Abdelmalek Droukdel

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Abdelmalek Droukdel
Surnom Abou Moussab Abdelwadoud
Naissance 20 avril 1970 (44 ans)
Meftah
Origine Algérien
Allégeance GIA (1993-1998)
Flag of Jihad.svg GSPC (1998-2007)
ShababFlag.svg AQMI (2007-)
Conflits Guerre civile algérienne
Insurrection djihadiste en Algérie
Guerre du Mali
Commandement Chef du GSPC, puis d'AQMI

Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mosaâb Abdel Woudoud ou Abou Moussab Abdelwadoud, né le 20 avril 1970 à Meftah en Algérie[1], est depuis approximativement fin 2004 l'émir du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu en janvier 2007 Al-Qaida au Maghreb islamique. Ingénieur de formation, il a combattu en Afghanistan.

Biographie[modifier | modifier le code]

En juillet 2004, il prend la tête du GSPC lorsque Nabil Sahraoui (« Ibrahim Mustapha »), qui avait remplacé Hassan Hattab à la tête du GSPC, est abattu par la police algérienne vers Béjaïa[2]. Abdelmalek Droukdel lance alors une fatwa contre Hattab, l'accusant de publier de faux communiqués au nom du GSPC (9 février 2005)[3]. Soutenu par Abou Moussab Al-Zarqaoui, il obtient l'éviction d'Hattab.

Il est épaulé par deux adjoints chargés, l'un des opérations militaires, l'autre des questions religieuses.

Il approuve publiquement l'exécution, en 2005, de deux diplomates algériens en Irak.

Rallié à Al-Qaïda depuis le 11 septembre 2006, le mouvement a désormais pour mission de montrer son « efficacité » sur le territoire algérien, tout en fédérant les organisations salafistes d'Afrique du Nord. Promu émir, Abdelmalek Droukdel, se fait appeler « Abou Moussab Abdelwadoud », surnom d'Al-Zarqaoui, et la guerre islamiste en Irak devient sa référence. Pour lui, les militaires algériens sont des « apostats, des fils de chiens, des traîtres au service de la France ».

Il pilote ainsi plusieurs attentats, comme ceux du 11 avril 2007 (Alger, 11 morts, pour lequel il est condamné par contumace à la peine de mort, avec 48 autres accusés[4]), du 11 juillet 2007 (Lakhdaria, 10 morts) et du 11 décembre 2007 (Alger, 62 morts).

Selon le chercheur Dominique Thomas[réf. nécessaire], « Droukdel, qui faisait partie à ses débuts du GIA, revient aux méthodes de cette organisation. Il veut imposer un rapport de force total avec le pouvoir » et utilise internet pour relayer ses campagnes de propagande. Il prêche dans le maquis à la manière de son mentor, l'Égyptien Ayman al-Zaouahiri ; cependant sa mouvance parait être en état de division, la branche sahélienne ayant marqué ses distances avec lui.

Dans son édition du 1er juillet 2008, le New York Times rapporte une interview dans laquelle Droukdel revendique une nouvelle fois la paternité de l’organisation des attentats du 11 décembre contre le siège de l’ONU à Alger et plus globalement dans l’attentat contre l’ambassade d’Israël en Mauritanie et l’enlèvement de deux touristes autrichiens à la frontière algéro-tunisienne. Il affirme que ses troupes sont essentiellement constituées d’Algériens, sans toutefois donner de chiffres sur ses forces. Il affirme qu'AQMI bénéficie du renfort d’hommes armés venus de Mauritanie, de Libye, de Tunisie, du Maroc ou encore du Mali et du Niger, tout en insistant sur le nombre insignifiant de combattants algériens de retour d’Irak.

Selon des « officiels militaires américains », cités par le New York Times[5], Al-Qaïda au pays du Maghreb islamique (AQMI) dispose en Algérie de 300 à 400 combattants, principalement cachés dans les montagnes à l'est d'Alger, ainsi que d'un réseau de soutien estimé à quelques centaines de personnes dans le reste du pays.

Le 20 juillet 2012, Droukdel envoie un document intitulé « Orientation du jihad dans l’Azawad », découvert à Tombouctou en février 2013 par des journalistes de RFI et Libération, où il indique sa stratégie pour le Mali. Selon lui Ansar Dine doit servir de vitrine et Al-Qaïda se montrer discret afin d'éviter une intervention militaire étrangère. La direction du futur gouvernement doit être confliée à Iyad Ag Ghali, mais ce dernier doit être encadré par les dirigeants d'AQMI. Pragmatique, il dénonce le zèle des djihadistes dans l'application de la charia, avec notamment la destruction des mausolées de Tombouctou, qui selon lui a attiré inutilement l'attention de la communauté internationale et risque retourner la population contre eux. Droukdel défend une application progressive de la charia qui doit être expliquée aux habitants avant d'être appliquée, afin de gagner les cœurs et les esprits des populations. Il regrette également la rupture de l'alliance avec le MNLA. Ces instructions n'ayant pas été appliquées, ce texte révèle selon les journalistes de RFI et Libération, le manque d’autorité d'Abdelmalek Droukdel sur ses hommes[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15].

Le 9 avril 2015, Abdelmalek Droukdel publie un communiqué audio où il félicite le Front al-Nosra pour ses victoires en Syrie, notamment à la bataille d'Idleb[16].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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