Habitation agricole des Antilles et de Guyane

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Aux Antilles françaises et en Guyane, les habitations sont des exploitations agricoles, aujourd'hui essentiellement tournées vers la production du rhum[1]. « Habitation » est le terme le plus approprié pour traduire le terme anglais « plantation » dans le contexte caribéen.


Historique[modifier | modifier le code]

Leur économie était à l'origine basée sur l'esclavagisme et Augustin Cochin[2] a pu les décrire ainsi : « Des prisons sans muraille, des manufactures odieuses produisant du tabac, du café, du sucre, et consommant des esclaves ».

Description[modifier | modifier le code]

Celle-ci est empruntée à Frédéric Mauro - Petit monde antillais à Saint-Domingue au XVIIIe siècle[3] :

« Voici une de leurs « habitations », entendez de leurs grandes plantations de canne à sucre, gagnée sur la brousse et la savane, avec ses vastes champs, ses « carreaux » de cannes et de patates.
Au centre la maison du maître en briques et en bois. Dans ses larges pièces, des meubles d'acajou et de rotin que respectent, quelque peu, les terribles termites.
La cuisine et les dépendances forment un logis séparé ; de même la case de l'économe.
Proches les unes des autres, assez misérables, les cases à nègres sont recouvertes de paille, toutes pourvues d'un jardin...
L'hôpital (l'infirmerie, dirions nous) contient au moins un lit pour vingt esclaves…
Derniers éléments : la « sucrerie » … la « guildiverie[4] »

Les esclaves sont logés dans des cases en torchis ou des huttes circulaires, inspirées de l'habitat africain. Pour contrôler plus efficacement cette main-d’œuvre, les maîtres finissent pas réguler l'agencement des cases, jusqu'à aboutir au principe de « La Rue Cases-Nègres », par regroupement autour d'une voie centrale[5].

Différentes habitations[modifier | modifier le code]

Parmi les habitations préservées, dont certaines sont classées aux Monuments historiques, se trouvent :

En Guadeloupe[modifier | modifier le code]

En Guyane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des habitations de la Guyane.

En Martinique[modifier | modifier le code]

À Saint-Domingue et en Haïti[modifier | modifier le code]

  • On y trouvait également des habitations[11]...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.zananas-martinique.com/martinique-patrimoine/habitations.htm
  2. Augustin Cochin L'Abolition de l'esclavage, 2 vol., 1861. Texte en ligne : Tome 1. Résultats de l'abolition de l'esclavageTome 2. Le christianisme et l'esclavage
  3. Frédéric Mauro - Petit monde antillais à Saint-Domingue au XVIIIe siècle - Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1948, vol. 3, no 4, pp. 532-536
  4. guildiverie
  5. David Laporal, La Guadeloupe et ses trésors : Le patrimoine archéologique de l'île papillon, errance, , 228 p. (ISBN 978-2-87772-404-3), p. 174-175
  6. Les Damoiseau, une famille, un nom, un patrimoine, Le Monde du 28 février 2009
  7. Beauregard, une habitation sucrière et ses esclaves dans la colonie de Guyane de 1775 à 1891 » de Eugène Epailly
  8. Habitation la constance
  9. Nathalie Croteau,L'HABITATION DE LOYOLA : UN RARE EXEMPLE DE PROSPERITE EN GUYANE FRANCAISE-Journal of Caribbean Archaeology, Special Publication #1, 2004
  10. Yannick Le Roux, « Loyola, l’habitation des jésuites de Rémire en Guyane française », In Situ, vol. 20,‎ (DOI 10.4000/insitu.10170, lire en ligne)
  11. Habitation Laborde

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Connors (trad. Jacques Guiod, photogr. Bruce Buck), Maisons des Antilles : Un art de vivre d'hier et d'aujourd'hui, Flammarion, coll. « L'art de vivre », , 175 p. (ISBN 978-2841100040)