Évaluation

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Selon Michel Vial[1], l'évaluation est le rapport que l'on entretient avec la valeur. L'homme est porteur de valeurs qu'il a reçu plus ou moins consciemment, qu'il convoque pour mesurer la valeur d'objets ou de produits, pour contrôler les procédures ( vérifier leur conformité) ou encore interroger (rendre intelligible) le sens de ses pratiques : s'interroger sur la valeur, rendre intelligible les pratiques au moyen de l'évaluation située.

Plus généralement, l'évaluation est un processus mental de l'agir humain. l'action est adossée à des processus d'évaluation qui sont tantôt des vérifications de la conformité de nos actes, tantôt de l'auto questionnement ( quand on s'interroge sur une décision, qu'on a besoin d'y penser pour rendre intelligible ce qui ne va pas de soi). ntm

On trouve aussi des outils d'évaluation qui sont rattachés à des grandes classes de modèles d'évaluation

Si la démarche d'évaluation peut viser à mesurer, quantifier (usage de méthodes statistiques) et caractériser une situation, une entité, un résultat ou une performance, de nature complexe et donc a priori difficilement mesurable. Selon l'objet ciblé, la démarche d'évaluation fait appel à des méthodes ou outils très variés en fonction de leurs présupposés théoriques - et politiques - de leurs buts, de leurs techniques.
La notation, la valorisation et la certification sont des variantes de l'évaluation.

Définitions et enjeux[modifier | modifier le code]

Toute démarche d'évaluation peut viser soit le contrôle, soit l'accompagnement. Pour bien faire, elle suppose une conduite et une mise en œuvre :

  1. indépendante de l'objet évalué et des acteurs qui en assurent la gestion opérationnelle.(Selon un principe de gouvernance général et constant, on ne peut être à la fois juge-évaluateur et partie prenante de l'affaire en cause.)
  2. d'un niveau conceptuel élevé, c'est-à-dire capable d'une appréhension globale de l'entité évaluée.(Pour envisager l'entité en elle-même mais également dans ses rapports avec son environnement dans le temps et dans l'espace, avec ses finalités et ses bénéficiaires potentiels ou présumés.)

Bien qu'il soit possible - et sans doute souhaitable- d'inciter les acteurs à pratiquer l'auto-évaluation, l'évaluation (stricto sensu) implique l'intervention d'opérateurs dotés d'une expertise suffisante pour mener à bien un tel projet. Ainsi, en France, l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur ) s'est dotée d'une charte et d'une déontologie définissant les principes et conditions selon lesquels ses experts conduisent les missions d'évaluation qui leur sont assignées.

Dans les domaines complexes, un enjeu de qualité est lié à l'évaluation des évaluations, par exemple dans le domaine des études sanitaires, épidémiologiques, de l'environnement ou concernant l'efficience énergétique[2]

Typologie des évaluations[modifier | modifier le code]

L'objectif visé, la démarche employée et les outils utilisés varient selon la finalité recherchée et les caractéristiques propres de l'objet et du domaine évalués:

Finalités assignables à une démarche d'évaluation[modifier | modifier le code]

Le terme évaluation s'entend différemment selon la finalité poursuivie :

Caractéristiques de l'objet et du domaine concernés[modifier | modifier le code]

Les pratiques d'évaluation peuvent couvrir des réalités spécifiques :

  • Domaine de la gestion publique
L'évaluation des politiques publiques consiste à analyser les résultats d'une intervention publique pour savoir si celle-ci a atteint les objectifs qui lui étaient assignés. Elle s'appuie sur des méthodes notamment issues de l'économie et de la sociologie;
L'évaluation de projets d'équipement est une procédure visant à appuyer la décision publique en fournissant des éléments factuels permettant de juger des conséquences de cette décision. La méthode d'analyse coût-avantage est très souvent utilisée pour cela.
  • Domaine réglementaire
La législation Européenne promeut l'évaluation environnementale des opérations qui, par leurs dimensions, sont susceptibles d'affecter l'environnement.
l'évaluation des archives est l'action de déterminer quels dossiers ont valeur probante (avec leurs délais de conservation) et ceux qui ont une valeur archivistique. Avec pour conséquence l'action physique de verser aux archives définitives les dossiers à valeur archivistique ou d'éliminer les dossiers inactifs sans valeur archivistique.
estimer la capacité des salariés à atteindre les objectifs qui leur sont assignés (évaluation de la performance) ;
identifier les salariés en situation de stress ou de difficulté.
conduire une expertise psychologique ou psychiatrique sur un patient;
la docimologie est la discipline scientifique d'étude du déroulement des évaluations en pédagogie et notamment à la façon dont sont attribuées les notes par les correcteurs des examens scolaires.
évaluation désigne le processus d'évaluation des compétences visant à mesurer le niveau d'apprentissage des élèves, par exemple à partir d'un référentiel extérieur.
l'évaluation peut être ponctuelle ou une continue.
  • Domaine scientifique :
En recherche scientifique, l'évaluation par les pairs désigne l'activité collective des chercheurs qui jugent de façon critique les travaux d'autres chercheurs.
En médecine ou en écotoxicologie, le terme d'évaluation recouvre le processus antérieur à la mise sur le marché d'une substance active et qui vise à prouver leur innocuité et leur efficacité.

Démarche de l'Évaluation[modifier | modifier le code]

L'évaluation est réalisable par un tiers indépendant ou sur le mode de l'« auto-évaluation ».

Les «bonnes pratiques» pointent les facteurs-clés suivants :

Usage d'un référentiel solide[modifier | modifier le code]

L'usage d'un référentiel solide et pertinent permettant de piloter l'investigation et de questionnement doit conduire à ce que l'on fasse le «tour de la question» : Tous les aspects doivent être abordés et toutes les questions être posées. Pour éviter les erreurs de d'analyse par omission un référentiel multi-critères doit être établi et observé pour garantir la qualité du regard posé sur l'objet ou l'entité à évaluer. Et ce, tant en étendue ( le sujet est convenablement délimité et couvert) qu'en profondeur (le sujet fait l'objet d'une réflexion approfondie notamment au niveau de la recherche de ses manifestations et causes réelles, y compris des plus cachées ).

Usage d'indicateurs quantitatifs et qualitatifs appropriés[modifier | modifier le code]

La mesure objective réduit la part fréquente de la subjectivité pouvant exister dans la connaissance ou la description de l'État des lieux. Cette mesure doit s'appuyer sur des indicateurs et « mesure ». Ceci afin d'évaluer par exemple : le chemin qui reste à parcourir pour atteindre

un « niveau » (ex : niveau de connaissances scolaires, niveau disciplinaire (musique, sport, science...), professionnelles, etc. )
un « objectif » (ex : facteur 4 dans le domaine de l'énergie et du climat, ou bon état écologique dans le domaine des écosystèmes ou de la gestion des bassins versants).

Usage d'Outils d'évaluation[modifier | modifier le code]

La « théorie du baquet » explique métaphoriquement que dans certains systèmes (quand les éléments qui le constituent sont très interdépendants), le niveau global de qualité ou de service (ici représenté par le niveau d'eau) dépend du plus mauvais indicateur (représenté par la planche la plus basse). Dans ces cas le choix des indicateurs d'évaluation est particulièrement important

Les méthodes et les outils d’évaluation qualitative[modifier | modifier le code]

Ces outils fournissent des données non chiffrées ou qualitatives. On peut citer comme exemples d'outils d’évaluation qualitative : le SWOT, le tableau de bord, le diagramme de GANTT et la fiche d’auto-évaluation.

Le SWOT[modifier | modifier le code]

L'analyse SWOT ou matrice SWOT (acronyme anglais pour : Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités), Threats (menaces)) est utile pour analyser, diagnostiquer, décrire :

  • Un état de l'existant : une situation, un environnement.
  • Le diagnostic d'une dynamique opérationnelle : un processus, un programme, un projet.
  • L'évaluation d'une volonté et de ses effets : une politique, une stratégie.

Ainsi, dans le cadre de l’analyse d’une stratégie, l’outil SWOT permet de faire deux diagnostics : d’abord un diagnostic interne, qui identifie les forces et les faiblesses du domaine d'activité stratégique. Celles-ci peuvent être déterminées à l'aide d'une série de modèles d'analyse stratégique, tels que la chaîne de valeur, l'étalonnage (benchmarking) ou l'analyse du tissu culturel. Il peut s'agir par exemple du portefeuille technologique, du niveau de notoriété, de la présence géographique, du réseau de partenaires, de la structure de gouvernement d'entreprise, etc.

Ensuite un diagnostic externe, qui identifie les opportunités et les menaces présentes dans l'environnement. Celles-ci peuvent être aussi déterminées à l'aide d'une série de modèles d'analyse stratégique, tels que le modèle PESTEL, le modèle des 5 forces de la concurrence de Michael Porter ou encore une analyse de scénario. Il peut s'agir par exemple de l'irruption de nouveaux concurrents, de l'apparition d'une nouvelle technologie, de l'émergence d'une nouvelle réglementation, de l'ouverture de nouveaux marchés, etc. On peut aussi comparer avec profit : la perception des forces et faiblesses de l'entreprise par elle-même, la perception des forces et faiblesses de l'entreprise par ses clients, concurrents, fournisseurs, et autres acteurs externes[3].

Le tableau de bord[modifier | modifier le code]

Selon BOUQUIN H[4]., le tableau de bord est : « un ensemble d’indicateurs peu nombreux (5 à 10) conçus pour permettre aux gestionnaires de prendre connaissance de l’état de l’évolution des systèmes qu’ils pilotent et d’identifier les tendances qui les influenceront sur un horizon cohérent avec la nature de leurs fonctions » . C’est un outil qui indique au manager, comment fonctionne son organisation, et ce qui s’y passe permettant d'engager les actions idoines en vue d'atteindre les objectifs désirés. Il propose donc un cadre d'élaboration, de mise en œuvre et de suivi de la stratégie globale de l'entreprise.

L'évaluation de programmes dans l'enseignement[modifier | modifier le code]

L'évaluation de programme sert à englober le suivi de routine et les diverses formes d'évaluation qui s'appliquent aux processus, aux résultats et aux impacts[5].

Présentation de l’extrait  du programme

-Cette notion relève de telle programme -> Le niveau classe, du groupement (A, B,C), le numéro et titre du §

-Cette notion a-t-il déjà été abordé dans les classes antérieures ?

-Cette notion peut être abordée  à quel endroit ? (avant ou après tels notion ou un prolongement)

Nature du document

-Quels pré requis des élèves pour aborder  cet exercice ou activité ?

- Ce document est une occasion de réactiver quelle connaissance ? (exemple statistique 1ére--> terminal)

- Ce document traite t-il de l’intégralité du programme ou une partie ? (exemple : il demande d’étudier les variations mais l’étude n’est pas demandé)

-Peut-on résoudre le problème sans avoir aucune connaissance mathématiques (ou physique) préalable ?

-Les TICE peuvent-ils être utilisé dans ce problème de façon pertinente ?

- Le document permet-il à l’élève de se placer dans une démarche  de résolution de problème comme le préconise le référentiel ?

- Peut-on proposer une activité en relation avec une situation de la vie quotidienne ? Ou en relation avec d’autres disciplines ?

-La situation du problème  correspond à un véritable problème de la vie courante ? Donc est –il contestable ?

-Le problème est –il adapté pour quel type de séance (remédiation, évaluation, introduction, évaluation) ?

-Que faut-il revoir pour qu’il soit adapté à une séance de (remédiation, évaluation, introduction, évaluation) ? (revoir les objectifs, des questions, des calculs, une problématique et une réponse à la problématique, enlever des questions ?…..

La démarche pédagogique à mettre en œuvre au travers des activités proposées aux élèves, et selon la consigne du sujet. Quelques pistes de réflexion possibles sont ici proposées, sans qu’elles constituent une liste exhaustive :

- pour une séquence/séance d’introduction : Quels sont les objectifs d’apprentissage ? Quels sont les obstacles cognitifs à anticiper ? Quelles peuvent être les représentations initiales des élèves sur le thème ? Comment lancer les activités et quelles consignes donner ? À quelles questions faut-il soumettre les élèves pour guider ou stimuler leur réflexion ? Quelle institutionnalisation des connaissances est attendue ? Quelles perspectives de réinvestissement, d’approfondissement ?

Exemple en maths : on travaille les pré-requis nécessaire pour avancer, on peut montrer qu’il existe plusieurs procédés pour résoudre le problème et de les rechercher, montrer la plus value des TICE.

Exemple en physique chimie : on peut transformer le problème en investigation ensuite demander aux élèves à quoi sa sert ou correspond ou mesure chaque chose, on peut les demander aussi de formuler des hypothèses.

- pour une séquence d’approfondissement ou de remédiation : Quel diagnostic ? Quels objectifs cognitifs pour quels élèves ? Comment les anticiper ? Quelles modalités de différenciation ? Quel bilan de séquence ? Quel bilan d’acquisition ? Quels apports de l’évaluation dans la formation (évaluation diagnostique, évaluation formative) ?

En maths approfondissement : on complique la tache à faire par exemple on demande à l’élève de rechercher. L’essentiel et déjà vu, donc on modifie l’énoncé pour créer d’autre question en approfondie. Heure de gls (enseignement général lié à la spécialité) pour aprofondir certains notion en relation avec d’autres discipline.

En maths remédiation : on modifie l’énoncé pour facilité les élèves ou pour rendre attractive le sujet avec une autre histoire. On peut fournir des fiches méthodes pour les TIC ou pour les étapes.  On peut rajouter une image pour le déblocage visuel. Donner des informations écrites ou orale pour débloquer les élèves. Prendre la grille compétence pour repérer les difficultés de chaque élève pour faire un travail par différenciation. Accompagnement personnalisé pour les difficultés quelconque. Heure de gls (enseignement général lié à la spécialité) pour réactiver certains notions en relation avec d’autres disciplines. (exemples calcul de volume pour en atelier)

En physique chimie approfondissement : on transforme le problème sous forme d’investigation, on rajoute d’autres question liés aux compétences, on fait travailler les stratégies mnémotechnique pour les notions, rajoutes les questions TICE. Le document peut servir de référence pour construire d’autre activité.

En physique chimie remédiation : on développe chaque point exemple : pourquoi le chois de sa ?rôle de l’ampèremètre ?quel type de branchement ? Quel type de branchement ? Utilisé par exemple les heures d’accompagnement personnalisé pour traiter telle partie  ou revoir l’exploitation ou faires les graphique etc… sur TICE.

- pour une présentation de modalités d’évaluation : que souhaite-t-on évaluer ? Sous quelle forme et à quel moment ? Comment exploiter les résultats des évaluations ? Quelle prise en compte de la grille nationale d’évaluation par compétences ?

En maths : utilisation de la grille de compétence, l’élève doit avoir une autonomie, des indicateurs de compétence permet de l’elève de voir son niveau de compétence et de s’autoévaluer

En physique chimie : évaluation diagnostique -> mettre en évidence les compétences, évaluation sommative -> mettre à disposition des docs complémentaire. Evaluation certificative -> en proposant un protocole aux élèves.

Evaluation diagnostique : c’est le test initial qui permet de situer l’apprenant en début de séquence. Elle intervient lorsque l'on se pose la question de savoir si l’apprenant possède les capacités nécessaires pour entreprendre une formation ou pour suivre un apprentissage. ˝Evaluation formative: elle permet de vérifier l’efficacité de l’apprentissage. Ici on ne met pas de notes, car la fonction essentielle de cette évaluation est informative. On fait simplement le point pour éventuellement corriger les trajectoires. Dans cette évaluation l’apprenant a le droit de commettre des erreurs. Ces erreurs sont exploitées par le formateur pour ré-expliquer. Elle devrait permettre : - A l’apprenant de se positionner par rapport aux apprentissages. (sait ou ne sait pas) - Au formateur de proposer des activités d’aide ou de remédiation aux apprentis en difficultés ou des activités supplémentaires (peut-être plus difficiles) pour les apprentis plus performants. (pédagogie différenciée) ˝Evaluation normative : permet de situer un apprenti par rapport aux autres. ˝Evaluation sommative : elle permet de faire un bilan des acquis. Elle doit être préparée par des évaluations formatives réussies et a pour fonction de certifier la compétence, de mettre une note dans le but de sélectionner et de justifier la sélection. L’apprenant n’a plus droit à l’erreur. ˝Evaluation certificative: elle aboutit à la délivrance du diplôme. Elle intervient en cours de formation (cas du CCF) ou en fin de formation (examen). ˝Evaluation critériée : Elle est dite critériée ou critérielle quand on ne compare pas l'apprenant aux autres mais qu'on détermine, par la référence à des critères si, ayant atteint tels objectifs, il est en mesure de passer aux apprentissages ultérieurs

- Les objectifs de l’utilisation des outils numériques : favoriser la réflexion des élèves, permettre une différenciation des approches, expérimenter et soutenir l’émission de conjecture ou encore faciliter l’obtention de résultats numériques ou graphiques…

- Les liens avec d’autres disciplines, soit de l’enseignement général (autre valence en particulier), soit de l’enseignement professionnel, et les liens entre tous les temps d’enseignement, y compris accompagnement personnalisé et enseignements généraux liés à la spécialité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Vial, Se repérer dans les modèles de l'évaluation, Bruxelles, De Boeck, , 340 p.
  2. Jan Rosenow a Ray Galvin (2015) Evaluating the evaluations: Evidence from energy efficiency programmes in Germany and the UK ; Energy and Buildings ; 62(2013)450–458
  3. Clavière Mathieu N’Zale, Mémoire de fin de cycle pour l’obtention du DESAG, 2009-2010, CESAG-DAKAR
  4. H. Bouquin, le Contrôle de gestion, Paris : Presses Universitaires de France, 8e édition2008
  5. Jane T. Bertrand et Gabriela Escudero, Compedium d'indicateurs pour l'évaluation des programmes de la santé de reproduction, Volume 1, Measure Evaluation; USAID

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. Bouquin, le Contrôle de gestion, Paris : Presses Universitaires de France, 8e édition2008