Aller au contenu

Pont Sublicius

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Pons Sublicius)

Pont Sublicius
Image illustrative de l’article Pont Sublicius
« Le Pont Sublicius », Luigi Canina.

Lieu de construction Regio XI Circus Maximus
Vélabre-Transtiberim
Date de construction VIIe siècle av. J.-C.
Ordonné par Ancus Marcius
Type de bâtiment Pont de Rome
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Carte de la Rome antique montrant la localisation de Pont Sublicius.
Pont Sublicius
Localisation du Pont Sublicius dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 17″ nord, 12° 28′ 47″ est
Liste des monuments de la Rome antique
Dessin du site du pont, par Friedrich Polack, avec la Porte Trigémine dans le mur Servien et le temple de Jupiter Capitolin en fond, tout cela au bord du Tibre.

Le pont Sublicius (le terme Sublica viendrait de la langue des Volsques qui signifierait « planches de bois »), ou le Sublice[1], est à la fois le premier et le plus ancien pont de Rome. Il se situe en aval de l’île Tibérine, entre le Forum Boarium (Vélabre) et le Transtiberim.

Il correspond à un ancien gué qui favorisait le commerce du sel acheminé par la Via Salaria tracée par les Sabins au IIe millénaire av. J.-C., et la Via Campana (en)[2].

Il est un pont permanent[3],[N 1] de bois[5],[6],[7],[8],[N 2] sur pilotis[6],[8] et assemblé uniquement par des chevilles de bois[8].

Il est construit sur le Tibre en aval de l'île Tibérine[6],[8],[9],[10]. Il marque la limite entre la navigation maritime et la navigation fluviale[11].

Les auteurs antiques[N 3] attribuent sa fondation à Ancus Marcius[8],[12] (640 à 616 av. J.-C.)[13],[14]. Il est détruit plusieurs fois et toujours reconstruit en bois, sans métal[15],[16],[17], pour des raisons tant religieuses que stratégiques (il fallait qu'il puisse être démonté rapidement, comme lors de l'épisode légendaire d'Horatius Coclès). Sa dernière destruction date de l’an 69. Il existe toujours au IVe siècle et peut-être encore au début du Ve car la Notitia et le Curiosum le mentionnent[18],[19].

Il est à la charge du collège des pontifes, sa préservation est une question de religion et des dégâts provoqués par des inondations sont considérés comme un (mauvais) présage, ce qui est assez fréquent[20], mais le pont est toujours réparé et il est encore là au plus tard au Ve siècle[21].

Épisode légendaire

[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre opposant les Romains aux Étrusques du Lars Porsenna, au début de la République (507 av J.-C.), Horatius Coclès, un Romain, se mit en rempart sur le pont Sublicius pour empêcher l’accès de Rome aux ennemis. Après l'avoir franchi, il donne l’ordre de briser le pont par tous les moyens possibles et force les derniers guerriers étrusques à se replier. Lorsque le pont se fracasse, le héros se jette dans le Tibre tout armé et rejoint ses camarades à la nage[22],[23],[24],[25].

Première bataille entre Porsenna et les Romains de la prise du camp romain du Janicule jusqu'à l'exploit d'Horatius Coclès et la destruction du Pont Sublicius[25].

Caius Gracchus sur le pont

[modifier | modifier le code]

C'est le pont sur lequel se dirige Caius Gracchus après l'assassinat de son frère, et après qu'il eut été lui-même condamné à mort par le Sénat romain. Deux de ses amis font barrage à l'entrée du pont jusqu'à ce qu'ils tombent morts, et il réussit à s'échapper. Il meurt toutefois peu après assassiné par l'un de ses esclaves[26].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Pour le désigner, Denys d'Halicarnasse emploie γέφυρα / géphyra (« pont permament ») et non σχεδία / schedía (« pont provisoire »)[4]. Les auteurs latins ne le qualifient jamais de pons tumultuarius (« pont provisoire »)[4].
  2. En latin, pons sublicius qualifie un « pont en bois » par opposition à pons lapidis qui qualifie un « pont en pierre »[4].
  3. Les seuls auteurs que nous avons qui parlent de cette période de l'histoire romaine écrivent deux cents ans après les faits, et d'après des analyses historiques, on pense qu'il ne s'agit pas de faits avérés mais de reconstitutions étiologiques.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. A. Campani, Guide du visiteur au Musée royal national dans l'ancien palais du podestat de Florence, Florence, Frères Bencini, (lire en ligne), p. 93 :

    « […] la représentation d’Horace Coclite sur le Sublice […] »

  2. (en) Ada Cioffarelli, Archaeological routes, Bonsignori, , p. 11
  3. Karmon 2011, p. 176.
  4. a b et c Falke, Neitmann et Simić 2025, p. IX.
  5. Camous 2004, p. 32, 184 et 196.
  6. a b et c Champeaux 2006, p. 262.
  7. Champeaux 2008, p. 117.
  8. a b c d et e Champeaux 2008, p. 118.
  9. Bertrandy, Ferriès et Sartre-Fauriat 2002, p. 20.
  10. Camous 2004, p. 196.
  11. Le Gall 1953, p. 256.
  12. Champeaux 2006, p. 263.
  13. Tite-Live, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], I, 33.
  14. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Numa, IX.
  15. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines [détail des éditions] [lire en ligne], III, 45 et V, 24.
  16. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], XXXVI, 100.
  17. Servius, Commentaire à l'Énéide [détail des éditions] [(la) lire en ligne], VIII, 646.
  18. Champeaux 2008, p. 117, n. 1.
  19. Le Gall 1953, p. 81.
  20. Dion Cassius, Histoire romaine, XXXVII, 58 ; L, 8 ; LIII, 33 ; LV, 22.
  21. Histoire Auguste, Vie d'Antonin le Pieux, 8.
  22. Tite-Live, Histoire romaine, II, 10.
  23. Aurelius Victor, Hommes illustres de la ville de Rome, XI. Horatius Coclès.
  24. Vies des hommes illustres, Publicola, XVI.
  25. a et b Antiquités romaines, V, 22-24.
  26. Vies des hommes illustres, Gracques, XXXVIII.

Sources antiques

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]