Château Dubuc

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Château Dubuc
Image illustrative de l’article Château Dubuc
Ruines du château Dubuc
Période ou style XVIIIe
Début construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Louis Dubuc du Galion
Protection Logo monument historique Classé MH (1992)
Coordonnées 14° 46′ 06″ nord, 60° 53′ 24″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Martinique
Région Martinique
Département Martinique
Commune La Trinité (Tartane)

Géolocalisation sur la carte : Martinique

(Voir situation sur carte : Martinique)
Château Dubuc

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
Château Dubuc

Le château Dubuc a été construit en 1725[1], par Louis du Buc du Galion, petit-fils de Pierre du Buc, sieur de La Caravelle et du Marigot, sur la presqu'île de la Caravelle, côte est de la Martinique, à Tartane (commune de La Trinité). Cette exploitation produisait du sucre et du café destinés à l'exportation.

L'ensemble des ruines et des terrains sont protégés au titre des monuments historiques[2] (arrêté de classement en date du )[3]. Est classé en totalité l'ensemble des ruines et des terrains de l'habitation sucrière dite château Dubuc situé sur la presqu'île de la Caravelle sur la parcelle n° 72 d'une contenance de 2 ha 13 a 90 ca figurant section C au cadastre de la commune[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pierre du Buc, écuyer, né et habitant au petit château de son père Jean-François du Buc, sieur du Pacquerel, situé à Guéville (dit aussi Guesville-Guiville) à Trouville La Haule (Eure) en Normandie, puis par la suite le château de son grand-père au Fontenil près de L'Aigle (Orne), débarque en Martinique en 1657, à la suite d'un duel. Il a tué un de ses cousins pendant ce combat singulier, et doit s'enfuir et se cacher aux Antilles françaises, sous peine d'être arrêté par les mousquetaires. En récompense de ses expéditions contre les Indiens Caraïbes, il reçoit une concession dans la région de La Trinité où il s'installe à partir de 1671 : il y cultive la canne à sucre et le tabac. Dans son autre propriété agricole située au village du Marigot (Martinique), il y cultive le cacao dont il a été le premier producteur français[réf. nécessaire], si bien que la cour de Versailles en a fait des commandes pour ses salons littéraires et encyclopédiques.

Balthazar du Buc, son deuxième fils, s'établit à la Caravelle sur l'habitation Spoutourne. Il fut un grand commerçant mais aussi esclavagiste.

Son petit-fils Louis du Buc du Galion, né en 1693, mort le 14 avril 1765, construit l'habitation Caravelle qui devient le « château Dubuc ».

En 1727, le château est endommagé lors du tremblement de terre et du cyclone de décembre de la même année, tandis que Fort-de-France est détruit en grande partie. De nouvelles dégradations surviennent en 1765 et en 1766. « En 1786, la famille Dubuc semble ruinée, le site a été mis sous séquestre et la sucrerie arrêtée en 1793 »[5].

Le château est familial jusqu’au 4 février 1794, date de son pillage par les Anglais. Plusieurs graffitis dessinés par des gardes nationaux montrent les différents bateaux anglais attaquant la presqu'île de la Caravelle[1].

Il devient alors pavillon de chasse et les héritières Du Buc de Bellefonds partent pour la France. Une partie des Du Buc habitent alors à Paris, ou en province.

En 1815, la propriété tombe à l’abandon.

En 1974, le SIATNO (Communauté des Communes) acquiert pour le compte du futur Parc Naturel Régional les 2,5 hectares de terrain sur lesquels se trouvent les ruines du château, alors aux prises avec les « figuiers maudits ».

Il fait l'objet de travaux de restauration depuis de nombreuses années[6] sous la maîtrise d'œuvre d'Étienne Poncelet, architecte en chef des Monuments historiques.

Description[modifier | modifier le code]

L'appellation « château » provient de l'élévation de cette construction dont il ne reste que quelques pierres qui délimitent les murs d'une grande maison bourgeoise, « une simple habitation semblable à beaucoup d'autres sucreries du XVIIIe siècle » avec une vue dominante sur la mer. La maison est construite selon « un plan classique de grand'case du XVIIIe siècle colonial français, avec un escalier intégré au corps du logis »[1]

Les murs étaient montés avec des pierres et moellons de basalte, et de coraux. La chaux était utilisée sur le site comme l'atteste le four à chaux encore visible parmi les ruines et les joints entre les pierres.

Les habitations réservées aux esclaves ont entièrement disparu aujourd'hui : seuls les bâtiments dédiés à l'exploitation du sucre et du café subsistent.

Une construction attenante à la maison principale a longtemps été considérée comme un cachot pour esclaves, mais les dernières recherches indiquent qu'il pourrait s'agir d'une chambre forte pour stocker des épices, voire une poudrière[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Vincent Huyghues-Belrose et Marie-France Barouh, « Les graffitis de l’habitation La Caravelle dite « Château Dubuc » presqu’île de la Caravelle, commune de la Trinité Martinique », Études caribéennes, no 7,‎ (ISSN 1779-0980 et 1961-859X, DOI 10.4000/etudescaribeennes.361, lire en ligne, consulté le 5 août 2018)
  2. Marc Botlan, Danielle Bégotn,Jeanne Cazassus-Bérard, photographies de Jean-Baptiste Barret, 101 Monuments historiques de Martinique, Paris, HC édition, , 128 p. (ISBN 9782357202054)
  3. « Habitation sucrière, dite Château-Dubuc », notice no PA00105955, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Direction des affaires culturelles de Martinique - conservation des Monuments historiques »
  5. Martijn van den Bel, Nicolas Biwer, Hélène Civalleri et Anne Jégouzo, « Les structures d’exploitation et de production du sucre », Les Nouvelles de l'archéologie, no 150,‎ , p. 46–51 (ISSN 0242-7702 et 2425-1941, DOI 10.4000/nda.3901, lire en ligne, consulté le 5 août 2018)
  6. « LA TRINITE Château Dubuc - Dac Martinique - Ministère de la Culture et de la Communication », sur www.culturecommunication.gouv.fr (consulté le 20 août 2015)
  7. Anne Jégouzo, « Un cachot au Château Dubuc (Martinique) ? », Les nouvelles de l'archéologie, no 143,‎ , p. 38–41 (ISSN 0242-7702 et 2425-1941, DOI 10.4000/nda.3391, lire en ligne, consulté le 5 août 2018)