Pierre-Gaston d'Orléans-Bragance

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Pierre-Gaston d’Orléans-Bragance
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Le prince Pierre avec son grand-père, Gaston d'Orléans, comte d'Eu (pendant la Première Guerre mondiale).

Succession

Prétendant au trône du Brésil


(67 ans, 10 mois et 28 jours)

Nom revendiqué « Pierre IV »
Prédécesseur Pierre d’Orléans-Bragance
Successeur Pedro Carlos d’Orléans-Bragance
Biographie
Dynastie Maison d'Orléans-Bragance
(branche de Pétropolis)
Nom de naissance Pierre-d’Alcantara Gaston Jean Marie Philippe Laurent Hubert d’Orléans et Bragance
Naissance
Eu (France)
Décès (à 94 ans)
Villamanrique de la Condesa (Espagne)
Père Pierre d’Orléans-Bragance
Mère Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz
Conjoint Esperanza de Borbón
Enfants Pedro Carlos d’Orléans-Bragance
Maria d’Orléans-Bragance
Afonso d’Orléans-Bragance
Manuel d’Orléans-Bragance
Cristina d’Orléans-Bragance
François-Humbert d’Orléans-Bragance
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Pierre-Gaston d’Orléans-Bragance, appelé dans la lusophonie Pedro de Alcântara Gastão de Orléans e Bragança, « prince d'Orléans-Bragance », est né le , au château d'Eu, en Normandie, en France, et est décédé le à Villamanrique de la Condesa, dans la province de Séville, en Espagne. C'était un chef de la branche de Petrópolis de la Maison d'Orléans-Bragance et, en tant que tel, il est, pour une partie des monarchistes brésiliens, « Pedro IV », empereur du Brésil[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Pedro Gastão de Orléans e Bragança est le premier fils et le second enfant de Pedro de Alcântara de Orléans e Bragança (1875-1940) et de son épouse la comtesse tchèque Elisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz (1875-1951).

Pedro Gastão est donc, entre autres, le frère d'Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003), « comtesse de Paris », et de Francisca de Orléans e Bragança (1914-1968), « duchesse de Bragance ».

En 1944, Pedro Gastão de Orléans e Bragança épouse, à Séville, María de la Esperanza de Borbón-Dos Sicilias (1914-2005), « princesse des Deux-Siciles » et sœur de María de las Mercedes de Borbón-Dos Sicilias (1910-2000), « comtesse de Barcelone ».

De cette union naissent 6 enfants :

  • Pedro Carlos de Orléans e Bragança (1945), « prince d'Orléans-Bragance », qui épouse, en 1975, Rony Kuhn da Suza (1938-1979). Devenu veuf, celui-ci épouse, en secondes noces, en 1981, Patricia Alexandra Brascombe (1964). D'où postérité des deux mariages.
  • Maria da Glória de Orléans e Bragança (1946), « princesse d'Orléans-Bragance », qui épouse, en 1972, le prince Aleksandar Karađorđević, prince héritier de Yougoslavie, et dont elle divorce en 1985. La même année, Maria da Gloria se remarie à Ignacio de Medina y Fernández de Córdoba (1947), duc de Segorbe et Grand d'Espagne. D'où postérité des deux unions.
  • Afonso de Orléans e Bragança (1948), « prince d'Orléans-Bragance », qui épouse, en 1973, Maria Parejo (1954), et dont il divorce en 1998. La même année, il épouse Sylvie Amélie de Hungria Machado. De sa première union, il a deux enfants :
  1. Maria de Orléans e Bragança, née le 14 janvier 1974 à Séville
  2. Júlia de Orléans e Bragança, né le 18 septembre 1977 à Petrópolis
  • Manuel de Orléans e Bragança (1949), « prince d'Orléans-Bragance », qui épouse, en 1977, Marguerite Haffner (1945), et dont il divorce en 1995. D'où :
  1. Luísa Cristina de Orléans e Bragança, née le 25 juillet 1978 à Séville
  2. Manuel Afonso de Orléans e Bragança, né le 7 mars 1981 à Séville
  • Cristina de Orléans e Bragança (1950), « princesse d'Orléans-Bragance », qui se marie, en 1980 au prince Jean-Paul Sapicha-Rozanski (1935-1992), et dont elle divorce en 1992. En secondes noces, elle épouse José Carlos Calmon de Brito, dont elle divorce également en 1996. D'où postérité.
  • Francisco Humberto de Orléans e Bragança (1956), « prince d'Orléans-Bragance », qui épouse, en premières noces, en 1978, Christina Schmidt (1953), puis, en secondes noces, en 1980, Rita de Cássia Pires. D'où :
  1. Francisco Teodore de Orléans e Bragança, né le 25 septembre 1979 à Petrópolis
  2. Gabriel de Orléans e Bragança, né en 1989 à Petrópolis
  3. Manuela de Orléans e Bragança, née en 1997 à Petrópolis

Biographie[modifier | modifier le code]

De fait, il visite pour la première fois le Brésil à l'âge de 7 ans, en 1920, lorsque la loi d'exil touchant sa famille est abrogée par le président Epitácio Pessoa. Par la suite, Pedro Gastão revient dans son pays en 1922, à l'occasion de la fête du centenaire de l'indépendance du Brésil.

Il réalise ensuite la plus grande partie de ses études en Europe. Mais, en 1936, il participe avec sa sœur Francisca à l'expédition qu'organise son père dans le Mato Grosso pour entrer en contact avec les peuplades indigènes et découvrir les régions encore sauvages de son pays.

À partir de la Seconde Guerre mondiale, Pedro Gastão de Orléans e Bragança et sa famille quittent définitivement la France et retournent vivre au Brésil. Et même si c'est en Espagne qu'il épouse Esperanza de Borbón en 1944, il retourne par la suite vivre dans le pays dont il s'estime être l'« héritier du trône ».

En 1945, le prince Pedro Gastão renonce à ses droits au titre de « duc de Bragance » afin de conforter la position d'héritiers du trône de Portugal de sa sœur cadette et de l'époux de celle-ci, le prétendant migueliste dom Duarte Nuno de Bragance.

Jusqu'à la fin des années 1990, Pedro Gastão de Orléans e Bragança dirige la Compagnie immobilière de Petrópolis, qui gère le patrimoine familial de l'ancienne famille impériale du Brésil.

Lors du référendum institutionnel brésilien de 1993[2], le prince Pedro Gastão est, avec son cousin et rival Luiz Gastão d'Orléans-Bragance, le principal soutien de la restauration monarchiste. Mais, après la victoire des républicains, il interdit à ses partisans de fonder un parti monarchiste. Il se retire peu après sur la propriété de sa femme à Villamanrique de la Condesa, en Espagne, où il décède fin 2007[3].

La question dynastique[modifier | modifier le code]

Pour une partie des monarchistes brésiliens et, pour lui-même, Pedro Gastão de Orléans e Bragança était le « chef de la Maison impériale du Brésil », depuis la mort de son père, Pedro de Alcântara, prince du Grão-Pará, en 1940. Pourtant, ce dernier avait renoncé à ses droits dynastiques en épousant Elisabeth, comtesse Dobrzensky von Dobrzenicz. La comtesse Dobrzensky von Dobrzenicz appartenait à une ancienne famille de la noblesse de Bohême, mais qui n’était pas « d’ascendance royale », tout en ayant des ancêtres en commun avec son beau-père, le comte d’Eu. Bien que le père du prince Pedro Gastão n’ait jamais explicitement rejeté sa renonciation, il doutait de sa validité juridique, puisque dans une interview au journal brésilien Diário da Noite, en 1936, il affirma :

« Quand, il y a de nombreuses années, j'ai renoncé au trône impérial – a dit A.A [sic] – en faveur de mon frère D. Luiz, je l'ai fait en mon nom propre, sans m'appuyer sur les lois brésiliennes, sans préalable consultation de la nation, sans les protocoles nécessaires précédant les actes de cette nature, outre cela, la renonciation n'a pas de caractère héréditaire. Plus tard, en m’entretenant, en Europe et au cours de mes voyages au Brésil, avec quelques royalistes, j’ai constaté que ma renonciation n’était pas valide pour plusieurs raisons, supplémentaires à celles que je viens de citer. Le Conseiller João Alfredo, qui avait une copie authentique de la renonciation m’a donné le même avis »[4].

En 1994, le juriste brésilien Paulo Napoleão Nogueira da Silva a écrit un texte, intitulé “ Parecer sobre a Renúncia do Príncipe Dom Pedro d'Alcântara”. Selon M. Nogueira da Silva, en s'appuyant sur une analyse juridique de la "Querelle Dynastique", le Prince Pierre Gaston d'Orléans-Bragance était le Chef de la Maison Impériale du Brésil[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris, Tout m'est bonheur (souvenirs), Éditions Robert Laffont, coll. « Vécu », Paris, 1978. 440 p.-[16] p. de pl. ; 24 cm. (ISBN 2-221-00107-9).
  • Isabelle d'Orléans, comtesse de Paris, Les Chemins creux (souvenirs, suite de Tout m'est bonheur), Éditions Robert Laffont, coll. « Vécu », Paris, 1981. 274 p.-[16] p. de pl. ; 24 cm. (ISBN 2-221-00817-0).
  • « Hommage : Dom Pedro l’empereur est mort » dans Point de Vue no 3102, semaine du 2 au 9 janvier 2008.
  • « Dom Pedro d’Orléans-Bragance l’adieu à un seigneur » dans Point de Vue no 3105, semaine du 23 au 30 janvier 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’empereur est mort » dans Point de Vue no 3102 et « D. Pedro de Orleans e Bragança: o Príncipe Ecológico » dans Manchete no 1222, Rio de Janeiro, le 20 septembre 1975.
  2. Plebicito de 1993
  3. O Globo, « Morre na Espanha dom Pedro de Orleans Bragança », 27/12/07
  4. ''Disputa de Príncipes:Diário da Noite 27 janvier 1936, année VIII no 2529. Référence de la Collection de Périodiques de la Bibliothèque Nationale du Brésil (Rio de Janeiro): Microfilm PR-SPR 397 ; titre du périodique: Diário da Noite; période: 2 de Janeiro / 29 de Fevereiro.
  5. NOGUEIRA DA SILVA, Paulo Napoleão “Parecer sobre a Renúncia do Príncipe Dom Pedro d’Alcântara” in Monarquia Verdades e Mentiras. São Paulo: Edições GRD, 1994. p. 338-369