Stéphen Liégeard

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Stéphen Liégeard
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Stéphen Liégeard (Dijon, Cannes, ) est un écrivain et poète français. Il est l'inventeur du terme « Côte d’Azur » pour remplacer la dénomination « Riviera[1] ». Il inspira à Alphonse Daudet le personnage du « sous-préfet aux champs » des Lettres de mon moulin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque de rue à Dijon

François Stéphène Émile Liégeard, qui n'utilisa que son deuxième prénom, sous la forme Stéphen, est né à Dijon le 29 mars 1830, au domicile de ses parents, hôtel Aubriot, 40, rue des Forges. Il était le fils de Jean-Baptiste Liégeard, avocat âgé de 28 ans, qui fut maire de Dijon de 1863 à 1865. La mère de Stéphen Liégeard, Catherine Émilie Vallot, âgée de 21 ans, n'exerçait pas de profession. La famille Liégeard, installée à Dijon depuis le Moyen Âge[2], avait compté plusieurs orfèvres ; elle était bonapartiste. En 1842, elle déménagea à l'hôtel Legouz de Gerland, 21 rue Vauban à Dijon.

Après de brillantes études au lycée de sa ville natale, Stéphen Liégeard s'inscrit comme avocat au barreau de Dijon en 1854. Il gagne alors plusieurs procès. En 1857, il soutient une thèse de doctorat en droit qui lui vaut une médaille d'or au concours du doctorat. Bonapartiste, il entre en 1856 dans l’administration préfectorale comme conseiller à la préfecture de Valence. Il est nommé en 1859 sous-préfet à Briey (Meurthe-et-Moselle), où il épouse Mathilde Labbé. En 1861, il est sous-préfet à Parthenay, puis est nommé à Carpentras en 1864. C’est là qu’Alphonse Daudet, son voisin, apercevant des rimes sur le bureau de Stéphen Liégeard, eut l’idée du conte Le sous-préfet aux champs, qui parut dans L’Événement du 13 octobre 1866, avant de faire partie du livre Les Lettres de mon moulin publié en 1869.

En 1867, Stéphen Liégeard quitte l’administration pour se présenter comme candidat officiel aux élections législatives à Briey, où son beau-père, Joseph Labbé, maître de forges, exerce une importante activité industrielle. Il est élu député de la Moselle le 24 mars 1867, puis est réélu en 1869. Fidèle à ses convictions, il abandonne la politique à la chute du Second Empire le 4 septembre 1870 et s'inscrit à nouveau au barreau de Dijon tout en se consacrant à la littérature.

Dès lors, ce dandy[3] partage son temps entre son appartement parisien rue de Marignan, sa résidence dijonnaise de la rue Vauban, l'hôtel Legouz de Gerland, qu'il fait remanier à la fin du siècle, et son domaine de Brochon. Il passe l'hiver à Cannes, villa des Violettes, dont son épouse, Mathilde, a hérité en 1875. Lors de ces derniers séjours, il parcourt les rivages de la Méditerranée. Sa fortune considérable lui permet de faire construire de 1895 à 1899, sur son domaine de Brochon, non loin de Dijon, un château néorenaissance[4].

Stéphen Liégeard, membre depuis 1891 de l'Académie de Dijon, est plusieurs fois candidat à l'Académie française, notamment en 1891, où Pierre Loti est élu, et en 1901, où Edmond Rostand l’emporte. Léon Daudet aurait dit, avec humour, qu'il fut victime du Chambertin : en élisant le prétendant, les académiciens n'auraient plus reçu les bouteilles que Stéphen Liégeard offrait avant chaque élection !

Stéphen Liégeard est à la fois un personnage au train de vie fastueux et un homme bon et généreux. Sa devise en témoigne : Il est beau d'être grand, être bon est meilleur. Il se fait le mécène de nombreuses associations et institutions ; il préside la Société Nationale d'Encouragement au Bien de 1897 à 1921. Son fils, Gaston, peut aisément faire ses voyages d'aventure et en ramener des reportages photographiques. Stéphen Liégeard est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1866, officier en 1905 et commandeur en 1920 ; il reçoit de nombreuses autres décorations.

Il s'éteint à plus de quatre-vingt-quinze ans, le 29 décembre 1925 à Cannes, et est inhumé à Dijon. Son nom a été donné à une rue située en face de sa maison natale à Dijon, à des avenues de Cannes, Hyères et Nice, à un IUFM de Nice situé avenue Stéphen-Liégeard, et au lycée de Brochon. L'avenue Stéphen-Liégeard de Cannes longe la villa des Violettes, où Stéphen Liegeard fit de nombreux séjours.

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

En 1852, à vingt-deux ans, Stéphen Liégeard édite son premier recueil, Souvenirs de quelques soirées d'été, dans lequel il mêle poésie et courtes pièces de théâtre. En 1859, il publie des vers en l'honneur de Napoléon III : Les Abeilles d'or Chants impériaux. L'Académie des Jeux floraux de Toulouse le nomme maître ès-jeux en 1866 et couronne ses œuvres à plusieurs reprises.

Entre 1866 et 1872, il fait de fréquents séjours à Bagnères-de-Luchon, dans les Pyrénées, dont il décrit la société animée dans des pages brillantes parues en 1874 : Vingt journées d'un touriste au pays de Luchon. Au début des années 1870, il livre un témoignage de sa vie politique : la chute du Second Empire, avec Le crime du 4 septembre, publié en 1871 ; son mandat de député, avec Trois ans à la chambre, paru en 1873. Il continue la poésie ; l'ouvrage Les Grands cœurs, pour lequel les critiques ont été unanimement élogieux, est couronné par l'Académie française en 1894.

En 1887, il écrit à Brochon son ouvrage le plus célèbre, La Côte d’azur, publié à Paris en 1887. Dans ce livre, il décrit, de Marseille à Gênes, les villes et les sites "de cette plage baignée de rayons qui mérite notre baptême de Côte d’Azur[5]". Stéphen Liégeard fait imprimer en 1894 une nouvelle édition de La Côte d’Azur, plus longue, dans l’avant-propos de laquelle il remarque que « Le dictionnaire s’est augmenté d’un mot[6]. »

Stéphen Liégeard est aussi l'auteur de discours, de préfaces et de poèmes isolés.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs de quelques soirées d'été, Dijon, Loireau-Feuchot, 1852, 32 p. [Poèmes, premier recueil édité.]
  • De l'origine, de l'esprit et des cas d'application de la maxime Le partage est déclaratif de propriété ; Mémoire Couronné par la Faculté de Droit de Dijon, le 15 novembre 1854 dans la Séance solennelle de Rentrée, Dijon, Loireau-Feuchot, 1854, 123 p.
  • Les abeilles d'or : chants impériaux, Paris, E. Dentu, 1859, XX-264 p. [Poèmes.]
  • Le verger d'Isaure, Paris, Hachette, 1870, XXIII-234 p. [Poèmes.]
  • Le crime du 4 septembre, Bruxelles, J. Rozez, 1871, VIII-67 p. [Récit de la chute du Second Empire.]
  • Une visite aux Monts Maudits (ascension du Néthou), Paris, Hachette et Cie, 1872, 92 p. [Souvenirs de son ascension en septembre 1871.]
  • Trois ans à la Chambre, Paris, E. Dentu, 1873, XII-396 p. [Récit de son mandat de député.]
  • Vingt journées d'un touriste au pays de Luchon, Paris, Hachette et Cie, 1874, 556 p.
  • Livingstone, Paris, E. Dentu, 1876, 33 p. [Poème, ayant reçu une mention honorable de l'Académie française.]
  • À travers l'Engadine, la Valteline, le Tyrol du sud et les lacs de l'Italie supérieure, Paris, Hachette, 1877, VI-491 p. ; texte sur Gallica
  • Les Grands cœurs, Paris, Hachette et Cie, 1882, II-242 p. [Poèmes, couronnés par l'Académie française en 1894.] Nouvelles éditions en 1883, 1894, 1905.
  • Au caprice de la plume, Paris, Hachette, 1884, V-426 p.
  • La Côte d'azur, Paris, Maison Quantin, 1887, 430 p. [Prix Bordin décerné par l'Académie française en 1888.] Nouvelle édition : Paris, Ancienne maison Quantin Librairies-imprimeries réunies, 1894, III-626 p. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5698362j/f12.image.r=cote+d'azur
  • Rêves et combats, Paris, Hachette, 1892, 243 p.
  • Les saisons et les mois, Paris, Ancienne Maison Quantin, [1899], 100 p. [Poèmes.]
  • Pages françaises, Paris, Hachette et Cie, 1902, VI-489 p.
  • Aimer ! Paris, Hachette, 1906, 209 p. Nouvelle édition : Paris, J. Barreau, 1914, 223 p., avec 116 illustrations de Job. [Poèmes.]
  • Brins de laurier, Paris, Hachette et Cie, 1909, 170 p. [Poèmes.]
  • Rimes vengeresses, Paris, Hachette, 1916, 180 p. [Poèmes nationalistes.]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Stéphen Liégeard », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Bernard Le Clère, Stéphen Liégeard (1830-1925) : Essai de réhabilitation du Sous-Préfet aux champs, Mémoire pour le diplôme d'Études Supérieures de Science Politique, Université de Paris, 1968, 193 f.
  • Dominique Escribe, La Côte d’Azur Genèse d’un mythe, Gilbert Vitaloni et le Conseil Général des Alpes Maritimes, 1988, 173 p.
  • Albert Colombet, Bertrand Fromentin, Aimé Thirard, Brochon Promenade dans le monde des Liégeard A l'occasion des 100 ans du château, Dijon, ICO, 1998, 51 p.
  • Robert Bolnot, Brochon et la famille Liegeard : un roman d’amour, Marsannay-la-Côte, S2E impressions, s. d., 55 f.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'expression Riviera est toujours utilisée en Italie et par les Anglais.
  2. Henri Chabeuf, Notice biographique sur M. J.-B. Liégeard, Dijon, Damongeot et Cie, 1888, 32 p. L'église Saint-Jean de Dijon renferme les dalles funéraires de Jehan Liegeart et de Thiebault Liegeart, son fils, les ancêtres dijonnais des Liégeard.
  3. Jean-François Bazin, Les Raisins bleus, Calmann-Lévy, , 464 p. (lire en ligne)
  4. Le château de Brochon et son parc ont été légués à l'État qui y a construit le lycée Stéphen-Liégeard.
  5. Stéphen Liégeard, La Côte d'azur, Paris, Maison Quantin, 1887, p. 30.
  6. Stéphen Liégeard, La Côte d’Azur, Paris, Ancienne maison Quantin Librairies-imprimeries réunies, 1894, p. II.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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