les quatre gouverneurs issus d'Action démocratique, Antonio Barreto Sira, Ramón Guevara, Alfredo Diaz et Laidy Gómez, prêtent finalement serment devant l'Assemblée nationale constituante, tandis que Juan Pablo Guanipa, membre de Primero Justicia, refuse de le faire et reçoit le soutien du chef de son parti Henrique Capriles Radonski[7]. Henry Ramos Allup, chef d'AD, annonce que ces gouverneurs s'étaient « exclus d'eux-mêmes » du parti[8]. Ensuite, Capriles ajoute que « tant qu'Henry Ramos Allup y figurerait », il ne resterait pas à la MUD, ajoutant que « pas un crayon ne bouge sans que Ramos Allup ne l'autorise » au sein d'AD[8]. Par ailleurs, il estime que « quand on est malade, il faut opérer et enlever la tumeur. Dans la MUD, il faut faire pareil »[9]. Enfin, Primero Justicia et Voluntad popular condamnent une « action de trahison et de tromperie »[9]. Laidy Gomez, élue gouverneure de Tachira estime que « Dans nos Etats, il y a beaucoup de familles dans la misère. Nous assumons le coût politique pour défendre le vote de nos électeurs »[9]. Le , Juan Pablo Guanipa est formellement destitué par l'Assemblée constituante et une élection partielle est fixée en même temps que les élections municipales, en décembre 2017[10]. En attendant, Magdely Valbuena, présidente du Conseil législatif de l'État, assure l'intérim[11]. C'est finalement le chaviste Omar Preto qui a est élu, ce qui ramène à 4 le nombre de gouverneurs pour la MUD.

Élections municipales de 2017[modifier | modifier le code]

En 2017, la MUD annonce soutenir les sanctions économiques imposées par le président américain Donald Trump au Venezuela[12].

Plusieurs partis associés à la MUD boycottent les élections municipales vénézuéliennes de 2017[13]. Cependant, le maire de Chacao, Gustavo Chuque, préfère quitter son parti pour participer à l'élection[14]. À l'inverse, bien que membres de la MUD, Un nouveau temps, Avanzada Progresista (en), le Mouvement vers le socialisme et la COPEI participent officiellement au scrutin[14][15]. Ainsi, certains membres des partis appelant au boycott préfèrent concourir au scrutin sous la bannière des partis cités plus haut[16].

S'appuyant sur une décision de l'Assemblée nationale constituante, le président vénézuélien Nicolás Maduro déclare que les partis ayant boycotté et appelé au boycott des élections municipales, ce qui est le cas de certains partis composant MUD, n'auraient pas le droit de participer à l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018[17]. Le , l'Assemblée nationale constituante vénézuélienne décide que la présidentielle soit organisée avant le [18]. Henry Ramos Allup, affirme que la MUD pourrait organiser des primaires présidentielles en « quatre à cinq semaines »[19].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

Le , le Tribunal suprême de justice interdit à la MUD de participer au scrutin, tout en autorisant les partis la composant mais ayant boycotté les municipales, comme Action démocratique et Primero Justicia à se réenregistrer en vue de l'élection[20]. Le , la MUD annonce boycotter l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018[21]. Pourtant, Henri Falcón, gouverneur de l’État de Lara et dirigeant de la MUD, annonce le 27 février présenter sa candidature[22]. La Table de l'unité démocratique et des anciens chavistes s'allient pour former le Front Amplio, et annoncent une manifestation pour le [23].

Partis actuellement membres[modifier | modifier le code]

Parti Abréviation Fondation Idéologie Affiliation internationale
Alianza Bravo Pueblo ABP 2000 Social-démocratie
Convergencia CONVERGENCIA 1993 Démocratie chrétienne ODCA (observateur)
Cuentas Claras CC 2004 Progressisme
Fuerza Liberal FL 2003 Social-libéralisme
Gente Emergente GE 1991 Centre gauche
La Causa Radical LCR 1971 Syndicalisme/Socialisme
Movimiento Progresista de Venezuela MPV 2012 Socialisme démocratique
Movimiento Venezuela Responsable, Emprendedora y Sostenible MOVERSE 2012 Écologisme
Movimiento Izquierda Democrática MID Socialisme démocratique
Primero Justicia PJ 2000 Humanisme/Progressisme
Projet Venezuela PRVZL 1998 Démocratie chrétienne UDI, UPLA|
Unidos para Venezuela UNPARVE 2008 Pluralisme
Un nouveau temps UNT 1999 Social-démocratie/Socialisme démocratique Internationale socialiste
Voluntad popular VP 2009 Progressisme Internationale socialiste
Unidad Visión Venezuela UVV Libéralisme
Progreso Social PRG 2012 Progressisme

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Année Candidat 1er tour
Voix % Rang
2012 Henrique Capriles Radonski 6 591 304 44,31 2e
2013 Henrique Capriles Radonski 7 363 980 49,12 2e

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année 1er tour Sièges Leader
Voix % Rang
2010 5 320 364 47,2 % 2e
67 / 165
Ramón Guillermo Aveledo
2015 7 726 066 56,22 % 1er
112 / 167
Jesús Torrealba

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Date Voix % Rang Gouverneurs
2017 4 983 626 44,31 2e
5 / 23

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Venezuela : l'opposition s'unit, Le Figaro, 24 avril 2010.
  2. lefigaro.fr, « Au Venezuela, la déroute historique du chavisme » (consulté le 26 juin 2016)
  3. Pierre Jova, « Venezuela : près de deux millions de signatures pour destituer le président », Le Figaro, 2 mai 2016
  4. François-Xavier Gomez, « Et maintenant, Maduro veut dissoudre l'opposition vénézuelienne », Libération, 28 juillet 2016
  5. « Jorge Rodríguez solicitó cancelación de la MUD como partido político », sur www.el-nacional.com
  6. Le Parisien avec AFP., « Venezuela : Nicolas Maduro remporte les élections régionales, colère de l'opposition », sur Le Parisien, (consulté le 16 octobre 2017)
  7. « Venezuela: quatre gouverneurs d'opposition prêtent serment devant la Constituante ».
  8. a et b RadioFranceInternationale, « Venezuela: la coalition d'opposition au bord de la crise existentielle - Amériques - RFI », sur RFI, RadioFranceInternationale, (consulté le 25 octobre 2017).
  9. a, b et c Le Point, magazine, « Au Venezuela, Maduro renforcé face à une opposition divisée », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 25 octobre 2017).
  10. « Venezuela: un gouverneur révoqué, l'Assemblée convoque de nouvelles élections ».
  11. RadioFranceInternationale, « A la Une: Au Venezuela, un gouverneur de l’opposition «déchu» de ses fonctions - Amériques - RFI », sur RFI, (consulté le 29 octobre 2017).
  12. « Venezuela : l'opposition soutient les sanctions américaines », Europe 1,‎ (lire en ligne)
  13. « Venezuela: l'opposition boycotte les municipales », sur Le Figaro (consulté le 1er décembre 2017)
  14. a et b « Venezuela: l'opposition demeure dispersée à l'approche des municipales - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 1er décembre 2017)
  15. (es) « Maribel Castillo se convierte en candidata unitaria opositora a la Alcaldía de Libertador », sur efectococuyo.com (consulté le 12 décembre 2017)
  16. Home, « Municipales au Venezuela : carton plein pour le président Maduro », sur Le Figaro (consulté le 12 décembre 2017)
  17. « Municipales au Venezuela : carton plein pour le président Maduro », sur Le Figaro (consulté le 11 décembre 2017)
  18. « Venezuela: élection présidentielle anticipée avant fin avril », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  19. Home, « Venezuela: la présidentielle avancée pour faire réélire Maduro », sur Le Figaro (consulté le 24 janvier 2018)
  20. Le Point, magazine, « Venezuela : l'opposition dos au mur après l'exclusion de sa coalition de la présidentielle », sur Le Point (consulté le 26 janvier 2018)
  21. « Venezuela: l'opposition boycottera la présidentielle du 22 avril - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 25 février 2018)
  22. « Venezuela Opposition Leader Henri Falcon Registers as Candidate », TeleSUR,‎ (lire en ligne)
  23. « Venezuela : l'opposition manifestera samedi contre la présidentielle », sur TV5MONDE (consulté le 14 mars 2018)