Programme PISA

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Le programme PISA (acronyme pour « Program for International Student Assessment » en anglais, et pour « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » en français) est un ensemble d'études menées par l'OCDE et visant à la mesure des performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres. Leur publication est triennale. La première étude fut menée en 2000.

Les résultats des études menées en 2012 ont été publiés en décembre 2013.

Objectifs[modifier | modifier le code]

  • Comparer les performances de différents systèmes éducatifs en évaluant les compétences acquises par les élèves en fin d'obligation scolaire (quinze ans). Ces compétences sont définies comme celles dont tout citoyen européen moyen peut avoir besoin pour réussir dans sa vie quotidienne, ce que l'anglais appelle literacy (par exemple reading literacy, mathematical literacy et scientific literacy) difficilement traduisibles en français, qui parle plus vaguement de culture mathématique ou de savoir lire par exemple. Il s'agit plus d'évaluer la façon dont les jeunes sont capables d'exploiter leurs connaissances dans leur pratique quotidienne que leur niveau théorique dans tel ou tel domaine des sciences ou des lettres.
  • Identifier les facteurs de succès, facteurs exogènes, notamment le milieu social économique et culturel des familles, le cadre scolaire offert par l'établissement, et le système éducatif national, mais aussi endogènes, comme la motivation des élèves, l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes, les stratégies d'apprentissage qu'ils mettent en œuvre.
  • Suivre l'évolution de l'enseignement dans les pays membres de l'OCDE et les pays partenaires (près d'une soixantaine de pays) en conduisant des évaluations périodiques.

Méthodologie[modifier | modifier le code]

Domaine d'évaluation[modifier | modifier le code]

Chaque évaluation met l'accent sur une compétence particulière, en 2000 sur la lecture[1], en 2003 sur les mathématiques[1] et en 2006 sur les sciences[1]. Un nouveau cycle (2009, 2012, 2015) s'articulera sur ces mêmes compétences.

Administration de l'évaluation[modifier | modifier le code]

Au cours du premier cycle d'évaluation, plus d'un million d'élèves, sélectionnés de façon aléatoire dans les établissements publics ou privés, ont été évalués[2] à l'aide de tests écrits (épreuve de deux heures). Élèves et chefs d'établissements ont également rempli des questionnaires qui ont permis d'établir des corrélations entre les performances et l'environnement des élèves, notamment leur accès aux TIC et leur maîtrise de ces derniers. Lors du second cycle d'évaluation, l'accent sera mis sur l'informatisation des épreuves et de la collecte des données. En 2005, treize pays ont été volontaires pour informatiser les épreuves de sciences.

Résultats[modifier | modifier le code]

2000 et 2003[modifier | modifier le code]

Le dépouillement des tests et enquêtes[3] a révélé des disparités entre les différents pays participants, mais également entre les différents établissements[4].

Il faut environ un an pour dépouiller les résultats et les analyser. Ainsi les résultats de la première campagne de tests Pisa 2000 ont-ils été publiés en 2001 (OECD, 2001a) et suivis de rapports thématiques qui étudiaient certains aspects de ces résultats. L'évaluation de Pisa 2003 est parue sous la forme de deux volumes : Apprendre aujourd'hui, réussir demain – Premiers résultats PISA 2003[4] (OECD, 2004) et Problem Solving for Tomorrow's World – First Measures of Cross-Curricular Competencies from PISA 2003 (OECD, 2004d).

Voici un aperçu des six pays qui ont obtenu les meilleurs scores en 2003 :

Mathématiques
Cl. Pays Score
1er Hong Kong 550
2e Finlande 544
3e Corée du Sud 542
4e Pays-Bas 538
5e Liechtenstein 536
6e Japon 534
Savoir lire
Cl. Pays Score
1er Finlande 543
2e Corée du Sud 534
3e Canada 528
4e Australie 525
5e Liechtenstein 525
6e Nouvelle-Zélande 522
Science
Cl. Pays Score
1er Finlande 548
2e Japon 548
3e Hong Kong 539
4e Corée du Sud 538
5e Liechtenstein 525
6e Australie 525
Résolution de problèmes
Cl. Pays Score
1er Corée du Sud 550
2e Finlande 548
Hong Kong
4e Japon 547
5e Nouvelle-Zélande 533
6e Macao 532

Le professeur Jouni Välijärvi, chargé de l'étude Pisa finlandaise, a conclu que les scores élevés de la Finlande étaient dus à l'excellence des enseignants finnois et au programme LUMA développé en 1990 pour améliorer les performances des élèves en mathématiques et en sciences. Il a attiré l'attention sur le caractère homogène du contenu des programmes dans le système finlandais et de fait les résultats ont été très homogènes d'une école finlandaise à l'autre.

En revanche, le professeur Pauli Siljander pense que les bons résultats de la Finlande sont dus aux politiques socio-éducatives et à d'autres facteurs liés à l'histoire des idées et de l'éducation. Il est impossible pour lui de séparer l'évolution des mentalités et des idées en matière d'apprentissage et les réformes de fond qui l'ont accompagnée. Il fait remarquer que l'éducation est une priorité de l'État providence finlandais et qu'il est par conséquent impossible de parler d'éducation sans replacer le problème dans son contexte sociopolitique (Siljander, 2005).

L'examen des résultats de la campagne 2003 a montré que les pays qui dépensaient plus n'obtenaient pas forcément de meilleurs résultats que ceux qui dépensent moins pour l'éducation. L'Australie, la Belgique, le Canada, la République tchèque, la Finlande, le Japon, la Corée du Sud[5] et les Pays-Bas dépensent moins par élève et obtiennent des résultats assez satisfaisants, alors que les États-Unis dépensent plus et obtiennent des résultats sensiblement en dessous de la moyenne des pays européens. La République tchèque, par exemple, qui se trouve parmi les dix premiers pays, dépense environ un tiers de la somme que les États-Unis consacrent à chaque élève alors que ce dernier pays arrive en vingt-quatrième position sur vingt-neuf pays étudiés.

Il ressort également de l'étude que les jeunes issus de milieux plus favorisés, avec un niveau d'instruction plus élevé, obtiennent en général de meilleurs résultats. Cette différence apparaît dans tous les pays étudiés, mais elle est particulièrement criante dans certains pays comme l'Allemagne[6].

2006[modifier | modifier le code]

Les résultats de la campagne PISA 2006 font apparaître une détérioration de la situation du système scolaire français[7]. En mathématiques, ce mauvais résultat est dû à l'augmentation des élèves en difficulté[7].

Voici un aperçu des dix pays qui ont obtenu les meilleurs scores en 2006 :

Mathématiques
Cl. Pays Score
1er Finlande 548
2e Hong Kong 547
3e Corée du Sud 547
4e Pays-Bas 531
5e Suisse 530
6e Macao 525
Liechtenstein
8e Japon 523
9e Nouvelle-Zélande 522
10e Australie 520
Savoir lire
Cl. Pays Score
1er Corée du Sud 556
2e Finlande 547
3e Hong Kong 536
4e Canada 527
5e Nouvelle-Zélande 521
6e Irlande 517
7e Australie 513
8e Liechtenstein 510
9e Pologne 508
10e Pays-Bas 507
Suède

Résultats 2009[modifier | modifier le code]

Programme PISA (2009)[8] (Les membres de l'OCDE au moment de l'étude sont en gras)

Mathématiques
Cl. Pays Score
1er Drapeau de la République populaire de Chine Chine Shanghai 600
2e Drapeau de Singapour Singapour 562
3e Drapeau de Hong Kong Hong Kong, Chine 555
4e Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 546
5e Drapeau de la République de Chine Taïwan 543
6e Drapeau de la Finlande Finlande 541
7e Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein 536
8e Drapeau de la Suisse Suisse 534
9e Drapeau du Japon Japon 529
10e Drapeau du Canada Canada 527
11e Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 526
12e Drapeau de Macao Macao, Chine 525
13e Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 519
14e Drapeau de la Belgique Belgique 515
15e Drapeau de l'Australie Australie 514
16e Drapeau de l'Allemagne Allemagne 513
17e Drapeau de l'Estonie Estonie 512
18e Drapeau de l'Islande Islande 507
19e Drapeau du Danemark Danemark 503
20e Drapeau de la Slovénie Slovénie 501
21e Drapeau de la Norvège Norvège 498
22e Drapeau de la France France 497
23e Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 497
24e Drapeau de l'Autriche Autriche 496
25e Drapeau de la Pologne Pologne 495
26e Drapeau de la Suède Suède 494
27e Drapeau de la République tchèque République tchèque 493
28e Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 492
29e Drapeau de la Hongrie Hongrie 490
30e Drapeau des États-Unis États-Unis 487
65e Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan 331
Sciences
Cl. Pays Score
1er Drapeau de la République populaire de Chine Chine Shanghai 575
2e Drapeau de la Finlande Finlande 554
3e Drapeau de Hong Kong Hong Kong, Chine 549
4e Drapeau de Singapour Singapore 542
5e Drapeau du Japon Japon 539
6e Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 538
7e Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 532
8e Drapeau du Canada Canada 529
9e Drapeau de l'Estonie Estonie 528
10e Drapeau de l'Australie Australie 527
11e Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 522
12e Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein 520
13e Drapeau de l'Allemagne Allemagne 520
14e Drapeau de la République de Chine Taïwan 520
15e Drapeau de la Suisse Suisse 517
16e Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 514
17e Drapeau de la Slovénie Slovénie 512
18e Drapeau de Macao Macao, Chine 511
19e Drapeau de la Pologne Pologne 508
20e Drapeau de l'Irlande Irlande 508
21e Drapeau de la Belgique Belgique 507
22e Drapeau de la Hongrie Hongrie 503
23e Drapeau des États-Unis États-Unis 502
24e Drapeau de la Norvège Norvège 500
25e Drapeau de la République tchèque République tchèque 500
26e Drapeau du Danemark Danemark 499
27e Drapeau de la France France 498
28e Drapeau de l'Islande Islande 496
29e Drapeau de la Suède Suède 495
30e Drapeau de la Lettonie Lettonie 494
65e Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan 330
Lecture
Cl. Pays Score
1er Drapeau de la République populaire de Chine Chine Shanghai 556
2e Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 539
3e Drapeau de la Finlande Finlande 536
4e Drapeau de Hong Kong Hong Kong, Chine 533
5e Drapeau de Singapour Singapour 526
6e Drapeau du Canada Canada 524
7e Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 521
8e Drapeau du Japon Japon 520
9e Drapeau de l'Australie Australie 515
10e Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 508
11e Drapeau de la Belgique Belgique 506
12e Drapeau de la Norvège Norvège 503
13e Drapeau de l'Estonie Estonie 501
14e Drapeau de la Suisse Suisse 501
15e Drapeau de la Pologne Pologne 500
16e Drapeau de l'Islande Islande 500
17e Drapeau des États-Unis États-Unis 500
18e Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein 499
19e Drapeau de la Suède Suède 497
20e Drapeau de l'Allemagne Allemagne 497
21e Drapeau de l'Irlande Irlande 496
22e Drapeau de la France France 496
23e Drapeau de la République de Chine Taïwan 495
24e Drapeau du Danemark Danemark 495
25e Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 494
26e Drapeau de la Hongrie Hongrie 494
27e Drapeau du Portugal Portugal 489
28e Drapeau de Macao Macao, Chine 487
29e Drapeau de l'Italie Italie 486
30e Drapeau de la Lettonie Lettonie 484
65 Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan 314

Résultats 2012[modifier | modifier le code]

PISA 2012 a été présenté en décembre 2013, avec des résultats pour près de 510 000 participants dans 34 pays de l'OCDE, et 31 de pays non membre de l'OCDE. La moyenne en Mathématiques est de 494. Voir (en) « PISA 2012 Results » et Programme for International Student Assessment#2012

Math
Cl. Pays Score
1er Shanghai, Chine 613
2e Singapour 573
3e Hong Kong, Chine 561
4e Taïwan 560
5e Corée du sud 554
6e Macao, Chine 538
7e Japon 536
8e Liechtenstein 535
9e Suisse 531
10e Hollande 523
11e Estonie 521
12e Finlande 519
13e Canada 518
Pologne
15e Belgique 515
16e Allemagne 514
17e Vietnam 511
18e Autriche 506
19e Australie 504
20e Irlande 501
Slovénie
22e Danemark 500
Nouvelle-Zélande
24e République tchèque 499
25e France 495
26e Royaume-Uni 494
27e Islande 493
28e Lettonie 491
29e Luxembourg 490
30e Norvège 489
31e Portugal 487
32e Italie 485
33e Espagne 484
34e Russie 482
Slovaquie
36e U.S.A. 481
37e Lituanie 479
38e Suède 478
39e Hongrie 477
40e Croatie 471
41e Israël 466
42e Grèce 453
43e Serbie 449
44e Turquie 448
45e Roumanie 445
46e Chypre 440
47e Bulgarie 439
48e Émirats Arabes Unis 434
49e Kazakhstan 432
50e Thaïlande 427
51e Chili 423
52e Malaisie 421
53e Mexique 413
54e Monténégro 410
55e Uruguay 409
56e Costa Rica 407
57e Albanie 394
58e Brésil 391
59e Argentine 388
Tunisie
61e Jordanie 386
62e Colombie 376
Qatar
64e Indonésie 375
65e Pérou 368
Science
Cl. Pays Score
1er Shanghai, Chine 580
2e Hong Kong, Chine 555
3e Singapour 551
4e Japon 547
5e Finlande 545
6e Estonie 541
7e Corée du sud 538
8e Vietnam 528
9e Pologne 526
10e Liechtenstein 525
Canada
12e Allemagne 524
13e Taïwan 523
14e Hollande 522
Irlande
16e Macao, China 521
Australie
18e Nouvelle-Zélande 516
19e  Suisse 515
20e Slovénie 514
Royaume-Uni
22e République tchèque 508
23e Autriche 506
24e Belgique 505
25e Lettonie 502
26e France 499
27e Danemark
28e U.S.A. 497
29e Espagne 496
Lituanie
31e Norvège 495
32e Italie 494
Hongrie
34e Luxembourg 491
Croatie
36e Portugal 489
37e Russie 486
38e Suède 485
39e Islande 478
40e Slovaquie 471
41e Israël 470
42e Grèce 467
43e Turquie
44e Émirats Arabes Unis 448
45e Bulgarie 446
46e Serbie 445
Chili
48e Thaïlande 444
49e Roumanie 439
50e Chypre 438
51e Costa Rica 429
52e Kazakhstan 425
53e Malaisie 420
54e Uruguay 416
55e Mexique 415
56e Monténégro 410
57e Jordanie 409
58e Argentine 406
59e Brésil 405
60e Colombie 399
61e Tunisie 398
62e Albanie 397
63e Qatar 384
64e Indonésie 382
65e Pérou 373
Lecture
Cl. Pays Score
1er Shanghai, Chine 570
2e Hong Kong, Chine 545
3e Singapour 542
4e Japon 538
5e Corée du sud 536
6e Finlande 524
7e Taïwan 523
Canada
Irlande
10e Pologne 518
11e Liechtenstein 516
Estonie
13e Australie 512
Nouvelle-Zélande
15e Hollande 511
16e Macao, China 509
Suisse
Belgique
19e Allemagne 508
Vietnam
21e France 505
22e Norvège 504
23e Royaume-Uni 499
24e U.S.A. 498
25e Danemark 496
26e République tchèque 493
27e Autriche 490
Italie
29e Lettonie 489
30e Luxembourg 488
Portugal
Espagne
Hongrie
34e Israël 486
35e Croatie 485
36e Islande 483
Suède
38e Slovénie 481
39e Lituanie 477
Grèce
41e Russie 475
Turquie
43e Slovaquie 463
44e Chypre 449
45e Serbie 446
46e Émirats Arabes Unis 442
47e Thaïlande 441
Chili
Costa Rica
50e Roumanie 438
51e Bulgarie 436
52e Mexique 424
53e Monténégro 422
54e Uruguay 411
55e Brésil 410
56e Tunisie 404
57e Colombie 403
58e Jordanie 399
59e Malaisie 398
60e Argentine 396
Indonésie
62e Albanie 394
63e Kazakhstan 393
64e Qatar 388
65e Pérou 384

Réactions[modifier | modifier le code]

Les réactions aux enquêtes sont nombreuses. Elles proviennent tout d'abord de la presse nationale, surtout intéressée par le classement des pays participants : « Les élèves allemands sont-ils des imbéciles ? », demande le magazine d'actualité Der Spiegel du 10 décembre 2001[9]. « L'école suisse a reçu la fessée, la Suisse est-elle le cancre de l'Europe ? » s'inquiète La Tribune de Genève[10]. D'autres commentaires viennent d'enseignants ou de spécialistes de l'éducation qui en soulignent soit l'intérêt, soit les limites, voire pour certains les risques.

Intérêt[modifier | modifier le code]

La plupart des commentateurs notent que l'enquête a eu un effet salutaire en attirant l'attention des pouvoirs et de l'opinion publique sur la nécessité de réformer les différents systèmes éducatifs[11]. Les questionnaires, notamment, ouvrent des pistes de réforme possible en identifiant certains facteurs de réussite[12]. Comme les concepteurs de l'étude PISA ont dû se poser la question des compétences nécessaires à des jeunes de 15 ans pour faire face au monde d'aujourd'hui, avant de mettre en place les protocoles d'évaluation, il s'avère que le Haut Conseil de l'Éducation Nationale a bien dû admettre que l'Éducation Nationale n'a jamais posé la question en ces termes, - les compétences à acquérir à 15 ans. L'école française vise des savoirs acquis, matière par matière : ceci aboutit à enseigner par exemple les Mathématiques non comme un outil au service d'apprentissages futurs, mais comme une discipline en elle-même. D'où le malaise face aux résultats PISA d'une partie des enseignants français.[pas clair][réf. nécessaire]

La loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École du 23 avril 2005 a finalement créé un socle commun de connaissances et de compétences qui a été progressivement introduit dans les écoles primaires et au collège et qui, dixit sa définition, « constitue l'ensemble des connaissances, compétences, valeurs et attitudes nécessaires pour réussir sa scolarité, sa vie d'individu et de futur citoyen. » Ainsi, en Mathématiques, l'enseignement vise dans la direction suivante : « en s'appuyant sur la maîtrise du calcul et des éléments de géométrie, l'élève apprend à mobiliser des raisonnements qui permettent de résoudre des problèmes ». Les savoirs de la discipline en elle-même sont là, mais il en est tout autant de sa dimension utile en ce qui concerne les capacités de raisonnement de l'élève.

Enfin, l'étude pose la question de la culture éducative en France : la France est parmi les pays comparables un pays qui consacre un montant moyen à l'éducation par élève, mais c'est aussi le pays où les élèves sont « les plus stressés », et se sentent peu soutenus par leurs enseignants (corpus « Attitudes par rapport à l'école » de l'enquête). De plus, le système éducatif français est le champion en termes d'inégalités, dans le sens où la relation entre la performance et le milieu social d'origine des élèves fait partie des plus fortes de l'OCDE avec la Belgique[13]. Les chances de réussite s'amenuisent même pour celui qui ne serait pas issu d'un milieu favorisé, quand on les compare aux précédents rapports PISA.

En guise d'ouverture, le rapport PISA confirme la nécessité d'élever le niveau culturel de l'ensemble de la population française, car cet effet de masse a un impact positif en termes de compétitivité[14].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques visent à relativiser la primauté du système finlandais.

En France, l'APMEP (association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public), notant les meilleures performances des élèves finlandais aux tests de mathématiques, souligne la différence entre l'enseignement français, soucieux de développer l'« accès à l'abstraction, à la symbolisation, à la rigueur », et l'enseignement des mathématiques appliquées au réel et aux situations concrètes tel qu'il se pratique dans d'autres pays : « rien ne prouve que l'accent mis sur les mathématiques du « réel » soit corrélatif d'avancement dans le développement de compétences spécifiques dans le domaine mathématique[15] ». L'APMEP voit également un risque possible induit par les enquêtes PISA : « Déjà, dans plusieurs pays, on observe une incitation des responsables des systèmes éducatifs à modifier l'enseignement, la formation des enseignants et même les programmes, pour s'adapter aux conceptions et aux tests de PISA[15]. »

Certains ont avancé que la langue finnoise joue un rôle important dans le succès de la Finlande[16].

Pays membres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c p. 4[PDF].
  2. p. 6[PDF].
  3. Consulter de statistiques
  4. a et b Apprendre aujourd'hui, réussir demain. Premiers résultats de PISA 2003.
  5. Ces résultats ne tiennent pas compte de la réalité : cours supplémentaires" avant et après l'école (3 heures, environ), les cours dispensés par les différentes instituts après les cours officieux (certains ne ferment pas de la nuit, surtout à Séoul), et les cours durant les vacances d'hiver et d'été. Ce phénomène est tel que le "syndrome de "l'oie sauvage" (["기러기 아빠"[1]) est apparu : le père reste en Corée et les enfants, avec leur mère, vont à l'étranger pour étudier dans des conditions moins stressantes et moins sur-chargées.
  6. selon l'article anglais PISA.
  7. a et b « La France paralysée devant ses mauvais résultats scolaires », Le Monde du 4 décembre 2007, Catherine Rollot et Marie de Vergès.
  8. 9eacer.edu.au/multidim.php Site officiel PISA. Voir aussi 6epdf le résumé[PDF].
  9. « Sind Deutsche Schüler doof ? », Der Spiegel, décembre 2001, ou « Dumm gelaufen: Die neue deutsche Bildungskatastrophe », der Spiegel, 13 mai 2002.
  10. Édition du 10 décembre 2001.
  11. (en) Timothy A. Brooks, Piecing Together the Puzzle – A Lifetime of Growth in Understanding Germany, p. 9 lire en ligne[PDF].
  12. Service de la recherche en éducation, Genève.
  13. « La France, toujours championne des inégalités scolaires » (consulté le 24 août 2015)
  14. Investissement d'avenir : le choix de l'excellence, RUE 2011 avec la participation de René Ricol.
  15. a et b Antoine Bodin, 2005.
  16. Pourquoi le finnois donne-t-il de meilleurs résultats au PISA ?

Voir également[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites officiels[modifier | modifier le code]

Débat[modifier | modifier le code]

  • (de) (en) Joachim Wuttke: Critical bibliography
  • National IQ means transformed from PISA Scores
  • (fr) Bain, D (2003) Pisa et la lecture : un point de vue de didacticien. Revue suisse des sciences de l'éducation 25 (1) 59–78. sommaire
  • (fr) Direction générale de l'Enseignement scolaire Ministère de l'Éducation nationale (2003) Évaluation des connaissances et des compétences des élèves de 15 ans : questions et hypothèses formulées à partir de l'étude de l'OCDE. Rencontres de la DESCO, 31 mai 2002. en ligne
  • (de) (en) Stefan T. Hopmann, Gertrude Brinek, Martin Retzl (Hrsg.): PISA zufolge PISA. PISA According to PISA. LIT-Verlag, Wien (2007). ISBN 978-3-8258-0946-1 Recueil de critiques
  • (de) Jahnke, Thomas et Meyerhöfer, Wolfram (Hrsg.): PISA & Co – Kritik eines Programms. Franzbecker, Hildesheim, 2e  éd., 2007, (ISBN 978-3-88120-464-4). Recueil de critiques
  • (fr) Rocher, Thierry (2003) La méthodologie des évaluations internationales de compétences. Psychologie et Psychométrie 24 (2–3) [Numéro spécial : Mesure et Éducation], p. 117–146.
  • (fr) Terrail, Jean-Pierre (2009), « PISA. Commentaires et enseignements d'une comparaison internationale », sur le site du Groupe de Recherches sur la Démocratisation Scolaire, 21 mai 2009
  • (fr) Bulle, Nathalie (2010), « L'imaginaire réformateur - PISA et les politiques de l'école », sur le site de la revue numérique skhole.fr, 18 janvier 2010