Seifallah Ben Hassine

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Seifallah Ben Hassine

Nom de naissance Seifallah Ben Omar Ben Hassine
Alias
Abou Iyadh
Naissance (49 ans)
Menzel Bourguiba, Tunisie
Nationalité tunisienne
Activité principale

Seifallah Ben Hassine ou Seif Allah Ben Hassine (arabe : سيف الله بن حسين), de son nom complet Seifallah Ben Omar Ben Hassine, né le 8 novembre 1965[1] à Menzel Bourguiba[2], est un activiste islamiste tunisien.

Connu sous le surnom d'Abou Iyadh (أبو عياض), il est condamné pour terrorisme avant de prendre la tête de l'organisation Ansar al-Charia. ll est depuis considéré comme le leader des salafistes djihadistes dans son pays[3]. Le 23 septembre 2014, il est placé sur la liste des terroristes de l'ONU.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rejetant l'Occident, il lit assidument le Coran et adopte l'idéologie des Frères musulmans[2]. Dans les années 1980, il milite au sein du Mouvement de la tendance islamique, ancêtre d'Ennahdha[2], et devient l'un des piliers du bras armé du parti, le Front islamique tunisien, en 1986. Il fréquente des militants formés en Arabie saoudite par Ibn Baz et des membres du Groupe islamique armé et du Groupe islamique combattant en Libye[2]. Il fuit le pays à la suite de la répression du régime de Zine el-Abidine Ben Ali contre les mouvements estudiantins en 1987 ; il est lui-même condamné par contumace par le tribunal militaire de Tunis à deux ans de prison pour sa participation à des manifestations[1].

Il s'installe d'abord au Maroc où il étudie à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l'Université d'Oujda et se marie[1]. Il part ensuite pour le Royaume-Uni et l'Afghanistan. Il intègre des camps d'entraînement et rencontre Oussama ben Laden près de Kandahar[2]. En 2000, il fonde le Groupe combattant tunisien avec Tarek Maaroufi[4] à Jalalabad ; les deux hommes organisent l'assassinat du commandant Massoud en septembre 2001[2]. Le groupe est en conséquence listé le 10 octobre 2002 par le Conseil de sécurité des Nations unies comme lié au mouvement islamiste Al-Qaïda[5].

Ben Hassine devenu Abou Iyadh participe à la guerre en Afghanistan avec Al-Qaïda, avant de rejoindre la Turquie en 2003, où il est arrêté en février et extradé vers la Tunisie[1]. Jugé par le tribunal militaire de Tunis[1], il est condamné à 43 ans de prison[6]. Il continue d'entretenir des liens avec les détenus salafistes, dont les auteurs de l'attentat de la Ghriba en 2002 et les membres du groupe de Soliman[2]. En dépit de son passé terroriste, il revendique le statut de prisonnier politique[2].

Libéré en mars 2011 dans le cadre de l'amnistie générale qui suit la révolution tunisienne[7],[8], il fonde l'organisation salafiste djihadiste Ansar al-Charia (Partisans de la charia), qu'il dirige avec le prédicateur Abou Ayoub et l'idéologue Al-Khatib al-Idrissi[9],[2].

Installé à Hammam Lif, il fait de Sidi Bouzid, Tataouine et Sejnane des fiefs intégristes et, grâce à des financements saoudiens, recrute dans les quartiers pauvres[2]. Il organise des rassemblements, comme celui de Kairouan en mai 2011, mais aussi le blocage de l'Université de La Manouba, le saccage d'espaces culturels et de débits d'alcool, les violences à l'encontre de la chaîne de télévision Nessma et de certains intellectuels[2]. Il dénonce dans le même temps Ennahdha « qui a choisi la voie de la laïcité, bien loin de l'islam et de la charia »[2]. Il est par ailleurs recherché pour avoir appelé à prendre d'assaut l'ambassade américaine le 14 septembre 2012[2].

Le 27 août 2013, Ansar al-Charia est classée organisation terroriste par le gouvernement tunisien en raison de sa responsabilité entre autres dans la planification de l'assassinat des opposants politiques Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, l'attaque de plusieurs postes de police et militaires, ainsi que ses liens avec Al-Qaida au Maghreb islamique[10]. Plusieurs médias, dont Mosaïque FM et l'agence Tunis Afrique Presse, annoncent le 30 décembre son arrestation en Libye par des forces américaines, information démentie par Ansar al-Charia et le Département de la Défense des États-Unis[11].

Le 23 septembre 2014, Seifallah Ben Hassine et Ansar al-Charia Tunisie sont placés sur la liste des organisations et personnes considérées par l'ONU comme proches d'Al-Qaïda ou des talibans[12], liste instituée dans le cadre de la résolution 1267 du 15 octobre 1999 visant à lutter contre le terrorisme[13].

Il est marié à une Marocaine[1] et père de trois enfants[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) « Tunisia: Risk of violation of Sayfallah Ben Hassine's right to life », Alkarama, 10 juillet 2007
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Frida Dahmani, « Abou Iyadh, l'ennemi public numéro un », Jeune Afrique, 23 septembre 2012, pp. 45-47
  3. (fr) Mona Ben Gamra, « Ennahdha a déjà fait son choix pour être dans la voie de la laïcité bien loin de l'Islam et de la Chariaâ », Le Temps, 30 mars 2012
  4. (fr) Walid Khefifi, « Quatre morts et 46 blessés ! », Le Temps, 16 septembre 2012
  5. (fr) Présentation du Groupe combattant tunisien (Conseil de sécurité des Nations unies)
  6. (en) « Hundreds of Tunisia's mosques held by extremists », Agence France-Presse, 31 mars 2012
  7. (fr) « Kairouan : 5 000 personnes assistent au meeting d'Ansar Charia », Mosaïque FM, 20 mai 2012
  8. (ar) « Le chef salafiste djihadiste en Tunisie condamne l'expulsion d'un salafiste marocain », Babnet, 17 mai 2012
  9. Habib Sayah, La face cachée du salafisme en Tunisie, Réalités, n°1372, 12 avril 2012
  10. (fr) « Tunisie : le gouvernement accuse Ansar Al-Charia des meurtres d'opposants », France 24, 27 août 2013
  11. (fr) « Tunisie : l'arrestation d'Iyadh démentie », BBC Afrique, 30 décembre 2013
  12. (en) Security Council Committee pursuant to resolutions 1267 (1999) and 1989 (2011) concerning Al-Qaida and associated individuals and entities - QDe.145. Ansar Al Charia Derna (Organisation des Nations unies)
  13. (fr) Résolution 1267 du Conseil de sécurité de l'ONU