Domqueur

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Domqueur
Domqueur
La place de l'église, en octobre.
Blason de Domqueur
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Intercommunalité Communauté de communes Ponthieu-Marquenterre
Maire
Mandat
Maïté Beron
2020-2026
Code postal 80620
Code commune 80249
Démographie
Gentilé Domqueurois
Population
municipale
312 hab. (2018 en augmentation de 2,63 % par rapport à 2013)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 06′ 55″ nord, 2° 03′ 39″ est
Altitude Min. 63 m
Max. 118 m
Superficie 8,37 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Amiens
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Rue
Législatives Première circonscription
Localisation
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Domqueur

Domqueur est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France. Depuis le , la commune fait partie du parc naturel régional Baie de Somme - Picardie maritime.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Domqueur est une commune du Ponthieu, pays de la Picardie maritime situé entre la vallée de la Somme et la vallée de l'Authie. Le village est situé à une vingtaine de kilomètres à l'est d'Abbeville, sur la route départementale 108, ancienne voie romaine reliant Amiens à Boulogne-sur-Mer.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est composé pour les deux-tiers de terre argileuse imperméable d'environ un mètre d'épaisseur et pour l'autre tiers de marnes et de calcaire siliceux[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le refief de la commune est assez accidenté, il est traversé par un vallon qui se ramifie à la sortie du village vers Mesnil-Domqueur, Bussus-Bussuel, Maison-Roland et Famechon, hameau d'Ailly-le-Haut-Clocher.

La commune est située entre 77 m et 195 m d'altitude.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Aucun cours d'eau ne traverse la commune. La nappe phréatique se trouve à une moyenne de 50 mètres au-dessous du niveau du sol. Les eaux de ruissellement s'écoulent vers l'ouest, vers Saint-Riquier, pour se jeter dans le Scardon[1].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominants de sud-ouest.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Domqueur est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 369 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (91,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (80,2 %), prairies (11,3 %), zones urbanisées (5,2 %), forêts (3,3 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom primitif du village (en latin Duroicoregum) viendrait du celtique « duron », fortification[9].

On trouve plusieurs formes pour désigner Domqueur dans les textes anciens : Dulcurium[1], Donqueurre, Donqueur. Selon certains, Domqueur signifierait « pays des chênes »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La table de Peutinger (original vers 365 - connue par une copie du XIIIe siècle) indique que Duroicoregum (Domqueur) était une station sur la via Agrippa de l'Océan, voie romaine de Lugdunum (Lyon) à Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer). Un pont romain ou d'origine romaine existe toujours, il permettait de franchir un ru[1].

Des armes, des poteries (amphores[10]) ont été trouvées dans la commune.

En 1951, des travaux mirent au jour 2132 pièces gallo-romaines, frappées à Londres, Lyon, Rome et Trèves[11].

Les Templiers[modifier | modifier le code]

Des restes de fondations témoigneraient de la présence d'une maison des Templiers[1].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1567, Nicolas de Domqueur, écuyer, est le seigneur du lieu[1].

Les muches de Domqueur sont supposées creusées dès le XVIIe siècle pour échapper aux Espagnols. Elles comportent plusieurs entrées et sorties secrètes pour accéder aux 52 chambres. Ces souterrains-refuges sont implantés sous l'église, point défensif principal du village, la place et les rues, en évitant les terrains privés[12].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1898, une entreprise d'extraction de phosphate de chaux était en activité dans la commune. 28 000 tonnes de phosphate de chaux étaient extraites du sous-sol[1]. Une usine avec machine à vapeur employait 70 ouvriers chargés de conditionner le phosphate en vue de sa commercialisation[1].

Il existait encore un moulin à farine, un pressoir à cidre, une briqueterie, une carrière de silex pour la construction de routes et une carrière de sable pour la fabrication du mortier. Domqueur connaissait alors un certain dynamisme économique[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mai 2020[13] Emmanuel Schorderet DVD  
mai 2020[14],[15] En cours
(au 8 octobre 2020)
Maïté Béron   Secrétaire-comptable

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[17].

En 2018, la commune comptait 312 habitants[Note 3], en augmentation de 2,63 % par rapport à 2013 (Somme : −0,18 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
731586810870875886899891877
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
842873851804749676618545525
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
537479429392390398364381364
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
329326276261243262267297309
2018 - - - - - - - -
312--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 1899, le hameau du Plouy compte 158 habitants. Les écarts des fermes de Domquerelle (5 hab.) et le Moulin Poiré (3 hab.) s'ajoutent au Buhéron, la toute nouvelle usine à phosphates (20 hab.)[1].

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école intercommunale Victor Hugo a été construite à Ailly-le-Haut-Clocher. Elle scolarise 303 élèves au cours de l'année scolaire 2014-2015 et regroupe des écoliers d'Ailly-le-Haut-Clocher, Brucamps, Domqueur, Ergnies, Long, Mouflers, Yaucourt-Bussus[20].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pont d'origine romaine

Le pont romain et la via Agrippa[modifier | modifier le code]

Le pont romain de Domqueur permettait à une des via Agrippa de l'Océan, de Lugdunum (Lyon) à Gesoriacum, (Boulogne-sur-Mer), par Augustomagus (Senlis) et Samarobriva (Amiens), de traverser, à Duroicoregum (Domqueur), la vallée du bois de Domqueur, ou coulait la Sainte Anne, un ancien affluent du Scardon. En 1858 d'importants travaux ont été exécutés pour le protéger.

Des vestiges de l'ancienne chaussée Brunehaut (via Agrippa), pavée de grosses dalles en grès, ont été mis au jour. Quelques-uns sont visibles à côté de l'église de Domqueur, à droite du monument aux morts.

Les muches[modifier | modifier le code]

Arrivée dans le village par le sud
Maison des muches au centre de Domqueur

Les muches de Domqueur sont des souterrains-refuges creusées à 9 mètres de profondeur dans la craie pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648) et les invasions espagnoles du XVIIe siècle (pour certains, ils remonteraient à l'époque celtique[1]).

Ce village souterrain est composé de 52 cellules (les muches), simples ou doubles, s'ouvrant sur une galerie de circulation (la rue). Ces cellules étaient soit, des étables, soit des entrepôts, soit des habitations. Elles pouvaient être fermées par des portes en bois avec serrure fermant à clé ; on peut encore voir la place que devaient tenir les linteaux. Une vaste salle au plafond en forme de cône renversé est toujours visitable.

Les muches de Domqueur sont protégées en tant que monument historique, inscription par arrêté du 10 avril 1992, avec l'ancien presbytère, reconverti en « maison des muches »[21].

L'église Saint-Saturnin[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts
  • L'église Saint-Saturnin[22],[23], dont la construction, pour le clocher, remonterait au XVIe siècle, est construite en brique, en style néogothique.

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Domqueur, situé à proximité du transept de l'église du village, a la forme d'une haute borne de pierre pyramidale.

Sur l'une des faces, figure une palme de bronze sculptée. Sur chacune des faces, en haut du monument, une croix de guerre a été sculptée, tandis qu'au bas c'est une couronne gravée qui orne la pierre.

Le nom de batailles de la Grande Guerre a été gravé en lettres dorées à la base de chaque côté du monument.

Une grille entoure l'espace sacré tandis qu'une allée de graviers tricolore permet d'accéder au monument.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Domqueur.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

d'or au chevron de gueules.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hugues C. Dewerdt, Guillaume Paques, Frédérick Willmann, Les Muches, souterrains-refuges de la Somme, Saint-Cyr-sur-Loire, éditions Alan Sutton, 2009 (ISBN 978-2-84 910 -754 - 6)

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Notice historique et géographique, réalisée par l'instituteur, M. Feuilloy, le 6 avril 1899, Archives départementales, Amiens
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Amiens », sur insee.fr (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Le Ponthieu, Gérard Bacquet, 1992.
  10. Bulletins de la société des antiquaires de Picardie, 1883-1885, t. 15, p. 332, à lire sur Gallica.bnf.fr
  11. Pierre Bastien, François Vasselle, Le trésor monétaire de Domqueur, Étude sur les émissions de bronze, de Trêves, Lyon et Londres de la réforme de Dioctétien à 309, éd. Cultura, Numismatique romaine: Essais, recherches et documents vol. 2, 1965, 126 p. ; compte rendu de Jean Lafaurie sur www.persee.fr
  12. Hugues C. Dewerdt, la peur du soldat : réactions de défense en milieu rural (Nord, Pas-de-Calais, Somme, XVIe-XVIIIe siècles), p.326-328 avec plan des muches p. 327, in Annie Antoine, Julian Mischi, Sociabilité et politique en milieu rural, Presses universitaires de Rennes, 2008, 472 p., à lire sur Google livres
  13. Magali Mustioli-Herce, « Le maire de Domqueur, Emmanuel Schorderet, règle ses comptes avant de partir : Emmanuel Schorderet a rédigé un courrier pour adresser ses adieux à la population. Il en profite pour régler ses comptes avec l’employé communal. », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Maire depuis 2001, il a annoncé sa décision à la population dans un courrier distribué dans les boîtes aux lettres ».
  14. « Maïté Béron conduira la liste de Domqueur », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. « Liste des élus de la Somme » [ods], Listes des élus, Préfecture de la Somme, (consulté le ).
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  20. Bulletin municipal de Long, juillet-août 2015.
  21. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee//PA00116281
  22. Clochers.org
  23. 40000clochers.com