Room on Fire

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Room on Fire

Album de The Strokes
Sortie
Enregistré En 2003
Durée 33:05
Genre Rock indépendant
Garage rock
Producteur Gordon Raphael
Label Rough Trade Records (Europe)
RCA (Amérique)

Albums de The Strokes

Singles

  1. 12:51
    Sortie :
  2. Reptilia
    Sortie :
  3. The End Has No End
    Sortie :

Room on Fire est le deuxième album du groupe new-yorkais de rock indépendant The Strokes, sorti le , sur le label RCA. Il fait suite à Is This It, le premier album du groupe publié en 2001. Julian Casablancas écrit et compose seul quasiment tous les morceaux. Après l'échec de la collaboration avec Nigel Godrich, la production est confiée à Gordon Raphael, déjà producteur de l'EP The Modern Age et de Is This It.

Il contient les singles 12:51, Reptilia et The End Has No End. Le titre de l'album provient d'ailleurs d'une phrase du single Reptilia « The room is on fire as she's fixing her hair ». À sa sortie, l'album est accueilli favorablement par la critique et se classe dans les premières places des classements de ventes d'albums dans de nombreux pays, notamment 2e au Royaume-Uni et 4e aux États-Unis. Il est certifié disque de platine au Royaume-Uni avec plus de 300 000 exemplaires vendus, et disque d'or en Australie, au Canada et aux États-Unis.

Enregistrement et production[modifier | modifier le code]

Photo de Gordon Raphael.
Gordon Raphael assure la production de l'album.

Le groupe retourne en studio d'enregistrement en [1], peu de temps après avoir terminé la tournée qui a suivi la sortie de leur premier album Is This It. Gordon Raphael doit se charger de la production de ce nouvel album, mais Nigel Godrich, récompensé d'un Grammy Award pour la production de Kid A de Radiohead en 2001, propose ses services[2]. Le groupe accepte mais après quelques sessions peu productives, il se sépare de lui et rappelle Gordon Raphael[3]. Raphael décide d'enregistrer aux TMF Studios, situés sur la 12e rue, à Manhattan[1], là où il a produit l'album Soviet Kitsch de Regina Spektor[4].

Selon le producteur, le groupe est devenu plus « puissant » et « accompli » grâce à la tournée qui a suivi la sortie d’Is This It, avec un son ressemblant désormais plus à Led Zeppelin qu'au Velvet Underground[4].

Les membres du groupe entrent en studio avec une idée précise de ce que sera l'album : lors du premier jour d'enregistrement, ils jouent à Gordon Raphael l'intégralité de l'album[4]. Les trois mois d'enregistrement qui suivent sont consacrés au perfectionnement des morceaux et non pas au développement de nouvelles idées[4]. Le guitariste Nick Valensi, bien que satisfait du résultat, considère que l'album aurait pu être « beaucoup mieux si nous avions eu deux semaines supplémentaires »[3]. Les sessions d'enregistrement sont intenses et quelques désaccords commencent à apparaître au sein du groupe. En effet, les choix musicaux de Julian Casablancas sont de plus en plus discutés par les autres membres du groupe. Selon le bassiste Nikolai Fraiture, un sentiment de gêne s'installe aussi pendant la tournée qui suit l'album car Casablancas « a arrêté de boire » alors qu'une « grande partie de notre relation était basée sur cela - aller au bar et boire »[3]. Julian Casablancas admet que, lors de l'enregistrement, des tensions sont apparues « pour des trucs stupides » car « chez les Strokes, il y a beaucoup d'égo » et il avoue que « le [sien] est très développé »[2].

Durant l'enregistrement, Damon Albarn est invité en studio par le groupe pour écouter les compositions de l'album. Il soumet l'idée de rajouter des chœurs sur certains titres mais après deux heures de tentatives infructueuses, il déclare que les chansons sont parfaites telles qu'elles sont, c'est-à-dire sans chœurs[5].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Thèmes et composition[modifier | modifier le code]

Les morceaux de Room on Fire sont influencés par différents styles musicaux et artistes.

Automatic Stop contient un gimmick de guitare aux accents reggae[6],[7] joué par Nick Valensi tandis que The End Has No End est influencé par le métal[6]. Le morceau Under Control est quant à lui considéré par certains comme une sorte de ballade soul où la voix de Julian Casablancas peut évoquer celle de Sam Cooke dans A Change Is Gonna Come[6] et la mélodie, celle de The Tracks of My Tears de The Miracles[8]. À propos de 12:51, plusieurs critiques soulignent l'influence du groupe de rock The Cars[9],[10],[4] et de Sonic Youth : NME considère que le morceau tire son inspiration du single Bull in the Heather, sorti en 1994[11].

Pochette[modifier | modifier le code]

La pochette de l'album est issue d'une peinture à l'huile de Peter Phillips datant de 1961, War/Game[12].

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Pour Room on Fire, le groupe et son manager Ryan Gentles décident de faire moins de promotion que pour Is This It pour éviter la surmédiatisation[13]. Depuis la sortie leur premier album, le groupe semble en effet avoir souffert de son exposition médiatique. Selon Julian Casablancas, « les journaux, surtout anglais, ont dit beaucoup de choses stupides » au sujet des Strokes et ajoute que « beaucoup de gens auraient aimé voir [le groupe] péter les plombs »[2]. Le groupe donne ainsi moins de concerts que pour l'album précédent[14].

Néanmoins, tous les jeudis du mois de , le groupe est invité à interpréter en direct plusieurs morceaux de ce nouvel album sur le plateau de l'émission de télévision Late Night with Conan O'Brien[15]. Le , The Strokes joue le single The End Has No End sur le plateau d'un autre late-night show, Late Show with David Letterman sur CBS[16]. En France, le morceau est utilisé pour une campagne de spots publicitaires pour EDF[17]. De plus, le groupe fait la une de plusieurs magazines. Spin réalise ainsi cinq couvertures différentes pour un de ses numéros, chacune arborant le portrait d'un des membres du groupe[18]. Le magazine élève même The Strokes au rang de « groupe le plus cool sur Terre »[13].

Malgré un accueil global mitigé de la part de la presse spécialisée[13], le groupe effectue en 2004 une tournée au cours de laquelle plus d'une trentaine de dates affichent complet[13]. La prestation des Strokes au Zénith de Paris en est un « feu d'artifice sonore » selon Martin Cazenave des Inrockuptibles[19]. Précédés par Ben Kweller et les Kings of Leon en première partie, les membres du groupe sont moins « statiques » et semblent plus « soudés » sur scène qu'auparavant[20]. Ils en profitent pour reprendre le morceau Clampdown des The Clash[20]. Malgré une certaine « efficacité instrumentale » sur scène[20], les morceaux sont « joués à la note près comme sur le disque »[19], provoquant un « manque d'impact charnel » selon Stéphane Davet du Monde[20].

Le groupe donne également deux concerts à l'Alexandra Palace de Londres en décembre 2003. Leurs performances sont enregistrées par la BBC en vue de réaliser un album live qui devait notamment contenir les morceaux 12:51, Reptilia et Hard to Explain et Take It or Leave It de leur premier album. La sortie de cet album est finalement annulée car la qualité des enregistrements est jugée insatisfaisante[21].

Réception[modifier | modifier le code]

Commerciale[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Meilleures positions de Room on Fire dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[22] 6
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[23] 6
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[24] 14
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop)[25] 14
Drapeau du Canada Canada (Canadian Albums Chart)[26] 2
Drapeau du Danemark Danemark (Tracklisten)[27] 16
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[28] 4
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[29] 25
Drapeau de la France France (SNEP)[30] 16
Drapeau de l'Irlande Irlande (IRMA)[27] 2
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[29] 14
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[29] 3
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[31] 6
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[32] 23
Drapeau du Portugal Portugal (AFP)[29] 12
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[33] 2
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[29] 6
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[34] 29
Meilleures positions des singles de Room on Fire dans les classements musicaux
Classement musical Meilleures positions de
12:51
Meilleures positions de
Reptilia
Meilleures positions de
The End Has No End
Drapeau du Canada Canada (Canadian Singles Chart)[28] 30 * *
Drapeau des États-Unis États-Unis (US Modern Rock)[35] 15 19 35
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[36] 40 * *
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Singles Chart)[37] 7 17 27
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[38] 39 * *
(*) signifie que le single n'est pas entré dans le classement

Certifications[modifier | modifier le code]

Liste des certifications pour l'album Room on Fire
Pays Ventes Certifications
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 300 000 + Disque de platine Platine[39]
Drapeau des États-Unis États-Unis 500 000 + Disque d'or Or[40]
Drapeau du Canada Canada 40 000 + Disque d'or Or[41]
Drapeau de l'Australie Australie 35 000 + Disque d'or Or[42]

Critique[modifier | modifier le code]

Notation des critiques

Score cumulé
SiteNote
Metacritic77/100[43]
Compilation des critiques
PériodiqueNote
AllMusic4/5 étoiles[44]
Entertainment WeeklyB [45]
The GuardianStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar empty.svgStar empty.svg[46]
MagicStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar empty.svg[47]
Music Story3,5/5 étoiles[48]
NME9/10[6]
Pitchfork8/10[10]
Rolling Stone4/5 étoiles[49]

L'album recueille dans l'ensemble de bonnes critiques, obtenant un score de 77100, sur la base de 30 critiques collectées, sur Metacritic[43]. Alex Needham, du New Musical Express, lui donne la note de 9/10, commentant qu'il a « des paroles aussi déprimantes que la musique est enivrante » et que, même s'il n'y a plus la surprise qui avait accompagnée Is This It, « le résultat est encore élégant, sexy et exaltant avec la promesse séduisante que le meilleur est encore à venir »[6]. Adrien Begrand, de PopMatters, écrit que « toutes les caractéristiques les plus marquantes de Is This It sont présentes sur ce nouvel album » et que « c'est ce que le groupe produit avec ces mêmes ingrédients qui fait que cet album surpasse le précédent », « des petites touches habiles qui lui donnent plus de couleur ». Il met en avant les titres 12:51, « la mélodie la plus remarquable du groupe à ce jour », Under Control, « ballade émouvante et chatoyante », Reptilia, où « le son du groupe est le plus féroce », et enfin The End Has No End et I Can't Win, hymnes « simples et contagieux »[50]. Pour Rob Mitchum, de Pitchfork, qui lui donne la note de 8/10, « les Strokes semblent presque pathologiquement incapables de composer une chanson qui n'est pas immédiatement accrocheuse », prenant comme exemples Reptilia, Meet Me in the Bathroom et Under Control. Il note néanmoins que « la section rythmique, talon d'Achille du groupe, continue à s'en tirer de justesse »[10]. David Fricke, de Rolling Stone, lui donne 4 étoiles sur 5, notant qu'il est « le jumeau parfait » du premier album et qu'il est « construit pour le frisson et la vitesse » avec « une musique aussi succincte qu'implacable »[49].

Christophe Conte, des Inrockuptibles, évoque un « charmant ratage, presque une réussite » considérant les chansons de ce nouvel album comme « moins efficaces, moins vivifiantes, un poil plus longues, plus traînardes, plus embarrassées » que celles de Is This It[51]. Franck Vergeade, de Magic, lui donne 5 étoiles sur 6, notant que « Room On Fire n'a ni le charme ni l'impact de son illustre prédécesseur ». Il ajoute cependant que « ce disque n'est pas loin d'être la meilleure chose qui soit arrivée à un genre en pleine asphyxie depuis… Is This It »[47].

Room on Fire figure dans plusieurs classements des meilleurs albums de 2003. NME et Spin lui décernent la troisième place[52],[53], alors que The Guardian et Pitchfork le place à la onzième position[54],[55]. En France, il figue notamment dans le top 50 des meilleurs albums des Inrockuptibles (37e)[56].

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Julian Casablancas sauf indication contraire.

No TitreAuteur Durée
1. What Ever Happened? 2:54
2. Reptilia 3:41
3. Automatic StopJulian Casablancas et Albert Hammond Jr. 3:26
4. 12:51 2:33
5. You Talk Way Too Much 3:04
6. Between Love & Hate 3:15
7. Meet Me in the Bathroom 2:57
8. Under Control 3:06
9. The Way It Is 2:22
10. The End Has No End 3:07
11. I Can't Win 2:34

Crédits[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

The Strokes

Équipe de production et artistique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Joe Levy, « The Strokes Test Their Own Limits on Second Album », sur www.rollingstone.com, (consulté le 31 décembre 2014)
  2. a b et c Pierre Siankowski, « Les Strokes en interview », sur www.lesinrocks.com, (consulté le 31 décembre 2014)
  3. a b et c (en) Jonathan Garrett, « This Is It: Ten Years of the Strokes », Pitchfork (consulté le 1er octobre 2012)
  4. a b c d et e (en) Scott T. Sterling, « Not Fade Away: The Strokes’ ‘Room on Fire’ Turns 10 », sur radio.com, (consulté le 15 mai 2015)
  5. (en) « Strokes and Damon record together », sur www.nme.com, (consulté le 2 janvier 2015)
  6. a b c d et e (en) Alex Needham, « NME Album Reviews - The Strokes - Room On Fire », sur www.nme.com, (consulté le 15 mai 2015)
  7. (en) Neil Strauss, « 'Julian kisses my neck seven times then lunges for my lips' », sur www.theguardian.com, (consulté le 4 novembre 2017)
  8. (en) « REVIEWS\The Strokes, ‘Room On Fire’ (RCA) », sur www.spin.com, (consulté le 4 novembre 2017)
  9. (en) Jon Pareles, « MUSIC; New York Rock's Hangover », sur https://www.nytimes.com, (consulté le 4 novembre 2017)
  10. a b et c (en) Rob Mitchum, « The Strokes: Room On Fire », sur pitchfork.com, (consulté le 15 mai 2015)
  11. (en) « The Roots of...The Strokes », sur www.nme.com, (consulté le 12 novembre 2017)
  12. (en) « War/Game: 1961 The Strokes “Room on Fire” Album Cover 2003 », sur www.peterphillips.com, (consulté le 15 mai 2015)
  13. a b c et d (en) Kevin Drew, « The ups and downs of being The Strokes », sur www.cnn.com, (consulté le 3 janvier 2015)
  14. (en) « The Strokes Tour Statistics », sur setlist.fm (consulté le 1er octobre 2012)
  15. Evan Minsker, « Watch Five Classic Videos From the Strokes », sur http://pitchfork.com, (consulté le 3 janvier 2015)
  16. (en) « Late Show with David Letterman, Episode dated 21 May 2004 », sur www.imdb.com (consulté le 4 janvier 2015)
  17. « The Strokes dans le Spot TV de EDF », sur www.musiquedepub.tv (consulté le 4 janvier 2015)
  18. (en) Taryn Simon, « The Strokes: 10 Years of Downtown Cool », sur www.spin.com, (consulté le 2 février 2015)
  19. a et b Martin Cazenave, « Les Strokes tirés à quatre épingles au Zénith de Paris », sur www.lesinrocks.com, (consulté le 28 février 2015)
  20. a b c et d Stéphane Davet, « Les Strokes travaillent la pose », Le Monde, no 18313,‎ , p. 33
  21. (en) James Montgomery, « The Strokes’ Live Album Is Dead », sur www.mtv.com, (consulté le 28 février 2015)
  22. (de) Charts.de – The Strokes – Room on Fire. GfK Entertainment. PhonoNet GmbH.
  23. (en) Australian-charts.com – The Strokes – Room on Fire. ARIA Top 50 album. Hung Medien.
  24. (de) Austriancharts.at – The Strokes – Room on Fire. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien.
  25. (nl) Ultratop.be – The Strokes – Room on Fire. Ultratop 200 albums. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch.
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  51. Christophe Conte, « Room on Fire Chronique Les Inrockuptibles », Les Inrockuptibles (consulté le 1er octobre 2012)
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  54. (en) Marc Catala, « Albums of 2003 », sur www.theguardian.com, (consulté le 12 novembre 2017)
  55. (en) « Top 50 Albums 2003 » (consulté le 12 novembre 2017)
  56. « Les 50 meilleurs albums de 2003 pour Les Inrockuptibles », sur verolard.wordpress.com, (consulté le 12 novembre 2017)