Puys du Chinonais

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Puys du Chinonais
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Géographie
Altitude 88 m, Puy de la Colline
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Géologie
Roches Tuffeau et alluvions

Les puys du Chinonais sont un ensemble de dix principales buttes-témoins silico-calcaires de l'ouest de l'Indre-et-Loire, dans la confluence de la Loire et de la Vienne.

Les caractères pédoclimatiques spécifiques de ces formations uniques en région Centre-Val de Loire leur valent d'héberger une faune et une flore particulières de type méditerranéen ou sub-montagnard sur des pelouses calcaires sèches et dans des bois de Chênes pubescents, formant ainsi un écosystème bien spécifique. Huit d'entre elles constituent depuis 2007 un site Natura 2000 qui recouvre deux ZNIEFF.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Vue du puy de la Colline depuis le sud-ouest.

Les puys du Chinonais sont localisés dans la partie orientale de la région naturelle du Véron, zone de confluence entre la Loire au nord et la Vienne au sud sur les trois communes de Beaumont-en-Véron, Chinon et Huismes. Leur altitude est très variable selon leur degré d'érosion mais elles dominent le paysage environnant et la plus élevée d'entre elles, le puy de la Colline, culmine à 88 m[D 1].

Dix buttes-témoins principales sont ainsi recensées[D 2] :

  • les Bois
  • la butte aux Chilloux (ou la Jonbarbe) ;
  • les Galippes ;
  • les Moulins de Beau-Puy ;
  • les Moulins de Rochette ;
  • Pierre Galle ;
  • le puy Besnard ;
  • le puy de la Colline ;
  • le puy du Pérou (ou Perrou) ;
  • Trotte-Loup.

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte géologique du secteur des puys.
En rouge, le sommet des puys.

Les puys sont des buttes-témoins qui résultent de l'érosion du substrat calcaire crétacé et ces formations ne se rencontrent pas ailleurs en région Centre-Val de Loire.

Au niveau de ces puys, le tuffeau jaune turonien qui compose leur sous-sol comporte une proportion plus importante de silice qu'alentour, ce qui explique leur meilleure résistance[1]. Le sommet des buttes peut être recouvert de sables argileux du Sénonien[D 3] auxquels se superposent parfois des alluvions grossières (sables et galets). Les sols qui en résultant sont très variables selon la nature du substrat, selon qu'ils sont naturels ou qu'ils sont modifiés par des pratiques agricoles, anciennes ou contemporaines. De manière schématique, les sols bruns se rencontrent au sommet des puys ou à leur base, les pentes étant occupées par des rendzines[D 4].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat océanique dégradé auquel l'Indre-et-Loire est soumise présente quelques particularités dans le Chinonais. Le secteur des puys bénéficie des vents océaniques doux, de secteur ouest et sud-ouest, canalisés par La Loire et le Vienne en même temps qu'il est abrité des vents froids de l'est et du nord-est par la forêt domaniale de Chinon établie sur un plateau de 100 m d'altitude[2]. En outre, cette partie de l'Indre-et-Loire reçoit un ensoleillement de 5 % supérieur au centre et à l'est du département[D 1]. L'effet de ces conditions climatiques favorables est renforcé localement par la nature des sols des puys, qui emmagasinent facilement la chaleur pour la restituer par rayonnement sur une longue période[3].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

La végétation naturelle comme artificielle des puys est généralement organisée en étages selon l'altitude mais surtout la nature du sol : bois au sommet des puys, pelouses rases à mi-pente et hautes herbes ou cultures au plus bas[D 2].

Les conditions pédoclimatiques créent un écosystème favorable au maintien d'une faune et d'une flore méditerranéennes ou parfois sub-montagnardes ; une douzaine d'espèces d'orchidées sauvages peuplent les pelouses sèches calcicoles[4],[D 5], l'Anémone pulsatille est localement présente et la Cigale rouge peut se rencontrer[5] dans les bois de pins.

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Activités humaines[modifier | modifier le code]

Carrières, habitations et moulins[modifier | modifier le code]

Carrière de tuffeau abandonnée au sommet du puy de la Colline.
Moulin cavier de Rochette (la hucherolle a disparu).

Le tuffeau jaune qui compose le sous-sol des puys a fait l'objet d'une exploitation probablement dès le XIIe siècle. Cette activité, qui a perduré jusqu'au début du XXe siècle, est désormais abandonnée mais des vestiges de carrières à ciel ouvert subsistent[D 6].

Des caves, voire des habitations troglodytiques, profitant parfois des excavations des carrières, sont aménagées à partir des XIVe et XVe siècles mais ne semblent pas voir fait l'objet d'une occupation pérenne ; il faut plutôt y voir des refuges temporaires pendant des périodes de guerre ou d'insécurité[D 7].

Des moulins à vent de type moulin cavier ont été construits au sommet de certains de ces puys — il en a été recensé 28 au XIXe siècle[D 8] — et, même si beaucoup ont disparu ou sont ruinés (puy de la Colline, puy Besnard), d'autres sont encore partiellement debout et leur souvenir persiste grâce à la toponymie : moulins de Rochette ou de Beau-Puy[D 8].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Pelouse sèche s'installant sur une vigne en friche au sud du puy Besnard.
Truffière au pied nord-est d'un puy.

Au XXIe siècle, les espaces naturels ont reconquis beaucoup d'anciennes zones cultivées progressivement abandonnées ; ce phénomène est très sensible depuis les premières décennies du XXe siècle[6].

Profitant des conditions de sol et de climat particulière, la culture de la vigne n'occupe plus que les pentes ouest ou sud, dans la zone d'appellation Chinon, après avoir été beaucoup plus présente jusqu'à la crise du phylloxéra dans le dernier quart du XIXe siècle[D 9] ; le maraîchage, la culture des asperges et celle des céréales a totalement disparu, ainsi que le pastoralisme qui concourait à l'entretien des pelouses. Quelques truffières récentes sont implantées sur les pentes nord ou est[D 9] alors que cette culture, pourtant ancienne dans la région, était très délaissée jusqu'au début du XXe siècle[7].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Site Natura 2000 des puys du Chinonais[8].
En rouge, le sommet des puys.
  • Périmètre du site Natura 2000

Une partie du territoire des puys du Chinonais est inscrite au titre des espaces naturels sensibles du département. Cette zone concerne un peu plus de 47 ha appartenant au Conseil départemental d'Indre-et-Loire et un peu plus de 12 ha qui sont la propriété du Conservatoire d'espaces naturels Centre-Val de Loire. Cette dernière structure gère l'ensemble du site[9].

Pour garantir le maintien de la biodiversité, diverses mesures d'entretien et de protection sont mises en œuvre, comme le fauchage régulier et sélectif des pelouses pour éviter leur envahissement par la végétation arbustive. Cette opération se substitue au pastoralisme disparu[10],[D 10].

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, huit des puys du Chinonais sont intégrés à un site Natura 2000 d'une superficie totale de 127,18 ha[8].

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Deux ZNIEFF sont établies, leur territoire se superposant partiellement avec celui du site Natura 2000 :

  • ZNIEFF des pelouses des puys du Chinonais. Son périmètre est presque totalement inclus dans celui du site Natura 2000[11] ;
  • ZNIEFF du secteur des puys du Chinonais. La zone concernée par cette ZNIEFF englobe très largement la site Natura 2000[12].

Mise en valeur touristique[modifier | modifier le code]

Panneau informatif au puy du Pérou.

Des itinéraires pédestres balisés et jalonnés de panneaux informatifs permettent de parcourir librement les puys toute l'année. Ces panneaux donnent des indications sur le site, son histoire, sa faune, sa flore, mais également sur les consignes à respecter par le visiteur.

À certaines époques-clés, lorsque l'observation de la faune et de la flore se révèle particulièrement intéressante, des visites de groupes (public, scolaires) sont organisées par le conservatoire d'espaces naturels Centre-Val de Loire qui assure la gestion et l'animation du site[13]. Les propriétaires des parcelles concernées sont le Conseil départemental d'Indre-et-Loire (environ 40 % des surfaces) et des propriétaires privés (environ 60 % des surfaces), mais le parcellaire est très morcelé[D 11].

Références[modifier | modifier le code]

  • Document d'objectifs : les puys du Chinonais, DREAL Centre, 2002 :
  1. a et b Collectif 2002, p. 13.
  2. a et b Collectif 2002, p. 10.
  3. Collectif 2002, p. 11.
  4. Collectif 2002, p. 12.
  5. Collectif 2002, p. 40.
  6. Collectif 2002, p. 45.
  7. Collectif 2002, p. 10 et 20.
  8. a et b Collectif 2002, p. 18.
  9. a et b Collectif 2002, p. 18-19.
  10. Collectif 2002, p. 50.
  11. Collectif 2002, p. 16.
  • Autre sources :
  1. « Carte géologique de la France au 1/50 000 - Chinon » [PDF], sur le site Ficheinfoterre du BRGM (consulté le 28 avril 2018).
  2. Grouille 2004, p. 5.
  3. Grouille 2004, p. 7.
  4. Roberdeau 2002, p. 19.
  5. « Cartographie française de la Cigale rouge Tibicina haematodes », sur le site de l'Observatoire naturaliste des écosystèmes méditerranéens (consulté le 12 mai 2018).
  6. Grouille 2004, p. 10.
  7. « Truffes: le Chinonais s'essaie à la production intensive », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  8. a et b « FR2400540 - Les puys du Chinonais », sur le site de l'INPN (consulté le 28 avril 2018).
  9. « Les puys du Chinonais (communes de Beaumont-en-Véron et de Chinon) », sur le site du Conservatoire d'espaces naturels Centre-Val de Loire (consulté le 6 mai 2018).
  10. Roberdeau 2002, p. 169.
  11. « ZNIEFF 240009595 - Pelouses de puys du Chinonais », sur le site de l'INPN (consulté le 28 avril 2018).
  12. « ZNIEFF 240030952 - Secteur des puys du Chinonais », sur le site de l'INPN (consulté le 28 avril 2018).
  13. « Les puys du Chinonais », sur le site du conservatoire d'espaces naturels Centre-Val de Loire (consulté le 29 avril 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, « Document d'objectifs : les puys du Chinonais » [PDF], sur DREAL Centre, .
  • Damien Grouille, Les puys du Chinonais : entre préservation et ouverture au public, École polytechnique de l'université de Tours, , 86 p.
  • Jean-Claude Roberdeau (dir.), Les orchidées sauvages de la région Centre, Société d'orchidophilie Centre Loire, , 190 p. (ISBN 2 95181 880 7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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