Pierre Dubuc alias Pierre III du Buc-Richard

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Pierre du Buc-Richard
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Grade militaire

Pierre Dubuc alias du Buc-Richard, IIIe du nom, chevalier, sieur de La Caravelle, né le au château de Guéville, en Normandie, et mort en 1708, à La Trinité, en Martinique, est un colonel de la marine royale française. Il fonde l'une des toutes premières dynasties de planteurs de sucre de la Martinique, après avoir été l'un des héros de la guerre de 1658 contre les indiens caraïbes puis de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, dans les Antilles.

Le fils d'un colon de la première vague[modifier | modifier le code]

Pierre III du Buc-Richard, dit « planteur-sucrier Pierre Dubuc » né le 13 juin 1640 au château de Guéville sur la commune de Trouville-la-Haule, dans l'Eure (Normandie) à 20 km au sud de Rouen. Sur les recommandations de son père qui est un officier du roi, il s'engage à 14 ans comme cadet dans le "Régiment du Grand Maître de Malte" (de 1654 à 1657) où il passe rapidement lieutenant. Agé de seulement 17 ans et de permission, une rixe l'oppose à son cousin le chevalier Antoine de Biencourt qu'il provoque et tue en duel dans le manoir familial situé à Cricquebeuf-la-Campagne. Nous sommes en 1657. Ce geste malheureux l'oblige à fuir et à s'embarquer à Dieppe comme engagé volontaire dans la marine, pour Saint-Christophe aux Antilles, d'où il repart immédiatement pour la Martinique, que son père Jean François VI du Buc du Pacquerel, seigneur du Pacquerel et du Fontenil avait fréquenté 20 ans plus tôt. Il subit la dérogeance en 1657 c'est-à-dire qu'il perd sa noblesse à cause du duel[réf. nécessaire]. En effet, les duels sont interdits en France depuis l'époque de Richelieu. Cependant, il est réanobli le 6 mars 1702 par le Conseil Souverain de La Martinique, ses Lettres de Noblesse étant enregistrées le 21 juillet 1701 par le Parlement de Paris, et le 23 août 1701 par la Chambre des Comptes. Plus tard, après des procès avec leurs cousins du Buc de Normandie, ses descendants sont autorisés devant Maître Baudoin, notaire à Mantes-La-Jolie, le 1er juillet 1780 et par lettres patentes signées du Roi du 31 mai 1782 à relever le blason des du Buc de Normandie maintenus de noblesse en 1666 : les du Buc de la Martinique, étant cadets, porteront « d'argent à la bande d'azur » et les du Buc de Normandie, étant aînés, porteront « d'or à la bande d'azur ». Les du Buc de la Martinique apporteront les preuves de noblesse reçues par d'Hozier, généalogiste du Roi, pour les écoles royales militaires en 1777. La confirmation de noblesse immémoriale des descendants de Pierre du Buc est déclarée solennellement en 1769 grâce à Monsieur le duc de Choiseul, Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, puis enregistrée par le Parlement de Paris le 23 janvier 1770, toutes ces démarches étant aménagées par le Maréchal de Broglie[1].

En 1636, son père Jean François VI du Buc du Pacquerel, seigneur du Fontenil, de Bretagnolles, de Graveron-Semerville... et sergent royal, avait fait partie du groupe de 15 personnes, dont Jean du Plessis d'Ossonville, Constant d'Aubigné, et Charles Liènard de l'Olive, mené par le futur général Jacques Dyel du Parquet, qui arrive à Saint-Pierre de la Martinique. Jean François VI du Buc était marié à Jeanne L'Huillier[2]. Duplessis d'Ossonville, de l'Olive, et du Buc repartent pour la Guadeloupe.

La guerre de 1658 contre les indiens caraïbes[modifier | modifier le code]

Les « indiens » autochtones vivent dans la moitié nord-est de l'île, la région nommée alors Cabesterre ou Capesterre ("Terres des caps"), qui recouvre le nord atlantique et le centre de la Martinique et comprend les communes actuelles du François, du Robert, de Trinité, du Gros-Morne, de Sainte-Marie, du Marigot, du Lorrain, de Basse-Pointe et de Macouba. Une carte d'époque montre que la moitié de la Martinique est encore aux mains des indiens en 1657.

En 1658, à la mort du général Jacques Dyel du Parquet, qui avait acheté l'île en 1651, Marie-Bonnard, veuve de Dyel du Parquet, entreprend des démarches pour assurer la possession de l'île à ses fils Jean-Jacques Dyel d'Esnambuc (huit ans) et Louis Dyel du Parquet (cinq ans) et se fait nommer régente, s'attirant la haine des colons normands.

Les mécontents, dirigés par Médéric Rools, sieur de Gourselas, que du Parquet avait choisi comme lieutenant en 1653, forcent Mme du Parquet à expulser son bras droit M.de Maubrey vers Antigua puis l'emprisonnent, mais la cohabitation avec les Amérindiens dégénère[3].

À la suite d'une altercation, il fut convenu d'attaquer avec six cents hommes les indiens qui avaient constamment occupé la Capesterre, avec la bénédiction du père Bonin, supérieur des Jésuites, et du Père Boulongne, dominicain. Après la victoire contre les indiens, Médéric Rools, sieur de Gourselas fit arrêter ses lieutenants, Beausoleil, les deux frères Vigeon et de Plainville.

Pierre III du Buc participa à plusieurs de ces expéditions contre les indiens caraïbes, notamment aux combats de la Case du Borgne, près de la ville de Sainte-Marie de la Martinique. Les Caraïbes sont chassés et repoussés au sud de la rivière du Galion. « Le planteur-sucrier Dubuc » s'installe au Cul-de-sac de la Trinité où il fonde un village et la première sucrerie[N 1] : il vient d'avoir en récompense les concessions du Marigot et de La Caravelle. Engagé dans la milice de Trinité pour y chasser les premiers habitants, il fut récompensé par le don d'un terrain à Trinité.

La collection de plantations de cacao et de sucre[modifier | modifier le code]

En 1661, Pierre III du Buc a obtenu une première concession, mitoyenne aux moines jacobins, au Marigot, sur les territoires conquis dans la région sauvage "nord atlantique" de l'île. Il s'y initie à la culture du cacao. En 1671, il obtient des terres sur la presqu'île de la Caravelle, où il achète la sucrerie Gaillard (qui deviendra l'habitation Duferret) sur les hauteurs sud-ouest de la commune de Trinité. Puis, entre 1677 et 1701, il achète les habitations sucrières Desmarinières au sud de Trinité, Spoutourne au centre de la Presqu'île de la Caravelle, la Camille, Grands Fonds Galion, Galion au sud de Trinité, Pointe Marcussy et Blin.

La carrière militaire après 1688[modifier | modifier le code]

Sa carrière rebondit après la Glorieuse Révolution anglaise de 1688, qui déclenche une guerre franco-anglaise aux Antilles. Fait lieutenant de milice en 1689, puis capitaine en 1691 et enfin colonel en 1708, on le retrouve dans les combats de 1691 et 1692 contre les Anglais, dans plusieurs îles des Antilles, dont Saint-Domingue aux côtés du gouverneur Begon. Il est anobli en 1702 et meurt à La Trinité (Martinique) à 68 ans en 1708. Il serait inhumé dans l'église de La Trinité, puisqu'il créa cette ville en chassant les Caraïbes.

La dynastie des chevaliers du Buc[modifier | modifier le code]

Pierre du Buc s'est marié en 1671 à la veuve Renée Blondeau du Clos dont il eut deux enfants : Jean IX du Buc de L'Étang né en 1672, écuyer, chevalier de Saint-Louis en 1706, lieutenant-colonel, héros de plusieurs batailles contre les anglais dans les années 1703, à la tête de 500 hommes, et chef du Gaoulé ; et Balthazard du Buc de Bellefonds né en 1675, agriculteur-planteur, producteur de cacao-café-tabac, esclavagiste, négociant triangulaire, officier de Milice[1]. Son petit-fils, et fils aîné de Balthazar, Louis du Buc du Galion, né en 1695, sera le fondateur et constructeur en 1725 de l'habitation « La Caravelle », dit le « Château Dubuc », dont nous pouvons visiter les ruines aujourd'hui (troisième site le plus visité de la Martinique).

Pierre du Buc s'est marié, en secondes noces, en 1687 à Françoise Thérèse Gombault, de laquelle il aura trois nouveaux enfants : deux filles et un fils Baudouin, maître d'habitation Le Pain de Sucre à La Chapelle-Sainte-Croix près de Saint-Pierre, capitaine de milice.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, vol. Tome septième BRE-BUR, Imprimerie Charles Hérissey et fils, , 440 p. (lire en ligne), p. 338 à 340
  • Oruno Denis Lara et Inez Fisher-Blanchet, Propriétaires d'esclaves en 1848: Martinique, Guyane, Saint-Barthélémy, Sénégal, Éditions L'Harmattan, , 530 p. (ISBN 978-2-296-56123-6, lire en ligne), p. 74 et 75
  • Michel de Grèce, La nuit du Sérail, 1982
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot, Si la Martinique m'était contée à travers l'histoire des chevaliers du Buc de la Normandie à la Martinique... en passant par la Turquie, Paris, Éditions du Buc, Paris
  • Yvan Brunet du Buc de Mannetot avec la collaboration de Fabrice Renard-Marlet, la Saga des Du Buc, Éditions du Buc, Paris, 2013
  • Jean-Baptiste Labat, Voyage aux Caraïbes, 1694

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « …le sieur du Buc s’établit au cul-de-sac de La Trinité, dont on peut dire qu’il a été le premier habitant, qu’il y a fait la première sucrerie, et que c’est à lui que ce quartier, à présent le plus considérable de l’île, est redevable de la culture du cacao, dont ayant trouvé quelques arbres dans les bois, il en a multiplié l’espèce… ». Citation de Jean-Baptiste Labat, Voyage aux Isles, chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705, édition allégée établie et présentée par Michel Le Bris, éditions Phébus, Paris, 1993, d’après l’édition originale de 1732 reproduite d’après le manuscrit écrit en 1718 et publié la première fois en 1720 en 8 volumes. Cet extrait est donc tiré de l’édition de 1732 avec approbation de l’auteur le Révérant Père Jean-Baptiste Labat, six années avant sa mort le 6 janvier 1738

Références[modifier | modifier le code]