Pensée visuelle

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La pensée visuelle (dite aussi Visual Thinking) est un mode de pensée qui reposerait essentiellement sur les processus de traitement de l'information visuelle par le cerveau, en opposition à un mode de pensée analogue au traitement du langage, dit pensée linguistique. Bien que la dichotomie entre ces deux « modes » de pensée soit très souvent reprise dans la psychologie populaire, cette théorie est loin de faire l'unanimité parmi les psychologues scientifiques, à la fois parce que ses concepts sont trop flous et parce que les données expérimentales la justifiant sont trop rares.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire de la psychologie comprend toute une série de travaux sur cette question. Ils se sont intéressés à cette forme de pensée depuis les aspects les plus fréquents aux plus anormaux ou extrêmes, dans l'autisme par exemple.

Il est ainsi possible de citer, entre autres :

  • le travail de Binet sur les approches différentes qu'ont les enfants à propos d'un objet à décrire ;
  • le travail de Piéron à propos du calculateur prodige Jacques Inaudi qui se servait d'images pour résoudre des problèmes numériques ;
  • les recherches sur la mémoire eidétique ou « photographique » et les techniques mnémotechniques anciennes s'appuyant sur des images ;
  • le travail de différenciation des caractéristiques de la « pensée auditive » et de la « pensée visuelle » par Antoine de la Garanderie.

Ces études diverses, difficiles à mener par les seuls moyens de tests ou de l'introspection, sont reprises actuellement dans le cadre des neurosciences pour tenter de rapprocher les effets psychologiques avec les phénomènes enregistrables par l'imagerie cérébrale.

Des troubles divers ont ainsi été décrits par des personnes atteintes :

Les dates sont celles de la parution des ouvrages, mais le principe leur est largement antérieur, puisque R. Davis travaillait déjà sur le phénomène de façon officielle depuis plus de dix ans.

Des recherches ont commencé aux Pays-Bas, sous le nom de beelddenken (pensée visuelle ou par images) avec Maria J. Krabbe.

La pensée visuelle est une approche globale moins sensible aux lacunes, mais qui supporte mal la segmentation. À titre d'exemple, l'expérience suivante permet de comprendre comment se pose le problème de la pensée visuelle.

Imaginez un dessinateur qui caricature l'un de vos proches. Il est probable que vous commenciez à rire avant que celui-ci n'ait fini son dessin. Vous n'avez pas eu besoin de tous les détails pour réaliser l'ensemble. Par contre, si le dessin est découpé comme pour un puzzle, il vous sera difficile de le comprendre sans l'avoir reconstitué.

L'image ne signifie pas nécessairement un dessin : un poème peut être tout à fait représentatif de la pensée visuelle. C'est l'hémisphère droit du cerveau qui semble en être le siège préférentiel.

En contraste, la pensée linguistique, apparaît linéaire et séquentielle : plus rapide et efficace pour résoudre des problèmes simples dont on a toutes les données, c'est une suite logique dans le temps, comme un texte. Chaque chapitre doit donc être parfaitement terminé pour que l'on puisse y faire référence ultérieurement. Par contre, écrire plusieurs chapitres en même temps rend confus l'ensemble.

Le langage ne signifie pas forcément les mots, mais une indexation [pas clair] du sens. À ce titre, le panneau stop relève plus du langage, en tant que code, que de l'image. Ce mode de pensée serait rattaché à l'hémisphère cérébral gauche.

Penseurs visuels[modifier | modifier le code]

La notion existe en anglais (visual thinkers), mais il serait faux d'imaginer une séparation absolue. Il existe plutôt une façon de penser qui domine naturellement l'autre, comme on a un côté du corps qui domine l'autre. On parle alors de droitiers et de gauchers, mais cela peut être fonction des situations : l'écriture, le sport…

Les deux formes de réflexion, visuelle et linguistique, sont donc pratiquées par l'ensemble de la population. D'après les premières études, la forme linguistique est favorisée à l'âge adulte alors que les jeunes enfants (entre 2 et 7 ans) utilisent de préférence l'imagination visuelle, d'après les travaux de Maria J. Krabbe.

Aux Pays-Bas, la fondation Maria J. Krabbe a enquêté sur le phénomène. Les chercheurs de cette fondation ont imaginé une méthode pour mettre en évidence la pensée visuelle chez les enfants. Cette méthode, nommée « le wereldspel du monde », est basée sur l'expérience suivante : les enfants sont amenés à construire un village avec des blocs en bois et autres jouets. Plus tard, il leur est demandé de le reconstruire à l'identique. Les enfants qui y parviennent sont considérés comme des penseurs visuels.

Certaines formes de la dyslexie, de l'hyperactivité et de l'autisme y sont rattachés, il semble en effet qu'une majorité de dyslexiques et d'autistes favorise la pensée visuelle, mais par des processus qui ne sont pas clairement établis.

Les symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes qui révèlent souvent les penseurs visuels sont :

  • les problèmes de mémorisation de suites de lettre abstraites, comme les noms ;
  • les problèmes pour expliquer les concepts qu'ils ont imaginés ;
  • l'écriture de texte dans un style très tortueux ;
  • la facilité et le plaisir à lire ou à utiliser des constructions narratives élaborées ; facilité qu'ils perdent dès qu'il leur est demandé de lire le même texte à haute voix [Pourquoi ?] ;
  • des difficultés pour retenir (abstraitement ?) les lieux et les positions relatives des objets qu'ils ont placés quelque part ;
  • la capacité de tirer des conclusions apparemment intuitives que la pensée linéaire aurait normalement beaucoup de mal à atteindre.

Pensée non-linéaire[modifier | modifier le code]

Contrairement aux penseurs linguistiques, les penseurs visuels arrivent d'une façon intuitive et empirique à une conclusion. Ils ne raisonnent pas à l'aide du langage mais en manipulant les symboles logiques/graphiques d'une façon non-linéaire. Ils « voient » la réponse au problème. La preuve la plus explicite de l'existence des penseurs visuels se trouve dans les arts graphiques modernes et dans toutes les professions où l'on utilise la perception visuelle.

Intégration[modifier | modifier le code]

Les penseurs visuels vivant dans un monde majoritairement peuplé de penseurs linguistiques, ils éprouvent quelques difficultés d'intégration principalement dues à l'effort supplémentaire qu'ils doivent fournir pour apprendre à lire aussi bien que leurs homologues linguistiques (retard dans l'apprentissage des langues).

La dyslexie[modifier | modifier le code]

En psychologie, réfléchir de manière visuelle est souvent confondu avec la dyslexie. Effectivement, les personnes qui « pensent en images » ont des difficultés à apprendre au sein du système éducatif moderne. Cependant, les penseurs visuels ne souffrent pas de tous les symptômes qui sont normalement associés à la dyslexie.

Il y a aussi une forme d'autisme associé à la pensée par l'image (voir le syndrome d'Asperger).

La littérature sur la pensée visuelle[modifier | modifier le code]

Il existe relativement peu de livres au sujet de ce phénomène. Aux Pays-Bas, il y a le carnet amusant des enfants « suis-je bien un penseur visuel ? ». Et un extrait de bande dessinée de Marten Toonder, « Tom Poes en de Waggelgedachten » dans lequel Wammes figure de façon plastique la différence entre un penseur visuel et un penseur linguistique. Le livre Le don de dyslexie de Ronald D. Davis et Eldon M. Braun décrit la relation entre la pensée visuelle et la dyslexie[pertinence contestée]. Un autre livre, Thinking in Pictures (littéralement penser en images), de Temple Grandin, est axée sur la réflexion par l'image d'autiste.

Dérive[modifier | modifier le code]

Tout concept de supériorité d'un mode de pensée sur l'autre est donc absurde et découle d'une incompréhension totale :

Il est important et inquiétant de remarquer qu'une récupération est pratiquée depuis longtemps par des sectes (dont le nom contient généralement le mot enfant) qui font de ces « penseurs visuels » des surhommes. Elles sont, à l'heure actuelle, quasiment la seule réponse à ceux qui ont pu avoir l'intuition du phénomène. Cette intuition vient généralement de la recherche des qualités liées a certains troubles du développements ou de l'apprentissage (comme l'autisme, la dyslexie, l'hyperactivité…).

Exemples[modifier | modifier le code]

La métaphore est un exemple de l'intervention de l'imagination visuelle à travers une forme linguistique. Les dictons et les adages en sont de bons exemples.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]