John O. Brennan

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Portrait officiel, en 2012.

John O. Brennan (né le 22 septembre 1955 à North Bergen, New Jersey) est le directeur de la CIA depuis le 8 mars 2013. Il fut avant cette date conseiller du Président Barack Obama pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste (Deputy National Security Advisor for Homeland Security and Counterterrorism et assistant to the President).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille irlando-américaine et originaire du New Jersey, il fit ses études de sciences politiques à l'Université Fordham (New York), bénéficiant alors d'un séjour d'un an à l'Université américaine du Caire, où il apprit l'arabe[1], ainsi qu'en Indonésie, premier pays musulman en termes de population[2]. Il obtint ensuite un master, en 1980, à l'Université du Texas (Austin)[1]. Il aurait été profondément marqué d'une part par son éducation jésuite, d'autre part par son expérience du monde arabo-musulman[2].

Carrière à la CIA[modifier | modifier le code]

Il entre ensuite à la Central Intelligence Agency (CIA), où il fera une carrière de 25 ans. Il suit la formation de la direction des opérations, puis est affecté en 1981 à la direction du renseignement. Il est en poste à l'ambassade américaine de Djeddah en Arabie saoudite de 1982 à 1984. De 1984 à 1989, il tient une série de postes d'analyste au bureau des analyses du Proche Orient et de l'Asie du Sud de la direction du renseignement. Il est chargé de l'analyse du terrorisme au Counterterrorist Center (CTC, centre contre-terroriste de la CIA) entre 1990 et 1992, y compris pendant les opérations Bouclier du désert et Tempête du désert.

Après un poste de management dans le bureau des analyses du Proche Orient et de l'Asie du Sud, Brennan devient le présentateur du renseignement quotidien à la Maison-Blanche en 1994 et 1995. Il est ensuite assistant exécutif du directeur adjoint de la CIA George Tenet de 1995 à 1996. De 1996 à 1999, il est chef de station d'une « capitale majeure du Moyen-Orient[3] », en fait chef de station à Riyad (Arabie saoudite) lors de l'attentat des tours de Khobar de 1996[4]. Il est ensuite chef d'état-major du directeur de la CIA George Tenet de 1999 à 2001, puis directeur exécutif adjoint de la CIA de mars 2001 à mars 2003[3]. En 2003, il fut chargé par Tenet de construire le Terrorist Threat Integration Center, prédécesseur du National Counterterrorism Center qu'il dirige par intérim de 2004 à 2005. L'administration Bush décide cependant de ne pas le nommer directeur du NCTC, en grande partie à cause de ses critiques de la guerre en Irak[2].

Administration Obama[modifier | modifier le code]

En 2005, il quitta l'agence, devenant PDG de The Analysis Corporation (en) (2005-08[1]) et secrétaire général de l'Intelligence and National Security Alliance (en), une association non-lucrative (501c-6) rassemblant des membres de l'Intelligence Community. Il défendit alors publiquement la politique de l'extraordinary rendition, mais qualifia le waterboarding de forme de torture[2]. Il s'impliqua ensuite dans la campagne présidentielle de 2008, soutenant le candidat démocrate Barack Obama.

Pressenti une première fois en 2008 pour être nommé directeur de la CIA, la nomination fut avortée en raison de commentaires passés soutenant l'usage de la torture sous l'administration Bush (les « techniques d'interrogatoire renforcées »)[1]. Brennan fut alors nommé au Conseil de sécurité nationale, fonction pour laquelle l'accord du Sénat n'est pas nécessaire. Il a son bureau au sous-sol de l'Aile Ouest de la Maison-Blanche.

Après son discours du 30 avril 2012 au Centre Woodrow Wilson (en) [5], où il évoqua, outre le raid au cours duquel Oussama ben Laden fut tué, la politique américaine concernant les drones et les « assassinats ciblés » (targetted killings), Human Rights Watch regretta l'opacité de cette politique et des fonctions de Brennan, indiquant notamment:

« Parce que les États-Unis traitent beaucoup des plus importantes contraintes sur l'usage de la force comme des sujets discrétionnaires plutôt que des obligations légales, l'approche américaine n'empêcherait pas les Russes de cibler un présumé militant tchétchène à New York, ou les Chinois un séparatiste Ouïghour à Washington, s'ils se disaient en guerre contre ces groupes et que les États-Unis n'arrêtaient pas ces derniers. C'est un précédent très inquiétant[6]. »

Par la suite, Brennan est chargé de l'élaboration d'un nouveau cadre politique sur les « assassinats ciblés », et, conformément d'ailleurs aux revendications d'Human Rights Watch, prône un recentrage de la CIA sur les activités de renseignement et le transfert des activités opérationnelles (assassinats) au Pentagone[2]. De 2008 à 2012, l'administration Obama a triplé ses attaques de drones au Pakistan (36 en 2008 et 122 en 2010) [2]. Après la tentative d'attentat de décembre 2009 du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab (en) sur le vol Northwest Airlines 253 (en), la Maison-Blanche s'intéressa de plus en plus au Yémen, où Brennan essaya de mettre en place un nouveau cadre politique pour l'usage des drones[2]. Il obtint notamment l'autorité sur ces programmes, auparavant principalement dirigés par l'amiral Michael Mullen, chef d'état-major des armées[2]. HRW et l'ACLU demeurent cependant très critiques de ce programme, en critiquant tant l'opportunité que l'opacité[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Profil sur le site du Washington Post, décembre 2011
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i A CIA veteran transforms U.S. counterterrorism policy, Washington Post, 25 octobre 2012
  3. a et b John O. Brennan, President and Chief Executive Officer, archive de sa page de présentation sur le site internet de The Analysis Corporation.
  4. North Bergen man is homeland security assistant for President Obama, North Jersey.com, 5 décembre 2009
  5. Discours de Brennan au Centre Woodrow Wilson (en), 30 avril 2012
  6. Human Rights Watch, US: ‘Targeted Killing’ Policy Disregards Human Rights Law, 1er mai 2012